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A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

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we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel
MessageSujet : we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Ven 21 Nov 2014 - 18:18






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18h ღ Terrain de Quidditch



Code © Hiyata
we’ll find a way to keep the night cold

La pluie avait commencé à tomber. Fine et glaciale, elle semblait être l'avant-garde de l'hiver, flocons encore intangibles, larmes d'un ciel aussi noir que de l'encre. Je ferme les yeux, clignant des paupières pour en chasser les gouttes agaçantes, et je continue de voler. Même si mes cours sont à présent fini, il n'en est pas de même pour une certaine élève à qui j'ai décidé de dispenser quelques heures de quidditch en plus. Hazel Risenfield ne l'a pas volé : depuis le début d'année, il semblerait qu'elle ait pris exemple sur les pires joueurs du monde, et qu'elle les ait tous battu à plate couture. J'émets un grognement sourd, et laisse le manche du balai vibrer sous mes mains, comme animé d'une vie propre. L'air et la tempête débutant sifflent à mes oreilles, mais rien n'existe d'autre que la sensation de vide sous mes pieds et l'exaltation de mes sens. Voler est toute ma vie. Je rouvre les yeux, alors que mon balai tombe. C'est voulu, bien évidemment, et j'ai soudain envie de me prouver que je sais encore y faire. Béatrice, sa présence du moins, a le mérite de me rappeler le passé et mes prouesses d'antan. Tout en continuant de vertigineusement tomber, je m'accroche au balai puis en redressant violemment je me met debout sur mon instrument. Aussi droit et agile qu'un aigle, je me laisse tomber dans le vide, me rattrapant de mes mains au balai, le corps pendant. Puis, après quelques cabrioles, je redescend lentement vers le terrain boueux noyé d'eau. J'atterris dans un floc floc perceptible. Mon plastron de cuir sombre, ma chemise d'or et mon pantalon d'or et de bleu nuit sont trempés, tout comme moi. J'éternue, en me frottant le bout du nez du dos de la main. J'examine avec contrariété ma montre : Hazel est en retard. Même si ça m'exaspère, je ne suis pas étonné. Hazel est comme ça - pétillante, pleine d'une joie énervante et d'énergie. Elle fatigue souvent son monde, comme si elle pompait l'énergie vitale des autres. Dans le fond, j'apprécie ses efforts et son envie de continuer. Je l'encourage à faire de même avec le quidditch, et je suis convaincu d'arriver un jour à faire cesser sa terreur du vide. A coups de pied aux fesses, si il le faut !

Je frissonne sous les trombes d'eau gelée. Ma barbe et mes cheveux sont constellés de pluie, alors que mes traits tirés s'assombrissent non seulement à cause de la nuit qui est descendue sur Poudlard mais à cause de mon humeur ronchonne. Mon estomac se rappelle à moi dans un grognement, et je songe au repas chaud qui m'attendra une fois fini le calvaire de faire monter Risenfield sur un balai. Avant la fin de la journée, nous serons tous deux couverts de boue et de bleus. Je hausse les épaules, et m'avance vers les gradins pour m'abriter de la pluie qui s'intensifie. Mais il pourrait grêler que ma décision ne changerait pas : elle volera, par Merlin ! Je me souvins soudain de notre entrevue de cet été - cela me paraissait encore si incongru, comme si je n'en revenais toujours pas. Mes esprits passèrent sur la célèbre Harpie que j'avais rencontré ce jour-là, j'avais échangé quelques paroles avec Miss Jones. C'était une femme si intéressante ! J'eus un soupir agacé : j'avais beau retourner en mémoire à cet instant de félicité, à présent, j'étais juste comme un chien mouillé. Je pestais tout bas, agacé : « Peut-être devrais-je enlever quelques points aux Lions pour apprendre la ponctualité à Miss Risenfield. » Mais ce n'était que menace en l'air. Tout comme, tout agacé que j'étais, je n'étais absolument pas prêt à brutaliser Hazel - même si j'en avais parfois très envie ! La secouer un bon coup ne lui ferait pas de mal. Mais je me contentais de lui hurler dessus, afin de la choquer et de la faire réagir. La plupart du temps, ça marchait ! Pas toujours dans le sens que j'avais espéré, mais c'était mieux que l'indifférence. Je m'ébrouais en secouant la tête de droite à gauche, et bougeais les épaules pour ne pas me refroidir. Enfin, un bruit mouillé me fit me retourner, avec un air glacial, comme si mon visage était une lame de couteau : « Si vous étiez une Serdaigle, Miss Risenfield, vous auriez reçu une retenue pour ce manque de ponctualité. Sachez que pour chaque minute - cela en fait huit en tout - de retard, vous allez me faire autant de tour du terrain à balai. Ceci est notre défi du jour : vous faire tenir sur un balai et vous faire voler. » Ma voix était onctueuse - et venimeuse comme celle d'un serpent. Si habituellement je me montrais dur avec elle, ces cours - que j'avais sollicité en lui énonçant que si elle continuait ainsi, elle risquait des problèmes - n'allaient être qu'une descente aux enfers, pour nous deux sûrement. Déjà, à voir son visage féminin, je me sentais fourmiller. Je fronçais le nez ; rien que sa vue me faisait penser à ses rires, ses bavardages, sa façon de hausser les sourcils ou ses mimiques. Je l'avais observé, durant mes cours ou dans les couloirs. Sa joie de vivre était partagée par ses ami(e)s mais elle me tapait sur le système : comment pouvait-elle être aussi optimiste et joyeuse, tout le temps ? Cette fille était impossible. Dans le fond, elle serait mon miracle : j'avais espéré la faire évoluer sur un balai, et elle était un défi à ma portée. Je devais faire fi de nos caractères si dissociables ; j'étais le professeur, et je devais faire des efforts moi aussi. Alors, en soupirant, je lui lançais un regard plus doux et fis un sourire - maladroit, semblable à un rictus, aussi à l'aise qu'un lapin sur la lune. Mais un sourire tout de même. Je fis un geste de ma baguette, et un balai siffla jusqu'à nous, que je lui tendis, tenant le mien propre dans ma main droite. « Allons, haut les coeurs. » Je ne savais pas encourager. Du moins, pas gentiment ...


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we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel
MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Dim 23 Nov 2014 - 21:49

Let's light it up,

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Hazel aurait préféré devoir laver les pots de chambre de la salle de bains de Serpentard plutôt que de devoir subir ces heures de vol supplémentaires. Il y avait des tas de manières de sanctionner une mauvaise élève : les heures de colle en étaient un excellent exemple, classique et efficace. Forcer un cancre à travailler une matière qu'il déteste, en revanche, c'était pire que de la torture aux yeux de la jeune fille qui ruminait encore et encore alors qu'elle sortait du château en trombe. Abritée sous une lourde cape fourrée, son épaisse chevelure nouée en une queue de cheval haute était protégée, tous comme ses pieds glissés dans des bottes en caoutchouc rose fuschia. Elle traversa sans se soucier de la boue chuintante et salissante le parc en direction du terrain de Quidditch, l'esprit plutôt mitigé quant au cours qui l'attendait. Monsieur Blueberry n'était pas vraiment quelqu'un de très flexible et facile à convaincre, loin de là, et ce début d'année n'avait apparemment toujours pas joué en sa faveur : le directeur des Serdaigles l'avait convoquée pour suivre des cours particuliers tant elle frôlait la catastrophe. Même les première année se débrouillaient mieux qu'elle, d'après lui, ce qui était apparemment intolérable.

Arrivée au niveau des premiers gradins, elle aperçut le trentenaire et le salua avec tout l'enthousiasme dont elle était capable, espérant sans doute faire pencher la balance de l'enseignant de son côté pour une fois – après tout, sa mère lui avait souvent répété qu'avec un sourire et de la gentillesse, on pouvait adoucir les brutes les plus épaisses -. « Bonjour Professeur ! » Le regard que lui décocha Blueberry en retour ne lui glaça pas le sang, mais il la fit s'empourprer presque aussitôt. Il n'aimait vraiment pas le retard, même pour huit minutes. La Gryffondor se mit à protester d'un ton plaintif. « Mais, c'est parce que j'ai du aider à ranger la salle de Sortilèges à cause de tous les coussins qu'on a projetés alors du coup je suis en retard et Fli- le professeur Flitwick a dit que ... » Peine perdue, elle avait une fois de plus parlé sans réfléchir et avait vendu la mèche. Un jour peut-être Hazel arrêterait-elle de passer pour une élève dissipée qui ne faisait que s'embourber un peu plus à cause de sa spontanéité.

