Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Lun 21 Oct 2013 - 16:30

Elle était là, bien, Electre. En chemise à carreaux et en jean, même. Lorsqu'elle était dans des endroits moldus comme celui-ci, elle préférait ne pas se faire remarquer. Là-bas, sorcières et magiciens étaient relégués au rang de conte de fée populaire. Celui qui se prend un peu trop au sérieux est considéré comme fou, et dans ce monde étrange – bien que très réel – il valait mieux avoir l'air d'un sage. L'oeil de la jeune femme parcourait donc tous ces objets qui lui étaient connus et inconnus à la fois avec un peu de curiosité, et beaucoup de malice. Elle était actuellement assise sur un grand tabouret, les coudes sur le bar. Elle regardait les tableaux – les publicités retro plutôt – qui ne bougeaient pas, les scrutant comme pour les mettre au défi de le faire, là, devant elle. Elle venait souvent ici lorsqu'elle finissait son travail et que l'Ordre n'avait pas besoin d'elle : ce n'était pas le cas actuellement, et puis elle aimait bien avec les moldus, elle se sentait au calme avec eux. Au moins, ces derniers n'avaient pas conscience de la menace constante qui était sur leur tête, malgré les informations des médias quant à certains phénomène liés aux catastrophes météorologiques. Pauvres moldus. En vérité, Electre les plaignait. Comment pourraient-ils deviner que quelque chose d'aussi gros était au dessus de leur tête ?

Aujourd'hui était le jour où les enfants sortaient plus tôt de l'école, alors, Electre regardait l'endroit se remplir de mômes pleins de vie. Ils devaient avoir onze ans et plus, ce qui signifiait la certitude absolue que Dumbledore ne leur avait pas donné leur chance et qu'ils ne se trouvaient inscrits quelque part sur les registres magiques. En étaient-ils Cracmols pour autant ? Le serveur lui apporta son jus de canneberge, elle le remercia et le paya. Elle vit ses froncer et la bouche dire « Nous n'acceptons pas de monnaie étrangère » lorsqu'elle comprit son erreur et, gênée, s'empressa de le payer en livres. « Où avais-je la tête ?! »

L'endroit était maintenant bruyant, quelques familles s'étaient installés là pour profiter de ce beau mercredi après-midi et profiter d'une animation qui aurait sans doute lieu dans quelques minutes. Elle pouvait déjà voir deux moldus préparer des micros et régler le son – non sans un petit effet Larsen qui la fit grincer des dents. Un jeune homme – fort mignon d'ailleurs – s'approcha d'elle et lui dit qu'il y aurait un concours de slam cet après-midi, que la participation donnait droit à une boisson gratuite : voulait-elle participer ? L'après-midi était calme, un peu trop, alors pourquoi ne pas pimenter sa journée ? « Je veux bien assister, mais je ne sais pas faire du slam...et je pense qu'il est un peu trop tard pour m'y préparer, Sir. » Elle déclina l'invitation avec une politesse exemplaire et un sourire aux lèvres, fascinée par les micros et la portée qu'ils donnaient aux voix. Comment faisaient-ils cela ? Était-ce de petites baguettes magiques auxquelles ils avaient juste augmenté la portée ? Passionnant, tout cela était juste passionnant... « Mais je pourrais essayer les micros, à la fin ? Ça a vraiment l'air...super bien... » L'homme rit, peu accoutumé de voir quelqu'un de si enthousiasmé pour des micros, mais s'il connaissait Electre, il aurait su qu'elle s'enthousiasmait pour tout et n'importe quoi du moment que c'était un peu mécanique et sans magie.

Sur ce, la jeune femme en revint à son jus de canneberge, acide comme elle les aimait. Une famille à la table du fond avait des jumeaux, et elle ne put s'empêcher de penser au temps béni où son père, sa mère, Ore..non, Asterdre et elle fondaient encore une famille. Qu'était-ce, maintenant ? Si elle avait su que Poudlard les sépareraient à ce point, peut-être se serait-elle arrangée pour être dans la même maison que son frère. Et pourtant, voilà le résultat : elle n'avait eu de nouvelles des années durant, elle ne savait même pas si il travaillait – avait-il un travail – et ce qu'il faisait de sa vie : avait-il une petite copine, un petit copain ? Des enfants ? Maintenant qu'elle y pensait, ils ne connaissaient presque plus rien l'un de l'autre. Si elle le croisait, Electre ne savait pas ce qu'elle pourrait lui demander, à part...de raconter ce qu'elle avait loupé.

L'ambiance était bonne. Les gens avaient tous l'air de s'amuser et d'ailleurs, le concours de slam commençait bien et enfin, Electre pouvait découvrir ce qu'était le slam, n'osant pas le demander à cet homme pour ne pas passer pour une extraterrestre...pire, pour une sorcière. Elle remit son dos bien droit, mit ses mains sur ses genoux : pourquoi donc les Mangemorts en voulaient autant aux Moldus ? Ce fait lui échappait.
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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Mar 29 Oct 2013 - 1:40

Friday night in the party lights
You were acting like everything was alright

Il ne sait où aller, Asterdre, quand Londres se dérobe sous lui, quand, avalé par l'ombre de lui-même, il entrevoit des rues qu'il ne connaît plus. La panique lui brûle les poumons, ses muscles se tordent dans ses tics, ses doigts fuient des flammes invisibles quand il erre, Asterdre, dans un Londres qu'il a oublié, qu'il se refuse à connaître. Il ne devrait pas être ici mais il ne sait plus ce qu'il est venu y faire, il a fui quelque chose qu'il a oublié, terrorisé par l'insignifiance. Son pas se stabilise, ses jambes tolèrent de le porter de nouveau comme on demande à Atlas de poser le monde sur sa nuque. Il ne sait plus, et ça l'inquiète, et ça le terrifie, d'oublier toujours, d'oublier encore les minutes qu'il pose à peine derrière lui. Il tremble. Transpire. La nausée. Toujours la nausée. Il veut vomir, pleurer, hurler, évacuer de quelque manière que ce soit ces choses qui se déversent sans répit dans son esprit, comme un poison sale, une eau croupie qu'il continue de boire sans pouvoir s'y opposer.
La peur encrasse sa gorge, noie sa respiration. C'est honteux — depuis quand craignait-il ?
La folie. C'est ce qu'il craint.
Il décide d'arrêter d'être fou.

