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A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Fighting for good ◮ HazOz Mer 25 Fév 2015 - 0:35

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Il aurait été inutile de dire que, ces derniers temps, j'avais été une ombre. Je n'étais que colère et anxiété. Les émotions foulaient ma raison de leur pied méprisant - et j'avais donc choisi avec une logique implacable de m'isoler. Pour ne plus la voir. Béatrice. Son simple prénom était un poignard qui fouillait à la recherche de mon coeur. Mais il n'existait plus, ce récipient avide de ses mots. Il avait disparu, sous ses paroles, sous son aveu impitoyable. Bien sûr, je n'attendais que ça, te faire du mal et te trahir. C'était bien évidemment dans mes plans. Elle n'avait attendu que ça - je ne voulais pas y croire, mais la marque hantait mes nuits éveillées, teintant mon teint de cernes et de marques d'un temps pourtant figé. A une heure exacte, à cette heure exacte. Je soupirais, et me remis à courir - l'effort était un expiatoire à mes pensées. La douleur qui courbait mon corps, la sensation de dépasser les limites me laissait la tête vide. Plus besoin de songer, quand je tombais de fatigue - et pourtant, le sommeil me fuyait, comme une muse vengeresse, une amante traîtresse. Béatrice, Béatrice, ton nom n'est qu'un venin perfide.

La pluie tombait, non pas drue mais fine et vicieuse, s'insérant dans mes vêtements d'entraînement - un simple jogging et un t-shirt. Je portais à l'avant-bras droit un bandage détrempé - cacher une marque, oui, mais pas celle des mangemorts. Un phénix, un futur. Un départ de querelle. Un éclat sur une joue - une bombe dans le ventre, le sang invisible qui peuple mes songes. Je secouais la tête, serrais les dents, et me forçais à courir plus vite, plus fort, plus loin. Mais ce que je fuyais ne pouvait être distancé - les regrets sont amers, Oswald, tu en fais l'expérience. Le souffle court, le palpitant au bord des lèvres, je m'arrête - trempé, tremblant de froid, rafale de ses poumons transformée en buée blanchâtre. Et je m'éloigne, en direction des vestiaires et mon nouveau bureau, installé dans le vieux grenier au-dessus de ces derniers. Je ne mettais même plus les pieds à Poudlard. J'avais tout ce qu'il me fallait ici - Dumbledore avait la gentillesse d'envoyer trois fois des elfes de maison adorables pour me restaurer. Mais je touchais peu à la nourriture - mes espoirs étaient morts, brisés en éclat, et mon appétit avec eux. Du bout des doigts, je frôlais la bande et d'un geste violent l'arrachait pour révéler la silhouette noire du phénix. Je me changeais, pour mettre un jean et un t-shirt à manche longue - mais la relative chaleur que cela me prodigua ne dura pas. J'avais toujours froid, à l'intérieur. Dans un soupir, je montais jusqu'au nouveau bureau. Plein de courant d'air, j'allais m'avachir dans le canapé que j'avais bougé. Lancelot était installé près de la vieille chaudière qui donnait une odeur fumée à la pièce. Je délaissais le plateau et allais ranger des copies. Durant un instant j'eus une vague pensée - à une époque, qui me semblait être il y avait des siècles, j'aurais donné des cours de vol à une demoiselle brune aux sourires jeunes, à la vitalité agaçante - et pourtant, si réconfortante ...

Je frottais mes mains l'une contre l'autre et allais m'asseoir sur le tapis, en-dessous de la grande fenêtre donnant sur le ciel étoilé. Heureusement -peut-être ?- aucunes étoiles n'étaient visibles. Elles m'auraient chanté une mélopée trop connue, trop familièrement pointue et douloureuse. Je fermais les yeux, épuisé - j'eus l'envie de rejoindre Lawrence afin de boire un verre avec lui, et peut-être fumer une cigarette. Parler des femmes, de boisson, des élèves si bêtes et au potentiel si fort. Mais quelque chose me retint. Je finis par me redresser, et alors que j'avais décidé de me mettre à ranger des copies - mes parchemins et mon pot d'encre bleue trônaient sur le vieux bureau - un bruit me fit tourner la tête. J'étais sec, à présent, mais la pluie continuait de bercer l'endroit de son clapotis musical. Je haussais les sourcils - qui ? Qui pouvait donc venir visiter l'ermite ? Les élèves, ces dernières semaines, avaient bien remarqués que quelque chose n'allait pas. Au vu des regards sombres et des répliques sèches qui étaient nés de leurs questions - surtout quand Béatrice était prononcé - on avait fini par me laisser tranquille. Pourtant, qui osait venir braver les barrières que j'avais construites contre le monde extérieur ?

Hazel Risenfield.

Non, fou. Folles pensées, fol espoir. La brune avait ses amis, un petit ami, ses études. Le vol sur balai était sûrement le dernier de ses soucis. En réalité, j'espérais que ce ne soit pas elle. Je ne désirais pas me donner en spectacle, comme après le bal. J'avais eu si honte ... En déglutissant j'avançais vers l'escalier menant aux vestiaires, un escalier ouvert, qui interdisait l'intimité. La silhouette qui apparut était féminine. Familière.
Sucrée.

« Miss Risenfield ... » Ma voix s'étrangla sur le prénom - rauque, cassée par la surprise. Pas vous. Pourquoi vous ? Et pourtant, je ne pouvais résister au sourire qui apparut sur mes traits. Sincère, vrai, vivant - et je me sentis, soudain, plus puissant que jamais, depuis ce jour-là.

Je n'avais pas réalisé à quel point être vivant était aussi bon. La colère et la tristesse ne sont pas les seules émotions. J'avais oublié, oui. Mais il semblerait que vous me rappeliez à chaque fois, plus fort, combien je peux être humain, Miss Risenfield. « Bonsoir » me repris-je, avec un ton étrange, poli mais cependant amical. Posté en haut des escaliers, je devais sembler garder la porte de ma tanière, en bon ours que j'étais. Presque involontairement, je fis un pas sur le côté. Invite silencieuse et tacite - à vos risques et périls, mais vous n'êtes pas gryffondor pour rien, Miss Risenfield, n'est-ce pas ?



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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Mer 25 Fév 2015 - 23:51

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Hazel grimaça sous la pluie fine qui chutait doucement comme un soyeux rideau d’eau. Elle détestait cordialement cette humidité typiquement britannique qui avait le don pour se glisser jusqu’à votre peau et glacer vos eaux, mais maintenant qu’elle traversait le parc dans une nuit toute récente, elle n’allait certainement pas détaler pour quelques gouttes. Son pas vif prenait la direction curieuse du terrain de Quidditch. La sixième année resserra un peu plus la prise sur le paquet qu’elle protégeait des intempéries nocturnes, accélérant le pas. Tessie avait raison quand elle lui disait qu’elle était parfois un peu impulsive : elle prenait le risque d’attraper un gros rhume pour peu de choses, si on y réfléchissait bien.

Tout ceci avait une raison, et elle prenait la forme du Directeur de Serdaigle. Depuis au moins plus de jours qu’il n’en fallait pour lire tout le premier rayon consacré au Quidditch de la bibliothèque de Poudlard, Oswald Blueberry avait disparu. Presque aussi ectoplasmique que Monsieur Cabble, il n’assurait plus aucun enseignement de vol sur balai et avait même fait sauter tous les cours particuliers accordés jusqu’ici à la jeune cancre de Gryffondor. Une nouvelle qui aurait du la réjouir, mais Hazel avait plus de scrupules que la moyenne des étudiants sorciers et si elle avait encore du mal à vraiment trouver un intérêt au fait de chevaucher un instrument de nettoyage moldu, elle se souciait trop des gens qu’elle appréciait pour ne pas trouver le comportement de Blueberry louche et suspect.

