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A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

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: Il y a en elle une princesse de la jungle avide de sang chaud.

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Pieds nus sur les limaces ☙ Justin
MessageSujet : Pieds nus sur les limaces ☙ Justin Mar 29 Juil 2014 - 20:09


Pieds nus sur les limaces

Cette portion de quais éloignée du centre de Londres était calme et déserte en ce dimanche en fin de matinée. Des piles de conteneurs multicolores s'empilaient au bord de l'eau comme une construction géante en Légos abandonnée là par un géant capricieux. Quelques mouettes se disputaient le reste d'un muffin abandonné sur le béton en piaillant et les grues et les monte-charges restaient immobiles et silencieux comme de grands squelettes de monstres. Contre le quai s'alignaient quelques bateaux de transport qui repartiraient dans la journée, leur coque noire ou rouge sombre zébrés de coulures couleur de rouille. Le port industriel baigné de lumière blanche qui filtrait entre les empilements bariolés de conteneurs aurait pu faire un joli tableau, paisible, insoupçonné. Un raclement de métal contre le béton rompit le caquètement des mouette et le clapotis du fleuve et une plaque d'égout glissa sur le quai, poussé par une petite main pâle émergeant du sol. Bientôt, une tête blonde échevelée sortit de l'ouverture et une jeune femme se faufila à l'extérieur. Accroupie, elle referma soigneusement la plaque et se redressa, regardant autour d'elle, le nez en l'air. Le fond de l'air était chaud mais une brise rendait le température idéale. Satisfaite, elle trottina vers la sortie du port, les pans délavés et grisâtres de sa robe autrefois blanche flottant au gré du vent. Elle avait noué les manches de son sweat bleu troué et poussiéreux autour des hanches, ses bottes en plastique frappant le sol à chaque pas avec un bruit mou.

Son ventre émettait des gargouillements sonores, trahissant sa faim. Sortant du port, elle vit que le bus arrivait et pressa le pas pour arriver à l'arrêt. Les gens qui attendaient déjà lui jetèrent des regards en coin, désapprobateurs. Elle était sale, malodorante, visiblement sans abri et enceinte qui plus est. Et puis elle paressait avoir quoi ? Moins de vingt ans ? Encore une écervelée qui s'était faite engrosser alors qu'elle vivait à la rue et qu'elle était trop paresseuse pour travailler. La jeune femme ne sembla pas s'en rendre compte, le visage paisible et neutre. Quand le bus s'arrêta à leur niveau, elle y monta et partit s'asseoir au fond – sans payer, évidemment. Le chauffeur n'émit qu'un vague grognement sans pour autant lui demander de descendre. Le bus trembla, démarra, et s'en fut en cahotant. Le front contre le vitre, Viðja regardait le paysage défiler, devenir de plus en plus urbain à mesure qu'ils se rapprochaient du centre de Londres. Elle avait une petite idée de là où se rendre. Il y avait un jeune homme qui lui donnait à manger et de quoi avoir chaud pendant la nuit quand elle venait dans sa rue. Il était gentil avec elle. Naturellement, la jeune femme s'était mise à revenir régulièrement, comme un chiot abandonné, pour voir s'il n'y avait pas un peu à manger pour elle. Elle n'était encore jamais montée chez lui cependant mais elle était déjà repartie avec des tupperwares.

Elle en avait deux avec elle, fourrés dans les grandes poches de sa robe, qu'elle comptait lui rendre au passage si elle le voyait. Quand le bus ralentit en arrivant à son arrêt, Viðja se leva et descendit, pour le plus grand soulagement de ceux qui retenaient leur respiration à l'intérieur. D'un pas énergique, elle rejoignit de mémoire la rue du garçon. Justin qu'il s'appelait. Elle ne connaissait pas son nom de famille. Ils avaient fini par se présenter l'un à l'autre à force de se croiser et par discuter un peu. Il faisait la chafouine quand elle parlait de religion, comme si ça touchait à un point douloureux de sa vie. Viðja n'avait pas trop insisté. Aussi extrémiste soit-elle, elle avait tendance à penser que la religion était une aventure personnelle, bien qu'elle ait été embarquée dans une secte auparavant, quand elle vivait encore en Ukraine. Rétrospectivement, elle y avait passé quelques bons moments quand même. Et puis en prison, elle allait souvent à l'église et à la messe.

C'était là. L'Islandaise se planta devant l'immeuble du garçon, hésitant presque à sonner. Mais ça ne se faisait pas trop de réclamer, se demanda-t-elle dans un sursaut de lucidité. Et puis il n'était peut-être pas là... A défaut, la jeune femme s'assit dans l'encadrement de la porte cochère de l'immeuble en face et posa un des tupperwares ouvert devant elle. Viðja ramena ses genoux contre sa poitrine et y posa sa joue. Maintenant, il fallait attendre.