La raison lui revient comme une claque brûlante sur le visage. Asterdre ouvre les yeux sur des rues qui s'apaisent, sur des regards qui disparaissent, sur des bruits inconnus qui se taisent. Les sens lui reviennent, sains, neufs, il a de nouveau froid, il a de nouveau faim. Soif. Surtout. Bien qu'il y répugne, il touche le bois des portes moldues, il sent les odeurs moldues, il s'assoit parmi les moldus. Il se tient comme un souverain en disgrâce, un prince en cavale qui n'a plus de fierté que dans ses souvenirs. Le choix lui semblait monstrueux — plonger avec honneur, ou survivre avec honte. Une main effilée glisse dans ses cheveux quand il boit son verre d'eau, il cherche la discrétion, il veut passer sous silence la crise, le vertige qui le prend encore. Un animal nocturne qui se fait invisible dans la ville ; sa tête s'enfonce dans ses épaules et il cache son visage d'un mouvement inconscient. Paranoïaque paranoïde, il flaire le danger comme un chien fuit un prédateur plus grand encore, une menace perceptible. Ses doigts se crispent dans ses cheveux alors qu'il ne sait ignorer le grincement malsain d'un monde qui va bientôt s'écrouler sur lui. Il entend. Toujours. Il entend tout ce qui ne se dit pas. Les tics le prennent à mesure qu'il veut les refouler — il n'allait tout de même pas faire une crise ici, n'est-ce pas ? Rongeant nerveusement un ongle, il a la folie de tourner la tête, l'inconscience de regarder autour de lui.

Le temps s'arrête, et Asterdre redevient Oreste.
Ce n'était qu'un instant, qu'un infime morceau du temps, qu'une demi-seconde, peut-être, et pourtant c'est déjà bien assez pour que l'Univers s'effondre sous lui-même, pour qu'il s'écroule sous son propre poids, un homme sans identité au coin du bar. Son propre regard croise le sien, son double-lui le dévisage, le juge du regard — il est pisté, persécuté avant même que l'autre ne réalise. Son regard reste bêtement fixe, résolument fixe, vide de toute vie, creux de rien d'autre que de la crainte, que d'un battement de cœur raté qui l'alerte et pourtant le maintient au sol. Il se voit déjà courir au loin et pourtant son regard descend lentement des épaules aux jambes, et chacun de ses organes se pétrifie, et son corps s'éteint au fur et à mesure que ses yeux tracent un nom, se redressent vers les autres. Il est à elle ce que la nuit est au jour ; il n'a rien à voir avec elle, il est son négatif, son oxymore, sa pure et simple antithèse — et moins il s'en rapproche, plus il y est lié, comme un prisonnier l'est à son boulet. Ses lèvres n'osent pas former le nom mais son cerveau laisse mourir un « Electre » sur le bout de sa langue.

Il se lève. Fuit. Il préfère être aveugle qu'avoir à la regarder, être sourd que de l'entendre, être mort que de s'en souvenir — mais il sait qu'elle l'a vu, il sait qu'il l'entendra, il sait qu'il n'arrivera pas à l'oublier. Son sang lui semble sale, bourbeux, congestionnant ses veines par refus de se maintenir en vie ; il pourrit de l'intérieur, se répugne lui-même, haine de la jumelle par le jumeau. Elle l'a vu. Elle le suivra, un incendie sur ses talons — il la connaît, il la devine sans même avoir à la voir, à lui parler. Elle l'attrapera, lui parlera — le touchera.
Plus que le passé, il a le futur en horreur.


_________________
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au Ciel, j'entrevoi...
Dieux ! Quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !
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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Dim 17 Nov 2013 - 0:17

Elle buvait lentement la boisson qu'on venait de lui apporter, un café aux reflets clairs, une goutte de lait. Ses lèvres rougeâtres trempaient dedans, les retirant aussitôt la première fois, trop chaud. Chaud, Electre releva la tête, se retourna lentement, voulant jeter un regard, un bref regard aux clients de ce café. Il y avait ici, d'habitude, toute la faune de Londres. Des fortunés, des étudiants, des casse-pieds, des dragueurs. Tous allaient ici pour se ressourcer, mais son regard ne fut pas attiré par l'étudiant en arts soucieux de draguer tout ce qui l'entourait, ni par cet homme à belle allure qui semblait ici pour demander en mariage sa conquête. Non. Son cœur fit un bond quand elle crut le reconnaître. Ses cheveux plaqués, sa peau blanche, presque diaphane, cet air si familier et étranger à la fois. Il était lui comme elle l'avait laissé autrefois, peut-être un peu plus mature, sans doute un peu plus vieux. Lui et lui. Personne d'autre...leurs regards se croisèrent, sans doute un millième de seconde et Asterdre se leva. Voulait-il l'éviter ? Ne comptait-il pas lui parler ? Non.

Alors la jeune femme quitta son siège et courut jusqu'à lui. La distance qui les séparait était moindre, elle franchit vite les quelques mètres qui séparaient leurs deux corps. Que faisait-il, où travaillait-il, que pensait-il, pourquoi l'évitait-il ? Tant de questions lui taraudaient l'esprit. Elle avait tant envie de le prendre dans ses bras et de le serrer, de le serrer jusqu'à ce qu'il en étouffe, mais elle était elle, et elle devait bien se comporter. Ici, nous étions encore en société, elle ne pouvait pas se comporter et faire des excès de familiarité, même avec son frère. Alors elle lui saisit la main et l'enferma dans les siennes, cette petite main blanche qui lui paraissait si impressionnable, si frêle. Ce n'était pas le bras où était gravée cette terrible marque, mais Electre ne savait pas, n'était pas censée savoir. En attendant, elle la serrait tendrement, cette main, presque dans un autre monde, presque en transe, se retenant de pleurer. Aurait-elle pu ? Non. Elle se mordait les lèvres, comme l'aurait fait une petite fille qui avait complètement perdu ses repères.

