Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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: We're in the city of wonder, ain't goin' play nice. Am I scaring you tonight ? Ain't used to what you like.

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ϟ FONCTION : Ancien espion pour la cellule SEPOM et les mangemorts. Assassin à son propre compte. (Mangemort non-connu des autorités, en fuite)(Moitié vélane)
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in imo abyssi ◮ LichuKan
MessageSujet : in imo abyssi ◮ LichuKan Dim 1 Mar 2015 - 13:12

audiat vocem meam

ira et excandescentia,
sunt sanguine Harpyia



Sherkan se fendit devant lui ; la rapière émit un sifflement et se ficha dans un bruit sourd dans le mannequin de toile et de sable. Puis, comme une danse hypnotique, le mangemort se mit à virevolter autour de l'ennemi imaginaire. Il n'avait pas pris la peine de se mettre en tenue, trouvant ridicule ces combinaisons blanches et le masque grillagé. Vêtu d'un pantalon de toile marron et d'un t-shirt gris, il n'avait rien de ses apparats habituels. Ses traits étaient figés en une expression concentrée. Ses jambes se croisaient, se détendaient avec des impulsions félines et agiles, comme les sursauts des serpents. Ses bras étaient deux balanciers, et sa chorégraphie était aussi belle que mortelle, chaque contorsion aussi létale avec la rapière que puissante dans la force contenue. Le tigre vibrait, tellement son attention était tournée sur son «ennemi».

Encore. Encore. Puis, il acheva la créature chimérique de ses songes, et enfonça la pointe de son arme dans l'oeil imaginaire du mannequin. Il cessa de bouger, s'immobilisant enfin, le souffle court. Respiration erratique. Goût de sang sur ses lèvres - sur sa langue. Il soupire et va s'asseoir sur le banc, installé dans la pièce d'entraînement physique, pour se reposer. Il essuie son cou et son front plein de sueur. Il renifle, et secoue la tête pour chasser les crampes et les légères douleurs qui commencent à apparaître entre ses tempes. Il repousse ses cheveux poisseux et se dépêche d'aller prendre une douche au rez-de-chaussée - celle du premier étage étant envahi d'une plante carnivore nommée Atalante, qui ne laissait entrer personne sous réserve de le croquer. L'eau chaude décontracta ses muscles et chassa le mot cancer de son esprit. Si il s'entraînait si fort, si souvent, ce n'était pas uniquement pour garder une forme physique impeccable, absolument obligatoire pour ses obligations, mais aussi pour se convaincre qu'il n'était pas une ruine. Pour se persuader que son corps ne se décomposait pas lentement en morceaux, qu'il n'était pas que cendre et beauté fanée.

Il mit un pull noir et bleu directement, léger au col en V. Un jean passé rapidement, et le voilà qui pénétra dans le salon. Etrangement, il semblait rajeuni avec de tels vêtements, qui contrastaient avec ses costumes impeccables. Il passa la main dans ses cheveux encore humides, pour les plaquer en arrière, et son regard gris l'ancra dans la réalité. Lichuan. Le nom perça dans ses pensées comme goutte de métal sur le carton de son attention. Il chercha du regard le jeune homme - nul part. Il s'approcha de la pièce de musique, et là non plus, aucune parole acérée ne l'accueillit. Il plissa les yeux, et monta l'escalier avec une lenteur consommée. Chacun de ses gestes était précautionneux - les fibres de ses muscles étaient encore roides de ses efforts, et sa façon de se ménager ressemblait à l'approche d'un félin en chasse.

Il se retint d'entrer en trombe dans la pièce qui avait été allouée à Aloysius ; il prit la peine - ô honneur - de toquer, trois fois, avant d'ouvrir le battant de bois, séparation inutile entre ces deux monstres. Le tigre posa son regard d'acier sur la silhouette de Lichuan. Il haussa les sourcils, puis, comme pour lui dire bonjour, sa voix grave et mélodieuse susurra du Baudelaire :

« Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme,
Ce qu'elle cherche, ami, est un lieu saccagé,
Par la griffe et la dent féroce de la femme.
Ne cherchez plus mon coeur, les bêtes l'ont mangé. »


Piètre entrée en matière, très théâtrale. Sherkan avait toujours aimé les mises en scène. Il pencha la tête de côté, déposant doucement son épaule sur l'encadrement de la porte. Il était chez lui, et tout dans sa manière d'être était conquérant, puissant, vainqueur. Pourtant, son sourire amusé disparut. Si il était d'humeur joueuse, comme à son habitude, Lichuan semblait ... différent. Le tigre fronça les sourcils, puis s'efforça de gommer toute forme d'agacement de son visage. Ce n'était pas comme si les émotions de Lichuan le contaminaient. Ce n'était pas comme si il il s'en occupait.
Ce n'était pas comme si Lichuan lui importait.

« Le piano prend la poussière. » Autre façon pour le tigre d'inviter l'asiatique à venir jouer avec lui. Leur petit jeu du professeur et de l'élève se passait comme une mer, tantôt déchaînée tantôt calme et limpide. Lichuan était doué - très doué. Et les mélodies qu'il savait déjà jouer flattaient l'oreille virtuose de Sherkan. Il croisa les bras sur son torse, son pull se plissant et collant à sa peau de façon honteusement gracile. Tout était calculé - toujours. Il aimait titiller Lichuan. Mais aujourd'hui ... Quelque chose clochait. Plutôt mourir que de demander ce qui n'allait pas, mais dans le fond, la curiosité du mangemort était piquée. Ce qui expliquait qu'il restât immobile, attendant une explication, des cris, un rire.
Des pleurs.
La colère.
La harpie.


