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Every face a different shade, it seems like a masquerade [Pv Shukar]
MessageSujet : Every face a different shade, it seems like a masquerade [Pv Shukar] Mer 13 Aoû 2014 - 1:34


Seething shadows
breathing lies

Si à présent tout allait pour le mieux la soirée avait pourtant bien mal commencé. Ou tout du moins avait été d’une étrangeté effrayante.
Chaussée de ses plus beaux escarpins, sur la tête une coiffure toute de pinces tenue, et surtout glissée dans une robe cintrée qui ne brillait que par son caractère strict, Arsinoé s’était en effet rendu, comme le note de service reçue la veille le lui avait demandé, dans cet établissement à la façade un peu triste situé dans une rue particulièrement calme. Il s’agissait sans doute du dernier endroit qu’elle aurait choisi pour un rendez-vous professionnel, mais puisqu’un haut fonctionnaire l’avait plus ou moins exigé, elle y était entrée sans se poser plus de questions. Tout comme elle avait voulu ignorer royalement l’ambiance beaucoup trop feutrée pour qu’il s’agisse d’un café ordinaire, le choix de l’aveuglement face à des clients dotés d’une capacité à glousser plutôt impressionnante avait paru logique. Son attention avait cependant été retenue lorsqu’un couple l’aborda de façon très naturelle et plutôt peu polie –ce qui immédiatement la mit mal à l’aise- pour lui demander si elle… dominait ?! N’ayant bien sûr pas comprit le pourquoi du comment ces parfaits inconnus pouvaient lui poser une question si incompréhensible, elle fit répéter une fois, puis deux, avant qu’une mine d’effroi se dessine soudain sur son visage. Le videur de l’entrée, les noms très évocateurs des cocktails, l’absence de celui qu’elle devait prétendument rencontrer : elle ne se trouvait absolument pas dans un salon de thé mais bien dans un établissement aux mœurs légères. Un… Un club échangiste ?!
Tout ceci était un affreux, un terrible, un abominable canular. Quelle situation honteuse.
Extraordinairement gênée de s’être ainsi laissée prendre au piège, elle bafouilla, se leva d’un bond non sans avoir manquer de tomber au préalablement de sa chaise, renversa au passage et par accident son verre, et courut vers la sortie. Chancelante, complètement abasourdie par ce qui venait de se passer, il lui fallut quelques longues minutes avant de songer finalement à transplaner jusque chez elle.
Immédiatement elle se glissa dans un bain froid, ce qui eut le mérite de la calmer sur-le-champ. Mais également de faire retomber le pic d’adrénaline et de la laisser un temps complètement amorphe.

Après une vingtaine de minutes à buller -ou plutôt végéter- dans sa baignoire, Arsinoé se traina lamentablement vers son lit, sur lequel elle se jura de rester jusqu’à l’heure de sa mort, incapable qu’elle serait de ressortir après l’humiliation de tout à l’heure.

Puis elle se souvint.
Cette promesse. Aller au théâtre. Quelle stupide idée de s’être engagée. Mais elle pouvait toujours annuler. Il n’y avait au fond absolument rien qui l’obligeait à y aller. Si ce n’était un léger sentiment de culpabilité. Certes Shukar se remettrait sans doute de ce lapin posé, mais pour autant cela paraissait déplacé. D’autant plus que c’était Arsinoé qui avait lancé l’invitation.

Alors sans grand entrain elle était ressortie, habillée avec le chic qu’un théâtre londonien exigeait, et rejoint cette jeune femme qu’elle n’était au fond pas mécontente de voir.
Par la passé, à de nombreuses reprises elles s’étaient croisées, parlé, avaient appris à s’apprécier dans le cadre bien établi du muséum. Et pour la première fois depuis longtemps Arsinoé souhaitait simplement voir quelqu’un, qui plus est qu’elle connaissait au fond encore mal, en dehors du décor auquel il appartenait. Car Shukar respirait l’intelligence, dégageait naturellement une forme d’élégance et surtout avait ce petit quelque chose qui la rendait attachante. Ici il s’agissait d’une étrange ressemblance avec un personnage à mi-chemin entre la fiction et le mythe, une figure mystérieuse mais qui plaisait à Leigh. Ce fut donc suivant ce qui lui parut un raisonnement tout à fait logique qu’Arsinoé avait suggéré, dès qu’elle eut appris que la pièce était à l’affiche, qu’elles se rendent ensemble à une représentation de Pelléas et Mélisande.
Et si la blonde était arrivée quelque peu morose, elle ressortait de la salle sourire aux lèvres. Parce qu’il n’y avait rien de mieux que deux heures passées dans un théâtre qui lui rappelait tant de bons souvenirs pour se débarrasser de son état de neutralité quotidienne. Une attitude enjouée était d’autant plus facile à adopter que la compagnie n’était pas désagréable.
A la sortie de la salle elle se tourna naturellement vers la demoiselle qui l’accompagnait.