Quand elle était enfant, son frère était tout pour elle, tout. Maintenant, elle avait grandi et il lui manquait, c'était sûr. Il lui restait quelques photos qu'elle regardait presque tendrement, ne parvenant pas à oublier comment avait évoluer leur relation...et que lui dirait-il, qu'allait-elle lui dire, elle qui le retenait, comme ça ? Electre parvint enfin à ouvrir ses lèvres, bredouillant :

« O-O-reste...Non...Asterdre... »

Il était enfin en face d'elle. Elle pouvait presque le toucher, caresser son visage, voir à quel point il était maigre, l'aimer, se blottir contre lui.

« Sortons, As'. Nous ne pouvons pas rester ici. Tu sais à quel point je les aime, mais ce sont des moldus. »

Alors, cette main, Electre la tira. Elle ne pouvait s'empêcher, en même temps, de ne quitter, son frère, celui qui avait quitté la maison depuis si longtemps, du regard. Elle l'attira dans cette petite ruelle juste à droite du café, celle qui lui était perpendiculaire, à droite. Il n'y avait pas de sacs poubelles entassées, juste des caisses et, en dessus de leurs têtes, en hauteur, des vêtements séchaient sur des fils à linge.

« Pourquoi tu es parti, As', pourquoi ? Pourquoi tu m'as laissée toute seule, pourquoi tu ne donnes pas de tes nouvelles aux parents, pourquoi ? Pourquoi tu m'as dit ces mots la dernière fois que nous nous sommes parlés, tu me détestes, pourquoi, pourquoi ? »

Elle parlait à toute vitesse, lui serrant la main de plus en plus fort. Ne pouvait-elle pas s'avouer, ou lui avouer qu'elle l'aimait et qu'il lui avait manqué ? C'était sans doute de trop...et lui, est-ce qu'il l'aimait ? Elle avait tant l'impression de ne plus le connaître qu'elle en devenait jalouse, rancunière envers la personne avec qui il partageait peut-être sa vie.

« Et tu es avec quelqu'un, tu as des enfants ? Tu fais quoi à Londres ? As, tu continues à voler ? »
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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Sam 30 Nov 2013 - 20:38

I'm always just about to go
And spoil a surprise

Son épiderme a des allures de poison lorsqu'elle effleure le sien, lorsqu'il la regarde, est contraint à la regarder, lorsque le supplicié croise une sœur maudite, une lignée haïe. Asterdre aux genoux de celle qui est davantage Hadès que Perséphone, le temps s'étrangle dans sa gorge, ses genoux s'entrechoquent ; elle le frappe d'une foudre divine, qu'elle a volé par jalousie de ce frère davantage Oreste que Zeus. Court-circuité, il se laisse porter, pantin manipulé, patibulaire créature qui vomit ce contact, cette infraction, ce blasphème qu'est la sensation de sa peau contre le sienne. Il veut dégager des doigts qui ne lui répondent pas de la main d'une femme à laquelle il ne doit aucune réponse. Il répond à son amour par sa froideur, à son regard clair de bonheur par son regard noir de rage. Ses yeux sont aussi secs que les siens s'embuent de larmes, enchantée d'une bienheureuse illusion, du mensonge entêté d'une joyeuse retrouvaille.

Elle le guide dans la nuit, sans savoir qu'elle reconduit le loup à sa meute, l'ours à sa grotte, le prédateur à son territoire. Elle ignore que ses sens lui avaient échappé, qu'elle vient de les lui offrir de nouveau. Asterdre se sent fort, se sent fier, Asterdre ne se confond plus à Oreste, ne garde de lui que sa folie latente, et il la toise — mauvais frère, mauvaise personne, et il la menace passivement. Elle sanglote des questions rhétoriques sur une main qu'elle chérit, qui la hait, et il ne trouve à lui offrir que du vide, que du néant, que son inexistante affection au fond d'un regard toisé. Il n'a encore rien dit et elle a déjà trop parlé. Que de vieilles — que de mortes habitudes.

« Et tu es avec quelqu'un, tu as des enfants ? Tu fais quoi à Londres ? As, tu continues à voler ? »

Un rire explose entre ses lèvres, ouvre sa gorge, premier son qu'il émet, d'un rire comme le premier cri d'un nouveau-né, d'un rire qui n'appartient pas à Oreste, du rire d'Asterdre. Il dégage sa main pour la porter à sa bouche, dans l'espoir feint d'atténuer un rire toujours plus fort, il la contemple, sidéré, scié d'ironie, amusé de son horreur. La réaction ne convient pas, jamais ; Asterdre ne sait rire que quand il ne faut pas. Un décalage constant qu'il ne sait endiguer, qui grandit de jour en jour ; une autre fenêtre sur les ratés de son esprit. Son rire se calme aussi vite qu'il est venu, ne laissant que le cadavre d'un sourire — d'un rictus condescendant.

« Non. »

La voix traîne toujours autant que la dernière fois qu'il lui a parlé. Mais le ton est plus froid, la prononciation est plus nette, plus sèche, et le sourire transforme la monosyllabe dans un son presque amusé. C'est de l'illusion, dont il s'amuse — de l'innocence de ses questions, de ses croyances. Il s'amuse de ces larmes ignorées, de cette naïveté qu'elle a, qu'elle a toujours eu, qu'il a toujours haï. Il se souvient qu'il la hait, toute entière, et une pulsion cruelle lui souffle de la briser, de ruiner ce sourire ridicule, de mettre à fin à cette candeur pathétique. Son sourire s'affine encore lorsqu'il imagine, lorsqu'il se demande seulement à quoi tout cela ressemblerait si elle savait, ce qui resterait d'elle s'il lui révélait. Il s'imagine la clarté magnifique d'Electre, réduite à une tâche brouillonne, grise de peine, sale de honte, il s'imagine enfin sa supériorité sur elle, son triomphe définitif, primitif instinct enfantin — sa victoire à lui, sur sa sœur.
Il prolonge ainsi le silence, délecté de savoir ce qu'Electre dirait si elle savait cette marque rongeant la peau de son bras, si elle connaissait ce frère qui n'aimait pas les femmes, si elle apprenait ces mains qui s'attardent toujours sur ce qui ne leur appartient pas.
Le sujet est écarté d'un mouvement de tête. Il lève les yeux au ciel. C'était un autre angle qu'il voulait savourer.