Qu'as-tu Lichuan ? Que se passe t-il donc ? Allons, viens donc près de moi, amuse-moi, pantin. Je n'aime guère quand tu simules les émotions comme un vrai garçon. Tu n'es pas de chair mais de bois - cesses d'être différent. Redeviens comme autrefois. Redeviens mon petit garçon. Redeviens ma chose. Tu es à moi. A jamais. Les pensées possessives étaient aussi brûlantes que de la lave, mais ne franchirent pas ses lèvres closes. Il se contenta d'observer Lichuan, sans rien dire. Invite silencieuse à quelque chose - parler, crier. Frappe-moi même. Mais ne m'ignore pas. Ne me délaisse pas.


_________________


« i was in the wrong time with the wrong person. »
I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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in imo abyssi ◮ LichuKan
MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Dim 1 Mar 2015 - 16:12

when nothing goes right
go left

Il avait fait semblant d'oublier la lettre de Victory afin de ne pas y répondre quelque chose d'amer et de forcément horrible ; retenir la colère monumentale qui l'avait submergé comme une vague irrésistible et nier la tristesse avec une férocité troublante incarnait pour Lichuan tous les efforts du monde mais il ne voulait pas paraître aux yeux de la jeune femme encore plus monstrueux. Il n'était pas sûr de pouvoir en supporter davantage, d'encaisser les insultes meurtrières et les phrases assassines avec la nonchalance qui le caractérisait si bien d'habitude. Alors il l'avait laissé glisser, cette lettre accusatrice aux cruels accents de vérité, sous un meuble soigneusement lustré comme on abandonne un homme à la mer et avait continué à afficher ce sourire indéchiffrable qui ne laissait filtrer aucune de ses émotions, même les plus banales, les plus insignifiantes. Il ne s'est rien passé, s'acharnait-il à penser avec force tandis qu'il tournait en rond dans l'antique bâtisse, perdant même le goût de provoquer Sherkan pour focaliser toute son attention sur cette simple idée, aussi innocente qu'un balbutiement de bambin, aussi destructrice que la sentence d'un juge : Ne lui réponds pas.

Il était mort à ses yeux et, dans ce monde aux facettes inconstantes, cela ne l'étonnerait pas qu'il le soit réellement bientôt, mort. Cette pensée lui arracha un rire bref qui résonna lourdement dans le silence de sa chambre. Il n'en était sorti que pour rôder entre les quatre et quelques murs de la maison, cherchant un mauvais tour à jouer sans trouver la motivation de mettre en oeuvre ses idées farfelues. Son hôte s'étant éclipsé dans sa salle d'entraînement, parodiant des mouvements académiques afin de se donner l'illusion qu'il pouvait vaincre son cancer comme on terrasse un ennemi de chair et de sang, Lichuan avait fini par se contenter de lui emprunter un sombre bouquin de généalogie et décortiquer avec un intérêt suspect la moindre nuance présente dans la lignée des Yaxley ou des Dolohov. Il était en train d'entamer la partie consacrée aux Selwyn lorsque trois coups vifs furent frappés contre sa porte, lui évoquant instinctivement les trois coups juste avant le début d'une représentation théâtrale. Vaguement décidé à ignorer Sherkan —qui d'autre, après tout, prendrait le risque de le déranger à un tel moment ?—, il ne prit pas la peine de lui demander d'entrer. L'instant d'après, la porte s'ouvrait, dévoilant la silhouette athlétique de Sherkan. Les lèvres honnis laissèrent échapper les vers chéris de Baudelaire, contraste presque effrayant. Mais pourtant étrangement familier.

« Ce cher Charles, rétorqua férocement Lichuan, ne daignant même pas lever les yeux de son livre. » Nonchalamment, d'un ton auquel il sut miraculeusement insuffler une note moqueuse, il ajouta : « Joli, ton pull blanc et doré. Très chic, vraiment. »

Que désirait Sherkan, à la fin ? Pour une fois qu'il trouvait le moyen de rester tranquille le temps d'une pathétique journée, le Mangemort allait-il réussir à lui reprocher son silence inquiétant ? Ce serait définitivement Ste Mangouste qui refuse les dons des Malefoy.

« Le piano prend la poussière » La phrase eut au moins le dos de lui faire relever la tête. Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire ? Une invitation ? Ou une menace ? Lichuan haussa un sourcil faussement intrigué tandis qu'il répliquait d'une voix bien trop neutre pour être honnête : « En même temps, avec Magdalène qui tente de dévorer les doigts de quiconque ose s'approcher un peu trop près d'elle, qui a envie d'en jouer ? » Sans doute, non, bien sûr qu'il s'agissait d'une question rhétorique mais Lichuan trouvait amusait le fait de le répéter encore et encore jusqu'à ce que Sherkan finisse par brûler cette maudite plante —et se fasse copieusement engueuler par Daphné. Un spectacle toujours divertissant.

« Qu'est-ce que tu veux ? acheva-t-il dans un souffle, feuilletant distraitement son livre alors qu'il ne souhaitait qu'une chose : que Sherkan disparaisse de sa vue. » On pouvait sentir la colère à peine voilée sous ses mots apparemment insignifiants —d'où venait-elle ? Sherkan ne saurait sûrement pas le deviner et Lichuan ne voyait pas pourquoi il devrait lui expliquer, non, surtout pas lui expliquer à lui.

