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(TROUVÉ)

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this silence kills ► montag
MessageSujet : this silence kills ► montag Dim 24 Aoû 2014 - 0:35

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Gif Matthew Bell, credit viif

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Faites-moi un sourire, ma petite dame, vous êtes chez vous. Elle n'avait pas le cœur, mais elle sourit, puis descendit du Magicobus. Elle entendit dans son dos la tête moqueuse prendre une voix minaude et l'aperçut du coin de l’œil l'imiter moqueusement, mais n'en prit pas compte. Le bus démarra en trombe et elle se retrouvait seule. Seule à ce qui était pour elle sa maison, bien qu'elle ne lui appartenait pas vraiment. Elle resta un instant sur place, à méditer, ignorant la pluie qui ne la trempait pas vraiment plus qu'elle ne l'était déjà auparavant. Elle avait vraiment une mine affreuse. Maquillage un peu baveux, cheveux peu coiffés mais surtout, regard vide. Après l'hystérie, elle était KO. Elle restait immobile, perdue dans ses pensées mais sans penser réellement, peu réactive à son environnement. Et elle n'avait pas envie de rentrer dans cette maison. Pas en étant comme ça. Mais elle ne pouvait pas rester là, stupidement, à se chopper la crève. Elle avança vers l'habitation, ses talons claquèrent sur le trottoir, elle sortit la clé et entra. Cette odeur, cette ambiance lui avait manqué. Elle appuya sur l'interrupteur pour allumer la lumière, retira sa veste et se déchaussa, tout à son aise, un peu comme si c'était chez elle. On pouvait lire sur ses lèvres un discret sourire. Montag ? Elle tendit l'oreille puis consulta l'horloge du salon. Deux heures du matin, un samedi soir. Était-il sorti pour une course, pour la nuit ou simplement endormi dans son lit ? Elle ne chercha pas à le savoir. Chauffer de l'eau pour faire un thé lui semblait être une bonne idée, même si elle ne se sentait pas le courage de le faire. Alors elle s'étendit dans le plus grand des canapés et ferma les paupières une seconde, pour ensuite fixer le mur. Elle songea à prendre un douche, également, bien chaude, parce que, malgré la chaleur de l'appartement, elle grelottait encore.

Quelques soupirs plus tard, elle se redressa, ne sachant que faire, n'ayant envie de rien, juste de voir son ami. Elle baissa la tête, repensa à sa soirée, repensa à sa conduite et soupira de nouveau pour se relever. Elle s'enroula dans une couverture et se leva pour aller dans la cuisine. Il fallait qu'elle bouge, qu'elle s'occupe. Elle ne pouvait décidément pas rester là, à attendre que tout s'offre à elle. En fouillant les armoires, elle vola un morceau de chocolat, puis un deuxième, et se fit finalement chauffer du lait. En s'asseyant sur le plan de travail pour le boire, elle fixait les plantes vertes un peu défraîchies et finit par prendre le temps de s'en occuper, en coupant les feuilles mortes, en les arrosant et en leur parlant. Du temps de Poudlard, dans sa période de deuil, elle avait arrêté de discuter avec les gens. Elle préfère la compagnie des plantes, bien qu'un peu flippantes parfois. Elle avait la main verte, comme certains étaient doués en quidditch, ou avec les créatures magiques. Ça ne lui demanda pas vraiment de volonté, car c'était l'une des opérations la plus urgente de la soirée. Silence, ça pousse. Elle afficha un sourire, se remémorant des souvenirs d'un autre temps, d'une autre Shukar aussi. Elle déplaça certains pots à la fenêtre, pour qu'ils puissent bénéficier de davantage de soleil à l'avenir et finit par toutes les arroser avec attention.
Mais une fois cette tâche terminée, elle se retrouva à nouveau immobile, sans réel but, sans aucune occupation sous la main. Il y avait bien des livres, mais elles les avait déjà tous dévorés, il y avait bien quelques gazettes datant de plusieurs jours, mais elle ne s'intéressait pas réellement au monde et à ses nouvelles. Elle termina son lait chaud et sa barre de chocolat et en fit la vaisselle.

