Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}.
MessageSujet : Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}. Sam 9 Mar 2013 - 19:28



Walk through the fire

M. E. HENSLEY & L. DRIFLOON.


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Margery Elisabeth Hensley était une femme forte. Depuis le début de la Seconde Guerre des Sorciers, celle que l’on surnommait « The Iron Wizard » demeurait ferme, intransigeante face aux dangers. Elle se targuait d’être la plus intègre du Ministère de la magie, du haut de son Département de la Justice Magique qu’elle dirigeait inlassablement depuis neuf ans. Nombre furent les tentatives pour la destituer, surtout depuis la mort de Cornelius Fudge, mais aucun de ses détracteurs ne parvinrent à la mettre à pied. D’une détermination sans égale, le Sang de Bourbe savait que sa vie était menacée. Et elle prenait ses dispositions pour survivre en ces temps douloureux. Elle-même se demandait pour combien de temps encore son poste résisterait aux pressions. L’avènement de Dolorès Ombrage marqua un grand coup dans l’indépendance prise par son portefeuille, si bien que son sang la priverait sûrement de son poste. Le racisme naissant du contrôle des Mangemorts sur le monde des sorciers ne rassurait personne. Les nés-Moldus se voulaient les premiers visés, malgré eux. Un jour, ce serait son tour. En témoigné l’article sorti quelques jours auparavant dans la Gazette du Sorcier, relatant son parcours des plus solides, mais également ses nombreuses défaites depuis le retour de Lord Voldemort. Comparé à d’autres, le ministre ne craignait pas ce nom – avoir peur d’un nom, une faiblesse –. Par la main de Rita Skeeter, ce billet de presse contenait des dizaines de mensonges plus invraisemblables les uns que les autres. Derrière les quelques informations réelles qui s’y cachaient, la femme se demandait toutefois comment un article si complet put paraître dans la presse. Des gens enquêtaient sur elle, elle le savait, mais remonter au nom d’Alexander Hensley lui était invraisemblable.

Cette myriade d’interrogation, autant que les rodomontades de ses adversaires lui pesa moralement au moment où elle mit son collier de perles autour de son cou. Vêtue d’un tailleur bleu drapeau où son foulard hachuré de rose-violet pendait dans l’ouverture en V de son veston, à côté de la broche en diamant, Margery Hensley se préparait à partir. Non pas pour le Ministère, comme à l’accoutumée, mais pour l’Allée des Embrumes. Des dispositions particulières devaient être prises, et sa visite, prévue inopinément depuis la veille, nécessita le déplacement d’un service de sécurité tout à fait spécial aux abords du lieu. Elle ne voulait aucun Auror vers sa destination elle-même, simplement une surveillance accrue pour le suspect qu’elle allait interroger (celui-ci ne savait d’ailleurs même pas qu’il allait l’être). Il répondait au nom de Lucas Drifloon, le fils d’une Mangemorte tuée plus tôt par un des agents du Bureau. Compte-tenu des antécédents familiaux, il apparaissait logique, pour ne pas dire intrinsèque que le fils se soit converti à l’activité de sa mère. Il s’agissait, pour Margery, d’un postulat dogmatique. Elle refusait, toutefois, d’accuser quelqu’un sans preuve, aussi voulait-elle confirmer ses doutes avant d’engager quoi que ce soit contre le garçon. Au fond, en tant que seule ministre à être aussi une mère, la née-Moldus ne pouvait qu’imaginer la souffrance de l’adolescent. Il venait tout juste de quitter Poudlard, dans un contexte difficile, et si elle ne pouvait regretter le geste de l’Auror, essayait de se mettre dans son désarroi. Aussi rigide qu’elle était, autant qu’elle soutenait l’assassin matricide, aucune souffrance n’est plus dure que de perdre un parent. Le ménagerait-elle pour autant ? Non. S’il virait du mauvais côté, la femme mûre ne pouvait considérer que ses circonstances familiales le disculpassent totalement.

Face au miroir de la salle de bain, l’eau froide coulait depuis le robinet. Tout ce qu’elle devait penser l’affaiblissait dans ses grandes convictions. Mais à chaque fois qu’elle se retrouvait là, à se regarder dans cette glace, elle concluait la même chose : jamais abandonner. Margery tirait de ses moments de doute, des moments de puissante force. C’était une femme qui savait faire de ses faiblesses des atouts, et pour cela, beaucoup de gens l’admiraient. Elle ignorait si cette estime demeurait réciproque du côté des mages noirs, elle pensait sans doute que non. Sans plus de cérémonies, et par un geste brusque de baguette, « The Iron Wizard » disparut de son appartement.