La jeune fille se débarrassa de sa cape à contrecoeur non sans marmonner dans sa barbe. Elle avait heureusement déjà mis sa tenue de sport – celle-là même qui passait deux ou trois fois à la lessive après chaque séance pour enlever toutes les traces de boue – mais ne pouvait pas garder de réelle protection contre la pluie. Elle allait être malade, c'était certain. Jetant un coup d'oeil craintif en direction des épais nuages d'un gris anthracite qui les surplombaient de façon menaçante, la brunette se mordit la lèvre, dansant sur un pied puis sur l'autre. « On ne va pas vraiment faire ça, Monsieur ? Il fait un temps de chien ! » Et le mot était faible. A la pluie et à la pénombre logique que la fin de journée amenait, le vent froid d'Ecosse sifflait à ses oreilles et cherchait à la mordre par rafales. « Même les chiens ne sortiraient pas d'ailleurs. A moins d'avoir été punis. » Déjà en train de disgresser, l'américaine se reprit en songeant que ce n'était pas avec des blagues de ce genre qu'on achetait Oswald Blueberry.

Aussi attrapa t-elle le balai qu'il lui tendit – puisqu'elle n'avait pas le choix - et l'enfourcha. Ou plutôt, voulut l'enfourcher, car sitôt calée sur l'objet volant, celui-ci effectua une ruade bien familière pour elle qui l'éjecta directement deux mètres plus loin. A croire que même cet engin de malheur percevait son manque évident d'envie. Elle glissa dans une flaque et manqua de peu de s'étaler de tout son long, se rattrapant sur les mains … qu'elle avait maintenant pleines de boue. D'ailleurs la terre avait légèrement éclaboussé ses vêtements, mais son petit doigt lui suggérait que ce n'était encore rien comparé à la suite. La moue renfrognée, la rouge et or se releva, frotta ses mains entre elles et se dirigea vers le balai qui était à terre. « Pff. Bon. Viens par là, toi. » L'adolescente tendit son bras au dessus du balai. « … Debout ... » Aucune autorité, un ton un peu trop paresseux. Rien ne se passa. « Oh, allez quoi, debout. » Un léger frémissement des brindilles lui indiqua qu'elle y était presque. « Debout ! » Le balai sauta du sol pour se caler dans sa main un peu brusquement, ce qui lui arracha une grimace. Maintenant ils allaient enfin passer aux choses sérieuses, pour son plus grand malheur. Hazel s'installa prudemment sur le balai, s'y agrippant comme un koala à son eucalyptus. L'étape suivante, celle du décollage, nécessitait comme souvent un coup de pied ferme et décidé dans le sol pour partir dans les airs. Celui qu'elle asséna dans le gazon projeta une grosse motte de terre devant elle et la fit soudainement grimper d'une cinquantaine de centimètres ... « Bon. Et maintenant, c'est partiiiIIIIIIIIIIIIH ! » Sa voix jusqu'alors rassurée partit en vrille dans un aigu affolé : le balai venait de vaciller vers le sol avant de tanguer comme un vieux rafiot.

Avançant par à-coups maladroits et brusques, le balai flottait à présent à un petit mètre du sol et déjà Hazel se sentait mal. Chaque pore de son visage était imprégné par la peur. A chaque avancement sa monture volante semblait pencher toujours dangereusement trop vers le sol, trahissant une instabilité et une totale absence de maîtrise du balai dues à sa nervosité. « Qu'est-ce que je fais maintenant ?! Qu'est-ce que je fais !?! » couina t-elle, les yeux vissés sur le sol sous ses pieds et les mains dix fois trop serrées sur le bois du balai.


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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Mer 26 Nov 2014 - 20:48






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Voir Risenfield sous la tempête raviva quelque chose en moi. Allons, j'étais professeur, je devais faire des efforts moi aussi. Je tentai de sourire mais abrégeais rapidement cet essai-là, qui ne donnai rien de concluant. « Bonjour Professeur ! Mais, c'est parce que j'ai du aider à ranger la salle de Sortilèges à cause de tous les coussins qu'on a projetés alors du coup je suis en retard et Fli- le professeur Flitwick a dit que ... » Je haussais les sourcils, l'air sévère : c'était donc encore une fois par ses bêtises qu'elle était en retard. Néanmoins, je ne formai qu'un simple soupir chargé de tout mon agacement. Je n'avais nul besoin de lui faire des reproches, Flitwick avait déjà dû lui en donner tout son saoûl. En à peine quelques minutes, la pluie nous avait déjà trempés tels deux soupes aux palourdes. Et les nuages qui formaient la frondaison céleste annonçaient encore plus de pluie, alors que le vent qui les cinglait rougissait tout bout de peau qui dépassait. Hazel avait donc le nez et les joues toutes rouges, et cela aurait pu être mignon si je faisais attention à ce genre de détails. Or, pour moi, c'était juste de la peau rougissante, point barre. « On ne va pas vraiment faire ça, Monsieur ? Il fait un temps de chien ! Même les chiens ne sortiraient pas d'ailleurs. A moins d'avoir été punis. »« Remontez votre col et oubliez la pluie et le vent. En commençant par quelque chose de complexe et difficile, le reste vous paraîtra plus simple.» J'avais décidé de passer outre également ses blagues douteuses. Il fallait au moins ça pour la supporter, elle et son tempérament vif et joyeux. Au moins, la pluie avait le don de calmer un peu ses ardeurs. Je l'observais tenter d'attraper le balai. « Pff. Bon. Viens par là, toi. … Debout ... Oh, allez quoi, debout. Debout ! » J'avais envie de ricaner devant son manque de conviction qui tintait dans sa voix, et devant son impatience. Mais maintenant qu'elle tenait enfin son instrument de bois, ils allaient pouvoir passer à l'étape suivante, bien plus complexe : mettre Hazel SUR le balai. Je l'encourageais d'un mouvement de la tête à décoller. Elle savait comment faire - il fallait juste qu'elle trouve le courage. « Bon. Et maintenant, c'est partiiiIIIIIIIIIIIIH ! » La voilà qui lévitait à un petit mètre du sol, et qui tremblait telle une feuille en pleine tempête : c'est vrai, elle avait peur du vide. Je retins un nouveau soupir, et gonflais mon torse d'un souffle pour m'encourager. Allez, c'était juste une heure ou deux, et si ça pouvait l'aider ... « Qu'est-ce que je fais maintenant ?! Qu'est-ce que je fais !?! »

Je montai sur mon balai en un geste gracieux, comme un cavalier enfourcherait sa monture, et rejoignis Hazel pour lui venir en aide. Je pris le bout de son balai et fis monter nos deux instruments, nous éloignant du sol. « Hazel, regardez-moi. Non, ne regardez pas le sol, regardez-moi. Moi ! » Je fis avancer mon balai ; nos genoux se touchèrent mais surtout, j'attrapais son menton et l'obligeais à regarder droit devant elle, nos deux regard s'accrochant. Quand je fus certain qu'elle ne pensais plus à rien d'autre qu'à cette proximité très gênante, je toussotai et m'éloignais un peu. « Je suis là. Je vole à côté de vous. Vous devez prendre le contrôle de ce balai : vos jambes et vos mains doivent donner des ordres au bois, mais surtout, vous devez vous concentrer sur votre vol. Miss Risenfield, n'ayez pas peur de tomber. » Hélas, mes paroles furent avalées par une nouvelle ondée cinglante, de la neige fondue, glaciale, qui mangea dans le souffle de vent hurlant nos souffles. Je grognais, et maintins toujours le balai de la jeune femme. Je lui décochai un regard, puis la lâchais, à la façon des pères lâchant le vélo de leurs gamins quand ils pensent qu'ils sont encore en sécurité. « Avancez, en ligne droite tout d'abord. Essayez ensuite de tourner. Laissez le balai virer, suivez le mouvement : vous n'avez qu'à ordonner, à penser fort à ce que vous désirez faire.» Tant qu'elle ne songeait pas à tomber, tout irait bien ! Je me tenais proche d'elle, mais le vent et la tempête grandissaient, telles des entités ancestrales. Je commençais même à craindre que la nature ne se mette contre nous, mais je repoussai cette idée idiote. Nous allions faire cours, et peut-être même que le temps se montrerait plus clément. Hélas, une averse telle que Hazel disparut de sous mes yeux tomba soudain. Le rideau de gouttes était aussi épais qu'un brouillard, hormis qu'il était constitué de milliers de gouttes gelées, qui glaçaient tout autour d'elles, et moi avec. Je frissonnais encore, et songeais à la pauvre lionne d'écarlate et d'or qui devait, non seulement être terrifiée mais trempée. Je m'avançais à travers les trombes d'eau si fortes que je devais faire des efforts pour rester stable. Je rattrapais Hazel et la couvris de ma cape bleue et jaune, au col de fourrure. Elle était trempée, mais au moins elle dispensait ma chaleur - pour un temps au moins. « Miss Risenf- » Une bourrasque digne de la tempête du siècle nous sépara ; je repris immédiatement le contrôle, mais avec les hurlements du vent, je n'entendais pas les cris qui indiqueraient où était Hazel. Je ne la voyais pas, ne l'entendais plus. « MERDE ! » grognais-je, avant de me pencher en avant, afin de la retrouver rapidement ; le monde n'était plus que vent et eau. « MISS RISENFIELD ! MISS RISENFIELD ! Par merlin : HAZEEEEL ! » criais-je, et soudain je faillis lui rentrer dedans ; je redressais le balai et l'attrapais par le bras pour éviter qu'elle ne tombe. Le contact mouillé, désagréable, me rassura néanmoins, alors que le vent s'acharnait à nous séparer de nouveau. Grands dieux ! Il nous fallait nous poser immédiatement !