« J'ai trouvé du travail. » Le ton est égal, les yeux toujours fixés sur cette lumière sans flamme, sur un lampadaire sans magie. « Loin de tes précieux moldus. Loin de toi, des autres. J'ai une vie qui ne te plairait pas, j'en suis certain, et je la chéris pour ça. Je me suis défait de toutes ces ridicules politesses, de tous ces pathétiques faux-semblants — les gens que je ne veux pas voir n'existent pas. Toi, les parents, le reste. Voilà ce que je suis devenu. » Ses yeux retombent sur elle, deux balles de plomb à l'arrêt sur deux fragiles billes de verre, qu'il sait pouvoir briser sans même avoir à les toucher. « Je t'ai laissée parce que je n'ai pas besoin de toi, Electre. Il n'y a rien d'autre que ce sang ridicule que nous partageons — crois pourtant que j'ai tout essayé pour m'en défaire aussi. Tu te présentes à moi comme si j'allais te tomber dans les bras, comme si j'allais te pleurer, ma sœur retrouvée, ma moitié chérie et adorée de nouveau à mes côtés. Ça n'arrivera pas. Tu m'ennuies, Electre. Tu es comme ces oiseaux qui sifflent trop tôt le matin, comme cette pluie qui tombe dès que l'on sort — un ennui. Je te fais la conversation par politesse. Te laisser un crachat pour seule réponse aurait parfaitement exprimé ma pensée. »

Il est sur le départ, se refaisant un dernier sourire menti, penchant la tête dans une ironie silencieusement hilare, dans une courtoisie odieusement feinte.

« Et toi donc, Electre ? Parle-moi de toi. Comment est-ce, entre les quatre murs de ton petit esprit étriqué ? »

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MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Mar 10 Déc 2013 - 17:31

Au fond, Electre savait comme cette rencontre se passerait. D'années en années, leur relation s'était dégradée. Il y avait eu Poudlard, il y avait eu leurs différends à tous les deux. Aujourd'hui, il était difficile de dire qu'ils s'entendaient bien pendant leur enfance. Là, elle regardait Oreste, se mordillant légèrement les lèvres, le regard allant, décroissant, vers le sol. Electre savait à quoi s'attendre, elle connaissait ce ton, le ton de ce frère qui ne voulait plus d'elle : c'était celui de l'homme qui l'avait rejetée, ce mauvais jour d'il y avait quelques années, celui de cet homme qui ne lui avait plus jamais donné de nouvelles. Et l'avait-elle cherché pour autant ? Non. Elle était toute aussi fautive que lui, c'est pourquoi elle le regardait d'un air étonnamment sérieux, tandis qu'il récitait toutes ces ignominies à son attention.

Il trouve ses paroles drôles, son frères, cet Oreste malin. Sur le coup, Electre, elle, n'a pas une once de sourire aux lèvres. Elle ne le trouve pas comique, pas digne d'un sourire, elle a envie de partir de là, tout de suite, très vite pour s'enfermer dans son appartement, mais elle ne le fait pas, ce n'est pas dans ses manières. Elle a commencé à parler, il fallait qu'elle respecte les principes d'une conversation de bases, ceux qui faisaient ce qu'elle était, malgré tout ce qu'elle pouvait ressentir, malgré son cœur qui lui faisait mal, terriblement mal. Et lui, il était là, monstre de ses cauchemars. Pendant un instant, Electre fut tenter de se pincer pour voir si tout ceci était réel...malheureusement, cela ne l'était que trop. Les rêves n'ont pas cette consistance, ce douloureux goûts du réel. Les rêves donnent l'impression que la situation échappe, qu'elle file entre vos mains, et combien même Oreste ne semblait pas être comme dans son imaginaire, Electre avait parfaitement conscience d'être là, les pieds figés sur cette bonne vieille Terre.

Il se moquait d'elle, il l'insultait presque, en faisant cela, mais elle ne le releva point, elle n'était plus à ça prêt. Comment en étaient-ils arrivés là, même si elle le savait, au fond, qu'ils ne pouvaient plus s'entendre, plus se ressembler. Alors Electre pensa. Pensa au frère qu'il avait été, bien avant leur séparation, à tout ce qui les attachait. N'y avait-il plus rien de commun dans leurs veines, était-elle seule, maintenant ? Ces vols, ces vols qu'elle commettait parfois, pour le simple plaisir de lui ressembler, avaient-ils un sens ?

« Je suis heureuse, alors, si tu as une bonne vie, un métier, des amis, Oreste, je suis heureuse. », sa voix était tremblante, elle n'avait pu s'empêcher de l'appeler Oreste. C'était un prénom qui lui était si familier, une erreur qu'elle ne cessait de répéter, même maintenant, surtout maintenant qu'elle n'avait cessé de l'appeler ainsi dans sa tête. « Je ne m'attendais pas à ce que tu me tombes dans les bras, je crois...que je savais à quoi m'attendre. Je ne suis pas idiote, tu sais...je ne le crois pas. Je sais, nous savons que quelque chose est parti. »

Elle souriait douloureusement, comme si l'action même d'accomplir ce sourire lui faisait du mal. Un crachat, des paroles insensées. Elle pensa à ses parents, aux nouvelles sur Oreste qu'ils lui demandaient régulièrement, aux mensonges qu'elle prononçait. Electre avait toujours refusé que ceux-ci aient mal à cause de ce fils si égoïste, d'après elle. Elle avait assumé son départ comme une adulte, l'avait pris sur elle. Le voilà, maintenant.

« Je suis contente que tu me demandes de mes nouvelles. Je...vais bien. J'ai un travail au ministère, aux accidents et aux catastrophes magiques. Je n'ai pas de relation, pas encore, je... »

Et quoi d'autre, encore ? Lui dire qu'elle appartenait à l'armée de Dumbledore ? Elle aurait préféré mourir que d'avouer qu'elle appartenait à cet ordre secret. Maintenant qu'elle y pensait, sa vie ne passerait ni très agitée, ni passionnante. Elle n'avait pas vraiment de connaissances proches, hormis celles de son autre vie, dont elle ne pouvait parler.