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Pieds nus sur les limaces ☙ Justin
MessageSujet : Re: Pieds nus sur les limaces ☙ Justin Dim 17 Aoû 2014 - 18:24

Two can play that game.

Le temps s’écoulait comme un long fleuve tranquille, il paraît ; en ce moment, alors qu’il alternait entre ses deux stages comme un jongleur avec des torches enflammées, il avait plutôt l’impression d’être ballotté par les flots capricieux d’une ligne chronologique indifférente à ses problèmes. Les jours et les nuits se chevauchaient, presque moqueurs dans leur façon de le surprendre au saut du lit ou au milieu d’un trajet. Au fond, il aimait cette sensation d’urgence tandis qu’il rassemblait sa concentration pour transplaner d’un lieu à un autre comme on change de monde. Au-delà du fait qu’il en avait affreusement besoin pour oublier —oublier ses rapports conflictuels à Dieu, oublier la longue chevelure blonde de Gaya éparpillée sur l’oreiller aussi pâle que la mort— il adorait son, ses nouveaux jobs, des jobs éreintants mais gratifiants. Et il adorait sa nouvelle vie d’adulte ; cette liberté inespérée, la perspective du lendemain qui n’appartenait qu’à lui, ces innombrables petits riens comme distribuer des couvertures aux clochards de son quartier, à une clocharde en particulier, qui faisaient naître un sourire débile sur ses lèvres.
La clocharde possédait un nom bizarre ; aux yeux implacables de Justin, soit ses parents devaient la détester pour la nommer ainsi, soit elle n’était pas originaire d’Angleterre. Dans son extrême familiarité —il donnait même des petits surnoms à ses ennemis personnels, comme Sybie-la-Vipère— il l’avait spontanément rebaptisé Vi’, et cette simple syllabe suffisait à lui faire comprendre pourquoi il prenait soin d’acheter toujours un peu plus de nourriture que pour deux personnes. Elle était gentille, Vi’. Un peu simple, mais gentille. Elle le faisait rire et il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle, parfois. Surtout dans son état.
Actuellement, il rentrait chez lui comme on revenait d’une longue escapade. Aussi fatigué qu’on pouvait l’être après une journée de travail, il pensait au vague espoir de croiser Vi’, espoir incarné par le surplus de nourriture qu’il avait pris la peine d’acheter à l’épicerie ouverte 24 heures sur 24. Il ignorait quand exactement ce simple geste était devenu un réflexe, mais il s’était ancré si profondément dans sa vie qu’il ne pouvait plus y échapper. Emmitouflé dans un épais manteau —acheté d’occasion mais il paraissait aussi neuf qu’au premier coup d’œil et c’était la petite fierté de Justin— il avançait instinctivement à travers le dédale de rues londoniennes, connaissant par cœur le trajet et les moindres recoins où Vi’ avait l’habitude de se tapir ; mais elle changeait à chaque fois d’endroit. Jusqu’à sa rencontre avec elle, Justin ignorait qu’il existait autant de cachettes dans les sillages de son modeste appartement. Elle était l’unique raison pour laquelle il refusait de transplaner directement jusqu’au salon réconfortant —ça, ainsi que la possibilité qu’Hannah ait organisé une fête en son absence et que son bras fusionne avec le torse d’un invité placé au mauvais endroit au mauvais moment.
Jusqu’à sa rencontre avec elle, Justin ignorait qu’il était possible de se confier à une parfaite inconnue aussi naturellement. C’était… désarmant.
Trop occupé à sonder les environs pour repérer l’étonnante fugitive, Justin ne remarqua la tignasse ébouriffée et la silhouette arrondie disparaissant sous plusieurs couches de vêtements sales qu’au moment où il s’apprêtait à s’enfoncer dans les entrailles de son immeuble de banlieue. Deux boîtes de Tupperware placées devant elle, elle semblait prostrée dans l’attente de quelque chose, et Justin n’hésita pas longtemps avant de s’asseoir à côté d’elle avec un soupir faussement ennuyé : « Comment allez-vous, tous les deux ? commença-t-il en parlant d’elle et son bébé, sans la regarder, trop occupé à sortir les sandwichs du sac plastique avec des gestes vifs, rituel devenu coutumier. »
Deux paquets de jambon, un sandwich, trois bouteilles d’eau et un paquet de biscuits passèrent d’une main à l’autre et disparurent sans que Justin essaie de les retenir. Lorgnant les Tupperware vides, il marmonna distraitement : « J’arrive pas à croire que t’as déjà tout mangé. Hannah en avait préparé pour tout un régiment. Quand elle se lance dans ses exploits culinaires, c’est impossible de l’arrêter. » Avait-il déjà mentionné Hannah dans leurs conversations qui pouvaient atteindre le surréaliste, parfois ? Peut-être. Peut-être pas. Dans tous les cas, il râlait mais, s’il le pouvait, s’il n’était pas lui aussi doté d’un estomac, il lui aurait donné la casserole entière.



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