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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Jeu 27 Nov 2014 - 22:34

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On y était : elle flottait au-dessus du sol, à une centaine de centimètres pour être exact, ce qui s’apparentait ni plus ni moins à un record. Généralement Hazel profitait de ce type de victoires pour signer la fin de son vol par une chute monumentale, mais elle n’en eut pas le temps ni l’occasion : Oswald la rattrapa et guida sa monture d’une main ferme. Si la rouge et or avait beau entendre les consignes de son professeur, il n’en restait pas moins que ses iris bleus étaient magnétiquement attirés par le sol boueux en contrebas. Il fallut que le trentenaire la força physiquement à relever le menton pour qu’elle obtempère, et là encore sa voix prit quelques notes chevrotantes plutôt significatives. « Quoi ? » Pour le coup, il avait bien réussi son stratagème, car une fois son attention détachée du sol, la brunette se retrouva décontenancée, et surtout muette comme une carpe, ce qui lui permit d’enregistrer les conseils dispensés par Blueberry. Imprimant le leitmotiv à sa manière, la jeune fille se mit à répéter pour elle-même d’une tonalité qui cherchait à être convaincante les dires de l’homme. « Ok ! Ok … Je ne regarde pas le sol, je ne regarde pas le sol … Oh Merlin. » balbutia t-elle, apercevant du coin de l’œil un bout de gradin près de la terre ferme.

Un coup de vent la saisit et tenta de l’éloigner, en vain. Oswald maintenait le cap tant bien que mal pour deux, et Hazel ne l’aidait en rien dans la tâche. Elle avait l’impression d’être ce fardeau qu’on se traînait constamment, sans pouvoir être certaine d’un jour arriver à passer au stade supérieure. Ce qui était aussi rageant qu’insultant pour un petit bout de fille déterminée et volontaire. Frôler la nullité à ce stade avait parfois un goût amer. Pour ne pas céder à l’impulsivité, l’américaine repensa au fait de se concentrer sur le vol. une riche idée, même si elle avait du mal à l’appliquer … « Pas peur de tomber ?! Et comment vous voulez que je ne panique pas alors qu’à tout moment on … je pourrais … je … » Les terminologies exactes n’eurent pas le temps d’être développées que Monsieur Blueberry la lâcha. C’était le mot, « lâcher ». On ne pouvait pas faire plus cruel pour l’adolescente, qui glapit en se braquant sur son balai et piqua involontairement une ligne droite brusque et mal aboutie au travers de la pluie battante. « QUOI ? Et si je veux juste redescendre ? Je m’en fiche de voler à mille kilomètres heure moi ! » Trop tard : il avait disparu.

Une brume épaisse, due au mauvais temps mélangé à la tombée propice du jour qui commençait à décroître, avait commencé à envelopper le terrain de Quidditch. Résultat des courses : on n’y voyait plus rien, et Hazel était à deux doigts de paniquer. Le directeur des Serdaigles fit une percée au travers de cette purée de poids, guidé sans doute par quelques uns de ses petits cris de souris apeurée, et tenta comme il put de l’abriter. C’était une intention louable, bien qu’un peu tardive quand on voyait l’état détrempé de la Gryffondor. « Me lâchez pas. S’il vous plaît. » gémit-elle du bout des lèvres comme une enfant intimidée par la possibilité d’être abandonnée, le visage contracté par une inquiétude profonde. Il lui aurait demandé de marcher sur un fil de rasoir juste en dessous d’un ravin vertigineux que sa réaction aurait été identique. Pour elle, le danger était équivalent. Sa peur reprenait indubitablement le dessus et même quand elle avait beau se persuader du fait que l’enseignant à côté d’elle pouvait la rattraper au moindre faux pas, un millier d’options terrifiantes se développait dans son imaginaire pour lui imprégner la crainte de la chute. L’effroi du vide. La terreur du vertige.

Cette fois-ci, la tempête éclata sans prévenir, et le vent fendit leur trajectoire pour envoyer les deux sorciers dans des directions opposées. Hazel vrilla, au sens propre comme au figuré. « MONSIEUR BLUEBERRY ! » Envolé le professeur, envolé son seul pilier. Elle était là, une marionnette égarée dans la tourmente, perdue entre les gouttes rageuses d’une pluie torrentielle, le manche d’un balai impossible à diriger vibrant au gré du vent, la faisant tournoyer comme une feuille morte au gré des vents coléreux. Le son de sa voix se perdit dans le capharnaüm automnal et alors qu’elle sentit son cœur faire un bond comme pour sortir hors de sa poitrine, son souffle se coupa, elle ferma les yeux, se cramponna au balai, et attendit. Tétanisée, elle s’abandonna au choc qui la guettait, peut-être fatal, peut-être mortel, peut-être pas. Elle allait finir en bouillie à cause d’un stupide entraînement, elle ne s’en remettrait jamais, elle …

Une poigne invisible surgit et l’embarqua tout à coup à contre-courant. Aussitôt ses yeux se rouvrirent et Hazel passa de la pénombre absolue au visage couvert de pluie et furieux d’Oswald Blueberry. C’était également en retrouvant la vue que la Gryffondor réalisa à quel point la sienne était brouillée, et que ses lèvres avaient un goût salé étrangement proche de celui des larmes. Sans même réfléchir, la jeune fille s’accrocha de toutes ses forces au directeur, les bras et les jambes tremblants à une intensité pour le inattendue. « Je veux descendre. » fut tout ce qu’Hazel Risenfield réussit à hoqueter, le cœur au bord des lèvres.


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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Ven 28 Nov 2014 - 9:07






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Je ne pouvais qu'admirer son entêtement à faire comme je l'ordonnai. Voilà une élève qui ne se laissai pas abattre ... Bon d'accord, je pense que dans le fond, elle était prête à tout instant à se mettre à pleurer, mais elle était quand même vissée à ce fichu balai, par Merlin ! Elle ne cessait de se plaindre, de criailler, de gémir sous les affres de la tempête, mais au moins elle volait ! N'était-ce pas un merveilleux succès comparé à ses chutes habituelles ? Oui, j'étais un brin trop optimiste pour être tout à fait franc : est-ce que Miss Risenfield commençait à déteindre sur moi ? Par tous les dieux, j'espérais que non. Hélas, si j'avais de quoi être un minimum heureux de ces heures de vol avec la gryffondor, la tempête qui grandissait et gonflait m'empêcha net de ressentir autre chose que de la frustration. Les bourrasques manquaient à chaque centimètre volé de nous déstabiliser, et je comprenais la peur de Hazel sans la ressentir cependant. « Me lâchez pas. S’il vous plaît. » Cette petite voix, presque enfantine, me fit réaliser combien j'avais pu être autoritaire : elle me faisait penser à une enfante qui désirerait se cacher sous les draps pour ne plus voir les monstres sous son lit. Sauf que je l'avais obligé à le regarder droit dans les yeux, la créature tapie dans les ombres. Malgré moi, je m'adoucis un peu : Miss Risenfield en avait assez fait pour aujourd'hui, et elle méritait bien une boisson chaude ainsi que de chaleureuses félicitations. Après tout, elle n'était pas encore tombée, et ça c'était un exploit au vu du temps et des conditions sur le terrain.

Séparés. Elle n'est plus là. Ses cris et les miens ne se rencontrent même pas. Je suis sourd, et aveugle de surcroît, et je sens la panique me gagner : et si elle était tombée ? Si son corps encore trop jeune gisait au sol, à moitié enterré déjà dans la boue, couvert de sang ? Mes doigts tremblèrent sur le manche de mon balai, mais je m'efforçai de la retrouver - ce qui se passât, de façon quasi instantanée. Je redressais pour ne pas la heurter, mais ne pu m'empêcher de la saisir, peut-être un peu trop fermement pour ne pas lui faire mal. Mon visage était crispé de colère, non pas contre elle mais contre ce fichu temps qui ne s'arrangeait en rien. Et peut-être un peu contre moi : après tout, si je ne m'étais pas montré aussi déraisonnable, tout ça pour un cours supplémentaire ... Contact. Je sursaute, en sentant Miss Risenfield se coller à moi. Elle tremble ; de froid, de peur, sûrement d'un mélange détonnant des deux. Maladroitement, je reprends le contrôle de nos balais et hoche la tête en l'entendant murmurer : « Je veux descendre. » Ce que nous faisons. Le plus doucement possible, car ce n'est guère pratique de tenir quelqu'un contre soi en maniant un balai ! Cela ne me ressemble pas, mais c'est le résultat de ce que j'ai fais. Elle est tétanisée de peur, je le sens aussi sûrement que je sens son fichu parfum fleuri et sucré qui empeste mes narines. La colère monte en moi, alors que je repense à ces fractions de secondes, où je l'ai cru morte. Où j'ai non pas eu peur pour moi, pour ce qui pouvait m'arriver si jamais elle se trouvait agonisante, mais où j'ai été pétrifié de terreur à l'instant même où mon imagination s'est emballée. Mon corps se tend tout entier, mais je m'applique à me voûter pour protéger de ma carrure la frêle silhouette de la gryffondor.