Fort douée pour les transplanages – elle les pratique depuis sa majorité – aucun incident ne se déroula dans le voyage. La désartibulation ne l’inquiétait même plus, à force. Le paysage macabre dans lequel elle arriva nécessitait bien plus d’attention qu’un simple accident de trajet. C’était comme pour les voyages en voiture ; des accidents demeuraient toujours possibles. Sans beaucoup de surprises, comme à l’habitude de cet endroit délavé de toute joie, quelques personnes à la fréquentation douteuse la dévisagèrent. Outre sa position au Ministère, c’était voir quelqu’un de si “bourge“ dans ce milieu si crade, si rongé par les herpès, qui attirait l’attention. Comme marquée d’un fer rouge, ils ne leur firent pas plus longtemps pour déceler le sang impur qui se cachait sous l’élégante sorcière. Aussi, sa mentalité d’acier lui permettait de résister aisément aux regards inquisiteurs, qu’elle balaya par un dédain sans outre pareil. Armée de sa baguette, au cas où, elle s’avança d’un pas assuré vers l’imposante silhouette d’un gamin de dix-sept ans qui dépeignait sérieusement parmi la foule. Ses informateurs ne lui mentirent pas, Lucas Drifloon se trouvait bien ici.  Comme hésitante sur la manière de l’aborder, Mrs Hensley décida de s’interposer face à sa solitude apparente.

« Bonsoir, M. Drifloon. » Déclama-t-elle lentement, son regard déshabillant le jeune homme qui se tenait face à lui. Sa première impression fut qu’il était frêle. « Je m’appelle Margery Hensley, et je suis directrice du Département de la Justice Magique. J’aimerais vous poser quelques questions. Et ce n’est pas une proposition. » Le ton plus injonctif de la seconde phrase s’appuya par la baguette magique qu’elle sortit pour signifier qu’aucune négociation n'était possible.

Hormis les deux sorciers, il ne restait plus personne dans ce coin de l’allée. Une étrange atmosphère d’oppression se dégagea, tel le policier serrant le criminel. Pour parer à toutes les éventualités, elle balança un sortilège d’ouverture vers une petite échoppe abandonnée, l’exhortant à rentrer à l’intérieur pour la sécurité de la discussion. Le ministre voulut tout de suite donner le ton de cette rencontre, qui serait ferme. Elle plongea ses yeux à l’intérieur de celui qui ne restait qu’un gamin à ses yeux, et qui faisait sans doute les mauvais choix dans sa vie. Très calme, le ton pratiquement empathique mais sévère, elle lui demanda :

« Votre bras. »

Son regard exprimait une certaine responsabilité dans ce qu’elle demandait. Presque comme une mère exigeant de son fils qu’il révèle ses bêtises.
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Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}.
MessageSujet : Re: Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}. Dim 24 Mar 2013 - 9:16

There's a look on your face I would like to knock out ;


La traque avait commencé. Elle avait pris l'allure d'une gigantesque partie de cache-cache avec une barbarie toute particulière. Ce n'était désormais plus un jeu duquel il pouvait s'échapper si facilement. Cela ressemblait d'avantage à une gigantesque partie d'échecs versions sorciers dont il était le pion noir mis en première ligne contre les blancs. "Les noirs jouent contre les blancs. Match nul" disaient les gros titres fantaisistes des journaux. Du moins, ça l'était avant que le ministère ne se dévergonde, se laissant aller à des méthodes plus que douteuses et moyenâgeuses. « Tous les mangemorts du pays doivent être capturés, morts ou vifs » disaient les mots d'une certaine Margery Hensley qui ne fléchissait pas face à une Bellatrix en furie, ordonnant à ses troupes de tuer tous ceux dont le sang était impur — de naissance ou par traîtrise — sans leur faire le moindre quartier. Jamais le pays ne s'était trouvé dans un état aussi critique et même le gouvernement moldu avait été averti des dangers à venir. L'heure de la guerre avait sonné au moment même où ce projet de loi avait été signé d'un air las par le ministre, bien plus préoccupé par la nouvelle chemise de son stagiaire que par cette stupide autorisation de sortilèges interdits par les aurors. Alors qu'au dehors des combats silencieux faisaient rage sous des promesses de paix, tout un monde s'était écroulé dans la tête de Lucas Drifloon. Comme pour s'empêcher d'hurler au désespoir, il s'était enfermé dans un mutisme total et exécutait froidement les ordres donnés par ses supérieurs sans poser de question. Depuis que la marque des ténèbres ornait son bras, il n'était plus qu'une ombre de lui même, un revenant désabusé ayant abandonné en un claquement de doigts tous ses rêves de petit garçon.

Pourtant, on n'avait cessé de lui répéter à tort et à travers durant toute sa scolarité « Cesse de te conduire comme un parfait crétin Lucas, et prouve au monde que tu vaux mieux que ça avant qu'il ne soit trop tard pour faire marche arrière, quand tu les aura tous blessés ». Il valait mieux que ça, tellement mieux. Comment avait-il pu en arriver là, alors que la moitié de ses amis les plus proches étaient des nés-moldus ? Son coeur était certes brisé par le chagrin, mais ils auraient pu l'aider à alléger sa peine en lui murmurant des paroles réconfortantes et en prenant soin de lui. Mais au lieu de ça Lucas Drifloon avait fuit, laissant derrière lui sa maison vide et ne donnant plus le moindre signe de vie à ceux qui avaient autrefois tant compté pour lui.