Des vapeurs se dégageaient de l'eau chaude. Une noisette de gel douche dans le filet d'eau moussa rapidement. Elle ôta sa robe signée Saddler et ses sous-vêtements pour se glisser dans la baignoire et profita, toujours en silence. L'eau était un peu trop chaude pour elle, mais elle se tiédirait avec le temps. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait plus froid. Elle n'était plus que creuse, à présent. Il se déroula bien une demi-heure avant qu'elle entende du mouvement. Externe ou interne, elle ne pouvait le spécifier. Crac. Ce bruit de plancher qui craque était une bonne chose pour elle. Elle connaissait ce pas léger. Elle sortit sa tête de l'eau pour mieux écouter ces signes sonores et se sécha avec une serviette fraîchement lavée qui sentait son ami. Kwink. Une porte émit un grincement crissant et le clac de fermeture lui confirme une présence. Son coeur s'emballa un peu, elle était heureuse de le retrouver. Elle efface d'un revers d'avant-bras la buée du miroir pour se regarder de plus près, peut-être pour corriger ses défauts, mais ce n'est pas possible, il n'y en a trop. Même sans maquillage baveux, ses yeux étaient traîtres: gonflés, rouges et vides. Ils hurlent au secours, ils hurlent qu'elle est plus fébrile que jamais. Et d'un autre côté, elle ne serait pas revenue ici de cette manière, si tout se passait vraiment bien ... Elle serait venue en fin d'après-midi, avec des choses saines pour remplir son frigo et manger ce soir, avec une bouteille de vin et même, peut-être, avec un petit cadeau. Au lieu de ça, elle emballa ses cheveux humides dans sa serviette, et elle enfila un pyjama d'été dépareillé. Elle avança doucement vers la sortie, un peu lâche, mais ouvrit la porte. Montag ? Elle était prête à lui sauter dans les bras. Et peut-être à s'y effondrer à l'intérieur, aussi.

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MessageSujet : Re: this silence kills ► montag Dim 14 Sep 2014 - 0:07

Oh that woman taught me to pray
But for all her wandering ways

Ah, il rentrait toujours trop tard. Jurer sur la porte d'entrée ne changeait rien, le Soleil qu'il avait laissé encore levé était couché à son retour. Personne ne l'avait retenu, pire encore, personne ne rentrait avec lui : il n'y avait que lui à blâmer. Il avait traîné. C'était tout ce qui semblait lui convenir ces derniers jours — traîner et dormir. Le nombre des heures lui paraissait ridiculement calculé, puisque les jours terminaient toujours trop tôt ou toujours trop tard, et la régularité méridionale le blasait. Jamais en Norvège il n'avait eu à se plaindre de voir le Soleil se coucher à une heure normale.

D'ailleurs, les gens biens ne rentrent jamais tard. Ou, quitte à rentrer tard, au moins se divertissent-ils ! Montag, lui, n'avait rien trouvé à se divertir. Il n'avait pas bu, il n'avait rien fêté. Évidemment il n'avait rien à consacrer au divertissement, puisqu'il traînait. Il avait traîné dans les parcs. Il avait traîné sur les quais. Il avait traîné dans les pubs. Du soir au matin il traînait, mais toujours la même sensation amère restait suspendue à son âme — il se sentait seul. Dans les parcs, sur les quais, dans les pubs, seul du début à la fin. Le constat lui arracha un sourire étrange. Il voyait tout d'un œil étrange, ces derniers temps.

Montag laissa opérer la mécanique d'une soirée comme toutes les autres. Une nonchalance fatiguée le déshabilla, obsédée par le "trois" qu'indiquait l'horloge, puisqu'il était trop tard, vraiment trop tard. Mais aucun numéro du cadran ne savait amener à lui le sommeil — pire que de perdre le fil, il ne savait maintenant plus dormir. Il était malade, c'était facile à observer. Malade de routine. Il avait très envie de retourner traîner, là tout de suite.

Dans l'envie soudaine d'un thé, il trébucha sur une paire d'escarpins. Quand bien même la couleur ne lui déplaisait pas, il était à peu près sûr qu'ils n'étaient pas à lui. Tout ici lui semblait étranger — les casseroles sorties, les fleurs entretenues, tout jusqu'à l'odeur, tout jusqu'à l'atmosphère n'était pas de lui. Une Boucle d'Or inconnue avait soufflé une vie qu'il ne connaissait pas par ici. Un espoir fou lui soufflait que peut-être était-elle encore chez lui.

« Montag ? »
Dans toute son égoïste solitude, il aimait entendre appeler son nom.
Une vivacité qu'il ne soupçonnait plus le poussa à se redresser — il oubliait la routine, la solitude, la fatigue, le trois de l'horloge. Il avait tout oublié, si ce n'est les escarpins.

« Shukar ! »

Il prit le visage de la jeune fille entre ses mains, et planta un baiser sur son front.
Elle était là.
Elle était là et ça changeait tout, évidemment — et il se sentait soulagé, et l'appartement vide semblait s'illuminer. Il y avait quelqu'un. Il ne l'avait toujours pas lâchée, regagné d'une joie tranquille qu'il croyait perdre. « Tu as l'air fatiguée. » Machinalement, il caressa ses joues des pouces. Il savait pourquoi elle était là. « J'allais faire du thé, tu vas venir avec moi. » Il la guida à la cuisine par la main — il ne pouvait s'empêcher de chercher son contact. Une mauvaise habitude le poussa à préparer le thé, sans songer à le faire par magie, et il posa une tasse fumante face à la jeune femme. Sa précipitation retombait doucement dans le silence, et il se laissait diviser entre une sourde inquiétude et une joie égoïste.
Il se sentait aimé.