- Verdict ? Avez-vous aimé ?
Elle ne lui laissa cependant pas le temps de répondre.
- Pour ma part, j’ai trouvé la mise en scène intéressante et l’actrice de Mélisande plutôt convaincante.
Quoiqu’elle jurât que Shukar n’aurait pas été plus mauvaise dans le rôle, bien au contraire. D’autant que cette dernière avait encore la jeunesse dont commençait à se vider la talentueuse comédienne de ce soir.
- Cependant le jeu d’Arkel manquait de… était un peu en dessous du niveau général, vous ne trouvez pas ?

A présent qu’elle s’était exprimée il lui intéressait sincèrement de connaître l’avis de la jeune femme. L’air sérieux qu’elle arborait en l’écoutant ne fut qu'interrompu quelques secondes, alors que par mégarde on la bouscula à peine. Mais elle ne se formalisa pas de l’impolitesse d’un inconnu et son attention fut vite regagnée par son interlocutrice.

A présent la pièce était finie et les civilités d’usage avaient été échangées. L’engagement contracté par les deux femmes dès lors que l’une avait proposé et l’autre accepté s’arrêtait donc ici. Il aurait ainsi été logique qu’elles se souhaitent mutuellement une bonne nuit et se séparent, sans doute toutes deux satisfaites de leur soirée. Mais les personnes qu’elles appréciaient sincèrement et dont elle se trouvait curieuse de faire un peu plus connaissance étant rares, Arsinoé n’en fit rien. Pour autant la chose lui paraissait ne pas aller de soi, si bien qu’en formulant la question elle ne semblait pas tout à son aise.

- Nous devrions aller prendre un thé, n’est-ce pas ?
Quand bien même l’heure déjà avancée aurait plutôt supposé un verre. Ou même un dîner. Mais sa notion du temps semblait comme souvent légèrement altérée, et puisqu’elle ne se sentait pas l’obligation de regarder sa montre Arsinoé se complaisait à se sentir en début de soirée. Sans doute un stratagème inconscient pour oublier sa fin d’après-midi désastreuse.
- Oui. Allons boire un thé.

Les allures de question se perdaient et plutôt que de se diriger vers la sortie du théâtre elle s’engageait en direction des escaliers qui menaient au bar, ne s’abaissant pas à croire un seul instant que Shukar pourrait aller contre sa suggestion. Elle n’aurait à vrai dire pas compris qu’on puisse refuser d’une part un thé, d’autre part une discussion qui, si elle continuait sur la lancée de la dramaturgie –quoique déjà elle n’avait pas en tête que cela-, ne pourrait pas être désagréable.


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Every face a different shade, it seems like a masquerade [Pv Shukar]
MessageSujet : Re: Every face a different shade, it seems like a masquerade [Pv Shukar] Dim 14 Sep 2014 - 15:43

image Kemp Muhl

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Shukar avait attendu cette sortie depuis sa naissance. Petite, elle se comportait déjà en star, défilant en déguisement devant ses parents, se parant des perles de sa maman, lui empruntant ses escarpins trop grands et trop hauts aussi. Elle aimait que son père la prenne en photos, la regarde, la complimente. Que sa petite soeur la regarde avec des étoiles dans les yeux, qu'elles aillent au centre commercial pour faire du shopping en famille. Elle aimait les belles robes de caractère. En grandissant, elle s'était éprise des corsets, implacables. Mais elle y avait renoncé ce soir pour une robe signée Saddler. En se regardant dans le miroir de chez Madame Guipure, elle tournoyait, repérant de son oeil vif les minuscules défauts, pour effectuer les dernières retouches. Tu es sûr que ça convient pour aller au théâtre ? Joan avait souri sans répondre et avait regardé l'heure. Tu vas être en retard. Enfile ça, et fous-moi le camp d'ici ! La jeune fille enfila la paire de longs gants qu'il lui tendait, remis son boa en place, effaça une marque de maquillage mal calibrée et souhaita une bonne soirée à son ami. Dans la rue, ses talons claquaient sur les pavés avec précipitation. Elle était impatience, elle avait cette boule au ventre comme lors d'un premier rendez-vous. Si ce n'était pas une sortie comme elle avait l'habitude d'en faire, elle était légèrement stressée de ce qui allait advenir de cette soirée. Madame Leigh était une personne charmante, importante et puissante qu'elle se devait de ne pas mettre en retard. Elle ne devait pas lui faire perdre son temps non plus. Elle devait être naturelle, sans en dévoiler trop non plus. Garder une part de mystères comme si elle cachait le secret de sa personnalité. Elle sourit à un passant et se ria intérieurement de la réaction de la femme accrochée à son bras. C'était un jeu pour elle, sur le moment, mais elle avait envie de construire des projets d'avenir, ce qu'Arsinoé pouvait peut-être l'aider à réaliser.