Il est si facile, Sherkan, de continuer à prétendre que je suis ta marionnette alors que tous les fils ont été brisé, tranché d'un geste rageur. Il est si vain d'entretenir cette belle illusion dans laquelle tu te noies alors que celle-ci ne peut te mener qu'à la pire des déceptions et même à ta perte. Il est si stupide de te noyer dans un joli mensonge,
Nous sommes déjà perdus, après tout. Et si la seule chose que tu attends de moi est une réaction, alors je me ferais un plaisir de te la refuser, mon cher, puisque la fausse résistance est tout ce qui nous reste.
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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Lun 2 Mar 2015 - 23:11

audiat vocem meam

ira et excandescentia,
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Lichuan est là, feuilletant un livre comme si de rien n'était. Anormalité résonnante. Echo d'une brèche. Quelque chose ne va pas - il le sent. L'instinct du fauve, peut-être. Ou simplement le fait qu'il ait appris à connaître Lichuan, même quand ce dernier s'efforce de lui cacher les choses - surtout quand il tente de lui voiler des choses. La remarque sur la couleur du pull le fait hausse les sourcils - aucune importance. Mais qu'est-ce qui a de l'importance Sherkan, exactement ? Mis à part toi ? Sa proposition ne semble pas avoir fait l'unanimité du public que constitue la harpie. Le nom résonne dans sa bouche, insultant de par sa portée. Magdalène. Sherkan se sent coupable d'avoir pu laisser des indices derrière lui - comment l'a t-il appris, ce prénom couvert de sang ? Comment a t-il eu connaissance de cette partie pourtant enfoui de son passé ? Ce simple mot - Magdalène - a le don de l'assombrir. Il reste immobile - par choix, par substance, pour vivre. Le regard de Lichuan le cloue sur place, et sa question a la saveur piquante d'un dédain impérieux. Il ne me veut pas ici. Il voudrait que je sois ailleurs. Sherkan pourrait partir, le laisser tranquille.
Mais ce serait trop simple. Trop facile.
Le jeu n'aurait plus de goût alors.

« Ce que je veux ? Mais tu le sais parfaitement Lichuan. » Toi. Vivre. Toi. Le pouvoir. Toi. « Et toi, que désires-tu exactement ? Ne répond pas " que tu me laisses tranquille " » singe t-il absurdement Lichuan, avec un coup d'oeil provocateur, « et sois un peu plus imaginatif. » Il s'avance enfin dans la chambre - et il a l'impression d'y pénétrer pour la première fois. Ebahissement devant ce qu'en a fait Lichuan - c'est sa tanière de harpie, non jonchée de crânes de ses victimes mais de livres et d'autres affaires à lui. Même l'endroit à le léger parfum si particulier du mangemort. Sherkan soupire et s'assoit enfin, par terre, à quelques dizaines de centimètres de Lichuan. Il ne l'avouera jamais, mais sa compagnie lui a manqué toutes ces années. Non, non, pas sa compagnie - le pouvoir qu'il avait sur lui, voilà tout. Comme si il pouvait apprécier ce rapace au regard noir, an sang d'encre et à la rébellion grotesque.
Absurde.
Ridicule.
Exact.

« Tu n'as plu reparu dans le salon depuis hier après-midi. Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le hibou que j'ai vu s'envoler ? Tu as reçu de mauvaises, de noires nouvelles, mon petit Lichuan ? » Titan maudit, chimère luciférienne ; tu l'as entraîné dans ton abime personnel, et tu en as fait ce qu'il est. Ta faute, ta faute. Alors pourquoi souris-tu ? Parce que s'il est en enfer, autant que ce soit avec moi. Si sa voix était joueuse, elle se fait soudain sérieuse. Son sourire narquois a disparu, mais il n'a pas l'air inquiet. Juste - juste comme si il n'avait pas d'émotions. Un visage vierge - de rides, de sourire, de haine, vierge comme du parchemin, vierge de monstruosité et pourtant. « Qu'est-ce qui te ferais plaisir » pantin de bois, harpie de mon coeur, chevalier noire à la triste mine, « des livres, une sortie, pour te changer les idées ? Allez, je t'invite. Si tu ne joues pas, ce n'est plus amusant. » Toujours à chercher des excuses. Toujours à falsifier chaque parcelle d'émotion, comme si, à la moindre fissure ... Lichuan gagnerait en contrôle.
Mais c'est le cas. Il en jouerait, le fou. Si il savait combien Sherkan s'inquiète de le voir indifférent à leurs jeux habituels, si il savait ...
Si il savait tout.

« Daphné m'avait parlé d'une exposition sur l'époque médiévale. Elle avait parlé d'un coin réservé aux poisons et aux plantes, si tu veux, on pourra y aller. Ou vous pourrez y aller, vous deux. » Il sait que Lichuan ne voudra pas de lui - mais l'idée de pouvoir se libérer de son emprise lui fera peut-être retrouver le sourire.
Qu'est-ce qui te mets dans de tels états, Lichuan ?
Je devrais être le seul à te rendre triste, en colère.
Le seul qui compte.


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« i was in the wrong time with the wrong person. »
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in imo abyssi ◮ LichuKan
MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Mar 3 Mar 2015 - 0:15

when nothing goes right
go left

De manière inattendue, le roi daigna s'abaisser à la hauteur du fou ; semble même tendre une main. Mais Lichuan demeura méfiant. Il était si facile de blâmer Sherkan, après tout, pour toutes ces choses qui allaient mal dans sa vie. Son visage était intimement lié dans l'esprit de Lichuan aux pires cataclysmes. Son sourire charmeur annonçait les mauvaises nouvelles et son regard ne s'animait que face aux tortures les plus délicieuses. Un cauchemar, voilà ce qu'il incarnait ; un monstre, voilà ce qu'il était. « Ce que je veux ? Mais tu le sais parfaitement Lichuan. » Non, au contraire, bien au contraire : il n'avait jamais su. Jusqu'au bout, il se leurrait, devait se contenter d'imaginer, de fantasmer. De glaner les rares miettes que Sherkan semait sur son passage. Lichuan, tel le Petit Poucet, avançait à tâtons le long d'un chemin rarement illuminé. Un chemin qui ne menait nulle part, certainement. Une impasse, tracée par Sherkan.
Spécialement pour lui.