« Ça me fait plaisir de te voir. » Il souffla sur sa propre tasse. « Désolé pour l'agitation, à ce sujet. J'ai pas trop réfléchi. » Il ne retint pas une moue sceptique en s'appuyant sur le plan de travail. « Mais, je vois bien que tu n'es pas seulement là pour empêcher mes plantes vertes de mourir. Il y a quelque chose qui te tracasse, pas vrai ? Tu sais que tu peux rester ici tant que tu veux. »



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MessageSujet : Re: this silence kills ► montag Lun 27 Oct 2014 - 0:08

image Kemp Muhl
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« Shukar !» La jeune fille avait sauté dans ses bras et s'était laissée manipuler par son ami. Elle resta un instant à l'étreindre, trop heureuse de pouvoir se raccrocher à quelque chose. Elle était tremblante mais c'était positif. Elle leva finalement les yeux vers lui, prenant son visage entre ses mains pour toucher ses traits. Il lui avait manqué, beaucoup trop. Elle se demandait pourquoi elle laissait toujours trop de temps avant de venir ici. Même si ça ajoutait de la valeur à ses yeux. Mais en le voyant aujourd'hui, en regardant cette scène de loin, elle pouvait remarquer qu'elle n'était pas la seule à en avoir besoin. Que c'était nécessaire également pour lui. Que s'il l'aidait à surmonter les obstacles parsemés de sa vie, elle devait se mettre plus à l'écoute du jeune homme elle aussi. Parce qu'elle était trop égoïste pour se rendre compte qu'elle n'était pas la seule à avoir des soucis dans sa vie. Qu'elle n'était pas seule à traverser des malheurs. Et qu'elle devait aussi lui partager ses moments de joie. Appart geindre et pleurer, elle ne savait rien faire d'autre en sa compagnie. Fini ce temps. Enfin, c’est ce qu’elle se disait à chaque fois. Tu as l'air fatiguée. Elle respira profondément et gonfla sa cage thoracique pour se sentir forte. Pour qu'il la sente droite et bien dans sa tête. Elle avait un sourire incontrôlé aux lèvres qui dissimulait son véritable état d'esprit, mais elle baissa les yeux, posant sa tête contre son torse un moment pour se calmer par le biais de ses battements de cœur. Elle ferma les yeux, essuya les larmes qui montaient de ses yeux d’un revers de main. L’émotion. Ce truc qu’elle contrôlait la plupart du temps, mais qui était trop parfois trop fougueuse. En même temps, quand on voyait l’animal, on comprenait pourquoi, spécifiquement chez elle, elle pouvait connaître des hauts et à la fois des bas sur une durée minimale. J'allais faire du thé, tu vas venir avec moi. Et elle se laissa guider, comme une enfant. Elle était trop fatiguée pour réfléchir par elle-même, trop éreintée pour penser et trop en confiance que pour même douter. Pourquoi devrait-elle douter ? Il l'avait recueillie, errant dans un quartier résidentiel de Londres, en pleine nuit. Elle n'était pas dans un meilleur état qu'aujourd'hui. S'il avait voulu lui faire du mal, s'en prendre à elle, ça aurait déjà été fait, bien avant.
Leur rencontre était spéciale, et tellement unique. Quand elle le voyait, elle ne pouvait imaginer que la dette qu'elle avait envers lui. Et bizarrement, cette dernière ne semblait que s'accroître au fil de leurs retrouvailles. Elle abusait, certainement. Elle exagérait à se montrer seulement quand ça allait mal. Mais elle recommençait, à chaque fois.

Shukar restait prêt de lui, l'accompagnant dans tous ses gestes. Même si l'appartement leur apportait une intimité et une proximité qui aurait suffi à beaucoup, elle devait être aussi près qu'elle pouvait de lui. Dépendante de ses doigts enlacés aux siens, elle aimait son contact et le réconfort que ça lui apportait. Quand il coupa le feu et versa le thé dans une tasse, la jeune fille s'assit sur le plan de travail et abandonna les doigts du jeune homme pour le brûlant du récipient. Ça me fait plaisir de te voir. Elle hocha la tête doucement, elle avait cru comprendre. Mais les paroles lui mirent tout de même du baume au cœur. C'était pareil pour elle, mais il devait déjà le savoir, vu qu'elle s'était montrée. Il lui manquait, et il était le seul à lui apporter cette force guerrière qui lui permettrait de se lever demain pour continuer à voir sa vie s'écrouler, chaque jour un peu plus. Il lui fallait être forte pour affronter d'autres épreuves qui la laisseraient encore plus affaiblie ... Désolé pour l'agitation, à ce sujet. J'ai pas trop réfléchi. Elle afficha un sourire, sans un mot. Savait-il qu'elle s'en contre-carrait ? Elle en doutait fortement, mais n'eut pas la force de lui faire ravaler ses excuses. Il n'y avait pas lieu d'en avoir. Mais, je vois bien que tu n'es pas seulement là pour empêcher mes plantes vertes de mourir. Il y a quelque chose qui te tracasse, pas vrai ? Tu sais que tu peux rester ici tant que tu veux. Elle souffla sur sa tasse fumante, un peu lâche, rassemblant son courage à deux mains, ou plutôt ses mots.