« Je t'ai déjà dit de ne pas parler des Moldus ainsi, Oreste...Tu le sais bien, ils ne peuvent pas faire de la magie, mais ils n'en ont pas moins de mérite. Ils sont capables de merveilleuses inventions, si tu voyais de quoi ils sont capables, je suis sûr que tu changerais d'avis ! »

Il n'était qu'à quelques centimètres d'elle. Si elle allongeait le bras, elle pourrait lui toucher le torse ; mais elle ne le ferait pas. Il y avait un tabou qui l'en empêchait, qui lui criait de ne plus se mêler des affaires de son frère, de partir en courant d'ici. Qu'importe les voix, les intuitions : elle campait ici, sur ses deux jambes bien solides, malgré le fait qu'elle tremble, qu'elle tremble de partout.

« Je suis si ennuyeuse, Oreste ? Pourquoi ne pourrions-nous pas tout recommencer à partir de zéro ? »
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MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Ven 10 Jan 2014 - 22:46

Bet it up, head erupts
A lava language and a vocal volcanic
Le nom d'Oreste siffle à ses oreilles. Son ouïe se tord d'une acouphène, de l'imaginaire d'un cri strident, et Asterdre porte la main à son oreille dans l'espoir d'étouffer cette faute, de faire abstraction de cet outrage. Il oublie d'écouter, de porter attention à la déjection sonore que lui sert l'autre, qu'il espère éviter de cette main plaquée ; il ne voit qu'une réalité scindée, qu'un schisme kaléidoscopique, qu'un monde en deux temps. Il n'écoute plus, ne sent plus, ne voit plus que le vague, que le vide — n'existe plus que le battement lourd du sang dans ses tempes, dans ses veines, du rythme de ce sang malade, de ce lien sororal qui hurle un cri que lui seul entend, qui chuchote ce sifflement monocorde, qui affirme s'appeler Oreste.
Une respiration pleine, lourde, lente, le lave ce nom ; une expiration ne laisse qu'Asterdre à Asterdre. Mais il y a toujours devant lui cette crevasse, cette immonde rayure qui griffe toujours sa réalité, qui creuse sa perception. Le sol fuit ses orteils ; le son fuit ses oreilles.

« Je suis heureuse, alors, si tu as une bonne vie, un métier, des amis, Oreste, je suis heureuse. »
Oreste.
Oreste.
Parlons d'Oreste. Oreste n'existe plus. Oreste s'est dissolu en lui, Oreste l'a bâti, Oreste l'a créé. Et Oreste est mort.
Il ne lui dit pas. Respire encore. S'éveille de son absence.
«Je t'ai déjà dit de ne pas parler des Moldus ainsi, Oreste... »
L'acouphène.
Ses doigts se referment sur un versant de son crâne.
Il ne dit rien.

« Je suis si ennuyeuse, Oreste ? Pourquoi ne pourrions-nous pas tout recommencer à partir de zéro ?
« Oreste — n'existe pas. » Il a coupé avec précipitation, dans le visage de la contenance, dans les yeux clos d'une courtoisie forcée. Sa voix se perche plus haut que d'habitude, et il garde les yeux fermés pour quelques instants encore, dans le souhait d'un enfant de la voir disparue lorsque viendrait le moment de les rouvrir. Il attend encore un peu avant de le faire ; souhaite plus fort. Les ouvre. La voit. Là. Sa sœur. Electre. Il la voit dans toute son horreur, illuminée d'un jour nouveau, comme la lumière d'un angle différent affirme des détails jusqu'alors invisibles. Les lèvres entrouvertes, il la regarde du haut en bas, comme un ignare découvre l'art pour la première fois, la considère, la jauge, la contemple.

Il la trouve belle.
Monstrueuse. Belle d'une beauté à vomir, d'une beauté qu'il déteste, d'une beauté putride, glacée. Il la trouve peinte du nauséabond d'un cliché froid, d'une beauté feinte, prédéterminée, plastique ; d'une beauté vide, d'une beauté sociétale. Il la trouve belle, et ne la trouve que plus monstrueuse encore. Il inspire mais oublie d'expirer, relevant les yeux dans les siens, affrontant la froideur d'une destinée déjà tracée, des yeux bleus d'une sœur d'artifices. Il se sent rempli d'eau, tout à coup, d'une eau claire, limpide, sans saveur ; il se sent dilué d'une peinture noire, d'un orage lourd, d'une épaisse acrylique, qui tapisse ses organes, qui enveloppe sa voix, qui s'inocule dans son esprit, qui se mélange à son sang. Il sent, dans cette obscurité synthétique, s'amalgamer une colère amère à un cynisme odieux, à une haine désintéressée, à une méchanceté gratuite. Son regard la parcourt de nouveau, de haut en bas, mais au coin de ses lèvres s'inscrit un sourire glacial, un rictus caustique, et, affrontant à nouveau ses yeux, il souhaite une seconde fois la voir disparaître.  

« A partir de zéro ? » Il se rapproche d'elle. « Mais tous les multiples de zéro sont égaux à zéro, Electre. On ne fait rien du rien. L'ex nihilo n'est qu'un fallacieux mensonge, pour l'espoir de quelques faibles femmes comme toi. » Il se penche sur elle. « Oreste est un tout aussi gros mensonge. Un tout aussi faux espoir. Oreste n'existe plus, il n'a laissé à Asterdre que ses furies, que l'enfer de son esprit, mais il n'a rien — rien laissé de toi. » Se referme sur elle. « Tu dépasses l'ennui, Electre. Tu dépasses l'indifférence. Tu atteins un niveau plus bas encore — tu me répugnes. Tu n'es qu'une agrégation mal agencée de principes superficiels et de codes hypocrites, d'obligations sociales, d'exigences inconscientes. Une allégorie de la société. Tu aurais ta place au Musée. Pense ce que tu veux, Electre, des moldus, des autres, de moi ; pense ce que tu veux du monde dans lequel on vit ou du monde que je conçois. Tu veux quelque chose de moi qui surpasse le zéro : la voici. Un enseignement, une leçon sur toi, juste à toi, spécifique à toi. Une constante. Une loi. Une chose, Electre, une seule chose. » Son visage trop près du sien. « Tu. es. abjecte. »