Elle arriva la première mais attendit patiemment. Elle se perdait d'admiration devant cette foule de personnes bien habillées, devant tant de bijoux portés pour être vus, devant cet environnement riche et envié. Vu de l'extérieur, le temps d'une soirée, elle en faisait partie. Elle avait l'opportunité de pénétrer à l'intérieur, pas comme une adolescente qu'on regarderait comme une jeune fille ignorante, mais accompagnée de telle manière qu'on pourrait croire à une habituée, inspirant le respect. Lorsqu'Arsinoé se montra, elles prirent place en échangeant des banalités. Shukar l'observait du coin de l’œil, ses mimiques et ses gestes sur lesquels elle prenait exemple. Mais doucement, la lumière se tamisa, petit à petit jusqu'à ce que le noir soit à peu près complet et le rideau rouge se leva sur Pelléas et Mélisande. Shukar retint sa respiration.

Parfois, on pouvait oublier qu'elle n'avait que dix-huit ans - même si auprès d'Arsinoé, elle en avait peut-être annoncé vingt et un. Quand les lumières se rallumèrent, elle se dépêcha d'essuyer l'émotion qui flottait dans ses yeux et suivit Arsinoé qui avait déjà quitté sa place, enjouée. Shukar reprit sa respiration. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Elle avait l'impression que le temps s'était arrêté. Se sentant emplie d'un sentiment qu'elle ne connaissait pas, elle se tut pour garder tout cet émerveillement pour elle. Arsinoé parlait, vite, et sans qu'elle puisse en placer une. Mais Shukar écoutait, toujours bouleversée par ce qu'elle veniat de vivre. Et dans sa tête, les réponses se bousculaient à chacune de ses questions. Comment décrire ce qu'elle venait de vivre ? Comment mettre un mot sur cette émotion ? Ses yeux auraient suffi très certainement à faire comprendre son état d'esprit, mais elle se força tout de même à parler. C'était, comment l'énoncer pour que ça se rapproche de ce que j'ai vécu ... C'était comme si je découvrais une nouvelle magie et un nouveau monde. Encore sous le coup de l'émotion, elle ne s'occupait pas du monde qui lui passait à côté en discutant de la pièce de théâtre et de leur appréciation. Elle ne tenait compte de rien d'autre que de son ventre qui renfermait de la chaleur et de l'excitation. Mélisande m'a paru familière, si vous voyez ce que je veux dire. Elle renversa légèrement sa tête en arrière pour rire de bon cœur. D'excellente humeur et certainement pas prête à critiquer le jeu de l'un ou de l'autre personnage alors que c'était la première pièce de théâtre professionnelle qu'elle voyait, elle hocha la tête faiblement. J'ai été prise, je dois dire. Je n'étais pas du tout dans un esprit d'analyse critique, mais plutôt dans la pleine émotion. Et Arkel m'a apporté de l'émotion - même si son jeu d'acteur laissait peut-être à désirer. Elle sourit mais ne put s'empêcher de réagir à l'impolitesse de cet homme, même si elle ne lui était pas adressée. Quelle impudence ! Il n'en a pas profité pour vous voler, au moins ? Vérifiez ! Car le naturel revient au galop. Shukar avait l'habitude de surveiller ses arrières contre ce genre de vol furtif.
Peut-être parce qu'elle l'avait déjà pratiqué, dans le métro londonien. Mais il était inutile de l'évoquer ici, en compagnie de la jeune femme ...