Elle avait le cœur détruit. Mais elle ne comprenait pas pourquoi, alors qu'elle n'avait plus aucune force, elle se relevait pour en demander davantage. J'ai l'impression de disparaître. Je l'ai cherché, au début, à me fondre dans la foule, à me faire oublier. Mais les personnes que j'aime, elles m'oublient. Je disparais même pour elles. Quelle finalité ? Elle n'avait pas vraiment de but, elle n'avait pas réellement d'objectifs dans sa vie. Elle voulait survivre, elle avait l'impression d'être traquée de la même façon qu'on avait traquée son père. Peut-être débloquait-elle complètement, ou peut-être essayait-elle simplement d'enfin comprendre ce qui était arrivé à son paternel. Elle détourna les yeux. C'était peut-être stupide, mais elle avait l'impression de ne compter vraiment aux yeux de personne. Elle était repoussée. Elle se retranchait. Le moment ne s'y prêtait jamais. Elle n'osait pas, elle ne voulait pas, elle refusait. Elle était dure, et à la fois tellement fragile. Elle voulait être à la fois le soleil, et la lune. Et sa volonté se flétrissait. Comme elle arrosait ses plantes pour que celles-ci retrouvent vigueur, Shukar s'arrosait le gosier. Malheureusement, pour elle, ça ne semblait pas être la solution adéquate à son problème. Elle poussa un soupir, se sentit frissonner. Il m'a envoyé bouler. Je suis trop jeune ... Il était pour elle l'incarnation du prince charmant: Blond, souriant, secourant la veuve et l'orphelin. Malheureusement, elle n'était pas l'héroïne de cette histoire. Elle devait être l'entremetteuse, la complication du conte. Elle n'était pas assez gentille, pas assez belle et pas assez rêveuse pour être l'héroïne. Elle essaya de boire une gorgée de thé sans se brûler ni la langue ni l’œsophage, contenant son amertume. Elle fixait le vide, elle fixait les plantes, elle fixait sa tasse. Parce qu'elle se sentait stupide d'être venue ici pour si peu. Et à la fois, elle se sentait pour une fois exister quelque part dans une histoire, où elle était prise en considération par quelqu'un.

Si Shukar n'avait jamais eu de grand frère, elle pouvait se vanter d'avoir Montag. Il était davantage qu'une consolation, parce qu'il avait toujours été extraordinaire vis-à-vis d'elle. Et si elle ne se le disait pas systématiquement, elle devrait le remercier encore et encore pour l'avoir ramassé dans la rue, cette soirée-là et lui offrir un cadeau de sa valeur. Ses yeux brillants finirent par trouver le regard du jeune homme, plutôt dans la honte. Je ne pleure pas systématiquement pour les garçons. Juste pour les plus nuls d'entre eux ... Pourquoi tu m'écoutes encore ?! Et s'essayer à un rire qui vous fait finalement vraiment éclater de rire ... et essayer d'oublier toute l'accumulation de petits trucs qui valaient chacun un shot de tequila, et qui l'ont rendu malade pendant un weekend.

J'ai essayé de rentrer à ma maison, aussi. J'ai pas pu. Je ne sais pas pourquoi. J'ai tout simplement pas réussi à mettre un pied devant l'autre ... Les larmes montèrent quand elle se refit la scène, incapable de dépasser l'arbuste à l'entrée. Elle avait entendu la clé dans la serrure et elle avait fui. De sa propre maison. Parce qu'elle était trop fière pour revenir en disant qu'elle avait tord de partir, qu'elle avait tord de les avoir abandonné, et qu'elle n'avait pas mangé depuis la veille en se levant. Que la maigreur de son corps n'était pas parce qu'elle fumait ou se droguait, mais simplement parce qu'elle n'avait pas réussi, malgré son ambition, à avoir assez de volonté pour monter en grade, comme elle avait cru pouvoir le faire. Parce qu'elle était tout simplement plongée dans ses illusions, hors de ses pompes, à faire comme bon lui semblait, envoyant tout le reste dans le décor. Elle ne sécha pas ses larmes, ne but plus de thé, et se contenta de rester assommée, à s'éteindre comme une vieille radio sans pile. Off.

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MessageSujet : Re: this silence kills ► montag Sam 8 Nov 2014 - 22:33

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Pourquoi l'avait-il menée chez lui, déjà ? Montag l'avait trouvée bien belle, quand il l'avait vue marcher, de loin il avait pensé qu'elle était certainement assez jolie pour lui parler. Et puis il avait trouvé qu'elle était bien perdue pour une jeune fille de sortie ; en s'approchant, il l'avait trouvée trop jeune, il l'avait pensée définitivement trop fragile. Son pas avait changé quand il avait été en mesure de lui adresser la parole : il lui avait dit de venir, autrement qu'il l'aurait dit à d'autres filles — elle était venue, elle revenait encore. Maintenant qu'il se reconstituait la scène, il songeait qu'il avait probablement plus eu l'air d'un taré plus que d'un bon samaritain.