Elle ne voulait pas avouer qu’elle s’inquiétait : il était adulte, bien plus âgé qu’elle et il savait très bien ce qu’il faisait, ce n’était donc normalement pas ses oignons. Il devait avoir un millier de bonnes raisons pour ne plus être présent. Mais ça n’était pas assez convaincant pour satisfaire sa curiosité et apaiser son incompréhension. A chaque fois qu’elle cherchait à croiser le fuyard pour lui parler, il était absent. Ni dans son bureau du château, ni dans la Grande Salle à côté de Miss Crow, ni occupé à entraîner les premières années. C’était ainsi : le professeur s’était tout bonnement envolé – une blague douteuse qu’elle s’était abstenue de faire -. L’inquiétude avait fini par grandir jusqu’à laisser sa place à une certaine vexation ; avait-il choisi de faillir à ses promesses ? Puisque Monsieur Blueberry ne voulait plus assumer son rôle, elle allait le rappeler à l’ordre ! Il lui avait juré qu’elle dépasserait sa peur, il avait tenu à ce que la décision d’affronter sa phobie vienne d’elle autant que de lui. Il avait été exigeant, intransigeant et parfois même un peu brusque mais il était aussi parvenu à comprendre d’où venaient les failles de son élève, pour mieux les réparer. Tout ça pour ça, donc ?

Hazel n’était clairement pas d’accord. Et en plus d’être remontée contre cette désertion inexpliquée, elle était aussi extrêmement bornée – une vraie mule d’après sa propre mère -. Aussi avait-elle décidé après une mûre réflexion durant le dîner qu’elle allait mener son enquête dans un dernier recoin encore non exploré. Si après ça elle ne trouvait toujours pas réponse à ses questions … Elle laisserait tomber. Et encore. Motivée à en découdre avec le dragon planqué dans sa tour d’ivoire, l’adolescente avait embarqué une boîte de la taille d’une caissette en plastique chargée de biscuits à la cannelle, et emmitouflée dans sa cape d’hiver, s’était lancée à l’assaut des extérieurs de Poudlard.

Le terrain de Quidditch était désert et quand elle eut franchi les gradins, l’ambiance des lieux la fit frémir. Elle se réfugia sous le passage couvert dissimulé au travers des gradins, et au bout de quelques minutes, avisa une porte d’entrée qui n’était pas celle d’un local à balais ou d’un vestiaire … Mais d’autre chose. Et de cet autre endroit, émanait une douce lumière diffuse et discrète. Ce devait être là – à moins que des élèves aient décidé de faire une sortie ? -. Elle entra à pas lents dans la pièce qui ressemblait à un débarras débouchant sur un escalier. Aucun bruit : elle s’était peut-être trompée. Son pied cogna sans le vouloir contre un vieux débris de balai cassé, ce qui fit un drôle de bruit plutôt remarquable. Elle soupira … avant de frôler la crise cardiaque quand une ombre se découpa dans la tâche de lumière au sol. Sa voix rauque la fit sursauter et elle se raccrocha à la large boîte de plastique transparente qu’elle tenait contre elle pour ne rien laisser tomber. « Vous m’avez fait peur ! »

Elle n’hésita qu’un quart de seconde avant de grimper les marches. C’était pour le voir qu’elle était venue jusqu’ici, il aurait donc été complètement idiot de céder aux chants des sirènes et de faire demi-tour. Hazel avait soif d’explications, car au-delà des heures de vol qu’il ne lui assurait plus pour une mystérieuse raison, elle voulait savoir ce qui se passait, tout simplement.

L’étage se dévoila sous son regard et elle put constater la présence de Lancelot, toujours aussi ronronnant, et d’une sorte de reconstitution bien arrangée de son bureau initial. Un cocon, une cachette : voilà de quoi tout cela avait réellement l’air. « Qu’est-ce que vous faites caché ici, Monsieur ? Ca fait des semaines qu’on vous voit presque plus, vous êtes malade ? » demanda spontanément l’américaine. L’enseignant s’était fait plus rare qu’un rayon de soleil en plein hiver écossais et la Gryffondor s’était si facilement adaptée à sa routine qu’elle se retrouvait toute déboussolée. « Vous faites même plus cours. Je dis pas que je n’aime pas votre remplaçant mais bon, il est moins patient que vous quand même. » Un trait d’humour comme pour détendre l’atmosphère. Parce que derrière le sourire du professeur, il y avait quelque chose qui clochait. Sinon ces dernières semaines n’avaient aucun sens. « Il y a plein d’élèves qui s’inquiètent. » rajouta t-elle avec fermeté. Pensait-elle que les inquiétudes des élèves lui feraient quelque chose ? Naïve, naïve Hazel Risenfield.


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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Sam 28 Fév 2015 - 14:24

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Elle est là, devant moi, à quelques mètres à peine. Comme si cet instant pouvait gommer ces dernières semaines. Mais est-il jamais possible de gommer quoi que ce soit, pour toi qui a tant de mal à te départir du poids du passé ? Pour toi, qui ne voit aucun pardon ? La pluie colore la pièce de sons légers. Elle entre dans la pièce et je lui offre un léger sourire, malhabile, esquisse maladroite d'une émotion joyeuse. Mais le sourire s'efface - les questions pleuvent, comme des gouttes, plus dures et plus froides que les larmes des nuages au-dehors. Je haussais les épaules, comme si je répugnais à répondre. Je fis quelque pas et rejoignis Lancelot sous la fenêtre placée en hauteur sur les toits en pente. La luminosité était pâle ; je m'installais sur le tapis moelleux, assis en tailleur. Cette façon moins cérémonieuse que d'habitude avait peut-être son origine dans le fait que j'étais loin du château. « Plein d'élèves, ou juste vous, Miss Risenfield ? » et le ton de ma voix était cernée de ténèbres, comme incapable de choisir entre ironie mordante et tranchant acéré. Je haussais les épaules de nouveau, alors que le chat s'étirait et se levait pour saluer en ronronnant la nouvelle venue.

Je passais ma main sur mon visage et dans mes cheveux. J'avais l'impression d'avoir pris vingt ans, ces dernières semaines. Béatrice - t'inquiètes-tu de ce qu'est devenu ce vieil Oz ? Je me serai menti en disant que je ne pensais jamais à elle. Mais je ne le voulais pas, et je le niais avec toute ma force. Je ne voulais plus rien à voir affaire avec elle. Je voulais la sortir de ma vie - mais elle me hantait, si fort. Tout compte faite, que Miss Risenfield soit venue ici, cela me ferait un peu de distraction. Pensivement, je fis un mouvement de baguette pour faire disparaître le plateau de nourriture intacte de la table basse - avait-elle remarqué quelque ? Non, non, pas Miss Risenfield. Elle avait ce don incroyable pour ne rien voir, surtout quand cela crevait les yeux juste sous son nez. Je toussotais, un peu gêné, puis m'efforçais de répondre à son inquiétude - sincère, étonnante émotion. Pourquoi elle ? Je m'étais montré brusque, sec ; si nos heures passées ensemble m'étaient devenues de plus en plus douces et agréables, je n'avais jamais espéré que de son côté, la demoiselle me vit comme autre chose qu'un vieux grincheux. Se pouvait-il qu'elle voit en moi un professeur compétent, qu'elle s'inquiète réellement de moi comme on visiterait un oncle malade ? « Je n'avais pas ... prévu de m'isoler ainsi. C'est arrivé brusquement. » Comme un coup sur la tête. Comme la mort, imprévisible. Rien ne vous avertit, Miss Risenfield. Je serrais les poings, désarmé, impuissant face à la colère que je contenais difficilement. Mes phalanges blanchirent, et je baissais le regard, pour qu'elle ne voit pas le vide qui m'habitait. Si je revenais en cours, si je revenais à Poudlard ... Si je la voyais, si on me parlait d'elle ... Qui sait de quoi je serais capable ?