Très certainement paranoïaque sur ce coup-là, la jeune fille ne pensa pas à vérifier ses affaires. Mais après avoir été rassuré, elle poussa un soupir et accepta l'invitation d'aller boire un thé d'un hochement de tête. C'est une bonne idée. Et elles montèrent les escaliers habillés d'un tapis rouge que Shukar apprécia. Mais elle semblait avoir changé d'état d'esprit. Ses pensées positives s'étaient enfuies, c'est comme si elle se retrouvait de nouveau à être sur ses gardes, en permanence. Mais elle devrait savoir qu'elle ne courrait pas vraiment de danger dans cet endroit. Après tout, personne ne la recherchait, personne ne la suivait, personne ne lui voulait réellement du mal. Avec les derniers événements qui - même si Shukar ne lisait pas les nouvelles - avaient fait beaucoup de bruit, Arsinoé devait être légèrement sur ses gardes, plus qu'elle en tout cas. Mais Shukar se tut, ne relevant pas les nouvelles. Elles allaient en parler, très certainement, car la demoiselle avait des questions d'un autre ordre à lui poser. Mais pas tout de suite, pas au milieu de la foule. A une table, un peu éloignée du bar, et pas entourée de trop de monde. Shukar se dirigea vers une table en retrait, tira l'une des deux chaises pour s'y asseoir et croiser les jambes. La jeune fille s'empara de la carte pour faire son choix. Elle se porterait sur un thé, bien évidemment; elle se devait de mettre en avant son élégance par une infusion ou un thé, plutôt que par une pinte de bière ... Un serveur vint prendre leur commande, aimable, un tantinet simple mais beau garçon. Je prendrai un thé à la menthe, avec de la fleur d'oranger. Par contre, je préfère doser moi-même la fleur d'oranger, si ça ne vous dérange pas. Elle sourit aimablement, essayant de conserver les scènes de la pièce qui disparaissaient déjà en fumée dans sa tête, bien qu'ils restaient gravés dans sa mémoire.
Je voulais déjà vous remercier pour cette soirée, déjà. Merci. Mille mercis ! J'ai vraiment adoré la pièce. Et le théâtre aussi. C'est un endroit fabuleux. Une véritable échappatoire du monde réel, je trouve. Vous y venez souvent ? L'intérêt était palpable. Même si on aurait pu croire à un moyen de lui faire avouer qu'elle avait besoin d'une échappatoire au Ministère ...

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Every face a different shade, it seems like a masquerade [Pv Shukar]
MessageSujet : Re: Every face a different shade, it seems like a masquerade [Pv Shukar] Mar 7 Oct 2014 - 6:24


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Shukar est bien élégante, songea-t-elle alors qu’elles montaient les escaliers pour se rendre au premier étage. Shukar qui, portant son boa non sans une certaine fierté dans l’attitude, ne faisait pas dans la simplicité mais dégageait une étonnante maturité malgré son âge. Aimable jeunesse, encore dans ses beaux ans, comme un point de vie dans un quotidien politique qui semblait trop noir. Elle était l’espoir murmuré que tout n’était pas perdu.
Arsinoé s’assit face à la demoiselle, arborant un air légèrement absent cependant vite troublé par le serveur qui s’approcha de la table. Venue pour le thé elle commanda un cappuccino. Boisson presque voluptueuse qui, loin du piquant du traditionnel champagne, ne tranchait pour autant pas trop avec le caractère doux d’une soirée au théâtre. Mais tout de même une légère infidélité que ses racines britanniques pardonneraient sans doute.
Le sourire en coin trahissait une certaine félicitée. Petit bonheur de se trouver en inhabituelle mais bonne compagnie. Car contrairement à ceux qu’Arsinoé côtoyait au quotidien, Shukar était fraiche. Elle avait l’effet d’un petit bonbon acidulé, qui à défaut de réveiller les papilles stimulait l’intérêt. Très étonnamment la sorcière fut même prise d’une envie soudaine de lui poser mille et une questions, sincèrement curieuse. Pourquoi le musée ? De quel milieu venait-elle pour ne jamais avoir été au théâtre ? Et pourquoi se trouvait-elle beaucoup plus passionnante que la normalité des jeunes de vingt ans ? Que d’indiscrétions qui traversaient un esprit aujourd’hui lucide mais vagabondant. Mais Arsinoé n’avait jamais été douée pour la spontanéité et les marques d’intérêt trop poussées. Alors elle se tut, de toute manière coupée dans son manque d’aisance par Shukar. Elle aussi voulait s’enquérir. Mais le pourquoi du comment Arsinoé était une habituée des salles de spectacle semblait importer beaucoup moins. Pour autant elle ne manqua pas de formuler une réponse en toute bonne foi, accompagnée d’un haussement d’épaules qui n’allait pas sans une pointe de nonchalance.