Alors qu'il errait entre les boutiques aux enseignes suspectes en attente d'une mission, une vive douleur se mit à s'élancer dans toute la longueur de son bras. Une souffrance nécessaire pour honorer le seigneur des ténèbres, lui avait-elle dit de sa voix doucereuse. C'était comme si on lui versait des gouttes d'acide à l'endroit où le tatouage remuait fièrement, prouvant ainsi et à tout jamais son appartenance dans les rangs des mangemorts. S'ils le trouvaient à présent, c'était un homme mort. Certains feraient peut-être preuve de clémence, après tout il n'avait encore tué personne et n'était qu'un gamin anéanti par la perte de sa mère. Mais à quoi bon rebrousser chemin quand il n'avait nul autre endroit où aller ? Pourquoi s'allierait-il à ces traîtres qui n'attendaient que le bon moment pour lui planter un coup de couteau dans le dos ? Depuis quelques semaines, il ne cessait d'être victime de cauchemars affreux et se réveillait toujours de la même façon en sursaut et le visage trempé de sueur.

Le garçon faisait tâche dans ce paysage, il était trop blond, le regard candide et semblait venir de bonne famille. Que venait faire un fils-à-papa dans son genre par ici ? Des vendeuses de bibelots de magie noire s'en approchaient déjà comme des piranhas autour d'un morceau frais de chair humaine quand une autre anomalie fit son apparition au milieu de la ruelle. D'un seul coup, les quelques regards malsains ou inspirés de pitié qui suivaient Lucas du coin de la rétine s'étaient tous tournés avec stupeur vers Margery Hensley, connue comme étant la directrice du département de justice magique. Ou celle qui avait soufflé l'idée des sortilèges impardonnables, en omettant soigneusement de cacher son nom sur le bas de la page. Copyright Margery Hensley, mesdames et messieurs. Au moins, elle n'avait pas peur de clamer haut et fort ses intentions. Ce n'était pas possible. Qu'est-ce qu'elle venait faire seule dans un terrain si hostile ? Était-ce là une stratégie-suicide, visant à montrer que les mangemorts étaient assoiffés de sang en se donnant en offrande à ses ennemis qui ne feraient qu'une bouchée d'elle en un mouvement de baguette ? Et... Une seconde, est-ce qu'elle osait venir dans sa direction ?

Lorsqu'elle lui fit face, Lucas ne put s'empêcher de plisser le nez dans une expression de dégoût. Des questions ? Est-ce qu'elle avait vraiment fait tout ce chemin juste pour l'interroger ? Le choc était tel que Dolorès Ombrage aurait pu débarquer en chemise de nuit et se mettre à danser sous ses yeux de façon langoureuse qu'il n'aurait pas froncé la moindre parcelle de sourcil. Il était tellement abasourdi qu'il se laissa conduire sans broncher dans un vieux kiosque qui ressemblait plus à une épave lugubre qu'à une salle d'interview. Ce n'est qu'après qu'il reprit ses esprits, l'air d'un lapin pris en cage.

« Je sais qui vous êtes. Et je sais ce que vous avez fait. Je vous demanderai bien ce qui me vaut l'honneur de votre visite, mais je crois en deviner la cause. » Son ton était sec, cassant. Il détestait cette femme de tout son être, et pourtant c'était la première fois qu'il la voyait en chair et en os.

« Je crains cependant qu'il y ait méprise, madame Hensley. Ne serait-ce pas plutôt à moi de vous poser des questions ? » C'est en tirant sur la manche de son pull de toutes ses forces en ramenant son bras vers lui comme pour le protéger que le mangemort foudroya Margery du regard. Comment cette truie pouvait-elle lui faire face et rester aussi calme, alors qu'elle était clairement responsable du décès de Miss Drifloon ? A l'heure qu'il était, elle aurait du rester cachée dans son bureau, tremblante et s'excusant face à ses dieux de sang-de-bourbe pour ne pas se faire broyer dans les abysses de l'enfer. Mais non. Au lieu de ça, elle se tenait là, fière et sévère, et prête à le sermonner pour avoir reçu la marque.

« Commençons par celle-ci : Est-ce que vous avez aimé ça ? Quand on vous a annoncé qu'un auror avait victorieusement assassiné ma mère sans scrupules ? Vous avez souri lorsque votre loi est passée comme une lettre à la poste en profitant de ces temps de dérèglements ministériels, hm ? »

Les pupilles attentives au moindre mouvement de la part de la dame de fer et le corps secoué de légers tremblement, Lucas plongeait déjà une de ses mains dans la poche de sa veste, s'agrippant à sa baguette magique. Il était prêt à se défendre au cas où les choses tournaient mal.