Mes doigts, pour me calmer, caressèrent mon avant-bras droit, côté intérieur. Savoir ma marque personnelle, mon phénix de noir et de rouge, crevant ma chair, mordant mon être comme le rappel d'être bon, juste et droit, m'apaisa. J'inspirais et grattais ma joue, vaguement gêné de me montrer aussi pâle et dépenaillé. J'avais sûrement l'air maladif des grands blessés - pouvait-on survivre sans coeur ? Peut-être Miss Risenfield. Voyez vous-même. « Je suis certain que beaucoup d'élèves sont parfaitement heureux de ce remplaçant. Il ne mord ni n'aboie, lui. » Léger sourire - vis, montre quelque chose, rassure-la ! « Owen assiste t-il aux cours de quidditch, ou a t-il décidé de laisser Lynch à son balai ? » Tout cela, ce n'est que du bavardage idiot. Pour détourner la douleur, pour dévier l'appel obscur du fond, tout au fond. Toujours assis, le dos droit, je caresse Lancelot, revenu vers moi.

« Vous souhaitez boire quelque chose ? A moins que l'on ne vous attende ? » Si mon interrogation se veut innocente, la curiosité n'en est pas moins brûlante. Vos chers amis, sont-ils impatients de vous revoir revenir de l'antre du vieil ours ? Et votre petit ami, Miss Risenfield ? Lone attend t-il dehors, sous la pluie, à me maudire ? Mais ça, je le garde pour moi, preuve que j'ai fait bien des progrès depuis - autrefois, les mots seraient sortis, sans que j'y prenne garde, blessant tout sur leur chemin, brûlants et acérés comme des bris de verre. Je tords mes mains devant moi, le regard cave, ayant détourné les yeux. Le chat tigré ronronne, s'installe sur mes jambes pliées en tailleur. Vous avez sûrement mieux à faire que de traîner avec l'un de vos professeurs. Mais ça, je ne le dis pas. Parce que, égoïstement, sa simple présence éclaire quelque chose, fait pulser quelque chose. Je suis heureux de la voir, d'entendre sa voix familière, de sentir son parfum sucré régner dans la pièce comme une senteur princière, qui s'infiltre partout. Vous répandez votre joie partout, Miss Risenfield ; accordez m'en quelques parcelles, j'en ai besoin pour éclairer les précipices où je suis tombé - toutes mes étoiles se sont éteintes, elles ont disparues, tuées par le perfide serpent. Ne me laissez pas dans ce noir où je m'égare, je vous en prie, Miss Risenfield.



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MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Dim 1 Mar 2015 - 14:50

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Sa froideur acide la prit de court. Comme à chaque fois, il parvenait à montrer une nouvelle facette de lui qui la forçait à devoir l’apprivoiser sans cesse. Ce n’était pas simple mais l’on pouvait compter sur la persévérance infaillible de la jeune rouge et or pour retourner à la charge du mur qu’était le directeur de Serdaigle.

La bonne humeur et la flatterie qu’elle avait voulu distiller retomba donc quelque peu, Blueberry ayant déjà percé son manège avant même qu’il ne démarre. Non, ils n’étaient pas si nombreux que ça à se désoler de sa disparition soudaine. En réalité, les discussions allaient bon train et si Hazel s’exhortait à ne pas écouter les potins fantasques, elle avait quand même fini par vaguement comprendre qu’il y avait apparemment un lien entre l’hibernation du trentenaire, la professeur d’astronomie et sa liaison avec Abhain. Jalousie dans l’air ? Quand il s’agissait des histoires de cœurs des autres, la Gryffondor avait une imagination un brin trop fertile. « Je .. Euh … Ben moi et d’autres, quoi. » balbutia t-elle, à court d’idées pour esquiver la réalité selon laquelle, au final, Oswald Blueberry manquait davantage à elle qu’à d’autres : Zahari et Balthazar en tête de ligne – eux qui haïssaient le Quidditch se ravissaient de cette absence prolongée qui leur permettait de ne plus assister aux heures de vol obligatoires -, et non loin derrière, les plus cancres de leurs classes. En temps normal, Hazel se serait elle-même également réjouie de cette situation. Mais ça n’était pas le cas, et elle avait besoin de se faire entendre, surtout par le principal concerné de cette affaire.

L’adolescente soupira. Qu’il n’ait pas prévu de faire la grève était une chose, mais qu’il se laisse dépérir en était une autre. Elle n’avait pas besoin de lunettes double-foyer ou de néons clignotants pour remarquer la tristesse obscure qui habitait le regard morne du directeur, pas plus que la fatigue, l’état de faiblesse curieuse qu’il dégageait – lui qui avait toujours eu cette aura forte, intouchable et colossale. « Oui mais enfin vous pouvez pas partir comme ça. C’est pas juste. » Une réplique d’enfant, voilà tout ce qu’elle savait lui opposer en guise d’arguments. Vraiment, Hazel Risenfield n’était pas très douée dans l’exercice qu’elle s’était imposée.

Hazel jeta un coup d’œil vers la fenêtre avant de répondre honnêtement, hochant négativement de la tête. « Balthazar ne vient toujours pas, si ça peut vous rassurer. Et d’ailleurs je pense que je vais faire comme lui si ça continue. » Spontanément, elle passait de l’attendrissement et de l’inquiétude touchante au chantage affectif. Comment ça, la Gryffondor risquait plus de nuire à elle-même et à sa réussite scolaire qu’au professeur ? Pas du tout, elle pensait seulement un peu bêtement que l’échec scolaire de ses élèves pèserait suffisamment lourd dans la balance pour convaincre Oswald. Tentative légèrement scabreuse. « Parce que de toute façon, c’est pas lui qui m’a promis qu’il réussirait à me faire voler, n’est-ce pas ? » Un point pour elle ; une corde sensible avait été frôlée d’un peu trop près. A sa manière, l’expression sur le visage de l’enseignant avait subrepticement changé et ça, Hazel ne l’ignorait pas complètement : elle avait fini par comprendre l’importance capitale, presque vitale qu’accordait le directeur des Serdaigles aux engagements que les gens ne cessaient de prétendre tenir. Les promesses étaient sacrées pour lui ; et au final, il était lentement en train de se dédoubler, d’abandonner ce qu’il était et ce qu’il disait être. Il n’était plus totalement lui et la sixième année ne pouvait s’empêcher de se demander quelle était la raison d’un tel chamboulement.

Elle finit par lui tendre a grosse boîte qu’elle n’avait pas lâché depuis le début de leur conversation, ouvrant le couvercle en même temps qu’elle parlait. « Il faut que vous mangiez. Vous avez une mine affreuse. » Hazel, toujours là pour réconforter les autres … Même s’il fallait bien admettre que Blueberry avait une mine fantômatique. « J’ai ramené des biscuits à la cannelle. Je vous rassure, c’est pas moi qui les ai faits, ce sont les elfes de maison. Ils sont délicieux. » Inutile d’avouer que c’était bel et bien elle qui les avait confectionné. Il aurait été capable de ne pas y toucher par peur qu’elle les ait ratés ou rendus immangeables – ce qui n’était guère le cas, la sixième année se révélant être une pâtissière plus que convenable.

Boire un verre allait sans doute aider à désamorcer les choses. Aussi accepta t-elle avec un sourire encourageant. « Je veux bien un peu de jus de citrouille. J’ai pas eu le temps d’en boire au dîner. Et personne m’attend, non, ils sont tous partis réviser pour le contrôle de Botanique de demain. » Et en plus elle n’avait même pas honte de dire qu’elle prenait sur son temps de travail – logiquement – pour aller s’occuper de la vie personnelle du corps enseignant. Brillante jeune fille qui ne voyait pas où était le mal.

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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Dim 1 Mar 2015 - 23:26

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J'aurai pu en rire - Hazel Risenfield essayait de me remonter le moral, en me faisant croire que je manquais aux élèves. Mais la vérité était simple - la plupart de mes élèves étaient bien contents de n'avoir plus vraiment de cours de quidditch. Cela me demandait une certaine remise en question, mais je n'en avais pas la force, pas en ce moment. J'essayais de me dépêtrer de ce filet où l'on m'avait emprisonné. Mais je n'en avais plus la force - j'abandonnais, comme un animal traqué, las. C'est pas juste. Je hausse les sourcils, en observant la silhouette de la rouge et or - justice ? Même en cette pierre fondamentale, je ne sais plus croire. Je suis une ombre. Mes étoiles ne m'éclairent plus - Béatrice les a soufflé. Comme la vie qui m'habitait. Pourtant, la ton étrangement enfantin avec lequel elle dit ça fait cliqueter quelque chose. Oui, ce n'est pas juste, Oz ... Tu sais comment on pourrait appeler ça ? Un abandon.