Enfin, le sol. Mes pieds s'enfoncent dans la boue, et la pluie autour de nous continue de nous battre. Hazel continue de trembler. Je raisonne un instant et finis par la prendre dans mes bras pour la porter : ceci est logique, juste dicté par la logique froide et implacable. Elle tiens à peine debout, tremblante comme une feuille, et j'irai plus vite ainsi. Je délaisse les balais au milieu du terrain, car la tempête a encore augmenté en force, ce que je n'aurais jamais cru possible. Je m'oriente non à la vue, mais par un espèce d'instinct. Je serre le corps trempé et froid de Hazel contre moi, en espérant que ma cape lui sert à quelque chose. Elle est peut-être alourdie d'eau de pluie, mais elle reste plutôt légère, cette gamine - drôle de pensée, étrange remarque, quand autour de nous l'orage gronde, que le typhon tente de nous dévorer. J'ouvre d'un coup de pied rageur une porte de bois, et nous pénétrons dans ce qui ressemble ... à un placard à balais. Une ampoule magique dispense une lumière si faible que je n'y vois pas plus loin que le bout de mon nez. Je dépose Hazel, doucement, presque délicatement. L'ai-je traumatisé ? La honte qui me submerge un instant est aussitôt remplacée par une colère bouillonnante. Et, alors que le tonnerre gronde au-dehors, mes cris fusent, plus durs et plus cruels que d'habitude encore. « Par Merlin, Miss Risenfield ! Comment pouvez-vous être aussi peu attachée à votre vie ?! Rester ainsi immobile en pleine tempête, dérivant comme une noyée ?! Je vous ai cru morte ! Vous m'entendez : MORTE ! Vous n'auriez jamais du laisser la peur vous tenir ! C'est ainsi que meurent les plus faibles : en se faisant dévorer par leurs terreurs ! » Des accents de panique traînaient dans ma voix, et sans que je puisse le contrôler, une inquiétude qui ne se calmait guère, même en sachant la lionne d'or et de rouge devant moi. L'avait-elle sentir ? Non. Car elle se concentrerait sûrement sur ce que mes propos avaient d'ignoble. Non sur le timbre de ma voix grave.

Et pourtant, malgré l'abject de mes paroles, ma colère n'est motivée que par une émotion. La honte. Je sais, dans le fond que c'est ma faute. Que j'aurai dû être raisonnable, ne pas la faire voler. Mais j'espérais tant réussir à quelque chose ! Je ne voulais pas avouer ma faute devant elle, ni que je m'étais réellement inquiété à son sujet. Comment pourrais-je avouer que, quand j'avais imaginé son être embourbé dans la boue et le sang, je m'étais moi-même laissé aller à mes peurs ? Que la vision d'une Hazel bien vivante, tremblotante devant moi, étais à mes yeux une récompense indigne de ce que je venais de faire ? Je l'avais mise en danger. Pourtant, nul mot d'excuse ne réussissait à franchir mes lèvres. Il aurait été si simple de murmurer : Pardonnez-moi, Miss Risenfield. Mais j'étais trop fier, trop arrogant, et surtout trop idiot. Si je reconnaissais ma faute, me prendrait-elle encore au sérieux ?

« Lorsque la tempête se calmera, nous courrons jusqu'aux vestiaires. » C'était un ordre, dit d'une voix sèche et claquante comme un fouet. Et pourtant, mon regard posé sur elle n'était qu'inquiétude. Je fus heureux que la lumière ne soit pas assez forte pour qu'elle lise l'angoisse et la fièvre de la crainte dans mes prunelles d'onyx. Je préférais encore qu'elle me croit cruel au point de l'engueuler elle. J'étais aussi trempé qu'elle, et je frissonnais à mon tour, passant ma main dans mes cheveux plaqués sur mon crâne. Ma barbe était constellée de gouttelettes à moitié givrée, et je retirais le tricot de glace qui s'y était installé. Ma tenue de quidditch, en cuir et tissu lâche, ne m'avait guère protégé de la tempête, et je réalisais à quel point j'avais froid. Je n'attendais qu'une chose : pouvoir aller dans les vestiaires près des gradins, me changer et rentrer. Miss Risenfield devait attendre à peu près la même chose, si ce n'était qu'elle allait sûrement raconter à toute l'école combien j'étais un monstre de discipline, prêt à la tuer pour la faire voler. Elle n'a pas tout à fait tord ... Je fis taire la voix de ma conscience, préférant me concentrer sur mes dents qui claquaient discrètement. Les balais me rentraient dans le dos, et vu le pu de place, moi et Miss Risenfield étions quasiment collés l'un à l'autre. Malgré l'humidité ambiante et le froid, une vague chaleur, due à la présence de nos corps dans un endroit si exigu qu'il aurait pu servir de placard à un placard, s'était mise en place. J'en avais oublié que j'étais sorcier, et de toute façon je n'avais pas ma baguette sur moi. Au-dehors, la tourmente faisait osciller notre placard - et notre espérance de vie également, de toute évidence.



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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Sam 29 Nov 2014 - 22:45

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Ce ne fut qu’à la seconde exacte où ses pieds sentirent le contact glissant et néanmoins rassurant de l’herbe boueuse qu’Hazel reprit son souffle et fut soulagée. Elle n’était plus perdue dans le vide, elle n’était pas au bord du précipice de la mort, elle était sur la terre, ce support solide, ce symbole de la gravité pure si logique et si rationnel. Ses mains frottèrent ses joues avec maladresse, ses doigts encore tout tremblants. Elle ne dit mot, incapable de prononcer quoi que ce soit sans avoir subitement envie de se mettre à pleurer comme un bébé. Le choc du traumatisme était encore trop vif pour qu’elle puisse parler de manière calme et posée. Cependant, bien que visiblement touché par le danger qu’ils avaient frôlé de bien trop près, le professeur de vol, lui, reprit très rapidement du poil de la bête. Et il implosa sous les yeux rougis et médusés de la jeune américaine.

Elle aurait voulu lui répondre, elle aurait voulu réagir et non pas rester stoïque, frappée par les trombes d’eau qui continuaient de les toucher, impassibles. Dans sa tête les arguments étaient d’une évidence enfantine. Mais comment vous vouliez que je fasse ? Comment ? J’étais paralysée. Je ne pouvais PAS bouger. J’en étais incapable. Et c’est vous qui m’avez mis dans ce pétrin. Clairement, la brunette hallucinait. Si elle avait pu prédire les réactions du directeur des bleus et bronzes, nul doute qu’elle n’aurait jamais misé sur celle qu’il avait en ce moment. Il lui en voulait d’être tombée ? Mais est-ce qu’il se rendait seulement compte de l’absurdité de la situation ?

Quelque part entre deux respirations saccadées, la lionne prit pleine conscience de ce qui venait de se produire et de l’injustice profonde qui enveloppa ses tripes encore glacées par la peur. « Je rêve. » balbutia t-elle finalement après un silence inquiétant. « C’est MA faute ? C’est peut-être moi qui ai fait exprès de me perdre dans les airs, d’aller me jeter dans le vide, pour, genre, m’amuser ? » Un rire nerveux, presque un aboiement, éclata. Hazel se mit presque à crier au plus elle parlait, se faisant entendre bien au-delà de la pluie ou des hurlements du vent. « C’est moi qui ai choisi de voler en pleine tempête, c’est ça ? » A présent son regard limpide comme de l’eau luisait d’une fureur tremblotante, relents d’une anxiété encore mal digérée. « J’ai peur du vide, OUI ! Je suis HUMAINE ! C’est ça que vous me reprochez ? Si c’est votre raison pour me coller des Troll toute ma scolarité et me traiter de faiblarde, eh bien ca ne changera pas, c’est comme ça, et c’est complètement NUL. » Elle l’avait dit, et sans doute dépasserait-elle les bornes du raisonnable et du correct face à son enseignant mais Hazel n’avait plus vraiment l’air d’en avoir quelque chose à faire. Elle était hors d’elle. « Tout ce que vous allez réussir à faire c’est à me tuer, PAR VOTRE FAUTE, à me dégoûter encore plus de ce truc stupide qu’est le vol sur balai, et franchement si vous pensez bien faire en jetant une débutante sur un balai par un temps pareil en pensant qu’il se passera rien de grave, permettez-moi de vous dire, c’est ça qui est débile, c’est toute cette idée qui est foireuse ! »

Le tonnerre aurait pu exploser à cet instant que la sensation aurait été la même. La téméraire et impétueuse Gryffondor avait parlé. Elle avait délibérément accusé Blueberry d’avoir joué avec sa vie, et elle n’en paraissait pas moins révoltée. Elle regretterait peut-être plus tard, quand elle aurait le temps et l’envie d’y repenser. Ses cheveux détrempés collaient à ses tempes, ses joues ruisselaient même de quelques sillons grisâtres – des vestiges de son maquillage du matin – et sa frêle charpente ne s’en trouvait que plus exacerbée par la pluie qui avait imbibé chaque fibre de ses vêtements. Sur ses petites épaules raidies par la rage, même la cape du professeur ne cachait pas vraiment ses tremblements nerveux.