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MessageSujet : Re: Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}. Sam 6 Avr 2013 - 14:54



Walk through the fire

M. E. HENSLEY & L. DRIFLOON.


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Le garçon la vilipendait avec une telle hargne, que Margery E. Hensley réfléchissait à l’attitude qu’elle devrait adopter pour faire face à une telle défiance. Vraisemblablement, le jeune homme ne savait absolument rien des conditions du décès de sa mère, et la directrice du Département de la Justice Magique le déplorait d’un air affligé. Pendant qu’il s’excitait seul à poser des questions, sans lui laisser le temps de répondre, elle remarqua bien son attention toute particulière à ramener sa manche vers lui. Toute sa tête semblait l’accuser d’elle-même, ses traits blafards, presque criant comme une alarme : « Je suis coupable ! ». Sans même plus l’écouter dans ses diatribes, son regard s’axa sur son bras, et d’un geste tout aussi rapide que le sien, elle fit un grand coup vers le haut pour relever la manche de son vêtement. La marque des ténèbres trônaient à l’endroit exact où chaque Mangemort la portait d’habitude. Des traits sévères se dessinèrent sur son visage, à l’instar d’un professeur des écoles mécontent du travail d’un élève. Le silence était revenu, mais sachant pertinemment que c’était à son tour de s’exprimer, elle prit une grande inspiration.

« Vous êtes un imbécile. » La bombe explosa d’elle-même. « Ne vous méprenez pas, M. Drifloon, c’est moi qui pose les questions, et vous qui donnez les réponses. » Son ton se voulait intransigeant, froid et ferme. D’une rigidité exemplaire pour toute personne qui admirait son cuir solide. « Je ne suis pas celle qui suis devenue Mangemort pour louer la mémoire d’une défunte, et violer le pacte qui différencie l’homme de l’animal. M. Drifloon je connais très bien votre dossier, et avant de m’accuser, peut-être devriez-vous apprendre à lire les rapports ! » Une animosité évidente motivait ses logorrhées. Elle n’était pas en colère, mais plutôt sèche, intransigeante et expéditive.  

D’instinct, elle interposa à nouveau sa baguette devant elle pour l’empêcher de tenter quoi que ce soit d’inconsidéré. Un jeune homme si brillant qui bénéficiait d’un avenir ne pouvait pas être devenu un tueur. L’inflexible remarqua d’ailleurs que ses traits innocents ne prirent pour le moment aucune vie. Il semblait si peu sûr de lui. Un drôle de sentiment s’éprit alors de Margery, comme une lueur de compassion, vite ramenée à la réalité. Elle allait lui donner les réponses qu’il ne possédait vraisemblablement pas. Oui, tout demeurait tellement plus simple à trouver le coupable idéal pour transposer sa douleur. Elle imaginait qu’il était dévasté par la souffrance, ce qu’elle ressentit déjà par le passé. Sa vie restait très mystérieuse, presque inconnue aux yeux de tous, mais jamais personne ne se demandait vraiment ce qu’elle vécut par le passé. Cela surprenait toujours chaque personne qui, s’attendant à une réaction inhumaine, se trouvait à être rassuré tout en subissant son autorité morale.

« Oui, votre mère a été tuée par le sortilège de l’Avada Kedavra au cours d’une bataille qui la confronta à une de nos nouvelles recrues de l’époque. Après la mort de Mme. Drifloon, l’Auror William Sanchez a été démis de ses fonctions pour usage abusif de la loi sur les sortilèges impardonnables. » Elle fit sa première pause. Le troisième personnage du Ministère de la Magie le scrutait droit dans les yeux, pour percer son regard, ses émotions, et se faire plus qu’imposante vis-à-vis de cet apprenti sorcier. « Et il a été condamné, le mois suivant, par le Mangenmagot et sous mon instigation, à dix ans d’enfermement à Azkaban. Alors je vous interdits de tenir vos jugements abscons de sens, semblables à la rage qui vous anime. Vous voulez éponger votre douleur dans une haine féroce envers moi ? Bien vous en fasse, mais je ne vous autorise pas à participer au massacre des Nés-Moldus.  Une énième pause augmenta la tension. Sa voix accusatrice et agressive lâchait un nombre incalculable d’informations véridiques, sonnant comme le plus mauvais des tocsins pour annoncer la destruction de faits tronqués.

« Si vous êtes un tueur, que vous ne regrettez pas d’être un Mangemort, dites-le moi tout de suite. Nous mettrons plus vite un terme à cet entrevu. » L’outrecuidance de Margery E. Hensley pouvait paraître dangereuse, mais elle était persuadée qu’il ne la tuerait pas, même s’il en avait l’occasion. Ce n’était qu’un jeune homme égaré.



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Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}.
MessageSujet : Re: Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}. Jeu 23 Mai 2013 - 21:32

You are scum, you are scum and I hope that you know
That the cracks in your smile are beginning to show ;


Une âpre sensation de nausée remontait dans son œsophage, la haine paralysant tous ses mouvements. Sans prévenir, la sorcière de fer profita de son moment de faiblesse pour remonter le pan de vêtement qui recouvrait sa marque. Simple tâche sur le bras, et pourtant si représentative de ses erreurs. Et pourtant, la brûlure lui procurait parfois une telle douleur qu'il s'en était roulé par terre en criant et implorant pour que ça cesse.
Il n'y avait que lui et elle – Margery Hensley. La responsable. Crainte comme la peste par la moitié du pays, ou adorée comme une madone. C'est comme si le juste milieu avait été effacé des esprits pour ne laisser au peuple sorcier que les sentiments de haine ou de vénération envers la directrice du département de la justice magique. La fait est que tout le monde la connaissait. Peu étonnant étant donné le poste très convoité qu'elle occupait avec une poigne de fer. Certains allaient même jusqu'à la qualifier de tyran. Mais l'aversion que Lucas Drifloon ressentait quand il la voyait en face de lui était toute nouvelle et particulière. Ce n'était plus une simple antipathie due à ses positions politiques radicales ou à ses foulards de mauvais goût, non. Elle l'avait blessé directement. Pire encore, elle était pleinement responsable de la mort de Miranda Drifloon, autrefois mère aimante de Lucas. Désormais reléguée à l'état de souvenir vif et cuisant dans l'esprit du jeune garçon qui dès lors s'était engagé dans une spirale interminable de choix aussi bien hasardeux que douloureux.