« Et toi, que désires-tu exactement ? Ne répond pas " que tu me laisses tranquille " et sois un peu plus imaginatif. » Lichuan ricana, l'air moqueur ; était-il donc à ce point prévisible aux yeux de son hôte ? Peut-être pas tant que ça étant donné ses piètres préoccupations par rapport à son état de mélancolie inhabituel. « Que tu me laisses tranquille, répéta bêtement l'asiatique d'une voix absolument criarde et insupportable, singeant l'enfant gâté avec une perfection presque troublante. »

Lorsque Sherkan s’avança dans la pièce, foula de ses pas assurés le territoire de Lichuan, fit voler en éclats toutes les limites prudemment instaurées au début de leur improbable colocation, l'asiatique ne put pas s'empêcher de craindre —d'espérer— le pire ; il vit son regard glisser sur les rares affaires qu'il avait eu le temps d'emporter avec lui dans sa fuite, les livres précieusement rangés, une maigre poignée de photos floues et encore des livres, toujours des livres. Presque instinctivement, alors que l'autre homme s'asseyait naturellement, bien trop naturellement, sur le sol en face de lui, Lichuan s'empara de son dé qui gisait au fond de sa poche, le fit rouler précipitamment entre ses doigts, s'imprégna de ce contact rassurant, apaisant. Sa respiration était dangereusement calme tandis qu'il faisait face à Sherkan, figé dans ce dédain insolent, à peine voilé ; révolte d'écolier ou prémices d'une colère monumentale ? Comment savoir ? Lichuan lui-même ne possédait pas les clés pour anticiper ses propres réactions. Il avait renoncé et, depuis ce jour maudit où Sherkan était revenu dans sa vie comme on force violemment la porte d'entrée d'une maison de papier, il avait même complètement oublié.
Oublié d'assurer ses arrières.

« Tu n'as plu reparu dans le salon depuis hier après-midi. Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le hibou que j'ai vu s'envoler ? Tu as reçu de mauvaises, de noires nouvelles, mon petit Lichuan ? » Touché, songea brièvement Lichuan sans rien laisser apparaître de la tempête qui le secouait à l'intérieur, dans une partie de son cœur qu'il ignorait posséder encore. Il l'avait cru arraché par les griffes acérées de Sherkan. Peut-être que ce dernier n'avait pas tout à fait réussi son oeuvre de destruction, finalement. Il ignorait s'il était censé se réjouir de cette nouvelle ou, à l'inverse, s'horrifier. Sincèrement, violemment. Mais cela ne servirait sans doute à rien.
Le brusque changement de ton de Sherkan eut le don d'éveiller une maigre parcelle de son intérêt ; si la note joueuse résonnait familièrement à son oreille inattentive, le sérieux confondant avec lequel il s'adressait maintenant à lui réussit le petit miracle de lui faire lever la tête de son livre —incroyablement ennuyeux au passage, mais il ne fallait pas être aveugle pour deviner que Lichuan se noyait dans des lectures assommantes quand les choses ne se passaient pas comme elles l'auraient dû. « Qu'est-ce qui te ferais plaisir, des livres, une sortie, pour te changer les idées ? Allez, je t'invite. Si tu ne joues pas, ce n'est plus amusant. » La proposition lui fit hausser un sourcil plus ou moins faussement intrigué ; la phrase en elle-même suffisait à lui rappeler les stratagèmes que déployait Sherkan pour détourner son attention de ses actes embarrassants.

Tu as fait ce qu'il fallait, Aloysius. Je t'aime, n'y pense plus. Que veux-tu faire maintenant ? Choisis. J'ai envie de te faire plaisir. Et lui, qui tombait dans le panneau à chaque fois. Tellement pathétique.
Tellement amoureux.
« S'il te plaît, Sherkan, croassa-t-il d'une voix rauque avant que ses lèvres ne s'étirent en un sourire malicieux et qu'il ne déclare d'un ton enjoué, malgré l'horreur de ses propos : Peux-tu placer ta tête sur des rails et attendre qu'un train passe ? Ça, ça, tu vois... ça risque d'être très amusant. » Et encore, cela ne suffirait pas à rembourser toutes ces années passées sous sa coupe, sous son influence perverse. Mais cela comblerait au moins de joie ce trou causé par les mots carnassiers de Victory. Peut-être.

Mais déjà, Sherkan enchaînait : « Daphné m'avait parlé d'une exposition sur l'époque médiévale. Elle avait parlé d'un coin réservé aux poisons et aux plantes, si tu veux, on pourra y aller. Ou vous pourrez y aller, vous deux. » Ça, ça, c'était nouveau. Depuis quand Sherkan lui proposait-il des sorties ? Et encore plus troublant, des sorties sans lui ? Comptait-il le suivre, au moins ? C'était la seule explication crédible.

Lichuan éclata brusquement de rire. Un rire rauque, hystérique, surprenant. Un rire libérateur. C'était l'unique réaction possible face à la mascarade si bien rodée de Sherkan. Un rire qui résonna longtemps dans le silence de la chambre. « Oh, Sherkan, fit-il lorsqu'il eut repris son souffle. Est-ce que tu ne serais pas en train de t'inquiéter, par le plus grand des hasards ? Non ? Vraiment pas ? Sûr ? » C'est qu'il insistait, le bougre, si amusé par sa potentielle découverte qu'il en oubliait le caractère hasardeux de son hôte ! Comme toujours, cela dit. Mais si le ton était taquin et le regard pétillant, les intentions était décidément moins pures. Le dé était au fond de sa main. Sherkan en face de lui, qui dévoilait une brèche que Lichuan n'hésiterait pas à exploiter. Il allait presque mieux.