Quand il ordonna de rentrer, la jeune fille resta campée sur ses positions. « Non. Je rentrerai pas. » C’était un refus puéril et très mal avisé ; Hazel risquait à coup sûr d’attraper un rhume au mieux, une bonne grippe au pire à rester dehors dans de telles conditions météorologiques. Mais la jeune fille protestait plus pour le principe que pour la cause réelle. Elle ne supporterait pas deux secondes de dédain supplémentaire de la part d’Oswald. « Je fais ce que je veux, j’en ai assez de vous obéir pour me faire engueuler à chaque fois. J’en ai eu assez pour aujourd’hui. Et collez-moi si ça vous chante, j’en ai rien à faire. » Si la provocation avait eu un nom, il aurait porté le sien : pour la première fois, la brunette se rebellait ostensiblement et il allait falloir plus que de la défiance pour apaiser la folle angoisse qui l’animait.


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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Dim 30 Nov 2014 - 11:30






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Je distinguais à peine les traits de Miss Risenfield en face de moi, mais je n'en avais nul besoin pour voir la colère qui bouillonnait en elle. Féminin courroux qui me rappelait à mon indifférence : face à sa fureur, je n'avais nul droit de répliquer. Je crispais mes traits, en écoutant ses cris, ses mots aussi durs que des coups, aussi réels et vrais que la tempête qui soufflait au-dehors. « Je rêve. C’est MA faute ? C’est peut-être moi qui ai fait exprès de me perdre dans les airs, d’aller me jeter dans le vide, pour, genre, m’amuser ? » Je l'observai, vaguement médusé et pourtant, elle ne m'avait jamais paru plus humaine qu'à présent, plus gryffondor, alors qu'elle s'énervait, alors que l'injustice de mes invectives devait sûrement l'étouffer à moitié. « C’est moi qui ai choisi de voler en pleine tempête, c’est ça ? J’ai peur du vide, OUI ! Je suis HUMAINE ! C’est ça que vous me reprochez ? Si c’est votre raison pour me coller des Troll toute ma scolarité et me traiter de faiblarde, eh bien ca ne changera pas, c’est comme ça, et c’est complètement NUL. » Sa voix était devenue aigüe, dans son emportement, et me vrillait les tympans. Cependant, je n'y faisais quasiment pas attention. Chacun de ses mots me heurtait de sa réalité : elle avait parfaitement raison. Mais qui aurais-je été pour le reconnaitre ? Mes prunelles d'onyx se durcirent en la toisant, froidement, calmement. Ma mâchoire s'était crispée, donnant à mon visage des airs furieux sous la clarté palote de l'ampoule magique. « Tout ce que vous allez réussir à faire c’est à me tuer, PAR VOTRE FAUTE, à me dégoûter encore plus de ce truc stupide qu’est le vol sur balai, et franchement si vous pensez bien faire en jetant une débutante sur un balai par un temps pareil en pensant qu’il se passera rien de grave, permettez-moi de vous dire, c’est ça qui est débile, c’est toute cette idée qui est foireuse ! »

Ainsi, Hazel Risenfield n'avait pas été placée chez les lions pour rien. Je contemplais pendant de longues minutes silencieuses le petit bout de femme qui avait littéralement explosé face à moi. Je m'étais toujours demandé ce qu'elle fichait chez les rouges et or : j'avais à présent ma réponse. Plutôt que de me laisser abuser de la situation, elle m'avait lancé mes quatre vérités au visage. Nous ressemblions sûrement à des chiots mouillés, nos cheveux plaqués sur nos crânes. Je faisais bien une tête et demi de plus qu'elle, et ma carrure l'ombrageait facilement, mais je me sentais misérable, et petit, sans savoir quoi dire. Mes réparties acerbes restaient coincées dans ma gorge. Le silence s'étirant de façon trop écoeurante, je donnai un ordre, espérant arranger les choses. J'étais minable pour les affaires sociales, comme le prouvais cet effort qui risquait d'amener le contraire de ce que je désirai. « Non. Je rentrerai pas. » A ce simple refus, je haussais les sourcils. J'entendais nos souffles crever le silence entre nous ; au-dehors, le vent s'était-il enfin calmé ? Mais avant que j'ai pu dire quelque chose, elle continua, provocante, bataillant dans un conflit que j'avais créé. « Je fais ce que je veux, j’en ai assez de vous obéir pour me faire engueuler à chaque fois. J’en ai eu assez pour aujourd’hui. Et collez-moi si ça vous chante, j’en ai rien à faire. » Et dire que ma seule intention avait été simplement de chercher à l'aider, noblement ! J'eus un grognement digne d'un ours. Je m'efforçais au calme, mais je commençais à moi aussi en avoir marre. Les mots sortirent tous seul de ma bouche, avec aigreur et leur ironie mordante habituelle : « Et qu'est-ce qui convaincra Miss Risenfield de suivre son professeur ? Des excuses peut-être ? Vous voulez que je demande pardon pour vous avoir fait monter sur ce fichu balai, que je vous dises que je suis fier de vous pour n'être pas morte, pour avoir affronté cette tempête, même si c'était en tremblant comme un chaton mouillé ? Voulez-vous entendre de ma bouche que j'ai été totalement imprudent, que vous avez raison sur toute la ligne et que je l'ai réalisé à l'instant où je vous ai crue tombée ?! Miss Risenfield désire t-elle également que je la laisse là, trempée comme une soupe, à attraper la mort, pendant que je rentre tranquille me coucher ?!» Ma voix grave résonnait entre nous, comme des tessons de verre, tranchante et dure comme l'acier dont mon regard semblait être fait à présent. Je retins une grimace en me taisant. Mes paroles avaient dépassé mes pensées. Croirait-elle que c'était des excuses ? J'eus un nouveau grognement, et j'ouvris enfin les portes de notre cher placard : la tempête s'était calmée, ne restait qu'une simple averse qui ressemblait à un temps pour un barbecue tant la violence de l'orage de tout à l'heure avait été puissante. J'inspirais, mon pourpoint de cuir se soulevant sous ma respiration puissante. La lumière grise qui perçait d'entre les nuages nous inonda mais je n'osai tourner mon regard vers Hazel Risenfield. Tout cela avait été bien trop loin ... « Suivez-moi jusqu'aux vestiaires ... S'il vous plaît.» Les derniers mots avaient été chuchotés, comme dit à contre-coeur. Cela ne me ressemblait pas, et pourtant j'assumai d'avoir dit ça. Il perçait dans cette fin de phrase tout ce que j'avais nié, et pourtant presque révélé, dans mes cris. J'étais effectivement fier d'elle : elle n'était pas morte, elle avait relevé la tête face à mes cris, elle ne s'était pas laissé faire, elle avait gardé son derrière sur ce balai pour m'obéir, même si je devinai que c'était à cause de la peur plus qu'autre chose. J'avais eu peur pour elle, et je sentais encore toute l'angoisse professorale devant la possible mort d'un élève. Cette peine profonde, cette peur viscérale qui m'avaient prises dans leur filet, m'arrachant mon souffle, ma détermination. Je fis deux pas dehors, et la pluie fine et vicieuse qui tombait coula sur mon visage, refroidissant les derniers restes de conflit qui couvaient sous les braises. Paix. Je soupirais, reprenant respiration, le dos tourné à Hazel Risenfield. Qu'elle fasse ce qu'elle veut, après tout ... Je restai immobile encore quelques minutes, puis me décidai à avancer vers les vestiaires près des gradins en face. Qu'elle me suive ou non ne relevait que de sa décision à elle ; le fait que je ne la regarde même pas signifiait qu'elle pouvait partir si elle en avait envie. J'étais vaguement consterné d'avoir demandé plutôt qu'exigé qu'elle me suive. C'était comme si mon appui en tant que professeur se voyait fissuré. Je détestais ça. Je détestais ce qui venait de se passer - tout. La tempête, ma déraison, son entêtement, le conflit qui nous avait heurté. J'aurai voulu remonter en arrière, puis je réalisais : ce que je ressentais, c'était le remord ! Mes joues me cuisirent soudain : je haïssais ceux qui vivaient dans le passé, à ressasser leurs erreurs, et voilà qu'en quelques heures à peine, je devenais comme ceux que je méprisais pour leur stupidité ! Je secouais la tête : tout cela était passé, je n'y pouvais plus rien. Je me remis en marche, plus rapidement, jusqu'aux vestiaires : me changer, retirer ces vêtements entièrement trempés. J'avais décidé d'ignorer Miss Risenfield - ou du moins de ne pas faire attention à si elle me suivait ou non.