« Pour information, elle s'appelle Miranda Drifloon, et pas la « défunte ». Faites-lui au moins l'honneur de l'appeler par son nom. Vous lui devez bien ça... Mais c'est vrai que c'est beaucoup plus simple de lui enlever son identité, pour ne pas vous rendre compte que c'est à cause de vous qu'elle est... Le mot était encore douloureux à prononcer. décédée, n'est-ce pas  ? Elle avait des rêves, un avenir. Un fils. Vous avez tout détruit. Vous n'êtes qu'une femme frigide qui se cache derrière la justice pour commettre des crimes atroces et froids. Je suis peut être le mangemort, mais en attendant, dans cette « pièce », je suis le seul à n'avoir jamais tué personne. De près, comme de loin. Car non seulement vous avez signé sa mort, mais en plus vous n'avez même pas pris la peine d'aller vous salir les mains. Vous êtes trop bien pour ça, n'est-ce pas ? Vous qui êtes tellement supérieure face aux « animaux nuisibles » dans mon genre.

C'est en faisant usage de la meilleure arme existante, à savoir les mots qui sortaient comme un flot inconstant et incessant de sa bouche, que Lucas Drifloon avait choisi de l'attaquer en premier. Elle avait pourtant beaucoup plus d'expérience dans le milieu, maître des plans de batailles dans le domaine des décrets et châtiments, face à un novice recruté dans une armée plus par désorientation que par réelle conviction à long terme. C'était comme s'il lui vomissait toute la pourriture du monde à la figure, maintenant qu'elle se tenait si proche de lui, palpable. Et pourtant, Lucas gardait une certaine distance de sécurité, de peur de se briser en l'approchant de trop près. C'était comme si la peste personnifiée se tenait face à lui, prête à le salir plus encore qu'il ne l'avait déjà fait en tendant son bras à Bellatrix Lestrange.

C'était le monde à l'envers.
C'est dans un terrain froid et hostile qui suintait l'humidité et la saleté que Lucas Drifloon menait un combat « sans armes ». Comme pour rajouter un peu d'horreur à la scène, les poutres craquaient au dessus d'eux, comme si le plancher de la vielle échoppe était prêt à s'écrouler sur leurs têtes pour les assommer une fois qu'ils auraient terminé leur conversation.

Et puis, Hensley contre-attaqua. Son contre-argument était tel que le garçon dut se retenir de ne pas hurler, de rester impassible du mieux qu'il pouvait, se contentant de tenir son estomac comme pris d'une douleur comparable à des contractions de femme prête à accoucher. Tout ce qu'il avait crû ces derniers mois, les nouveaux idéaux auxquels il s'étaient rattaché. Envolés dans le vent. En une phrase, elle avait réussi à faire dégringoler des montagnes dans l'esprit de Lucas. Toute sa nouvelle façon de penser venait d'être remise en question, sur un ton à la fois sévère et compatissant, comme si les paroles de la doyenne voulaient l'enrober dans du miel avant d'envoyer un essaim d'abeilles le piquer sur tout le corps.

Mais c'était trop tard à présent, le mal était fait. Le serpent ornait son bras. Et Miranda Drifloon n'était plus de ce monde. La sensation qu'il éprouvait à ce moment là était si insoutenable qu'il aurait tout donné pour fuir d'un coup de transplannage. Mais l'autre ne le lâchait pas des yeux, sa baguette pointée droit sur lui, attendant certainement qu'il déclare forfait et se rende comme un bon petit.

—  Alors, c'est ce que vous leur dites ? Non, sérieusement je vous félicite. Moi qui ne fais que des cauchemars depuis sa mort, je devrai vous utiliser comme exemple. Vous savez comment vous donner une impression de bonne conscience. Après tout, c'est vrai. Vous avez offert l'âme de votre Auror aux baisers des Détraqueurs, et tout s'est réglé tout seul : C'est lui le fautif, et tout le monde est content. En attendant, j'ai une mère à ramener des morts, et je pense que même en utilisant la magie, aucun sortilège ne permet encore de ressusciter les gens. 