« Je ne veux pas sortir. Je ne veux pas de nouveaux livres ni de cadeaux. Je ne suis pas une princesse fragile, une poupée de cire que tu peux garder sous ton contrôle éternellement, cracha-t-il. » Sa voix se radoucit soudain alors qu'il se redressait légèrement sur le lit et tendait la main, déliait délicatement ses doigts et révélait le dé, carré de blanc pur tranchant sur la peau brune de Lichuan. « Jouons plutôt. Tu connais les règles ? » Mes règles, Sherkan.

Six chiffres.
Six possibilités.
Le hasard.
Toi.
Et moi.
Comme avant.
Et pourtant tout semble si différent.
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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Jeu 5 Mar 2015 - 20:21

audiat vocem meam

ira et excandescentia,
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Si prévisible, le petit Lichuan - si amusant, en un sens. Si adorablement mortel. Instable, fatal, foudroyant Aloysius - harpie furieuse, chimère dissimulée sous ces jolies traits. Le regard de Sherkan ne le quitte pas, scrutateur - il observe chaque mouvement, chaque inspiration, boit les sons et les couleurs, le temps d'un éclair, le temps orage, le temps d'un battement de coeur. Ses doigts jouent les uns contre les autres - impulsion d'un corps, course d'une impatience. Il ne peut rester totalement immobile, même si il a l'air d'une statue d'albâtre, un roi étrangement défait de son piédestal, ainsi assis par terre. Comme un héros, comme un monstre abattu, son visage à la fois neutre et étrangement expressif.
Une impassibilité animée des émotions d'un monstre, voilà qui ravirait Baudelaire, sans aucun doute.

Ses paroles accrochent la chair, griffent les oreilles. Il a visé juste - comme souvent, comme toujours. Détestable vélane, maudit démon aux propos aussi délectables qu'un nectar empoisonné - ton fiel est un venin au goût de paradis. Il le sait, il en joue - mais est-ce encore lui qui mène le jeu ? Ils dansent, ils s'étreignent, s'égratignent - ils n'en sortiront pas vivants, sûrement. Il gratte une vieille blessure, ce tigre féroce - sa compassion ne peut être que factice, bien entendu. N'est-il pas inhumain, n'est-il pas de pierre et de sang, de chair et de mort, de destruction vêtu, de carnage coiffé ? S'il n'est point la mort, du moins l'est-il un peu. La saillie d'Aloysius fait hausser le sourcil droit de Sherkan, comme le bras délicat d'une danseuse. Les traits sont hautains, dédaigneux - je m'attendais à mieux comme répartie, petit épervier au bec acéré. « Ce n'est pas très poli, comme demande, voyons » fait-il, comme on gronderait un enfant - féroce, cruel ton, d'un père face à son fils, d'un maître devant son esclave. D'un homme détenant la puissance à celui qui est - celui qu'il croit - être à lui, sa chose, son méfait. Sa création. C'est pire qu'un rire narquois, pire qu'un regard furieux ou distant - c'est une charge dans le passé, comme on secouerait une vieille boîte de souvenirs. « Si je dois mourir pour quelqu'un, ce ne serait absolument pas toi. Quelle déception, n'est-ce pas ? »

Lui d'abord - et Thaddeus sûrement après. Peut-être même au niveau semblable. Il n'a prononcé ces mots que dans une intention de défi - oui, je peux apprécier quelqu'un au point de mourir pour lui. Enfin ... Non, peut-être pas. Qui sait ? Mais si tel devait être le cas, tu serais tout en bas, mon cher Lichuan, juste devant Lone. Si je désires tant t'avoir à mes côtés, c'est pour assister à ta destruction d'un point de vue proche ; je veux être éclaboussé de ton sang et de ta peur, quand viendra la fin. Je veux voir les rideaux se poser, lourds et étouffants, sur ton corps. Je veux te voir. Je veux t'avoir.

Le rire.
Le rire le crible d'échardes - son expression devient neutre, dans un réflexe de survie. Son regard pétille, devant l'éclat rempli d'une folie enténébrée. Rire embrumé d'une liberté qu'il espérait avoir gagné à la force de ses coups de serres, harpie de fumée et de débris. Est-ce que tu ne serais pas en train de t'inquiéter, par le plus grand des hasards ? Non ? Vraiment pas ? Sûr ? Diable dément à la langue trop pendue. Le regard de Sherkan se plisse, et d'un ton fauve, féroce et sauvage, il rétorque, comme si cette simple idée était l'absurdité même : « M'inquiéter ? Lichuan voyons - ne suis-je pas le monstre sans émotions ? La seule angoisse que j'éprouve, ce serait celle de ne pas assister d'assez près à ta fin, à ta perte, depuis le temps que je l'attends ... » Il est volontairement barbare, impitoyable - c'est la seule chose qu'il peut faire. C'est la seule chose qu'il croit -veut- comprendre. Cette inhumanité qui est la sienne est un passé auquel il s'accroche - cette bestialité qui est lui. Si cela n'était plus, que resterait-il ? Rien. Rien à détester, rien à aimer.
Je nous sauve tous les deux, Lichuan.

Jouer. Danser. C'est une étreinte mortelle. La musique qu'ils jouent est une sonate douce, entremêlée de rires et de cris, les leurs, ceux des autres. Le sang se mêlent aux notes, le froissement du tissu, les griffes sur la peau, la douceur éphémère d'une caresse, l'amertume d'un baiser volé, d'une lèvre mordue. Âcreté d'une langue sournoise, entre des dents perfides - bien sûr que si, je peux, a t-il envie de rétorquer, d'un ton boudeur, mais il retient la sienne, de langue. Et, fasciné, les mots résonnent en lui avec un étrange écho.