Je pénétrai en conquérant dans les vestiaires, et je jetai rapidement mon pourpoint de cuir détrempé sur les bancs. Je fis rouler mes épaules, et sans plus de pudeur ou de déférence, je pris entre mes mains le bas de ma chemise et la soulevait pour la retirer par-dessus ma tête. Je sentais la vieille douleur dans ma cicatrice à mon épaule droite ; je la massai un instant avant d'entendre un bruit derrière moi. Les narines frémissantes, je me tournai à moitié pour lancer un regard indifférent à Risenfield. Une étincelle s'alluma dans mes prunelles d'onyx, quelques secondes avant que je ne lui tourne le dos. « Je prend votre peur au sérieux, Miss Risenfield. Jusqu'à présent j'avais cru être assez ... fou pour vous aider à la vaincre. Peut-être avais-je tord. Si vous le désirez, vous n'aurez plus à subir mes cours.» Mon timbre était calme, alors que les paroles tombaient comme des lames sur un sol, tintant entre nous. Abandonnais-je ? Non. Je lui donnai l'occasion d'abandonner, elle. Et de me donner une raison de la haïr pour de bon. J'avais rapidement enfilé une chemise sèche, afin qu'elle ne puisse pas admirer plus que je ne voulais l'immense cicatrice qui courrait de la moitié de mon torse ma colonne vertébrale. Une fois le tissu sur ma peau, je me sentis plus calme et plus rassuré. Je fis volte-face et accrochais mon regard au sien. D'ici, je la voyais, trempé. Ses traits enfantins m'émurent, mais j'emmurais mon coeur. Quand je vis ses cheveux goutter au sol, je m'emparais d'une de mes capes de rechange et en deux pas, je fus devant elle, la dominant de ma haute stature. Pourtant mes gestes furent doux, bien que fermes : j'enlevais la cape trempée de ses épaules, délicatement, et y replaçais l'autre, sèche et chaude. Néanmoins, il faudrait qu'elle rentre rapidement se changer. Elle le savait. Moi aussi. J'avais dis assez de mots irrécupérables pour aujourd'hui. Je m'immobilisais, après avoir reculé de deux pas, mettant une distance acceptable entre nous. Je voyais mon élève autrement, à présent, et je n'avais pas encore décidé de ce qui allais germer. Une chose déterminante était encore à attendre : allait-elle abandonner ? Allait-elle lâcher prise ?



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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Mar 2 Déc 2014 - 21:36

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« Je … Je … Oui. » Prise au dépourvu, la rouge et or avait eu le temps de redescendre de quelques échelons dans sa colère. Ce qui l’amenait tout naturellement à se dire qu’elle en attendait sans doute un peu trop. « Enfin non, je ne veux pas rester éternellement dehors sous la pluie, mais oui. Oui je pense que des excuses étaient nécessaires. » rajouta l’adolescente dans la précipitation, un peu confuse, un peu moins sûre d’elle maintenant que la pluie s’était calmée, et qu’elle se retrouvait seule dans le cabanon à guetter une pluie qui ne s’arrêterait pas tout de suite.

Elle finit par suivre Oswald sans rien ajouter, le bruit de ses bottes en caoutchouc s’enfonçant dans l’herbe en fond sonore. Ce n’était qu’après coup qu’Hazel se rendait compte de la gravité de son comportement. Elle avait répondu à un professeur, elle l’avait clairement accusé d’être un mauvais enseignant, le genre à torturer ses élèves avec leurs craintes pour les faire progresser. Elle s’était entièrement dédouanée de toute responsabilité et ce sans ciller. Et le plus bizarre dans tout ça c’était qu’Oswald Blueberry n’avait même pas vraiment haussé la voix. Il ne s’était pas énervé, il lui avait pas retiré cinq cent points ou jeté un Cognard à la tête, non, il avait juste plus ou moins admis qu’il avait été trop loin.

Et ca suffisait à la perturber. Elle en était encore là de ses pensées chaotiques qu’elle frissonna inconsciemment en arrivant dans les vestiaires. La cape gonflée d’eau du professeur ne servait plus à rien et même si Hazel avait clairement une apparence pitoyable, elle tenta de se redonner un peu de dignité en essorant sa queue de cheval – ce qui déversa une impressionnante flaque d’eau par terre – et s’ébroua péniblement. En vain. Il fut plus salutaire de sa part de sentir une nouvelle cape chaude et bien plus épaisse s’enrouler sur ses épaules – une attention bienveillante qui paraissait tellement éloignée de ce à quoi elle se serait réellement attendue après la scène qu’elle venait de faire -.

La rouge et or s’assit sur un banc face au professeur, les yeux dans le vide ou presque. Son regard ne put s’empêcher quelques fractions de secondes de remarquer Blueberry, mais aussi la cicatrice proéminente qui barrait son torse – et donc, par conséquent, la musculature du professeur de vol -. Non pas qu’elle l’ait vraiment observée à la dérobée, mais son inconscient qui avait maintenant, pour une obscure raison, pris la voix de Tess, gloussait comme une espèce de dindon. Elle fit taire en elle cette curieuse gêne agaçante et inexpliquée, retenant ses joues de prendre une couleur un peu trop carminée et se racla la gorge pour faire plus sérieuse. « Je ne m’en doutais pas. » répondit Hazel avec honnêteté. Parce qu’elle l’était, honnête : on pouvait prendre ça pour de la naïveté ou une forme d’impudence mais la jeune sorcière n’avait juste jamais eu l’habitude de mentir, quitte à blesser certaines sensibilités. Oswald, quant à lui, avait décidé d’être plus tempéré, peut-être même trop. La proposition d’arrêter tout la fit hausser des sourcils et elle commença presque à s’insurger en gigotant sur le banc. « C’est pas … » Elle s’interrompit, eut l’air de prendre quelques secondes de bonne réflexion et reprit plus sagement. « C’est pas ça. Ca me plaît pas d’avoir peur du vide. Je veux pas que vous preniez ça pour une excuse, c’est juste que – » Plus elle avait envie de continuer, moins elle semblait sûre de ce qu’elle allait raconter. Bizarrement, Hazel avait toutes les caractéristiques de la personne prête à lâcher une bombe mais qui n’avait aucune idée de comment s’y prendre correctement.

« J’avais neuf ans et je voulais jouer dans le jardin toute seule parce que je pensais qu’il ne pourrait rien se passer de grave. Et j’ai voulu grimper sur le chêne, celui tout au fond. On ne le voit pas vraiment, mais c’est quand on est sur la cime qu’on se rend compte que c’est l’arbre le plus grand et le plus imposant. » Ses yeux se voilèrent, et si Oswald Blueberry avait été présent ou non, c’eut été la même chose pour elle : elle semblait réellement revivre son souvenir de l’intérieur. « J’ai escaladé le tronc, je sais toujours pas comment j’ai réussi d’ailleurs, mais je me suis retrouvée tout en haut. Enfin, tout en haut, pour moi, c’était quoi ? Deux mètres, trois peut-être ? » Haussement d’épaules, sourire honteux. « J’ai voulu appeler mais personne venait. Et je suis tombée parce que personne n’était là pour me rattraper. Si j’avais pas eu de pouvoirs magiques, je sais pas vraiment ce qui me serait arrivé. »

Sa voix s’étouffa tout doucement et elle se mit à triturer le bout de cape reposant sur ses genoux. Ses yeux mirent un temps avant de rencontrer ceux de l’enseignant, à qui elle avait certes avoué le pourquoi de sa peur irrationnelle. Elle ne savait pas s’il la jugerait plus sérieusement ou pas après une telle confession, ni même s’il s’en soucierait. Elle avait eu besoin de le dire, et elle l’avait fait. « C’est pour ça que j’ai peur. Je sais, c’est ridicule. Je sais ce que vous pensez. » La Gryffondor ne lui laissa pas le temps et continua. « Mais ça veut pas dire que ma peur est irréversible et doit rester un handicap pour la vie. Si je dois passer au-delà de ça … Je veux juste qu’on fasse ça par étapes. » Un petit silence acheva sa suggestion, qu’elle reformula avec plus de tact. « Enfin je pense que ça serait mieux. »


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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Mer 3 Déc 2014 - 13:32