La suite me laisse pantelant. J'écarquille les yeux, et je fixe Hazel Risenfield comme si je la voyais pour la première fois. Debout, elle me semble géante, pour moi assis au sol. Je suis figé, comme statufié. A l'annonce qu'elle comptait sécher les cours, j'avais froncé les sourcils, mais ses paroles s'étaient révélés plus douloureuses enfin. Parce que de toute façon, c’est pas lui qui m’a promis qu’il réussirait à me faire voler, n’est-ce pas ? Et ça tourbillonne, ne laissant sur mon visage qu'un sentiment évident de perdition, de confusion. J'ai promis. Duel interne. J'ai promis. Elle le savait - elle savait à quel point les promesses me répugnaient. Et pourtant, je lui avais fait ce serment. La faire voler. Et à présent ? Elle ne tombait plus. Elle était toujours là, malgré ce que je lui avais fait subir.
Même pas dix sept ans, et plus courageuse que tu ne le seras jamais.
A peine adulte, à peine femme, et elle lève la tête, brave.
Elle lève le menton, défiant la vie.
Risenfield
.

J'avais l'air d'un enfant. Déstabilisé par les propos de la brune - elle avait su toucher le point faible de toute ma tristesse. J'avais abandonné mon poste comme on laisse derrière soi les moments durs. Mais j'avais toujours eu pour principe de faire face - certes, ce coup-là était dur, mais pourquoi ne pourrais-je pas m'en relever ? Prendre exemple sur Risenfield. Cela m'aurait fait grimacer un autre jour, mais là, en la voyant doucement inquiète pour moi, vaillante, volontaire, je me pris à penser que j'aurais de la chance d'être un centième de fois une aussi bonne personne qu'elle.

Ses mots ont ébranlés mon âme. Ont fait taire les ténèbres, ont rallumé quelque chose. Mais Risenfield semblait ne pas en avoir fini avec moi. Elle tendit soudain une boîte, et maladroitement je la pris. Je grimaçais sur la mine affreuse, mais ne fis aucune remarque. Elle n'avait pas tord, après tout. Le couvercle ouvert révéla une senteur sucrée, qui piqueta mes narines. J'en pris un, entre mes doigts, délicatement, comme si ils étaient fait en verre et non en pâte comestible. Je levais un sourcil, interrogateur, puis soupirais. Si je ne mangeais pas devant elle, elle allait sûrement m'ennuyer. Et puis - même si j'aurai préféré ne pas me l'avouer - les propos d'Hazel m'avaient secoué les puces, et un vague appétit avait investi mon estomac. Je croquais avec circonspection dans le gâteau puis l'avalais tout rond. « Merv-eilleuch » fis-je en m'étranglant à moitié, tout en mâchonnant le gâteau, puis devant le ridicule de la situation - j'étais tout de même en train de parler la bouche pleine devant Risenfield - j'eus un rire cassé, comme si je ne savais plus comme cela fonctionnait. Un rire malhabile, étrange, rauque. Mais un rire - qui faisait écho au regard légèrement souriant que j'avais posé sur la brune.
Quel est ce sort, Miss Risenfield ?

Je me levais enfin, m'étirais, la boîte dans la main, puis d'un geste de ma baguette, fis apparaître deux verres et un pichet de jus de citrouille. Je nous servis et tendis son verre à Risenfield. Je me sentais mieux - elle m'avait rendu à moi-même. J'étais Oswald, et non le spectre ombrageux qui avait vécu ici. J'étais un homme, un être volontaire, et je ne me laisserais pas abattre. Et puis, en buvant une gorgée, je questionnais d'un air un peu amusé : « Je suis donc votre excuse, si vous ratez votre examen ? » et avec un léger rire, de nouveau - j'aimais ce son, j'aimais ce rire qu'elle faisait naître chez moi, ridicule et pathétique humour, espièglerie totalement inconvenante - « Je m'en voudrais de vous faire rater vos révisions. Nous pourrions toujours nous arranger sur vos notes de quidditch ... » Non, bien sûr que non, mais c'était une piètre tentative de détendre l'atmosphère.

La culpabilité me rongeait comme un animal - je l'avais abandonnée. Là où j'avais prêté serment de la faire voler, de l'aider, j'avais fui comme un lâche. Cette idée, cette pensée me transperçait comme un fer chauffé au rouge. Mais rien n'était perdu - je me rattrapais. Mais - était-ce une seconde chance, pour moi ? Avais-je échoué définitivement ? Des interrogations gênantes me venaient à foison, tant et si bien que j'essayais de changer de sujet, d'attirer mon attention ailleurs. Mon regard sombre scruta les prunelles d'azur de Hazel Risenfield, et la joie de vivre que je trouvais m'abreuva, me détendit. Merci. « Merci » puis réalisant que c'était un peu brusque, je montrais maladroitement les gâteaux : « Me-merci pour les gâteaux, je ... je veux dire. » Après le coup du professeur alcoolique, lui faisais-je le coup du maître timide ? M'étais-je transformé en Caesius Abhain pendant la nuit ? Je déposais la boîte sur la table basse, et repris un cookie pour le grignoter. Avec une volonté toute nouvelle, comme une épée refondue et juste trempée, je me tournais vers Risenfield. « Je suppose que vous avez entendu des rumeurs. » Je me devais de lui dire ça. Si il y avait bien une personne qui méritait ma version des faits et des excuses, c'était elle.
Elle qui s'inquiétait.
Elle qui ne m'en voulait pas.
Elle qui continuait à venir me voir.
Elle qui me souriait sans rien attendre en retour que mes propres sourires.


« Miss Crow et moi ne sommes pas en couple. Et ne l'avons jamais été. » Prononcer son nom m'avait fait serrer mes doigts autour de mon verre. Rage qui pulse. Pas devant elle. Reste calme. Je me met à déambuler, faisant les cent pas pour camoufler les légers tremblements de mon corps. « Miss Crow m'a ... » Pardonnez-moi, Miss Risenfield, mais je suis un vieil idiot. Je reste fidèle aux dernières parcelles de cette ancienne amitié. Loyal aux ruines d'une femme - laissez-lui encore ça, laissez-nous ce dernier secret. Autorisez-moi à lui être une fatale fois attaché. « trahi. » Ma voix est un souffle, et mes émotions contenues ne le sont plus autant que cela. Je dois m'expliquer - je le lui dois. Le goût de cannelle brûle ma langue comme les larmes mes yeux. Je ne la regarde pas - ne me voyez pas, faible et brisé. Vous me reconstruisez petit à petit. Vous et votre confiance. « Elle a trahi ma confiance, notre amitié. Elle a piétiné ma loyauté. Je - je refuse même de la croiser. Je ne voulais pas que cela empiète sur mes cours mais - l'idée de la voir et d- » Je me tais. Je soupire. Pauvre Miss Risenfield qui n'a rien à voir là-dedans. « Peu importe ce que pensent les autres. Mais vous - vous êtes importante. Je voulais que vous sachiez que je n'ai pas abandonné. Je ne vous ai pas abandonnée, vous. Je vous ferai voler. Je le promets. » Un nouveau serment. De nouvelles paroles. Une nouvelle voix - non pas brisée mais déterminée. Je lève le menton vers elle, comme la défiant de refuser ma promesse.