Jouons plutôt. Tu connais les règles ? Le plaisir du jeu, comme celui de la chasse. Les mots palpitent dans son ventre. Il regarde, avec une fixité proche de l'hypnotisme, le dé dans la main tendue. Il le nargue, cet objet du destin, ce souvenir funeste, ce bibelot d'un passé où les mots entre eux étaient doux tout autant que faux - du moins pour lui. Il hésite, troublé - visiblement troublé. Quelque chose le bouleverse, sans qu'il mette le doigt dessus. Peut-être ne le veut-il pas. Ce joli mot appelé déni - Sherkan l'évite comme la peste, ironie tragique. Alors, il avance des doigts curieux et, saisissant le dé, le fait rouler sur le parquet. Son regard le suit, comme un chat suivrait une souris - férocement, comme si sa vie était en jeu.
Qu'est-ce qui se joue, Lichuan ?
Toi, moi ? Nous ?
Tout ?


« Pair, et j'obéis à un de tes ordres. Impair, et c'est toi qui obéis à un de mes ordres. » Ses règles, ses conditions. Mais rien ne l'empêche de tout pimenter. Tu aimes jouer, Lichuan, alors prenons des risques. C'est ce que l'on aime, entre nous, non ? Ce frisson d'extase quand le destin nous prend entre ses mains pour jouer avec nous - pour se jouer de nous. Je ne crois pas en la chance ou dans ce destin que tu appelles de tes voeux à chaque fois que tu lances ce maudit dé. Mais. Mais aujourd'hui, peut-être ...
Peut-être qu'il me faut croire en autre chose.
Peut-être que j'ai envie d'y croire.
De te croire.


Le dé a roulé sous le lit. Sherkan observe les profondeurs ténébreuses, et se retient difficilement de récupérer l'objet de son attention. Il se tourne vers Lichuan, avec un large sourire crâneur - une provocation, de toute son âme, de tout son corps, de tout son coeur. Une espèce d'ultimatum. Une crânerie stupide et ridicule, mais qu'il porte avec une fierté toute sincère. « Tes règles. Ton jeu. Ton verdict. » Vas-y, Lichuan. Enferme nous dans ce jeu. Clos nos portes, nos fenêtres. On pourra toujours se cacher sous la table, ou dans le placard - non pas le placard, jamais le placard, pas le placard, pas le placard - mais nous serons toujours là. Quand bien même tu croirais retrouver ta liberté, je serais là. Si tu fuis sans personne derrière toi, il n'y a aucun plaisir dans cette fuite. Si je traque une ombre, il n'y a aucun amusement. De besoin à vital, il n'y a qu'un pas. Et un abîme profond - qui tombera ? Toi, moi ?
Ou ce dé entre nous nous emmènera t-il ailleurs ?



_________________


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I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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in imo abyssi ◮ LichuKan
MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Mar 10 Mar 2015 - 22:07

when nothing goes right
go left

Et voilà qu'il se faisait gronder comme un enfant capricieux, avec le mépris vaguement indifférent des parents habitués aux innombrables caprices de leur progéniture. Et voilà qu'il voyait ses rares ressentis tournée en ridicule, comme un maître piétine les maigres protestations de son valet ; mais ceux-là possédaient l'avantage indéniable de pouvoir encore être surpris. Au-delà du fait qu'ils ne s'attendaient pas à une réponse, ils croyaient leur autorité si solide qu'ils ne réalisaient pas qu'elle n'était faite que d'ombre et de poussière, une poussière facilement dispersée. Mais Sherkan —Sherkan connaissait les ficelles. Il connaissait les as et les tours, les mécanismes enfouis et les pièges tortueux, savait quelle arme choisir, où viser, comment abattre sa proie d'un simple regard. Tant mieux, songea distraitement Lichuan en refermant d'une main anormalement brusque son livre pour lui faire face, pour encaisser ce regard orageux et ces phrases venimeuses. Le défi n'en sera que plus amusant.
Lui non plus n'était pas désarmé. Absurdement fou, Sherkan le serait s'il osait même ne serait-ce que penser cela. Ou bien était-ce lui, Aloysius Lichuan Whitelaw, Mangemort en fuite, triste caricature du Chapelier fou, qui se leurrait à force de s'obstiner à croire en ces vaines chimères, au point de les rendre plus réelles qu'elles ne l'ont jamais été ? Que gagnerait-il, au juste, à battre Sherkan à son propre jeu ? Rien.
Tout.

« Tu n'accepterais donc pas de mourir pour moi, Sherkan ? Quelle déception, en effet répéta-il en écho, comme si l'idée était bien trop folle pour qu'il puisse simplement lui accorder un soupçon d'intérêt, cependant il enchaîna : Si seulement c'était aussi facile. Il me suffirait alors de me livrer aux Aurors et le reste suivrait naturellement. Comme ça... (Prestidigitateur de pacotille, il claqua des doigts, dardant un regard amusé sur l'autre homme, ce fou qui pénétrait dans son territoire et devait apprendre à jouer avec ses règles.) En quelques secondes, ton souvenir serait réduit à une poignée de cendres. Quelle charmante perspective. Tu n'imagines même pas à quel point elle m'enchante. »
Cruelle ironie ; se livrer aux Aurors, Lichuan aurait été obligé de le faire si Sherkan ne l'avait pas prévenu à temps. Mais il ne jugea pas utile de le mentionner. L'espion était assez intelligent pour comprendre, après tout, et lui-même n'était pas sûr de s’appesantir sur cet épisode plus longtemps.