Il était sur la défensive, ; la vérité était qu'il était plus troublé et ne savait plus quoi en penser. Il aurait eu besoin de temps pour analyser ces quelques paroles, mais Margery semblait jouer à lancer des pierres tout autour du volcan qui sommeillait dans le cerveau de Lucas Drifloon. Elle cherchait à le tester, à le pousser dans ses derniers retranchements jusqu'à ce qu'il ne sache plus quoi répliquer pour simplement répondre sincèrement à ses questions. Mais la fierté démesurée du mangemort lui permettait de rester digne. De ne pas tomber à genoux comme un vulgaire perdant. Et sa meilleure stratégie de défense était de balancer les pires horreurs aux yeux des gens ou de dire le contraire de ce qu'il pensait, quitte à laisser sortir des paroles qu'il regretterait par la suite. Il avait toujours été comme ça : Un gamin qui se fermait comme une huître dès qu'il se sentait blessé ou menacé certes, mais fondamentalement un gamin.

—  Oh, bien sûr. Je suis un mangemort, donc je tue forcément des bébés moldus tous les matins pour me faire des tartines avec leurs tripes au petit déjeuner. D'ailleurs, j'en suis à 165 victimes. Vous devriez faire attention, non ? Après tout, vous avez fait une redoutable erreur en venant seule et à découvert face à moi. Il se redressa d'un coup, sa baguette magique braquée sur la dame de fer, haletant. Je me suis amélioré en magie, et vous... Compte tenu de votre âge, j'imagine que vos muscles se ramollissent et que votre ménopause n'est plus qu'un lointain souvenir. Contrairement à vous, les mangemorts ont été là pour moi quand je n'avais plus aucun endroit où aller, et ils m'ont accueilli les bras ouverts. Comme une vraie famille.
Le garçon marqua une pause pour reprendre son souffle et se mit à secouer sa tête avec frénésie. Si vous n'avez pas intentionnellement tué ma mère, qu'en est-il des autres ? Est-ce qu'ils doivent eux aussi craindre pour leur vie ? Est-ce que je risque moi-même de crever de sang froid la tête dans un caniveau et oublié en plein milieu d'une rue sale, sans que personne ne se soucie de moi ?

Il était à deux doigts de craquer, Lucas.

 — Quelle est la raison de votre venue ici et que cherchez-vous à accomplir ? Est-ce que vous essayez de m'amadouer pour mieux me jeter à Azkhaban ? »


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Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}.
MessageSujet : Re: Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}. Dim 6 Oct 2013 - 12:14

Walk Through The Fire
Margery E. Hensley & Lucas Drifloon


Margery E. Hensley écoutait avec beaucoup de patience le jeune homme cracher sa haine. Elle ressentait beaucoup de souffrance dans ce qu’il disait, elle voyait tout le malaise d’un être à présent orphelin qui tentait de canaliser sa douleur par des moyens douteux. Une moue presque sympathique avait voulu s’esquisser sur son visage en le voyant comme ça, frêle, lâchant des propos acides dont il ne savait même pas la véracité par le simple souhait d’attaquer, encore et encore, la seule personne qu’il considère coupable de la mort de Miranda Drifloon. Pour autant, et malgré toute la peine qu’une Dame de son ressort pouvait ressentir, elle n’arrivait pas à l’excuser d’avoir commis l’impardonnable. Quand on se prend au jeu de la vengeance, il y a toujours des conséquences à en tirer. Personne ne le savait mieux que Margery. Elle fit la triste expérience à plusieurs reprises des désirs revanchards de ces sorciers anéantis et défigurés par leur colère. Depuis presque dix ans qu’elle était en fonction, elle savait pertinemment jusqu’où les gens pouvaient aller pour défendre leur personnalité. Un mécanisme qu’elle étudia en Psychologie Avancée lors de ses études au Ministère. Qu’importe. Il ne fallait pas céder. Pas même lorsqu’il pointa la baguette sur elle. Elle avait vu. Elle savait. Elle devait l’arrêter. Et il n’était pas question pour elle de céder quand elle voyait avec quel nervosité il pointait ce bout de bois contre elle. Il n’en serait pas capable, ça non.

► MARGERY. « Vous avez une douleur à évacuer, à l’évidence. » Son commentaire s’était voulu tranchant. Sa voix ne bisquait pas. Elle ne se montrait absolument pas impressionnée par un tel acte.

La Dame de Fer pourrait le désarmer et l’envoyer à Azkaban par le premier train si elle le voulait. C’était une sorcière aguerrie qui s’était donnée beaucoup de mal pendant ces études. Ce n’était pas un gamin à peine sorti des jupes de sa mère qui lui ferait peur. Elle en avait vu des bien pires. Quand bien même la solution belliqueuse s’avérait souvent plus efficace que des discussions, elle jugea cette fois-ci bon de baisser sa baguette. Elle ne désirait pas que le jeune homme se sente menacé. Pas cette fois. Non. Il y avait encore quelque chose à tirer, quelque chose à sauver. Par le temps, elle essayait de voir sur le long-terme : s’il calmait ses plaies, il serait d’une grande utilité au Ministère.

► MARGERY. « Vous n’en serez pas capable, M. Drifloon. Je ne viens pas pour vous arrêter. Je ne viens pas non plus pour vous aider. Je viens vous donner un ultime avertissement. Persister sur cette voie serait ouvrir la Boîte de Pandore. Êtes-vous certain que ce soit la bonne solution ? Réfléchissez. Vous n’avez pas pour vocation à être un Mangemort, et quant à ce que vous dites, sachez que nous retrouvons chaque jour des Moldus et des Nés-Moldus massacrés. » Bien qu’empathique, sa voix se voulait sévère.