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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Jeu 30 Jan 2014 - 23:43

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Il lui envoyait au visage du venin de Basilic et comme si elle faisait face à l'antique serpent, elle n'arrivait plus à le regarder dans les yeux. Son regard avait fléchi vers le bas, son souffle s'était accéléré, comme si elle était en proie à un stress intense. Pourquoi pensait-elle quelques instants plus tôt que Oreste était toujours de son côté ? Pourquoi avait-elle imaginé un heureux dénouement où ils étaient heureux et recommençaient tout à partir de zéro. Electre était mal, plus mal qu'elle ne l'avait jamais été. Ses mains étaient devenues moites, ses yeux ne voyaient plus que les chaussures de son frère, et ses oreilles auraient voulu à cet instant ne plus rien entendre.

Qu'elle était ennuyante, qu'elle était ce genre de femme qu'il n'est pas bon de côtoyer trop longtemps. Electre savait, elle le savait qu'elle avait des défauts, qu'elle suivait trop le protocole et que ses manières, parfois tendues à l'extrême, tous ces petits tics étaient plus là pour se rassurer qu'autre chose. Mais lui, lui, son propre frère l'enfonçait à ce moment où, enfin, elle se réjouissait de l'avoir retrouvé. Sa proximité effrayait Electre qui aurait voulu reculer, reculer de plusieurs pas. Elle sentait son souffle sur ses lèvres, son regard acier qui la foudroyait, mais elle ne pouvait bouger. La jeune femme était figée de peur et d'angoisse, incapable d'accomplir ne serait-ce qu'un seul mouvement, de transplaner. Elle pensa pendant une seconde à la boisson qui l'attendait au café. Au reste. À son département, au travail, aux relations amoureuses qu'elle avait jadis eues, à celles d'un soir qu'elle avait parfois, les fêtes, le travail, le travail, le travail. Elle se sentait jeune, enfant, et Asterdre était à sa façon en train de la réprimander.

Était-elle capable de parler, d'articuler ne serait-ce qu'un seul mot ? Sa peau était si palpable, son être si prêt du sien que si elle en avait eu la force, elle aurait été capable de le renverser. Leurs parents ne les avaient pas élevés comme cela : il y avait toujours eu ces jumeaux inséparables qui étaient ensemble. La forte Electre, le faible Oreste. Quelle image montrait-elle d'elle-même à cet instant, alors qu'elle serrait les dents, empêchant toutes larmes de sortir des choses qui lui servaient d'yeux ? Un monstre, un monstre formé par la société, rompu à ses normes et emprisonné dans ses filets. Les mots sont des pièges ; ils font mal, ils bloquent, ils déchirent. Qui est-il, ce jumeau, pour l'empêcher de penser ? Pourquoi veut-il choisir à sa place ? La main d'Electre se déplace lentement, trop lentement, va toucher la joue d'Asterdre : elle est sèche. Elle sent la peau blanche, trop blanche de son frère sous ses doigts, elle le touche et a envie de pleurer, car elle sait qu'il n'est plus à lui. Qui est-elle, la femme qui l'a monté contre elle, qui lui a fait croire qu'elle était comme cela ? Pourquoi, pourquoi ?

Tant de mots dans la tête d'Electre, aucun pour guérir.

« Tu...tu ne peux pas...tu ne peux pas...Je...je ne suis pas un monstre, je suis juste...ta sœur, Oreste. Nous avons moins parlé, partagé lorsque nous étions à Poudlard, mais il nous restait toujours des liens, tu ne t'en souviens pas ? Nous étions des jumeaux, nous étions proches...je remettais les objets à ta...ta place quand nous étions petits, je te...je te défendais. Et parfois, parfois, c'est moi qui volait. Je ne suis pas un monstre conditionné par la société. »

Sa propre voix lui paraissait être noyée par un océan. Electre Wilde avait la sinistre impression d'être à des kilomètres de son propre corps, sans la possibilité de pouvoir l'en réintégrer. Sa respiration se faisait plus forte, plus régulière, sa main tremblait. Elle l'enleva de la joue de son frère avant qu'il ne lui reproche de la souiller ; elle était si moite, si faible. Electre menaçait de s'écrouler sur elle-même, c'est probablement ce qu'elle ferait une fois que Asterdre lui tournerait le dos. Déjà, elle avait l'impression que les bruits ambiants étaient moindres : plus de champs d'oiseaux, plus de voitures qui roulaient, plus de piétons qui piaillaient. L'expérience qu'elle ressentait à présent était comparable à ce que l'on entend lorsque l'on plonge dans une piscine : le bruit de la vie, soudain étouffé par des litres d'eau.

« Tu ne me connais plus. Je ne suis plus cette personne, j'ai changé. », chaque mot avait du mal à sortir de cette poitrine. Ses poumons chauffaient, quelques cheveux lui tombaient dans les yeux sans qu'elle ne les remettent en place. « Par pitié, Asterdre. », elle l'avait dit, enfin, elle l'avait prononcé, ce prénom qu'il voulait depuis qu'il était en âge de penser. « Par pitié, Asterdre. Arrête. Arrête. Je ne peux plus supporter ça, c'est...trop dur. Tue-moi, blesse-moi, mais pas comme ça. Je ne peux pas penser que tu n'es pas mon frère, c'est trop dur. »

Electre tenta de lui sourire, mais cet essai fut à moitié avorté, celui-ci ressemblant plus à un semblant de grimace qu'à autre chose.