- Ma mère était comédienne. J’ai donc grandi entouré par l’amour du théâtre et ai gardé pour habitude de m’y rendre au moins deux fois par mois.

La reproduction sociale. Le capital culturel transmis, chose qui aurait fait sourire de satisfaction plus d’un sociologue. Mais tout construit par la famille le goût n’en restait pas moins sincère.
Arsinoé tiqua par ailleurs un instant, se rendant compte qu’elle avait sans la moindre hésitation avoué être au moins de moitié moldue. Mais ici qu’importait. Ce ne serait dans tous les cas pas cette gamine qui lui pourrait un jour lui poser problème sur ce point.
Et dans tous les cas, inutile d’épiloguer à en ennuyer Shukar. Il lui sembla d’ailleurs qu’en leur apportant leur boisson, le serveur voulait couper court à tout envie de déblatération inutile. Après avoir porté sa tasse à ses lèvres elle fit donc dévier le sujet.

- Certains considèrent la vie comme un théâtre, où chacun devrait jouer son rôle. Mais je ne suis pas d’accord. La vie tel un théâtre, cela voudrait dire qu’on interprète un personnage qui dans de nombreux cas aurait des opinions divergentes des nôtres. On ne serait que façade et nos actes ne diraient rien de nous, ne serait qu’un dictat indépendant de notre volonté.

Tous n’avaient pas comme Shukar une figure littéraire qui leur correspondait à merveille. Le cas était même si rare qu’il restait du domaine de l’extraordinaire. Le commun des mortels se contentait d’agir non pas par obligation de la main supérieure d’un metteur en scène, simplement par choix personnel. Ou du moins selon Leigh, qui n’avait au demeurant jamais brillé par son analyse pertinente du monde humain.

- Je crois, au contraire, que tout ce que nous faisons est d’une manière ou d’une autre le reflet de ce que nous sommes, ou du moins de ce à quoi nous croyons.

Son regard glissait de droit à gauche, se promenait partout dans le café mais ne s’attardait sur rien ni personne. Elle affichait l’air perdu de celle qui songeait. Puis retour à la très pragmatique réalité, ses prunelles s’emplirent de nouveau de vie pour se planter sur Shukar.

- Dans mon cas par exemple, je crois sincèrement aux institutions. Au respect de l’ordre. Ordre lui-même établit au nom du bien commun. J’entends les critiques, j’accepte qu’elles puissent être formulées, les trouve dans certains cas presque légitimes, mais je continue de croire et d’agir en fonction.

Quoiqu’elle sentait depuis quelque temps que plus qu’une brise d’anarchie on se trouvait aujourd’hui face à un mur de contestations. Les accusations fondées de corruption, le tract de l’Ordre, l’insubordination en interne, tout ce qui faisait que le Ministère n’était plus ce qu’il était. La foi d’Arsinoé en l’humain déclinait, mais l’idéal des institutions demeurait. Moins fort chaque jour, mais demeurait encore.

- Et vous, croyez-vous au Ministère, Shukar ?

A peine eut-elle formulé la question qu’elle se mordilla la lèvre inférieure. Une fois de plus elle avait manqué de délicatesse. La tentative d’amener la chose avec une certaine intelligence et pas trop de franchise était peut-être louable, mais le résultat se trouvait loin de ce qu’elle avait espéré. Et quand bien même cela faisait déjà plusieurs semaines qu’elle envisageait la question, elle s’était imaginée avec plus de subtilité.

- Bien sûr vous n’êtes pas obligée de répondre.

Car dans ces conditions elle ne se sentait pas en mesure d’exiger de réponse de la part de Shukar.
Cependant la discussion avait indubitablement pris un tournant plus sérieux. Ce qui justifia qu’Arsinoé sorte discrètement sa baguette de son sac et l’agite à peine, juste le nécessaire pour lancer un sortilège informulé qui leur permettrait de parler sans être entendues. Une simple précaution.


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