Dans le silence, il souffla sur sa tasse. Il la trouvait toujours très jolie, mais son regard avait changé dès qu'il s'était approché d'elle : Shukar avait quelque part sous le charme d'une femme toute la beauté d'une enfant — il ne se trompait pas à son illusion, sinon il n'aurait pas eu tant d'ambition à l'empêcher de pleurer. Il l'écoutait parler avec toute l'attention du monde. Au fond, c'était là sa principale utilité. « Tu ne disparais pas pour moi. » Un paisible hochement de tête appuya son propos. « Tu veux manger quelque chose ? » Encore une fois, il n'attendit pas sa réponse — en partie parce que lui était affamé.

« Il m'a envoyé bouler. Je suis trop jeune...
Ou bien peut-être qu'il est juste idiot. » Son ton avait beau être léger, il n'y cacha pas son reproche. « Je ne critique pas ton choix, c'est le propre des garçons d'être idiots. » Et qui était-il pour juger ? Il lui expliqua que la plupart des garçons étaient nuls, qu'il fallait qu'elle se fasse à cette idée. C'était peut-être par pure faiblesse, mais Montag trouvait souvent aux femmes une force qui leur faisait défaut. Il craignait de voir Shukar se briser en morceaux, mais il savait au fond qu'elle n'était pas exactement une enfant : jamais il n'aurait été capable de rester aussi droit qu'elle.

« Tu devrais aller dormir. » C'était toujours étrange de la voir s'éteindre ainsi — elle avait l'air de quelqu'un d'autre, tout du moins, de ne plus être elle-même. Il se faisait peut-être des idées puisqu'il la voyait souvent dans cet état, mais il trouvait que tout ça ne lui allait pas. Il avait lancé des sorts pour déplier le canapé et lui préparer des draps convenables, mais elle ne voudrait probablement pas dormir. Au fond, lui-même n'avait pas si sommeil que ça.

Il finit par échouer à ses côtés. « Ce n'est pas parce que tu n'as pas pu aujourd'hui que tu ne pourras jamais. Ça viendra... Ce n'est simplement pas le moment pour toi de rentrer. » Combien de temps avait-il attendu — d'ailleurs, combien de temps attendrait-il encore ? Il se sentait étranger partout où il allait. Cet appartement lui semblait terriblement impersonnel — il n'y avait que la présence de Shukar qui l'empêchait de se croire chez quelqu'un d'autre. De nouveau, il attrapa sa tête et l'embrassa sur le front. « Tu n'as qu'à considérer ça comme ta maison pour le moment. »

Tout ici lui semblait changé. Aussi brisée puisse-t-il la trouver, Shukar avait un talent mystérieux pour trouver la vie là où il en manquait. Il avait quelque part un peu honte d'être aussi heureux alors qu'elle semblait si désespérée — mais il ne savait apprécier son appartement que lorsqu'elle était avec lui. « Tu sais, tout est toujours une question de temps, les gens sont juste trop pressés. Il suffit d'attendre. » C'était un conseil terriblement hypocrite : il avait surtout envie de déménager sur le champ. « Enfin, le temps ne fait pas tout... Mais il faut savoir accorder en accorder aux choses, on ne les force pas à arriver. » Il esquissa un sourire. « Par exemple, j'ai passé un mois entier à voir mes parents ici ou dans des cafés parce que je ne supportais pas de retourner chez eux. Mais je suis allé dîner à la maison la semaine dernière, parce que l'idée me convenait, tout simplement. Quant à Monsieur Idiot, tu finiras par le ranger dans un coin de ton esprit et tu te diras que c'était bien idiot de pleurer pour lui. » Quittant brièvement la cuisine, il revint pour lui poser une couverture sur les épaules. « Juste ce soir, tu n'as qu'à fermer les yeux et simplement laisser le temps passer. »


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MessageSujet : Re: this silence kills ► montag Lun 26 Jan 2015 - 2:42

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« Tu ne disparais pas pour moi. » Elle eut un sourire triste. Mensonge, aurait-elle voulu lui souffler à l'oreille. Il suffisait qu'il rencontre une femme pour que ses intrusions deviennent malvenues, puis interdites. Après, elle devient une source de dispute, Monsieur voulant éviter les disputes, elle risquait de ne plus rentrer dans sa bulle. Dans leur bulle. Cette intimité qui se créait à chaque fois qu'elle pénétrait dans ses lieux, c'est comme si elle retrouvait son cocon, chaleureux et accueillant. Mais celui-ci volerait en éclats s'il venait par y amener une femme avec laquelle elle ne pourrait faire le poids. Elle hocha la tête, tout de même, essayant de le rassurer plus que de se rassurer elle-même. Une fois que la seconde question lui monta au cerveau, elle finit par ouvrir la bouche. « Si c'est simple et rapide à cuisiner, d'accord. » La jeune fille porta sa tasse à ses lèvres pour souffler sur le liquide brûlant puis pour en boire une gorgée. Elle se sentait un peu plus vivante, à présent. L'air de rien, elle retrouvait des sensations qui ne l'avaient pas dérangée jusque-là. Comme ses cheveux humides qui lui chatouillaient le dos, ou les pointes de ses pieds douloureuses après avoir porté ses escarpins trop longtemps.