Je voudrais m'excuser. Je voudrais vous demander pardon, pour votre inquiétude. Mais je ne sais pas comment faire. Alors laissez-moi vous prêter serment une seconde fois. Laissez-vous amadouer par mon explication - je ne veux pas perdre votre confiance. Pas la vôtre - pas vos rires. Hazel Risenfield était essentielle, en un sens, comme l'est un soleil ou le ciel. Comme l'était ma lune et mes étoiles. Mais elle n'est pas Béatrice, et je n'essaye pas de la remplacer. Elles sont toutes deux trop différentes - et je ne suis pas assez faible pour vouloir une copie de Crow. Non - j'accepte Risenfield. Et j'apprécie cette presque-femme, aux remarques malhabiles, aux gestes maladroits, et aux sourires qui touchent le coeur. « Monsieur Lone vous attend t-il en bas du vestiaire, à se demander ce que vous fichez, avec ce vieux professeur de Blueberry ? » Cette auto-dérision est ridicule, mais je m'y essaye, avec un sourire gauche, comme un adolescent. Je bois encore un peu du jus de citrouille et m'installe dans le fauteuil, en songeant à mon ancien bureau, à ces heures de cours où je m'asseyais dans ce fauteuil-là et où elle posait son postérieur dans le canapé en face.
Comme si rien n'avait changé.
Comme si tout avait changé.




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MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Dim 8 Mar 2015 - 18:35

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Il eut l’air de la voir d’un œil neuf. Preuve en était sa réaction lorsqu’elle lui tendit les gâteaux ; ni refus, ni protestation, il se contenta de prendre la boîte et de piocher au hasard sans broncher. Un miracle aux yeux de la Gryffondor qui l’avait rarement vu aussi réceptif à ses suggestions – et à sa nourriture surtout, même si elle lui cachait ostensiblement cette information pour le moment. Son approbation gustative fit apparaître un large sourire satisfait, un signe bien trop flagrant de sa fierté. Si au moins elle avait réussi à le faire apprécier un biscuit après avoir passé plusieurs jours sans rien manger qui le mette d’humeur plus sociable, Hazel appelait cela « une prouesse », voire un « succès ». Elle partagea même un petit rire amusé avec l’enseignant, celui-ci se rendant rapidement compte qu’il avait parlé la bouche pleine – le signe, comme disait souvent sa mère, que c’était trop bon pour qu’on attende d’avoir fini pour le dire.

Le premier cap était franchi. Elle ne pouvait pas complètement se permettre de relâcher toute son attention et de croire que parce qu’une bataille avait été gagnée, la guerre l’était tout autant. S’il y avait bien un principe fondamental que Monsieur Abhain avait parvenu à faire entrer dans son crâne très perméable, c’était que derrière toute victoire, il y avait une stratégie de longue haleine, une lutte sans merci où il ne fallait jamais se déclarer vainqueur sans être certain que c’était bien le cas. Enfin c’était ce que la mémoire de la brunette lui rappelait, à moins qu’il ne s’agisse de la morale d’un film moldu qu’elle avait regardé durant les dernières vacances. Elle n’en était plus tout à fait sûre maintenant. Quoi qu’il en fût, cette idée lui paraissait adaptée au personnage qu’était Oswald Blueberry. Il avait l’air sur la brèche, hésitant entre deux versants, prêt tant à tomber dans un gouffre sans fond qu’à se raccrocher au bord au dernier moment avec toute l’énergie du désespoir propre au survivant.

La Gryffondor porta le verre de jus de citrouille à ses lèvres, accueillant avec plaisir le breuvage sucré et frais. Curieusement le chemin jusqu’ici et le début de leur discussion avaient rendu sa gorge légèrement pâteuse, un peu comme dans ces périodes avant d’aller à un contrôle théorique. Hazel finit par secouer la tête de gauche à droite, haussant les épaules avec l’insouciance caractéristique qu’on lui avait toujours connu dès son plus jeune âge. « C’est rien ça. C’est qu’une note, et puis j’arriverai bien à me débrouiller pour pas avoir un D. » Voilà une supposition qui était un peu trop avancée. L’adolescente savait très bien qu’en réalité elle pourrait s’estimer heureuse si elle s’en sortait avec un D demain à leur interrogation, mais réviser n’était pas dans ses priorités pour ce soir. Elle n’aurait de toute manière pas eu la tête à bûcher sur quoi que ce soit. Ses pensées étaient trop embrouillées, trop focalisées sur les contrariétés liées à la disparition brusque de Blueberry pour qu’elle puisse correctement se concentrer. Elle gloussa en l’entendant parler de trafiquer ses notes de vol sur balai. « C’est gentil mais j’crois que ça serait pas très plausible. »

Merci. Ce terme paraissait anodin, mais là encore la jeune fille n’était pas persuadée qu’il lui en était reconnaissant d’avoir simplement apporté de quoi manger. C’était plus que ça, c’était comme un salut sincère, une véritable forme d’appréciation et de remerciement. Peut-être uniquement parce qu’elle était la seule à s’être penchée sur le sort du trentenaire et à avoir osé le déloger sans se soucier de s’il le souhaitait ou non. Elle lui avait naïvement tendu la main. Et c’était sans doute tout ce qui lui fallait pour l’aider à se relever d’elle-ne-savait quelle chute douloureuse. Hazel fut si perturbée qu’elle en oublia la politesse et se contenta de boire un peu de jus de citrouille pour noyer son silence.

Ils en venaient maintenant au nœud du problème. Les rumeurs. La jeune fille acquiesça face à la question d’Oswald. Bien sûr qu’elles étaient le cœur de cette histoire. Le pot aux roses était-il véritablement une histoire morte dans l’œuf ? Ou ne s’agissait-il que d’un potin ? L’américaine l’ignorait mais tout semblait parfaitement coïncider d’après les autres. Et les autres savaient bien souvent mieux qu’elle voir ce qui se tramait.

Il n’avait aucun compte à lui rendre, malgré tout il s’appliqua à être le plus franc possible. Cela lui en coûtait, nul doute, mais Hazel lui était au moins redevable de sa sincérité. Enfin c’est ce qu’elle croyait avant qu’elle ne l’observe avec plus d’attention.

Il mentait. Pas de manière abrupte, non, il utilisait simplement des métaphores. Elle en était intimement convaincue, et même s’il lui jurait par tous les fondateurs de Poudlard que ce n’était pas le cas, elle ne l’aurait pas franchement cru. Il y avait quelque chose, une rage froide, une colère rentrée qui habitait ses gestes et son regard d’une lueur étrangère. Bien trop novice dans ce genre d’observations, la rouge et or ne ratait cependant rien de l’électricité qui se dégageait du professeur dès lors qu’il avait évoqué Miss Crow. Il s’était tendu, transfiguré. Etait passé du chaud au froid comme on peut tout à coup souffler l’âtre d’une cheminée pour dissiper la douceur et restaurer l’austérité.

Et plus elle l’écoutait, moins elle parvenait à s’enlever les convictions de ses camarades de sa tête. Evidemment, évidemment qu’il était fou de colère après avoir vu Béatrice Crow et Caesius Abhain ! C’était parfaitement plausible. Cette odieuse Crow, ce corbeau de malheur, cet oiseau de mauvais présage avait piétiné le cœur de l’enseignant sans aucune pitié. Cette bonne femme n’avait aucune limite dans la méchanceté. Le cœur d’Hazel se gonfla de peine en songeant à quel point ces derniers temps avaient du être pénibles pour Blueberry. Elle se sentit presque coupable d’avoir passé des jours aussi doucereux en comparaison. Après un temps infini, la jeune fille finit par reprendre la parole, plus convaincue, plus affirmée aussi. Elle était ulcérée par les agissements de Miss Crow mais elle ne voulait pas éclater devant lui. « Monsieur, je suis vraiment désolée pour vous. Et je comprends que tout ça soit très difficile. Mais …Mais il faut continuer à vivre, oui, c’est vous-même qui dites tout le temps qu’il faut persévérer, qu’on ne doit pas abandonner. Vous avez raison de le dire, alors n’oubliez pas ce que vous nous avez toujours appris ! » Elle se sentait ridicule à dire ça, comme si elle aurait pu se permettre de donner une leçon à quelqu’un comme lui. Ce n’était d’ailleurs guère son intention, mais elle voulait simplement l’encourager, lui faire comprendre qu’on pouvait sans doute parvenir à recoller les morceaux et à avancer. Tout était une question de ténacité, et Oswald Blueberry en avait à revendre, elle l’aurait parié.