Elle pensait qu’en jouant sur le registre sentimental, le garçon pourrait plus facilement revenir à lui. Il venait effectivement de perdre sa mère, mais ce n’était pas la solution que d’user de la vengeance.

► MARGERY. « Savez-vous qu’est-ce que je dois écrire, chaque jour, à chaque famille dont le cœur est brisé à tout jamais ? Qu’aucun Sorcier et qu’aucun Moldu ne sera mort en vain. Contre Voldemort… »

Sans s’en rendre compte, Margery E. Hensley sentit son cœur émettre des palpitations. Ce sujet lui tenait tellement à cœur que son timbre prit une tonalité beaucoup plus grande. Ses yeux étaient même devenus brillants. Il y avait quelque chose en elle qui fondait quand on abordait le sujet des Moldus.

► MARGERY. « Est-ce qu’un jour, Lucas, vous voudriez anéantir une famille de la même façon que cet Auror a anéanti votre vie ? Trouverez-vous cela juste ? Cela justifié ? Détestez-moi si vous en avez envie. Mais vous n’avez aucun droit sur eux. Ils ne méritent pas cette mort raciale. Bellatrix Lestrange vous a-t-elle lobotomisée à ce point ? Revenez à vous. Je n’ai pas l’intention de vous livrer aux Détraqueurs. Mais c’est votre seule chance. »

Elle émit un soupir.

► MARGERY.  « Si vous ne revenez pas à la raison, je ferai ce que je dois faire. »


► MARGERY.  « Il y a des décisions difficiles à prendre. Il y a des choses qu'il faut faire avec courage. Je vous en conjure. Ne me forcez pas. »


« Il me semble que le consensus désigne le procédé par lequel on abandonne nos opinions, principes, valeurs et politiques. C'est donc quelque chose en laquelle personne ne croit et à laquelle personne ne s'oppose. » ► THATCHER.
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« You may have to fight a battle more than once to win it. » Margaret Thatcher.
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: Nah. It's not me, I don't know this "Drifloon". What a shitty name, by the way. Me ? I'm just Nessie. Don't mind me.

ϟ ÂGE : 24
ϟ FONCTION : Ancien Serpentard ; Gamin borné et blessé, guidé par ses mauvais choix. Ex-mangemort actuellement en reconversion.
ϟ AVATAR : Alex Pettyfer.
ϟ ABSENCE ? : En Suisse pendant un an ; présence réduite.



ϟ LIENS : Substract love, add anger.


Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}.
MessageSujet : Re: Walk through the fire ▬ {Fe Lucas}. Mer 29 Jan 2014 - 17:36

Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can, so fuck you anyway ;


Un, deux et trois pas en arrière. Au fil du discours de la dame de fer, Lucas n'avait cessé de reculer comme si les mots pouvaient le blesser directement, aussi tranchants que l'épée de Godrick Gryffondor. Et voilà qu'il se retrouvait piégé contre le mur le plus proche à essayer de fusionner avec comme un caméléon. Il aurait pu se faire tuer brutalement par un escadron du ministère mais non, il avait fallu qu'il se retrouve nez à nez avec elle. Margery Hensley. Une ennemie redoutable qui avait fait ressortir ses pires craintes au grand jour. Elle appuyait là où ça faisait mal, jouant avec sa conscience qu'il avait préféré ignorer jusque là. En quelques paroles, elle avait détruit d'un coup le mur qu'il avait mis des mois à bâtir pour se protéger du reste du monde. Elle avait réussi à le faire douter.

« La ferme, Hensley. Vous n'êtes pas ma psy, et encore moins ma grand-mère. Même si j'ai du mal à vous voir comme une mamie-gâteau cousant des pulls à ses petits enfants. Vous êtes plus comme Dolorès Ombrage : une vieille fripe moche cherchant à se venger de sa jeunesse fanée en faisant du chantage à des personnes moins expérimentées que vous en magie. J'imagine que vos fantasmes de frapper les hommes avec votre cravache n'ont pas eu de suite parce que personne n'a voulu partager votre couche en 130 ans d'existence, hm ?

Sur ce discours très mature, il se boucha les oreilles en se tenant la tête, soudain pris de vertiges. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Pas plus que sa narratrice ne comprenait la science de la cyndinique. Tout en elle le rebutait. Après tout, depuis le départ il l'avait choisie pour incarner le visage de ce ministère corrompu. C'était en quelque sorte son « Dark Vador » personnifié, ou le super-vilain idéal qui lui servait de bouc émissaire. Elle était comme ce dragée surprise de Berthie Crochue au goût de poubelle qu'il avait mangé un jour. C'était à le dégoûter des sucreries, qui étaient pourtant un des petits bonheurs indispensables à sa vie. Mais au lieu de se rattacher aux petits riens et aux souvenirs heureux, il avait décidé de foncer droit dans le mur, blessé par le deuil que ces salauds du ministère avaient osé mettre sur le compte de « l'accident ». Sauf que cette fois-ci, ce n'était pas la palissade de la voix 9 ¾ où il savait que des monts et merveilles l'attendaient. Non. Lucas Drifloon marchait du mauvais côté cette fois-ci, et sa descente en enfers ne faisait que commencer. « Proie facile », c'est ce qu'il était entre les griffes de Lestrange qui n'avait eu qu'à lui murmurer ce qu'il voulait entendre à l'oreille pour en faire son nouveau jouet qui lui obéissait au doigt et à l'oeil.