Se confier n'avait jamais été une chose facile, pour elle. Elle avait bien dû le faire, à quelques reprises mais ce n'était pas réellement systématique chez elle. Pour ça, c'était bien un garçon manqué, comme autrefois. Mais elle avait parlé. Elle avait osé, comme faire le premier pas pour le rejet, dire ce qu'elle avait sur le cœur. « Ou bien peut-être qu'il est juste idiot. Je ne critique pas ton choix, c'est le propre des garçons d'être idiots. » Montag était un ami parfait, mais elle était à peu près sûre qu'il n'était pas très objectif dans ses propos. Elle releva la tête pour le regarder sérieusement pendant quelques secondes avant d'éclater d'un rire léger. « Je confirme, il est idiot. Mais pour une fois, c'était un gentil garçon. » Et l'idiote, dans l'histoire, c'est moi. Moi qui y ait cru, moi qui ait joué, moi qui ait tout capoté avant même que quoique ce soit ne puisse débuter. Mais elle se tut et préféra enfuir sa honte en elle. De préférence dans une partie de son cerveau où on classe les informations pas intéressantes, à oublier. Les femmes étaient fortes, disait-il. Pourtant, ce n'était pas lui qui devait se retrouver dans cet état à peu près à chaque fois qu'un malheur lui arrivait. Elle tenait sa tasse, à moitié perdue dans ses pensées, l'écoutant parler et lui installer son lit pour la nuit. Elle eut un léger sursaut quand il lui conseilla de se coucher et n'y mit pas les formes pour refuser son offre, bien qu'elle se serait endormie sur le champ si elle n'avait pas été aussi heureuse de le retrouver. « Pas déjà ! »

Elle finit sa tasse mais ne bougea pas du plan de travail. Elle n'avait aucune envie de fermer les yeux maintenant. Ils n'avaient parlé que d'elle. Quelle amie indigne elle serait s'il n'abordait pas au moins sa petite vie qu'elle ne connaissait que trop peu pour l'importance qu'il avait à ses yeux ! « Ce n'est pas parce que tu n'as pas pu aujourd'hui que tu ne pourras jamais. Ça viendra... Ce n'est simplement pas le moment pour toi de rentrer. » Et alors qu'il la rassurait de nouveau, elle ne savait pas quoi dire et cherchait tout simplement ses mots. Ce n'était peut-être pas le moment, mais ça n'aurait jamais dû se passer comme ça. Elle n'aurait jamais dû partir, pour ne jamais avoir à revenir. Sa mère l'accueillerait certainement à bras ouverts, mais sa sœur ne saurait certainement pas lui pardonner, sachant que ça faisait plus d'un an qu'elle attendrait son retour. Peut-être avait-elle perdu espoir, ou peut-être s'était-elle tout simplement faite une raison à ce qu'elle devienne la seule fille Bheng dans le quartier. Elle devait se montrer deux fois plus intéressante, histoire de faire oublier aux gens qui devaient parler dans leur dos. Après le décès de son père, voilà le départ de la fille et les rumeurs qui pouvaient courir sur elle qu'elles devaient supporter. « Tu n'as qu'à considérer ça comme ta maison pour le moment. » Il faisait trop pour elle. Sa dette s'agrandissait et elle ne comprendrait certainement jamais pourquoi il continuerait de lui ouvrir sa porte. Elle posa sa tête sur son épaule. « Non. Je veux pas que ça devienne chez moi, parce que c'est parce que c'est chez toi que je m'y sens bien. Mais c'est gentil. Et je vais rester, pour quelques jours, tant que tu veux bien de moi. »