« Zahari ? » répéta t-elle sans comprendre immédiatement, perplexe. Son petit ami n’avait aucune raison valable de l’attendre dans le froid et la pluie, lui aussi travaillait d’arrache-pied – ils s’étaient quittés juste après le repas du soir. « Non. » Mais quelle importance pour le directeur des Serdaigle ? Lui et le Serpentard n’avaient pas l’air de vraiment s’estimer et pour ainsi dire, Hazel imaginait mal que le sixième année vienne lui aussi en tant que comité de soutien de Blueberry pour le faire revenir aux cours. La jeune femme, perplexe, jeta un rapide coup d’œil à Lancelot et se dirigea vers le fauteuil face au sien. « Vous savez, je peux encore faire des choses par moi-même. » plaisanta t-elle distraitement – à moins qu’elle n’ait été au fond vexée par l’idée qu’on l’associât constamment avec le garçon qu’elle aimait ?.

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MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Lun 9 Mar 2015 - 22:43

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Je me sentais mieux - vivant, puissant. Et ce grâce à la compagnie de Hazel Risenfield. Quel pouvoir avait-elle, pour me faire rire ainsi ? Il n'en revenait pas. Il avait été au trente-sixième dessous, et le voilà qui se redressait, qui s'élevait de nouveau. Il avait eu les ailes brisées, et à présent il volait de nouveau. Comme c'était ironique - Hazel Risenfield le faisait voltiger à nouveau. Cette sensation de ne plus sombrer était douce, vivifiante. Je bus une gorgée de jus de citrouille, appréciant le goût frais et légèrement sucré. Mon regard ne quittait plus le visage de la demoiselle, un sourcil haussé. « Très bien, alors mieux vaudrait que vous ayez de bonnes notes. Je vous fais confiance. » Moi-même n'avais-je pas eu quelques mauvaises notes, dans diverses matières ? Notamment astronomie (même alors que Béatrice m'aidait ?) et en botanique ? J'eus un petit rire - j'étais trop égoïste en ce moment même pour la pousser à partir. Cela aurait dû être mon devoir, de la faire rentrer, mais je m'étais lassé de ma solitude. Elle m'avait manqué. C'était fou, mais la compagnie de Hazel Risenfield m'avait manqué. Ses rires, ses remarques (parfois peu) pertinentes, son espèce d'optimisme courageux. Lionne, d'or et d'écarlate ; d'assurance et de bravoure. Pour bien des raisons, je m'étais senti obligé de lui expliquer tout. Enfin, presque tout.

J'avais été aussi honnête que possible. J'inspirais doucement, mon torse se levant et s'abaissant au rythme de mon souffle. Béatrice avait été mes étoiles. Mais je n'avais jamais été un oiseau de nuit - je préférais le soleil, la torpeur de l'été. Je devais continuer de marcher, un pas après l'autre. Cette simple pensée avait un goût de paradis. Les paroles de Risenfield firent écho à mes songes, et je lui lançais un regard doux, presque tendre. « Vous savez quoi, Miss Risenfield ? Vous avez raison. Je n'aurai jamais dû m'isoler ainsi. C'était ... stupide. » Oui, je réalisais mon erreur à voix haute. C'était une espèce d'honneur - c'était des excuses détournées. Je dois dire que j'étais gêné de demander pardon, encore. Ne faisais-que cela avec Hazel ? J'en avais le sentiment. Je bus une nouvelle gorgée, avant de reprendre, mes prunelles sombres accrochant les siennes, d'un bleu si pur - comme mon encre. Comme le ciel. « Il y a d'autres gens qui comptent sur moi. » Vous. « Je n'ai pas le droit d'abandonner. Merci de m'avoir fait réaliser cela, Miss Risenfield. » Elle ne se rendait sûrement pas compte d'où elle m'avait sorti. J'avais un sourire idiot aux lèvres, et je me cachais comme je pouvais derrière ma tasse, l'air totalement abruti - ou maladroit, selon.

Apparemment, ma répartie fit un flop - la sienne par contre toucha et j'eus un léger rire amusé. Oui, oui, vous pouvez faire les choses par vous même, Miss Risenfield. « Je le sais bien, Miss Risenfield. Vous n'êtes plus une enfant, n'est-ce pas ? » Mon timbre de voix avait été très doux, presque caressant, un rien distant. Oui, elle n'était plus une gamine. Elle avait l'âge des choix, et bientôt elle ne serait plus là. Elle entrerait bientôt dans sa dernière année, et je ne doutais pas qu'elle deviendrait une femme fière et indépendante. J'avais juste du mal à appréhender qu'elle puisse être avec un crétin comme Lone - elle méritait bien mieux. Cela m'aurait fait du mal de l'admettre, mais même Owen ou Lynch auraient été mieux pour elle. Lone n'était qu'un serpent fourbe. « Puisque vous avez eu raison de me secouer un bon coup ... Voudriez-vous que l'on reprenne nos cours de vol cette semaine ? Si vous avez trop de devoirs, je peux comprendre mais ... Ce serait dommage. Vous avez fait tant de progrès. » J'avais dis ça sans aucune ironie. J'eus soudain deux pensées, qui franchirent mes lèvres sans que je puisse les retenir : « J'ai lu la dernière fois que le vertige n'était pas la peur du vide, mais la peur de chuter. C'est ... Amusant non ? » Pas exactement, Oz, mais ... « Oh, une dernière chose ... C'est peut-être un peu étrange comme question, cependant ... Votre patronus - j'ai ouï dire que c'était un oiseau ? » J'eus un sourire et d'un geste de la baguette, un expecto patronum plus tard, une forme brillante apparut.

L'ombre argentée était en réalité un corbeau. Quelle ironie quand on songeait que j'étais un Serdaigle, et que j'avais la capacité de me transformer en aigle. Je jetais un coup d'oeil à Miss Risenfield, avec l'air de dire : je vous montre le mien, voulez-vous me montrer le votre ? Le corbeau s'envola, laissant une traînée argentée. Le patronus était sensé être la forme de l'âme - si Hazel avait un patronus en forme d'oiseau, c'est qu'elle avait des ailes, elle aussi. Je ne perdais pas espoir - je la ferais voler, un jour. Je lui avais promis. « Vous savez, le patronus est l'écho de ce que l'on est vraiment. Vous volerez. »

C'était comme un voeu remanié. Je l'observais avec délicatesse - c'était sûrement la première fois de ma vie que quelque chose me tenait autant à coeur. Ma main gauche était posée sur mon avant-bras droit - il y avait des choses auxquelles je tenais, dans la vie. Le quidditch - mes cours, surtout. Voler. Lancelot. Béatrice avait fait partie de ces choses que jamais je ne lâcherai, mais cela avait changé. Mes élèves, je les appréciais. Mais, je devais me rendre à l'évidence, Hazel Risenfield avait pris une importance dans ma vie. Je me sentais vaguement coupable - et pourtant très heureux et très fier. De ce que j'avais fait, de ce que j'avais accompli. Et de ce qu'Hazel était devenue. « Je - je suis navré d'avoir ... Que vous ayez pris du temps pour ... pour me voir. » Mes joues me brûlèrent et je détournais le regard. Oui, je me sentais coupable - elle avait autre chose à faire. Mais si vous voulez bien rester juste encore un peu, Miss Risenfield, cela me serait précieux. Restez encore un peu, et souriez. Juste, souriez, Miss Risenfield. Comme moi, je vous souris.