« Elle ou il a de la chance. Tu sais. La personne qui partage ta vie. »
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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Dim 20 Avr 2014 - 1:08

Leave your past at the front door
And run away like you did before

Il devrait avoir honte.
Il devrait ; pourtant, pas une seconde la honte ne se suggère à lui. La honte d'un frère abattant sa sœur s'écrase sous l'automatisme d'un chasseur abattant une bête — pas un instant il n'a honte, Asterdre, du sacrifice d'un poids mort contre la sacralité de sa survie. Dans la patience d'un spectateur il la regarde s'effondrer, flancher, fléchir à la façon d'une fleur trop fanée pour supporter son propre poids.
Il se sent supérieur, Asterdre. Ca lui plaît. Sa colère se retire à la façon d'un océan sur une plage, mettant à nu une fierté oubliée — celle du frère dominant, du frère qui accule cette sœur qui l'a toujours acculé. Il n'est plus qu'une fracture, la fissure malade entre l'homme d'art et le frère blessé — Asterdre contre Oreste, se disputant le même corps.

Aucune réaction au nom d'Oreste.
Il se concentre sur ce contact étranger, cette main impeccable sur sa peau imparfaite, le blanc contre les tâches de ses différences avec elle. Plus que le nom, c'est le contact qu'il hait. La main le révulse et il veut fuir de peur qu'elle l'entraîne, de peur que la main ne le fasse tomber avec elle. Le dégoût perce le lit mort de ses émotions, boursouflé de cet ego conséquent, de ce lui qu'il a en horreur, de ces émotions brouillées, noyées dans un poison infect. Il se perd et déjà le contact cesse.

« Tu ne me connais plus. Je ne suis plus cette personne, j'ai changé. »

Elle n'est plus cette personne.
Le tremblement de cette voix si forte, la fuite de ce regard si fier ne laisse sur ses talons que l'ombre d'elle-même — et ces manières qu'elle chérissait tant, et ces airs qu'elle soignait tant ?
Les yeux qui la regardent ne sont plus les mêmes. Il n'était plus que trouble, ce frère, ni Asterdre ni Oreste, il n'était que ce corps sans nom porté par une âme sans vie, que ce berceau des doutes, que ce cerveau où ne naissent que des interrogations sans réponse. Alors qui était-elle ? Alors qu'avait-il fait ? Alors qui était-il ? Alors où était-il ?
Alors il la sent. La honte. Elle naît dans son silence.

Elle l'appelle enfin Asterdre — mais comme le nom sonnait faux entre ses lèvres, comme il roulait mal sur sa langue ! Il en avait honte, de ce nom, il aurait voulu se l'arracher comme il avait arraché l'autre. Cet Asterdre qu'elle appelait n'était pas l'Asterdre qu'il était, pour peu qu'il soit encore Asterdre à cet instant — elle appelle un Asterdre sans honte, un Asterdre sans doute. Et qui était-il ?

Il ne savait pas.
Les mots s'attardent dans sa gorge sans savoir quelle forme leur donner. Il n'a que le silence pour réponse, happé par cette sœur, par cette excroissance de femme qui faisait de lui un frère, qui faisait de lui un autre que lui. Il avait perdu Asterdre, il avait perdu Oreste, et qui était-il, si ce n'est pas même un homme ? Et qui était-il, si ce n'est les lézardes de son esprit ?

« Tu ne me connais plus » répète-t-il, « j'ai changé. » La voix n'est plus la sienne. « J'ai eu une sœur et puis j'ai décidé d'en changer. A quoi m'aurait-elle servi de toute façon ? C'est un poids, cette sœur, écrasant sur mes épaules, alors j'ai décidé d'en changer. J'ai une vie sans son visage coulé dans le mien, sans son regard sur ma nuque, j'ai une vie où je ne suis pas un frère. Je suis... » Il hésite sur le nom. « Asterdre. Je ne suis qu'un Oreste qui ne t'a plus. »

Il ne la hait plus.
Il se découvre une douceur oubliée, poussiéreuse : le regard qu'il pose sur elle est celui de la désolation.

« J'aime cette vie. Elle m'est plus agréable. Ce que j'y fais, ce que j'en pense... Tout ça m'appartient. » Vraiment ? « Cette vie est à moi. » Vraiment ? « Je ne la partage pas. J'en fais ce que je souhaite. Et si j'agis mal, il n'y a que moi à blâmer. Je n'ai plus besoin d'un alter ego, Electre, que ce soit toi ou un autre.
Je me suffis à moi-même. C'est tout ce que je demande.
»


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MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Dim 1 Juin 2014 - 16:25

C'était comme ça. Il avait eu une sœur, et il avait décidé d'en changer. Prononcé de cette manière, ça avait l'air si simple : élémentaire. C'était simple à un tel point qu'Electre en sourit, retenant de justesse ce fichu petit rire nerveux qui allait sortir de sa gorge. Il ne savait plus si elle se devait de l'écouter comme l'aurait fait une sœur, une bonne sœur, ou le laisser sombrer juste plus profond dans son délire.

Et puis, Electre Persephone Wilde se souvint de ses parents, de toutes les personnes qui l'avaient élevées. Celles qui ne comprenaient pas pourquoi Asterdre était devenu ainsi, même pourquoi il se comportait de cette manière. Il avait forgé une espèce de délire omniprésent comme quoi eux...il ne les acceptait plus. Il n'acceptait même plus le prénom qu'on lui avait donné, ni même sa propre sœur jumelle. Malheureusement pour Asterdre, il n'avait pas le choix. Leur lien était gravé par le sang, figé dans leurs veines autant qu'inscrit sur les actes de naissances. Electre le regarda alors comme s'il était fou et avait complètement tort. Elle pensa un moment à la boisson oublié dans ce café anglais, avant de se dire que son frère jumeau était beaucoup plus important.

En quoi la vie qu'il avait avant ne lui appartenait pas ? Ils étaient bien, ils étaient ensemble. Ils faisaient des choses, en volaient parfois : Electre le protégeait, elle aimait cela et avait l'impression de se sentir importante. Elle regardait maintenant son frère comme s'il n'était pas vraiment réel et risquait de s'évanouir de sa vue brusquement et sournoisement.