Il était évident qu'elle avait besoin de lui, pour l'instant. Mais elle se disait que s'il avait besoin d'elle, ça serait bien qu'elle soit là pour le voir, une fois. Et même s'il en avait pas besoin, à vrai dire, qu'elle soit rassurée qu'il menait bien sa petite vie correctement. Et s'il avait besoin de son intimité, elle partirait comme à son habitude, son sac à main en gage de triples valises. « Tu sais, tout est toujours une question de temps, les gens sont juste trop pressés. Il suffit d'attendre. » Une question de courage et de fierté, aussi mais c'était au temps de lui enseigner cette leçon, si Montag n'allait pas la lui donner avant. Parce qu'au fond d'elle, elle savait qu'elle gaspillait du temps à rester stoïque. Elle savait que c'était sérieux et c'était peut-être pour cela que ça l'intimidait, de mettre un pied devant l'autre jusqu'à arriver face à elles, honteuse. Elle devait se trouver des excuses, elle devait se trouver une bonne raison de l'avoir fait. Parce que si la peur des Mangemorts lui pesait, ce n'était certainement pas l'unique raison de son départ. « Enfin, le temps ne fait pas tout... Mais il faut savoir accorder en accorder aux choses, on ne les force pas à arriver. » Elle acquiesça, d'accord avec cette précision. Elle sourit timidement à son tour, ne se rendant même pas compte qu'elle ne devait ressembler à rien. « Par exemple, j'ai passé un mois entier à voir mes parents ici ou dans des cafés parce que je ne supportais pas de retourner chez eux. Mais je suis allé dîner à la maison la semaine dernière, parce que l'idée me convenait, tout simplement. Quant à Monsieur Idiot, tu finiras par le ranger dans un coin de ton esprit et tu te diras que c'était bien idiot de pleurer pour lui. » Le problème avec elle n'était pas de revenir à la maison, mais d'affronter ce qui lui restait de famille. Elle était désolée de ne pas avoir eu la force de rester ensemble, unies pour affronter le reste de ce qu'on leur avait concocté. Elle avait préféré fuir, loin, seule; certainement par lâcheté, mais aussi par refus d'abandonner son père à un souvenir. Ça avait certainement dû lui traverser la tête que si elles étaient dans ses souvenirs, son père le serait aussi. Mais cette malheureuse idée n'avait pas fait long feu. Elle s'y était résolue. Elle n'allait pas retrouver son meurtrier, elle n'allait pas pouvoir faire quoique ce soit pour honorer sa mémoire et elle n'allait pas non plus avoir la satisfaction d'infliger une peine - même des moindres - à un individu potentiellement coupable qui pourrait lui ôter cette douleur qu'elle s'infligeait elle-même.

Mais elle ne parla pas d'elle. Elle ne voulait pas penser à tout ça. Elle préférait oublier et mettre tout ça dans un coin de sa tête pour les remâcher plus tard, lorsqu'elle serait seule. Comme le sujet de Rafael d'ailleurs. Mais il lui avait offert une ouverture. Une histoire à propos de lui. Un changement de focus. Elle l'écouta attentivement, l'encourageant d'un regard à continuer ce qu'il voulait dire. C'était agréable d'écouter et de penser à autre chose qu'à soi, même quand on était égoïste. « C'est chouette que tu aies passé le cap. Tu vas te faire petit à petit à l'idée de passer les portes de leur insupportable chez eux, plus souvent. Et puis, tu reviendras dans ta petite bulle pour retrouver tout ce que tu aimes. Et si tu veux, je t'attendrai. » Elle le laissa se relever, bien qu'elle ait un peu de réticence à laisser partir sa source principale de chaleur et de sécurité. « Juste ce soir, tu n'as qu'à fermer les yeux et simplement laisser le temps passer. » Elle réceptionna la couverture et la maintint sur ses épaules, mais ne semblait pas vraiment convaincue à l'idée de passer une nuit à prôner la patience. « Je peux dormir avec toi ? .. Sans ambiguïté, bien sûr. Mais ta présence m'apaise et à vrai dire, j'ai pas envie de rester ici si toi, t'es là-bas. » Même si ce n'était qu'à quelques mètres, même si les portes restaient ouvertes, même s'il restait près d'elle le temps qu'elle s'endorme. Ce gouffre de solitude lui rongeait un peu le sang. Difficile de passer des couloirs bondés de Poudlard où on s'habitude à connaître des gens durant des années, pour arriver à Londres où on oublie les têtes connues et où on essaie de recommencer à zéro, en se plaignant par la suite de souffrir de solitude.
Elle avait l'impression de perdre encore quelques années sur le coup, mais sans faire de gros caprices. Parce qu'elle comprendrait un non aussi. Non, j'attends quelqu'un qui doit se trouver sur le palier maintenant. Non, je suis somnambule. Non, je dors tout nu. En fait, elle aurait essuyé un refus de la part de Montag avait joie parce que ça déforcerait son impression d'abuser toujours plus de sa gentillesse. Elle se souvenait des fois où sa petite sœur s'était glissée dans ses couvertures sans bruit pour mieux dormir, et elle pouvait compter sur ses doigts les fois où elle-même s'était glissée dans le lit de ses parents à cause de cauchemars incessants. « Et je te fais ce que tu veux pour le petit déjeuner ... »


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this silence kills ► montag
MessageSujet : Re: this silence kills ► montag Ven 27 Fév 2015 - 3:07

I had me a girl
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She came and she went

Tout ce silence chez lui. Ces choses dont il ne veut pas se rendre compte mais, tout ce vide chez lui. Dans cet appartement exigu. A part cette cuisine peut-être, cette unique pièce, où elle est là pour illuminer de vie, n'est-ce pas ? Alors tout à coup les murs prennent une autre couleur, puisqu'elle est là, puisque c'est en tout égoïsme qu'il la veut si près de lui, parce que, personne ne sait transformer ces murs comme elle. Ravi de son malheur, c'est ça ? Ravi que Dieu la punisse assez pour qu'elle revienne ici ? Qu'il se le dise ! Ravi de la voir, et elle ne vient que lorsqu'elle a besoin.
Alors, il y a un peu de culpabilité dans les gestes de Montag, certainement, oui. Dans cette façon qu'il a de vouloir la faire rester, de crainte qu'elle vienne et lui dise, peut-être, pour une dernière fois « Au revoir », et qu'il n'y ait plus jamais cette chose qu'il y a dans la cuisine à cet instant. Plus rien à part lui.
Donc certainement de l'égoïsme dans ses actions, oui.