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MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Dim 22 Mar 2015 - 22:51

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Il lui paraissait quasiment irréel d’entendre de la part d’Oswald Blueberry qu’elle avait raison, et cependant force était de constater que ce phénomène se produisait de plus en plus souvent à chacune de leurs rencontres. Ce qui n’enlevait en rien le sentiment de fierté qu’elle sentait à chaque fois naître en elle quand il lui concédait sa victoire. Un peu comme si pas à pas, elle parvenait à mieux se faire entendre, à avoir de la valeur à ses yeux à lui. « Mais oui ! La vie continue, vous ne devez pas vous priver de ça pour … quoi que ce soit ! » s’enthousiasma t-elle avec la passion coutumière qui l’animait. Elle avait failli bourder une fois de plus mais heureusement elle s’était rattrapée à temps. L’habitude de gâcher les choses avec ses mots maladroits commençait à doucement se corriger. « Je vous en prie professeur, c’est normal ! » N’importe qui aurait fait la même chose pour vous que moi. Faux, archi-faux. Et le pire c’est qu’elle ne s’en rendait même pas tout à fait compte, la gentille – trop gentille - Hazel. Quoi qu’il en fut, la rouge et or avait réussi à rallumer quelque chose qui ressemblait à l’interrupteur de la volonté chez le trentenaire. Elle avait donc fait une bonne moitié du travail.

Son rire la fit légèrement sursauter. Elle ne l’avait jamais entendu – ou alors si peu qu’elle avait l’impression de le découvrir. C’était si rare. Lui qui avait toujours cet air impassible et qui était plus doué encore que Balthazar pour parler de tout au second degré … La sixième année chercha en vain un point intéressant à fixer autre que le visage de son interlocuteur, tout à coup troublée. « C’est vrai. » Elle était presque gênée qu’il se rappelle de cela. De cette fois où elle avait pris la mouche et avait voulu clamer haut et fort sa maturité de jeune femme en plein développement. En réalité Hazel était encore bien plus enfantine que ce qu’elle aurait voulu, mais elle se battait parfois entre deux eaux, incapable de trouver sa place entre le rôle de l’adulte qu’elle désirait incarner et celui trop petit pour elle d’adolescente irresponsable dans lequel elle se sentait à l’étroit, engoncée.

Il chassa cette gêne en lui proposant timidement de reprendre les leçons visant à vaincre sa phobie. « Oui ! » répondit la brune un peu trop rapidement. « Oui bien sûr, j’ai envie de reprendre. » poursuivit-elle plus posément, espérant ne pas être passée pour une cinglée masochiste qui adorait tomber de son balai et collectionner les bleus et les ecchymoses. Et puis si elle avait fait des progrès … Sans doute essayait-il de l’encourager en la flattant. Elle n’avait pas l’impression d’avoir tant que ça progressé mais au moins il commençait à savoir comment la motiver.

Hazel ne put masquer sa perplexité en l’entendant expliquer que la vraie raison de sa peur était la crainte de chuter. D’ailleurs elle ne trouvait pas cela aussi marrant que lui, mais elle s’enfonça un peu plus davantage dans le malaise quand il chercha à évoquer son Patronus. « C’est- c’est une mouette en fait. » Elle regarda le bout de ses pieds, ses joues s’empourprant vivement. « Je trouve ça nul comme Patronus. C’est tout juste si on ne dirait pas qu’il se moque de moi … D’ailleurs j’ai du mal à le faire apparaître. A cause de ça. » A reculons, l’adolescente extirpa de sa poche sa baguette magique et exécuta un Spero patronum qui matérialisa l’ombre floue de l’oiseau marin. Elle était encore une des seules à peiner à obtenir une forme vaguement convaincante et tangible de l’entité magique supposée la protéger. Mais à quoi bon croire en une représentation de nous qui ne nous inspirait rien, à laquelle on ne pouvait pas s’identifier ? Hazel aurait voulu croire qu’elle y arriverait, que ce n’était pas qu’un coup du sort un peu mesquin, mais avoir un volatile en Patronus, franchement, ça ne l’avait jamais fait rire. Et Merlin savait qu’elle avait de l’humour, pourtant.

La jeune fille se redressa sur son siège, rangea sa baguette après avoir suspendu le vol fébrile de la fragile mouette. Elle but une gorgée de jus de citrouille avant de reposer son verre. Au travers des volutes blanchâtres, son regard à l’adresse du directeur des Serdaigles s’était renforcé. « Arrêtez de vous excuser, Monsieur ! Vous avez rien fait de mal ! Et moi non plus d’ailleurs. » La seule responsable dans cette affreuse histoire, c’est Miss Crow. Je vous vengerai, Monsieur, croyez-le. Bien sûr qu’elle ne le lui dirait pas. Tout comme lui avait refusé, par fierté, de laisser entendre les véritables raisons de ses blessures. Il lui fallait du temps pour les panser, et surtout un soutien moral pour avancer. Hazel pouvait bien remplir cette tâche pour lui après tout ce qu’il avait fait pour elle – et ce qu’il allait continuer à faire, maintenant qu’elle l’avait mis devant le fait accompli -. Cela ne lui semblait guère difficile ou ennuyeux, tout au plus devrait-elle simplement ranger les balais après les cours de vol pour trouver le temps de discuter avec l’enseignant et essayer de grappiller l’air de rien des informations sur son état.

Toute accablée par ses futures préoccupations et les stratégies associées, la Gryffondor avait fini par laisser Lancelot la rejoindre à ses côtés. Le chat lui avait apparemment déjà pardonné l’offense des mois précédents et il la jaugeait, ronronnant paisiblement à ses côtés. Hazel releva le menton, estimant le moment adéquat pour détendre l’atmosphère. « Au fait c’est moi qui les ai fait, les biscuits. Je voulais pas vous le dire parce que vous en auriez pas mangé si vous l’aviez su au départ. » L’américaine ne put retenir, malgré tous les efforts qu’elle fit, le sourire pas peu fier et teinté d’hilarité qui fleurit sur son visage alors qu’elle avouait son mensonge par omission. Trop tard pour cacher son régal devant les sucreries, il avait été pris la main dans le sac.

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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Sam 28 Mar 2015 - 16:48

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Hazel Risenfield ne se rendait vraiment pas compte de son comportement. C'était peut-être ce qu'il y avait de plus touchant dans tout cela - elle n'était pas venue à moi par intérêt, mais parce qu'elle avait ressenti une réelle angoisse. Inquiétude que je m'en voulais, à présent, d'avoir fait naître chez cette jeune femme innocente, qui ne méritait guère de s'alarmer pour moi. Je me permis donc un sourire, plus sincère et plus doux que jamais, presque affectueux. Je m'étais attaché à l'élève, pour son caractère de lionne - il était normal qu'elle soit rouge et or, et son courage n'était plus à démontrer, preuve en était ce soir-même. Pourtant, elle me paraissait encore si enfantine, dans ses gestes et ses manières - le fait qu'elle baisse les yeux, et que ses cils forment des ombres mouvantes sur ses joues qui rougissaient délicatement. Tout chez elle était l'enfant et la femme. Elle était en âge où il était difficile de se situer, prise entre les étaux de l'enfance et de l'adulte. Je l'observais donc, calmement, puis détournais enfin les yeux, comprenant qu'il y avait de gênant plus encore que mes paroles, comme mon regard posé sur elle. Et puis, ça ne se faisait pas, hein ?

En tout cas, son enthousiasme me fit sourire de nouveau, mes prunelles d'onyx perdue dans la contemplation du ciel au-dessus de moi, mon visage levé vers la fenêtre, la pâle lumière éclairant l'endroit et mes traits élevés vers les hauteurs nocturnes, donnant du relief à certaines zones, comme un dessin ou un fantôme. « Moi aussi, j'en ai envie. Nos cours m'ont manqué. » Je passais ma main dans mon cou, puis tout en massant mes épaules d'un geste nonchalant, je continuai sur ma lancée. Cependant, Miss Risenfield se révéla soudain bien moins bavarde - ou plutôt, un tantinet moins enjouée qu'à son habitude. Je haussais un sourcil, ne comprenant pas ce qu'il y avait de problématique a ce qu'elle ait comme patronus une mouette. Mes yeux suivirent l'oiseau argenté, et je secouai la tête. Peut-être la jeunesse l'empêchait-elle de voir ce qu'il y avait de beau dans un tel totem. Et, comme elle l'avait fait pour moi, je décidai donc de lui remonter le moral. « La mouette n'est pas un patronus nul, comme vous semblez le penser. Vous savez, ce sont des animaux très sociables, indépendants et qui aiment les risques. Leurs cris peuvent faire penser à des rires, mais je trouve qu'il vous correspond à merveille - plutôt que de voir des moqueries envers vous, voyez-y plutôt le caractère enjoué et expansif que vous pouvez avoir, parfois. » Je me grattai le front, et ne sachant si j'avais totalement exprimé mon idée, je repris d'un air un peu plus embarrassé, comme si je cherchais mes mots : « Je veux dire, vous savez, la mouette est ... sympa ? Enfin. Elle correspond à votre caractère. C'est dommage que vous ne l'aimiez pas. Mon corbeau est souvent vu comme un oiseau de mauvais augure, mais c'est un animal intelligent, indépendant et peu sociable, qui est l'écho de ma propre personnalité. Je, je ne sais pas si je ... m'exprime bien » grommelai-je, maladroitement, en finissant par me taire, plus conscient de ma gaucherie que d'autre chose.