« Mais je n'ai pas envie d'être ton alter-ego, Asterdre ! Je veux seulement être ta sœur ! Nous ne sommes pas obligés d'être identiques, ni de nous comporter de la même manière. C'est plus fort que ça, As'. Plus fort. C'est s'aimer, soit et l'autre...tu vois ou je te dis quelque chose qui entre par une oreille et qui ressort par l'autre ? »


Elle tentait de se relever et tenter d'être elle-même, Electre. Si Asterdre lui reprochait ces choses-là, il était bien le seul, car jamais personne d'autre ne l'avait fait. Oh, Asterdre, dans quel chemin s'était-il embarqué ? Il était complètement malade, névrosé...si seulement elle avait pu le remettre dans le droit chemin, avant qu'il ne soit trop tard...Mais était-il trop tard ? Telle était la question. Electre Wilde ne pouvait s'empêcher de le fixer d'un air songeur, pensive sur ce qu'elle pourrait faire pour améliorer sa vie et qu'enfin, il la considère comme sa sœur...juste sa sœur à lui, pas une étrangère que l'on évite pendant cinq ans.

« Je t'écrirai, Asterdre...Je t'enverrai des lettres par hibou...Je ne sais pas où, mais je demanderai au musée, ils doivent avoir ton adresse, ou alors je les adresserai à ton nom, au musée. Je veux que tu ailles mieux. Ce n'est pas bien, tu sais, que tu sois comme ça...que tu renies ton toi, et mon moi aussi, en même temps. Je sais : je vais veiller sur toi comme le ferait une grande sœur...tu ne le voudras pas...au pire, je demanderais de l'aide à des personnes de Sainte Mangouste...mais je t'aime. Tu comprends ? »

Elle lui souriait tristement, et tandis qu'elle disait cela, elle s'épluchait avec grand stress la peau des ongles. Oui, Electre était stressée. Elle savait que son frère recevrait certainement mal ce message, et c'était pourquoi elle aimait s'en aller...là, tout de suite. Elle lui adressa un dernier sourire gêné avant de prendre une grande respiration.

« Je dois y aller...Je pense à toi, Asterdre...Je t'aime, tu sais, je t'aime comme une sœur. »

Son pas, en lui tournant le dos, se fit rapidement comme si elle avait hâte de partir de là...Elle regagna d'ailleurs son appartement, qu'elle ferma à double tour avant de se jeter sur son lit.

Elle ne dormit pas, ce soir-là, et retourna dans sa tête toutes les paroles qui avaient pu être prononcées au cours de cette rencontre.
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Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3]
MessageSujet : Re: Un idiot. Et rien d’autre. Et tout ce qu’on a pu raconter, essayer d’expliquer, ça ne fait encore que confirmer ce que n’importe qui pouvait voir du premier coup d’œil [Pv O. ! <3] Dim 29 Juin 2014 - 0:48

The women are crying
Red rivers of weepin'

Alors enfin elle partait.
Enfin elle écartait cette rue d'elle, enfin il s'éloignait d'elle. Enfin la proximité se rompait, enfin elle le quittait, cette sœur, cette femme, cette rien du tout dans sa vie inexistante. Enfin elle partait mais elle lui laissait ce goût à crever dans la bouche. Enfin elle partait, pourtant ça lui donnait simplement envie de vomir, pourtant il voulait une dernière fois lui cracher cette âpreté d'inachevé qu'elle lui laissait. Il voulait la voir partir comme s'il en avait fini avec elle, comme si c'en était fini d'elle, comme s'il ne resterait plus rien d'elle que ces bouts brisés qu'elle aurait réussi à se traîner — mais elle partait victorieuse, prête à conquérir encore le peu de ce qu'il possédait encore. Il ne savait que la suivre du regard, cet être anonyme, cet Oreste fou dans cet Asterdre flou, comme on regarde une bataille perdue, et que devait-il penser maintenant ? Et que devait-il faire maintenant ? Ultime revers, la compassion avait disparu. N'y restait qu'une amertume plus acide encore.

« Ne te donne pas cette peine, Electre Wilde. Je brûlerai tes lettres, je changerai d'adresse s'il le faut. Il n'y a plus que dans un journal que je souhaite lire ton nom, il n'y aura plus aucune occasion pour que tu lises le mien. Tu n'es plus mienne — tu n'es plus ma sœur, je n'ai plus de sœur. »

Qu'elle parte ! Qu'elle parte, cette étrangère, car il ne voulait plus lui céder la moindre place. Qu'elle parte et qu'elle ne se retourne jamais, qu'elle ne s'accroche jamais au passé comme elle savait toujours le faire. Cette faible femme, cette pauvre femme, qui était-elle pour le juger ? Qui était-il pour s'en soucier ? Electre Wilde n'était plus qu'un homonyme dérangeant, il ne partageait plus ce nom avec personne. Sa respiration irrégulière marqua le temps. Hautain, il la laisse partir du regard. Le goût ne part pas. Le goût revient plus fort encore. Que devait-il faire, pour se débarrasser d'elle ?

« Tu n'as aucun pouvoir sur moi, siffle-t-il lorsque Sainte-Mangouste est évoquée, ni celui d'une soeur ni même celui d'une inconnue intentionnée. Qui es-tu pour décider ce qui est bien ou mal ? Tu ne sais rien, rien de moi, rien du monde, rien d'autre que ce que tu ne sais voir. »

Qu'elle parte ! Par n'importe quel moyen mais qu'elle parte.
Inconsciemment il effleure sa baguette magique, l'idée lui traverse l'esprit. L'amour qu'elle lui envoie ricoche douloureusement sur lui. Comme brûlé par l'acide, le visage se tiraille de gestes nerveux. Il pourrait la tuer, cette inconnue qui le croit fou. Il pourrait la tuer ici, maintenant, il a déjà la main à la baguette, il a déjà les mots sur le bout des lèvres. Il l'a déjà fait tant de fois, ici ou ailleurs, et elle n'en sait rien, elle n'en saurait jamais rien, elle ne sait jamais rien, alors pourquoi pas ? Voilà qu'elle le croyait fou.

« Je n'ai pas besoin d'aide. Je n'ai jamais eu besoin d'aide, je n'en aurais plus jamais besoin. Je sais où est ma place maintenant — souviens-toi d'où est la tienne. »

Ses doigts se desserrent — elle est encore vivante pour tourner à l'angle.
Même inconnue il ne pouvait se résoudre à l'effacer.


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