S'il en doutait, il peut maintenant affirmer crânement que Sherkan est un barbare, sous ses traits délicatement ciselés et la fausse douceur de son sourire ; c'est avec une hargne sauvage qu'il tente de détruire ses défenses à coup de morsures et de poings, brandit ses griffes en toc comme une menace, foule avec un mépris suprême ses pensées offertes. Lichuan encaisse les blessures invisibles, sourient encore, toujours. Il incarne la provocation, joue son rôle jusqu'au bout, jusqu'à la fin s'il le faut. « M'inquiéter ? Lichuan voyons, frappe Sherkan en digne escrimeur. Ne suis-je pas le monstre sans émotions ? La seule angoisse que j'éprouve, ce serait celle de ne pas assister d'assez près à ta fin, à ta perte, depuis le temps que je l'attends ... »

« Oh, mais suis-je bête ! répliqua-t-il en sifflant presque, perfide. Ta fin surviendra bien avant la mienne. » Et son souvenir, réduit à l'état de cendres encore fumantes. Seul un nuage noir et la lourde odeur de cadavre lui rappelleraient désormais un homme dont il avait aimé le masque autrefois et qu'il haïssait à présent avec la force des désespérés pour la même raison. Un visage flou. Des paroles brouillées par le temps et la triste désinvolture de ceux qui doivent continuer à vivre malgré tout. Une ombre du passé. Un cauchemar qu'on se surprend à ne pas regretter. Un fragment de souvenir brisé.
Une douce revanche.
Tout est dit ; Sherkan va bientôt mourir. Il le pardonne. Il se pardonne, se pardonne les instants de faiblesse, le piano, Baudelaire, le Lac des Cygnes. Il finira par oublier, en même temps que sa Némésis disparaîtra six pieds sous terre.

Et puis le jeu. La vision du dé semble attiser quelque chose dans le regard de Sherkan et Lichuan se surprend à penser qu'il aime cette sensation, celle d'attirer son attention et réussir miraculeusement à la garder toute entière. Quand les rôles s'inversent. Ce n'est pas la première qu'il a cet effet mais—Mais il ne veut pas savoir pourquoi. Autant l'ignorer, cela ne changera rien, après tout. Absolument rien.
Le dé change de main, la proposition fuse —« Pair, et j'obéis à un de tes ordres. Impair, et c'est toi qui obéis à un de mes ordres. »—, Lichuan l'accepte avec une étonnante docilité. Le risque éveille en lui quelque chose qui ressemble vaguement à de l'impatience mêlé à une certaine envie. Envie de jouer, envie de tenter le sort, Merlin, Salazar, Dieu ou quel que soit le nom qu'on lui donne. Si les choses tournent mal, c'est eux qu'il blâmera au lieu de sa propre inconséquence ou des traîtrises toujours imprévisibles de Sherkan. Tellement pratique.
Ainsi, cela lui donnera une excuse pour recommencer à la prochaine occasion.

Il ne remarque tout d'abord pas que le dé a roulé sous le lit ; il est trop occupé à fixer Sherkan, à essayer de deviner ce qu'il pense, d'appréhender la moindre de ses réactions. Puis sa voix cassante l'interpelle : « Tes règles. Ton jeu. Ton verdict. » C'est animé par une certaine peur, peur qui envoie des frissons d'impatience dans son échine, qu'il se penche et fait glisser le dé jusqu'à eux d'une main précautionneuse, afin de ne pas brouiller les résultats. Menteur, oui, il assume ce titre. Mais tricheur ? Jamais.

Pourtant, il est tenté un vague instant, lorsque son regard effleure le chiffre qu'énonce insolemment l'objet, de manière placide et innocente. Pourtant, il renonce à cette idée aussi vite qu'elle lui est venue. Alors il se contente de laisser échapper un rire sincèrement amusé et de ficher ses yeux dans ceux de Sherkan, comme une provocation, un défi.

« Impair. Chanceux que tu es. »
Et l'essentiel est dit. Le reste, Sherkan le devinera à la tempête qui fait fureur sous son crâne, que son regard sombre trahit. Maintenant, il attend simplement, livré aux mains de Sherkan, avec un calme étrange. Il ne craint rien d'autre que ses propres réactions. Ce n'est qu'un jeu, après tout.
C'est toute leur vie résumée en un seul instant.
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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Mer 11 Mar 2015 - 0:00

audiat vocem meam

ira et excandescentia,
sunt sanguine Harpyia



Je t'ai regardé toute ma vie. Ce ne sont pas nos petits jeux qui brisent notre éternité, Lichuan. Ils se défient du regard, deux essences qui se heurtent dans un vacarme assourdissant, entre les cris silencieux de deux âmes torturées, les claquements de crocs, les griffes qui déchirent le velours de la chair, de l'esprit. Ils sont deux aimants, à s'électrocuter sans pouvoir faire autrement. C'est pour cela que Sherkan l'a sauvé - parce qu'il ne pouvait agir de façon différente. Laisser quiconque que lui blesser ou emprisonner Lichuan aurait été un affront personnel. Mais avait-il espéré une quelconque gratitude de Lichuan ? Oh, non, il n'en avait pas eu la stupidité. Jamais sa harpie favorite ne reconnaîtrait qu'il lui avait sauvé son petit postérieur emplumé. Non, il préférait plutôt que pour dire merci, utiliser sa langue pour lancer du venin au visage du crocodile. Démon aux traits fastes et splendides, médiocre dans sa pompeuse essence divine et adorée. Le reflet pathétique de son jouet, de sa création.