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«Je ne m’en doutais pas. » Mon regard posé sur elle en disait long. De quoi d'autre est-ce que vous ne vous doutez pas, Miss Risenfield ? Mais je tins ma langue. Elle avait sûrement perçu mes intentions autrement, comme beaucoup qui m'entouraient. J'allais finir par croire que le problème venait de moi - fadaises, j'étais équilibré dans mes contacts, j'étais un exemple d'homme sociable et rassurant, non ? Mes paroles et ma proposition semblèrent la mettre très mal à l'aise. Elle débuta une phrase, troublée, se tut et reprit, plus calmement. Je lui en fus gré, étonné qu'elle fasse l'effort d'ordonner ses pensées, chose qu'elle n'avait pas l'habitude de faire, parlant à tout va tel un moulin à paroles. «C’est pas ça. Ca me plaît pas d’avoir peur du vide. Je veux pas que vous preniez ça pour une excuse, c’est juste que – » Je m'attendais effectivement qu'elle trouve des histoires, des boniments d'enfant. Je n'étais pas très loin - la suite parlait d'enfant. Je ne m'étais pas attendu à la voir s'épancher, mais j'écoutais, fasciné par ses paroles où vibraient ses émotions, si puissantes que je le ressentais presque. «J’avais neuf ans et je voulais jouer dans le jardin toute seule parce que je pensais qu’il ne pourrait rien se passer de grave. Et j’ai voulu grimper sur le chêne, celui tout au fond. On ne le voit pas vraiment, mais c’est quand on est sur la cime qu’on se rend compte que c’est l’arbre le plus grand et le plus imposant. » Son regard était troublé. Debout, immobile comme un chasseur devant une biche, je la voyais parfaitement - ses yeux semblaient écarquillés. La peur était sûrement la seule chose qui pulsait en elle, au moment où elle revivait ces souvenirs douloureux. Qu'elle les revivait pour moi. Pour m'expliquer, confusément, pour me convaincre. «J’ai escaladé le tronc, je sais toujours pas comment j’ai réussi d’ailleurs, mais je me suis retrouvée tout en haut. Enfin, tout en haut, pour moi, c’était quoi ? Deux mètres, trois peut-être ? J’ai voulu appeler mais personne venait. Et je suis tombée parce que personne n’était là pour me rattraper. Si j’avais pas eu de pouvoirs magiques, je sais pas vraiment ce qui me serait arrivé. » Je continuais de l'observer, l'air impassible sous mes sourcils froncés. Je ne souriais pas, ni ne me moquais. J'attendais. Et enfin, elle accrocha mon regard. Je hochais lentement la tête. Par ce geste simple, je lui faisais comprendre que j'avais tout entendu, et que j'en prendrais conscience. Mes pensées carburaient à toute allure, dans diverses direction : la partie logique cherchait un moyen de battre cette peur, cette phobie qui s'ancrait dans un souvenir ; l'autre partie, celle que je m'efforçais de développer et de faire taire à la fois, comprenait ce qu'elle voulait dire. «C’est pour ça que j’ai peur. Je sais, c’est ridicule. Je sais ce que vous pensez. » Non, tu ne sais pas. Voilà ce que disait mes yeux de silex. Elle ne pouvait que s'imaginer mes pensées. Je m'enorgueillis une seconde : elle devait sûrement songer négativement. Cependant, ce n'était pas ce qui me traversait l'esprit. «Mais ça veut pas dire que ma peur est irréversible et doit rester un handicap pour la vie. Si je dois passer au-delà de ça … Je veux juste qu’on fasse ça par étapes. Enfin je pense que ça serait mieux. »

Je gardai le silence quelques secondes de plus, avant de prendre la parole, choisissant bien mes mots et pesant mes décisions.« Ce serait sage, pour nous deux. » Puis, après une légère inspiration, je fonçais. Peut-être fut-ce de la voir porter une cape de bleu et de bronze, couleurs de ma maison ; peut-être fut-ce mon caractère juste qui ne voulait pas qu'elle soit la seule à se livrer : je ne voulais pas lui devoir que ce soit, aussi secret cela soit. Néanmoins je choisis avec soin et après m'être approché d'elle doucement, je lui fis un petit sourire maladroit. Nouvelle inspiration ; nouvelle bouffée de courage. « J'étais gardien, autrefois, pour les Serdaigles. Mais avant cela, j'ai du prendre des cours de vol. Et pour tout vous avouer, j'étais mauvais, très mauvais. Mes débuts furent exécrables. J'étais couvert de bleus, tout comme vous. Mais je voulais réussir, peut-être par fierté. Des chutes, j'en ai faites. Mais j'ai bien failli me rompre le cou, lors d'un cours. Je sais ce que cela fait, que de voir le sol au loin se rapprocher, d'imaginer ses os brisés, l'air expulsé des poumons. Je sais ce que c'est : je sais ce que cela fait que de ressentir cette pétrification, cette impulsion du vide, venimeuse et hypnotique. Je connais la force de la peur qui s'infiltre en nous lorsque l'on tombe ; je connais l'intensité de la panique que cela procure. Mais je suis remonté. Encore et encore. Et j'ai réalisé que finalement, je savais voler. Il me suffisait de monter sur ce balai, de regarder à terre, et de savoir que la seule chose capable de me faire tomber, c'était moi. Avais-je confiance en moi ? Pourquoi pas ? Je ne voulais pas choir de mon balai. Alors je ne tombais plus. » Je me tus, autant pour me remémorer ces heures passées à l'infirmerie à cause de mes cascades ratées que pour songer que je n'avais jamais vraiment parlé de ça à quiconque. Ceux qui y avaient assisté n'en gardaient pas d'intérêt ; pourquoi aurais-je confié cela à quiconque ? « C'est peut-être un cliché que de dire quand on veut, on peut. Pourtant, j'y crois dur comme fer. La volonté est souvent plus forte que tout. » J'avais partagé cela avec elle, pour qu'elle comprenne elle aussi : je n'étais pas né sur un balai. J'avais chuté. Plus doucement encore, je fis ce que je haïssais par dessus tout. Une promesse. « Je ne serais pas toujours là pour vous rattraper, Miss Risenfield. Vous allez devoir apprendre à voler par vous-même. Mais je peux vous jurer que, en ma présence, vous ne serez plus jamais en danger. Lorsque vous tomberez - et vous tomberez, soyez en sûre, faites vous à l'idée dès à présent - je serai là pour vous rattraper. Se relever est plus dur que la chute elle-même. Mais avant d'apprendre à voler, apprenez à vous relever, à continuer. Et vos paroles de tout à l'heure me prouvent que vous n'êtes pas pour rien chez les rouges et or - vous savez déjà vous accrocher. Vous savez déjà être forte - vous êtes forte. » Le ton taquin s'échappait de ma gorge en un timbre grave. Mon fin sourire s'effaça enfin. Je détestais promettre, mais en cet instant, cela me semblait la chose la plus naturelle possible. Parce que j'étais sincère, franc et décidé. Jamais plus je ne laisserai Hazel Risenfield tomber de son balai ou avoir peur du vide. Nous allions, comme elle l'avait dit, avancer pas à pas. J'avais voulu faire trop, trop vite, trop fort. Je me relevais enfin, appréciant les vêtements secs que je portais. Puis, j'attrapais ma baguette dans mon sac avec l'idée que j'étais un parfait idiot, et fis un geste. En un claquement de doigt, la Gryffondor était sèche. Je lui lançais un petit regard gêné : aucun de nous deux ne semblait avoir eu la brillante idée d'utiliser la magie. Puis, contre toute attente, j'eus un rire bas et grave ; il était loin des éclats de rire que je pouvais avoir, parfois, avec Béatrice comme seule spectatrice, mais c'était tout de même un rire, synonyme d'amusement. Douer, promettre, rire - était-ce la pluie qui m'avait donné la fièvre, ou l'ardeur nouvelle de la gryffondor qui me mettait le coeur en émoi ? J'étais fier d'elle, en cet instant. « Merci de ne pas avoir abandonné, Miss Risenfield. » Je lui avais donné le choix, et elle avait fait le bon. Et pour ça, elle n'imaginait pas à quel point je lui étais reconnaissant. Mais j'avais parlé assez pour aujourd'hui. Ces heures de vol ne s'étaient pas déroulées comme je l'avais espéré, mais quelque chose avait changé. Je respectais à présent le choix de la jeune femme, qui souhaitait avancer mais lentement. Je la voyais d'un regard neuf. Et j'appréciais la façon dont je l'appréhendais à présent. J'avais vu sa force, et le courage qu'elle pouvait avoir - la preuve était qu'elle n'avait pas fui devant un choix qui lui laissait la simplicité comme échappatoire. Je lui fis un nouveau petit sourire. Peut-être était-ce aussi le fait d'avoir failli être responsable de sa mort - j'en frémissais encore - mais je voulais me montrer moins dur envers elle.


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we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel
MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Dim 7 Déc 2014 - 20:32

Let's light it up,

let's light it up
until our hearts catch fire

Dans sa tête elle imaginait déjà Blueberry refuser en bloc et commencer son sempiternel discours sur la force de caractère, la faiblesse des gens devant de petits défis aussi insignifiants que surmonter ses peurs, et sa capacité toute personnelle à geindre pour un rien. Pourtant, rien de ce type ne sortit de la bouche du trentenaire. Il l’écouta sans mot dire, presque sagement, comme si son histoire lui importait réellement. Mieux encore, Oswald ne lui fit aucune réflexion désobligeante. Il se contenta d’hocher la tête, comme s’il prenait véritablement en compte ce qu’elle venait de lui livrer. Et puis à son tour il parla.