Il lui a préparé des œufs, puisqu'elle a demandé quelque chose de simple. Il se rend compte tout à coup qu'à errer ainsi toute la soirée il en a oublié de manger, et son assiette à lui ressemble à celle d'un dîner. Il réalise qu'il est affamé, oui, et fatigué. Fatigué sans sommeil, mais il sent bien à quel point il est fatigué. Avec cette fatigue qui pèse dans ses jambes pour lui dire de s'allonger et d'attendre, et qui lui donne envie de se transformer tout de suite, parce qu'il est assez fatigué d'être comme ça pour aujourd'hui. Très envie de Soleil, tout de suite.
Donc, il a faim, surtout.

« Sers-toi dans les placards ou le frigo si tu veux quelque chose avec tes œufs. Tu fais comme chez toi. »
Comme chez elle.
Très envie de changer de jour, là, oui. Ou de dormir.
« Et si tu veux, je t'attendrai. »
Et s'il veut...
« Je ne sais pas vraiment. Je n'ai jamais haï aller à la maison mais il y a... Un truc, un je ne sais quoi qui m'empêche d'y aller, ou d'y rester. J'imagine que ça passera avec le temps. » Il sourit entre deux coups de fourchette. « Enfin, désolé, c'est plutôt stupide et pas très important. Ce sont des choses qui arrivent. »

Par paresse il laisse les assiettes sur la table, parce qu'il a très envie de dormir pour terminer aujourd'hui. Avec toutes les choses sans intérêt qu'il a faites aujourd'hui, et les pensées qu'il a eu aujourd'hui, et tout le temps qui est passé aujourd'hui. Envie de laisser tout ça couler dans le sommeil. Tout de suite, par caprice, de balayer tout ça tout de suite pour ne pas que ça traîne trop longtemps dans sa tête.

« Je peux dormir avec toi ? » Avec lui ? Aujourd'hui ? Avec l'état de son corps et de son appartement aujourd'hui ? « Sans ambigüité, bien sûr. » Quelle ambigüité pourrait exister avec elle ? Quelque chose à laquelle il n'a jamais pensé, l'ambigüité. L'ambigüité de l'avoir ici chez lui et de la vouloir tout le temps dans sa cuisine. Sans jamais d'ambigüité. Sans jamais de pensées mauvaises puisque c'est simplement l'égoïsme qu'il y a là, à la vouloir tout le temps ici. Et ce bonheur qu'il a de la voir sourire, naturellement, et de la savoir en sécurité, mais, tout cet égoïsme qu'il cache mal aussi, encore, il n'en doute jamais.
« Si tu veux, bien sûr. Mais je suis plutôt envahissant je crois. » Puisqu'il n'a pas l'habitude de partager son lit sans ambigüité. « Tu n'as pas besoin de me faire à manger. Et puis je mange beaucoup le matin... Ici ça prend une heure tu sais. »

Sa chambre est aussi étroite que l'appartement. Il ne l'a jamais même qualifiée de pièce à proprement parler en dépit du fait qu'il y soit une grande partie du temps, avec la largeur du lit qui prend quasiment toute celle de la pièce. Il n'a d'ailleurs jamais saisi le besoin de délimiter précisément une chambre, alors que la cuisine n'a de place que pour deux fois lui et se confond avec tout le reste de l'appartement. Pourquoi avoir une chambre aussi petite mais malgré tout une chambre alors que le reste est tout aussi petit et sans nom, voilà tout.

« J'ai changé les draps du lit, tu pourras dormir dans du propre. » Elle n'est pas forcée de dormir maintenant mais lui a intensément besoin de changer de jour. « On n'est pas obligés de dormir tout de suite, mon plafond est passionnant à fixer aussi. Mais la chambre sera déjà plus confortable que mon mètre carré de cuisine. » Parce qu'il y a quelque chose dans cette chambre qu'il cherche depuis le début. Avec cette seule envie de fixer le plafond s'il le faut mais, d'au moins y être, d'être dans la pièce avec Shukar ou avec le calme, avec les deux, et attendre un peu. Attendre que le jour change.
« Même si je pense que tu devrais dormir, tu sais. » Lui est déjà sur le lit. « Demain tout sera mieux. »



Spoiler:
 

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