Le fait que je m'excuse montrait à quel point je pouvais avoir changé en ces quelques mois. J'en aurai aussitôt référé à Béatrice si nous ne nous étions pas brouillés. Ce n'était pas ma faute, non, mais il était dans ma nature de me sentir coupable pour tout, même les échecs des autres, que je prenais comme un affront personnel. Je bus une gorgée de jus de citrouille, pensivement. J'osai même prendre un autre cookie et le grignoter, songeur. Je ne voulais pas penser à Trice, mais tout me rappelait à elle. Quand on avait vingt ans de vie commune, relativement, il était compliqué de ne pas tout rapporter à la brune astrologue. Un morceau de gateau dans la bouche, les paroles de Hazel me sortirent de mes rêveries. Il me fallut quelques secondes pour réaliser, et involontairement, je recrachais sans aucune élégance des miettes, dans un « Pfffprprprprprpfff » pas spécialement élégant, avant de me dire que ce n'était peut-être pas très gentil. « Je veux dire, miam miam ? » tentais-je de me rattraper. Mais de toute façon mon compliment de tout à l'heure montrait à quel point elle m'avait eu.

J'eus un léger sourire et me redressais. Je m'étirais, puis je m'ébrouais comme un chat, alors que le fauve était tranquillement en train de ronronner près de Hazel. « Il se fait tard. Voulez-vous que je vous raccompagne ? » puis, avec un léger sourire taquin, je précisais : « Je serai là demain pour le cours de l'après-midi. Je ne ... je ne vais plus fuir. »

Grâce à vous, et aux forces que vous m'avez données. Grâce à vos faits et gestes, à vos paroles, à vos actes. Vous êtes plus courageuse que quiconque que je connaisse, Miss Risenfield. Mais ça, je préférais le garder pour moi. J'en avais déjà bien assez fait pour ce soir. J'étais d'ailleurs plutôt content de reprendre les cours. Pouvoir me bouger, me dépenser, ne plus avoir peur. J'avais pris une décision, celle de vivre. Il y avait un après-Béatrice. Hazel Risenfield me l'avait fait connaître - cela serait dur, de survivre, mais c'était possible. Il y avait des gens qui comptaient sur moi - Hazel, mais aussi Lawrence, Andy, Isaac ... Tant de gens que j'appréciais sincèrement. Je souris à Miss Risenfield, puis la raccompagnais. Sur le chemin, je lui prêtais mon blouson, vu que la demoiselle avait froid. Nous marchâmes calmement dans le parc. Nous n'étions guère bavard, mais je dois avouer que sa simple compagnie me suffisait. Je la laissais aux grandes portes, sans oser aller plus loin. « Bonne nuit, Miss Risenfield. » Et merci pour tout.

Merci de m'avoir rendu mes ailes.



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ϟ FONCTION : Sixième année à Gryffondor
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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz Dim 29 Mar 2015 - 19:43

The secrets that you hide

Control us
And it’s not fair

C’était au moins très généreux de sa part de s’appliquer à ce point à la rassurer et à lui expliquer que son Patronus n’était guère ridicule. La jeune fille sentit qu’il n’était pas réellement obligé d’agir ainsi, pourtant il le faisait. Il ne valait sans doute mieux pas se poser davantage de questions ; la gentillesse pouvait parfois prendre des formes inexplicables et le mieux était de l’accepter telle quelle.

Hazel éclata littéralement de rire quand il recracha un des biscuits à la cannelle qu’il venait d’enfourner. Même pas vexée par son attitude – qu’elle savait maintenant exagérée et fausse, étant donné qu’il en avait dévoré une bonne partie auparavant -, la jeune fille avait encore sensiblement détendu l’atmosphère par ce rire. Lui qui prétendait ne pas aimer les sucreries se régalait bien plus qu’il n’aurait voulu l’admettre. C’était rassurant et sincèrement satisfaisant que de le voir finir les miettes de ses biscuits – et au vu de sa mine et de ses traits fatigués et amaigris, la rouge et or avait foi en l’efficacité de son remède fait-maison. Le souvenir de sa mère qui avait toujours eu pour habitude de lui concocter de la nourriture dite « réconfortante » quand le moral de sa petite fille était au plus bas lui revint brièvement et Hazel esquissa pour elle-même l’ombre furtive d’un sourire nostalgique.

Finalement elle avait atteint son but, et plus aisément qu’elle ne le croyait. Ca ne voulait en aucun cas dire que les choses allaient être simples pour Blueberry : il allait de toute manière devoir affronter Crow d’une façon ou d’une autre – mais au moins ne se cacherait-il plus comme il le faisait. Il allait à nouveau vivre, c’était le mieux pour tout le monde. Et puisqu’il allait devoir à nouveau assurer ses cours, il fallait donc se reposer en préparation de la journée qui allait arriver … Et fatalement, aller dormir. Hazel remarqua qu’il était en effet plus tard que prévu et elle finit par acquiescer à la suggestion du directeur de maison. « Je veux bien ! Sinon je vais encore tomber sur Miss Oaken qui va croire que je dépasse le couvre-feu. » Non, non, ça n’était jamais arrivé, comment pouviez-vous croire une chose pareille ? La sixième année croisa les doigts pour que le professeur ne relève pas l’étrangeté du temps utilisé pour parler d’une hypothétique sortie nocturne et laissa volontairement le restant des gâteaux sur la table, vidant néanmoins son jus de citrouille. Après une dernière grattouille à Lancelot, ils étaient partis et affrontaient ensemble le froid humide de la nuit qui s’était promptement abattue sur le château.

Le vent piqueta méchamment leurs visages et la brunette ne fut clairement pas mécontente d’atteindre les abords du hall d’entrée, même si le professeur lui avait prêté sa veste, qu’elle avait acceptée mi-perturbée mi-ravie. Elle devait avoir fière allure, flottant dans ce blouson trois fois trop grand et trop lourd sur ses épaules – mais au moins ne risquait-elle pas d’attraper un rhume ou de grelotter. Bizarrement, le trajet jusqu’au septième étage fut on ne peut plus silencieux, la jeune Risenfield ne cherchant pas à combler une seule seconde du calme qui flottait entre eux. Ca ne la dérangeait même pas autant qu’elle l’aurait imaginé – c’était un peu comme s’ils traversaient une sorte de musée religieux dont ils se sentaient implicitement obligés de respecter l’ambiance muette. Ce ne fut que lorsqu’ils atteignirent le portait de la grosse dame qu’ils échangèrent leurs dernières paroles un brin formelles, et la sixième année de répondre un « Bonne nuit à vous aussi. » avant de s’engouffrer dans sa salle commune.

Ce ne fut que lorsqu’elle se retrouva dans son dortoir que le poids du manteau se rappela à son souvenir. Bah, elle le lui rendrait demain. Trop fatiguée pour réfléchir à la suite des opérations et aux potentielles crasses qu’elle allait devoir mettre en place pour pourrir un peu le joli monde rose dans lequel vivait Béatrice Crow, la responsable des malheurs d’Oswald Blueberry, Hazel se glissa rapidement dans son pyjama, se réfugia dans son lit et s’endormit presque instantanément, un sourire aux lèvres.

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Fighting for good ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Fighting for good ◮ HazOz

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