Et pourtant, Hensley avait raison. Mais il n'était pas question de l'écouter. Ce serait admettre ses tords. Ce serait revenir en rampant, affronter les regards déçus de tous ceux qui avaient réellement compté pour lui, accepter que sa mère était morte pour rien dans une guerre qui les dépassait. Au fond, cette dispute semblait aussi ridicule que celle d'une vieille tante sermonnant son petit neveu lui faisant un caprice. Mais Lucas Drifloon refusait de céder en premier. Parce que dans sa tête bornée, il était très clair que le monde entier était contre lui. C'était d'ailleurs ce qui faisait l'amusement de ses nouveaux camarades qui n'avaient qu'à faire preuve de bases de psychologie inversée pour lui faire croire par la flatterie qu'il devait absolument se venger. Mais il savait au fond de lui qu'il était différent d'eux. Il n'avait jamais voulu de mal aux nés-moldus et avait choisi de fermer les yeux sur ce détail des idéaux mangemorts en attendant qu'une meilleure solution se présente à lui. Il vivait dans la temporalité, en attendant que quelque chose change. Au fond, il aurait rêvé que des bras viennent le tirer de l'obscurité, mais il se pensait déjà fichu. Il ne lui restait plus qu'à se faire tuer.

— Arrêtez. Arrêtez de me parler de ces foutus moldus. Comme si j'en avais quelque chose à faire, je suis un mangemort maintenant. Tuez-moi si vous le voulez. Je ne serai qu'une victime de plus parmi tant d'autres, et me garder en vie n'a aucun intérêt pour vous. Mais taisez-vous, est-ce clair ?

Plusieurs noms lui revenaient à l'esprit malgré tous ses efforts pour les chasser. Meredith Carter était en tête de liste, suivie par d'autres personnes qui avaient jadis compté comme une seconde famille pour lui Parmi eux, on retrouvait Poppy Beckett, Dirk Wieller, Dixie Simons ou toutes ces anciennes connaissances dont il ignorait les lettres. À part pour les Beuglantes qui s'imposaient à lui, il avait arrêté de les lire. C'était trop dur à affronter. Et puis, qu'est-ce qu'il aurait pu leur répondre ? « Salut, tout baigne ? Pour ma part, je suis devenu un mangemort. C'est cool, y'a de la bonne bouffe et j'ai appris à danser le mambo. À la prochaine !  PS : j'crois que Bellatrix est en train de torturer un proche de votre famille, ce serait cool de venir le récupérer parce que ses cris ont quelque peu dérangé ma sieste. Bisous baveux. »

Élevé dans un monde ou les choses étaient « toutes noires » ou « toutes blanches », comment aurait-il pu comprendre qu'il y avait parfois des multitudes de gris entre ces deux extrémités quand on n'avait cessé de le tirer d'un côté ou de l'autre ? Il ne pouvait rester dans la neutralité, Lucas. Il se devait d'être le héros de l'histoire. Pourquoi les choses n'étaient pas simples ? Alors qu'il rêvait de suivre le schéma manichéen qu'on lui avait enseigné en devenant un prince de conte de fées, il avait du se rallier au camp des vilains à cape noire qui s'avéraient être finalement plutôt sympathiques avec lui. Alors il se devait d'être leur défenseur, l'avocat du diable face à ces faux « gentils » qui l'avaient tant blessé en tuant sa mère.

— Contre Voldemort, hm ? Il laissa échapper un rire jaune, acide. Je vois que vous avez très clairement marqué votre position, miss Hensley. Dire que j'ai failli croire durant l'espace d'une seconde que vous n'étiez pas le déchet humain que je croyais. En réalité, vous êtes pire que ça. Vous m'accusez de me faire « lobotomiser » par Lestrange, mais vous ne voyez pas que la pourriture émane du Ministère. Vous jouez la carte de la justice, mais au fond tout ce dont vous êtes capable c'est de me faire du chantage. Je préférerai mille fois faire l'amour à un de vos chers détraqueur plutôt que de vous supporter une minute de plus. Et comme vous n'avez visiblement pas l'intention de me tuer aujourd'hui, je vais devoir vous fausser compagnie. »

C'est en fuyant en courant à toutes jambes qu'il se retourna pour lui lancer un très héroïque : « Je vous laisse en vie pour cette fois, Hensley. Mais la prochaine fois, je vous montrerai ce qu'est un vrai mangemort. » Comme s'il était capable de la tuer. Comme s'il pouvait faire du mal à une mouche. Alors qu'il transplanait loin de Margery, des larmes naissaient dans le coin de ses yeux.

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