Il était calme, posé, presque différent de toutes les fois où il passait son temps à lui hurler dessus en cours ou à la houspiller pour son manque de sérieux. Pour la première fois en six ans, Hazel avait l’étrange impression de discuter sans aucun jugement avec le professeur de vol, et cette sensation était étonnamment appréciable. Il fut même surprenant – et soulageant – d’apprendre qu’avant de devenir un véritable oiseau de proie, le directeur des Serdaigle était passé par toutes les étapes dites du « chemin de l’apprentissage ». Passant de cancre à étudiant modèle, il avait démarré de zéro en matière de vol sur balai. Et pour le coup, l’américaine réagit comme toujours avec son cœur, ponctuant le récit de l’enseignant de moues caractéristiques.

Finalement, un sourire simple et franc se dessina sur son visage. Elle avait bien du mal à se le figurer comme un élève lamentable sur un balai, surtout quand on connaissait l’aisance qu’il avait à flirter avec les hauteurs sans aucune crainte. Un tel objectif paraissait impossible aux yeux de la rouge et or, qui si elle ne se décourageait pas devant des montagnes, semblait garder un peu de réalisme sur certains points. Néanmoins, quelque chose s’était déclenché, un changement avait opéré. Oswald Blueberry n’était plus le maître d’école froid, distant et désagréable. Il avait passé une barrière invisible, indéfinissable à ses yeux d’adolescente encore un peu trop immature pour comprendre. « Ben, de rien. » répondit bêtement la jeune fille un peu gauchement alors qu’il la remerciait de ne pas laisser tomber. Abandonner n’était pas dans ses habitudes, même quand elle était exécrable.

Alors que la jeune fille ne savait tout à coup plus trop où se mettre, le poids de ses vêtement s’allégea comme par magie, l’humidité s’évaporant : et pour cause, Blueberry avait chassé d’un coup de baguette toute trace d’eau. Sotte qu’elle était, elle n’y avait même pas pensé … Balthazar se serait bien moquée d’elle à ce moment-là. Hazel remercia d’un sourire le geste, pourtant encore perturbée par ce qui s’était passé. Elle n’était pas tout à fait capable de définir si les mots de l’enseignant l’avaient totalement rassurée ou si au contraire, elle se sentait encore plus misérable qu’avant. Mais le fait était qu’Oswald Blueberry n’était pas le genre de professeur qui mentait pour vous faire plaisir. La franchise, il la portait constamment en bandoulière. « C’est gentil de m’avoir raconté votre histoire. J’ai l’impression qu’on se comprend un peu plus. Et c’est pas Monsieur Rogue ou Miss Crow qui feraient ça … Enfin euh bref. » Il n’était certainement pas très malin de la part de la sixième année d’avoir des réflexions aussi spontanées au sujet de la professeur d’astronomie de Poudlard – le corps professoral était sans doute une entité plus soudée qu’il n’y paraissait, et surtout Oswald Blueberry avait tout l’air de bien s’entendre avec le tyran qui leur servait d’enseignante -. Mais trop tard, une fois de plus Hazel n’avait pas tenu sa langue et elle rougit comme une tomate en sentant qu’elle avait des progrès à faire de ce côté-là aussi.

Le silence ténu à peine rompu par la fine pluie qui n’était plus que crachin reprit temporairement place entre eux. Involontairement, la brunette le brisa en éternuant - le coup de froid qu'elle avait pris n'y était pas pour rien -. « On va peut-être rentrer au château alors, non ? » osa suggérer Hazel du bout des lèvres. « C’est bientôt l’heure de manger, en fait. Il va plus trop rester de purée de patates douces si on traîne, je crois. » L’estomac de la Gryffondor avait parlé. Elle avait l’attitude d’un enfant qui se retenait de trépigner mais qui, mine de rien, tentait d’influencer le cours de choses avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin d’apothicaire.

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we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel
MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel Dim 7 Déc 2014 - 21:03






× Hazel
× Oz




18h ღ Terrain de Quidditch



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Etonnant : Hazel Risenfield m'écouta tout entièrement, sans faire aucune remarque. Oh, il y eut bien des moues douteuses : il était normal qu'elle ne me croit pas, quand on voyait certaines figures que j'étais à présent capable de faire. J'étais devenu un oiseau, mais j'étais né sans ailes. Pourtant, ce que j'avais dis n'était que vérité. Je ne m'en vantais pas, ni ne m'en cachais à dire vrai - cela importait peu. L'important était l'objectif que l'on souhaitait atteindre. J'avais atteint le mien. Silencieux, j'avais roulé des yeux vers le ciel devant la réplique pleine de spontanéité de la demoiselle, un léger sourire amusé sur les lèvres. Enfin sèche, la demoiselle me remercia d'un sourire. Le temps semblait s'allonger, et j'avais comme une boule au ventre - avais-je dépassé mes aptitudes professionnelles en confiant une anecdote même insignifiante à une élève ? Avais-je dépassé la ligne ? Peut-être d'un demi-pied, mais si cela l'aidait à prendre conscience qu'elle était capable plus que de ce qu'elle ne pouvait imaginer, je me fichais qu'on puisse m'enguirlander pour cette broutille. Je n'étais pas du genre à déroger aux règlements, sauf quand ils étaient stupides ou en cas de vie ou de mort. J'étais un homme non pas obéissant mais réfléchi, qui agissait selon son sens de la justice - bien heureusement, la charte de Poudlard était pleine de lois et d'enseignements plein de bons sens que je ne désirai aucunement rompre.

«C’est gentil de m’avoir raconté votre histoire. J’ai l’impression qu’on se comprend un peu plus. Et c’est pas Monsieur Rogue ou Miss Crow qui feraient ça … Enfin euh bref. » Je me mordillais les lèvres, pour ne pas rire. Béatrice n'aurait effectivement pas dit ce genre de choses. Je savais que Risenfield était sage - COMMENT, diantre, faisait mon amie pour avoir une Risenfield sage, COMMENT ? - et obéissante en cours d'astronomie, même si elle craignait Trice. Cela m'avait toujours fait beaucoup rire, mais ça n'aurait pas été convenable d'éclater de rire maintenant. J'irais en dire deux mots à Béatrice, pour me moquer d'elle, ça elle pouvait en être sûr. « Vous savez, je peux paraître dur, mais je ne suis pas fait de pierre. Je comprend qu'on puisse avoir des difficultés. » Je détournais le visage, un sourire au visage. Je me calmais doucement. Au-delà des portes du vestiaires, à moitié ouvertes, la pluie s'était changée en neige fondue, couvrant de brouillard pâle et gris le terrain de quidditch. Un temps à ne pas mettre un nez ou un balai dehors. «On va peut-être rentrer au château alors, non ? » Non, je vais vous séquestrer ici. Je pense que la faim commençait à faire ressortir ce côté très taquin que seule Béatrice en temps normal faisait resurgir. Peut-être ne le réalisais-je toujours pas, mais je voyais à présent Risenfield comme quelqu'un de précieux à surveiller. Une élève sur qui compter. Quelqu'un de bien, et non plus uniquement un élément perturbateur trop enthousiaste. «C’est bientôt l’heure de manger, en fait. Il va plus trop rester de purée de patates douces si on traîne, je crois. » J'eus un soupir amusé, cachant un sourire en passant ma main dans ma barbe pour lisser ma moustache. Mon regard acéré s'était posé sur Hazel, mais il avait perdu sa dureté habituelle. Je n'étais plus d'humeur à être un roc, ce soir. « Votre estomac vous perdra, Miss Risenfield. Peut-être devriez-vous faire attention à votre ligne - ou vous ne pourrez plus monter sur un balai. » Un rire camouflé dans le col de mon écharpe, je m'éloignais d'elle, enfilant mon manteau, après avoir lancé cette saillie taquine. C'est vrai qu'il faisait faim - la soirée était bien avancée. Néanmoins, je ralentis mon pas pour la garder à l'oeil. Hors de question que je la perde de nouveau de vue. « Juste ... pour vous prévenir : il y aura examen surprise de théorie de vol sur balai, dans deux semaines. » J'avais bien insisté sur le surprise - au moins elle serait au courant, elle ne serait pas dernière. Enfin, même en révisant, elle était capable de se planter ... Je me surpris à lui lancer quelques regards coulissants sur la route du château, moitié riant sous cape moitié soupirant d'exaspération face à ses récits d'un autre temps, d'une autre époque. Et pourtant, je riais, un peu. Quelque chose s'était définitivement brisé entre nous. Quelque chose qui pourrait nous aider à nous dépasser, à nous aider mutuellement. Peut-être que la compagnie de Hazel Risenfield ne me donnerait pas que des maux de tête, finalement.


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MessageSujet : Re: we’ll find a way to keep the night cold ⏏ Hazel

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