Si il y a cependant une chose qui est restées intacte, chez lui, c'est ce goût du jeu, du danger, des risques. Ce frisson d'extase qu'ils ont souvent partagés, ce frémissement de l'âme face à un dé, à des pions, à des cartes, cruauté d'un destin, des dieux, du jeu implacable. Et Sherkan aime ça - le tressaillement qui le prend, jusque dans le coeur. Jusque dans la poitrine, qui l'étreint, lui coupe le souffle comme un baiser volé, comme un goût acidulé, métallique, sur le langue. L'audace les prend, les module, les façonne - ils sont sous la coupelle d'un contrôle qui n'est plus leur. Ils se remettent à d'autres règles, d'autres lois. Sherkan a le regard qui vacille - pour un peu, et il se sentirait fébrile. Ce n'est cependant qu'un jeu, n'est-ce pas ? Comme la roulette russe. Le crocodile enracine ses prunelles de cendres sur la main de Lichuan. Le dé revient, comme une bête traînée à contrecoeur. Il n'en voit pas le résultat, et un instant, quelque chose se tend en lui.
Un frisson de panique.
Une exaltation épouvantée.
Une excitation délicieusement intimidée.


Que le destin nous soit favorable. Il semble qu'ils n'ont plus parlé depuis des siècles. Puis les mots de Lichuan dépossèdent le silence. Ils éclatent en l'air comme du cristal. Ils forment un son cristallin, qui vibre dans le corps tout entier de Sherkan. Comme la caresse d'un amant, comme un frôlement de l'âme. Impair. Chanceux que tu es. La folie furieuse face à ce retournement du jeu qui anime la vue du jeune homme fait sourire Sherkan. Et, malicieux, il se penche en arrière, faussement dédaigneux. Chanceux que je suis, songe t-il avec une moquerie toute méprisante. La chance, il n'y avait jamais cru. Il pose son regard sur le visage à quelques pas de là. Il détaille avec arrogance les traits, les pommettes, les joues, le nez. Les lèvres. Les yeux. Le soleil qui éclaire paresseusement, le temps d'un éclair doré, sa peau. Il a l'air ... non pas désespéré, mais vide.
Ne t'ai-je pas donné la vie, Pinnochio, harpie de bois ?
Laisse-moi t'insuffler un
sourire, alors.

« Me voilà donc à devoir choisir un ordre à te donner, hm ?» fait-il d'une voix malicieuse, en se redressant sur son séant, s'approchant doucement du lit. Tous dans ses gestes est fascinant, et il y a quelque chose d'inhumain dans la danse de ses bras, dans les ondulations de son visage qui va de droite à gauche, avec son sourire victorieux. « Je me demande ce que je pourrais bien te demander ?» Il le nargue. Il joue - il savoure cette petite victoire.
Mais je ne refermerais pas mes doigts, pas tout de suite.
Je vais t'offrir quelque chose de précieux, Lichuan.
Savoure.


« Je sais. » Un simple murmure. Son visage est penché, à quelques centimètres - il est proche de Lichuan, afin qu'il capte chacun de ses souffles. Sa voix est accentuée par des relents de français - ce qui donne à ses mots une consonance presque poétique, une mélodie particulière. Il continue de sourire, il continue de fixer. Il ne lâche pas - jamais. Il ne le touche pas, mais il joue. Ils dansent, encore et encore. S'épuiseront-ils un jour, à s'en faire saigner les pieds, ou continueront-ils à s'étreindre et à se mordre, éternellement ? « Lichuan, je t'ordonne ... » Il passe sa langue sur ses lèvres. Il n'hésite pas, non. Il sait ce qu'il va dire.
Cela lui coûte. Mais il le veut.
Surtout maintenant.

« ... de me donner un ordre. » Il hausse les sourcils, oui tu as bien entendu, et se recule enfin. Sa bouche est sèche, et un goût métallique offre sa saveur à ses papilles. Il a soudain envie d'un brandy et d'un cigare. Il voudrait disparaître - ce jeu, brusquement, lui semble inutilement dangereux. Ce n'est rien. Ce n'est qu'un jeu stupide, avec un stupide dé et une stupide harpie.
A stupides coeurs ouverts.

Le crocodile offre le contrôle. Il tend le bâton pour se faire battre, oui. Mais la douleur ne lui fait pas peur. Ce n'est guère intelligent, mais il le sent. Lichuan a besoin de ça - de quelque chose qu'il puisse maîtriser. Sherkan n'a aucune idée de ce que contenait cette lettre, mais il est prêt à quelques bleus, à une humiliation ou deux.
Rends-moi juste Lichuan, Lichuan. Il sourit.
Parce qu'il se sent victorieux.
Ce n'est pas banal.

« Sois juste un peu plus original - des rails, vraiment ? » fait semblant de s'insurger Sherkan. Il ne peut pas s'en empêcher - se moquer, faire le fanfaron. Il déteste l'idée de ne rien contrôler. Pourquoi donc a t-il accepté ce jeu ? C'est stupide, surtout qu'il avait l'avantage. Un coup de tête. Un coup de coeur. Nulle raison, nulle logique. Stupide, stupide, stupide.


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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Mer 11 Mar 2015 - 21:38

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Le visage de Sherkan était un miroir fêlé au-delà du concevable dont une main de maître avait miraculeusement réussi à maquiller les déchirures. Seul l’œil attentif —pire que ça même, habitué à l'horreur de ce spectacle, aurait su déceler les infimes indices qui trahissaient la laideur intérieure. Lichuan n'était pas seulement un observateur avisé, non, il avait eu l'audace, ou la folie, de se confronter au monstre. Il préférerait presque cette vision, celle de la Vélane dépouillée de ses vains artifices, à la triste réalité ; la vérité possédait certains attraits irrésistibles que tous les charmes de son ancien mentor ne saurait égaler. Sherkan Rougemont était le nouveau nom de Dorian Gray, une deuxième peau dans laquelle il se coulait, un personnage qu'il incarnait à merveille. Et lui, Lichuan... Lui était le portrait qui reflétait les difformités aussi révélatrices qu'impitoyables.
C'était un rôle qu'il se sentait prêt, ironiquement, à jouer avec une joie insoupçonnée.

Sa voix, timbre de verre et accents tranchants, dont les modulations expertes savaient exercer sur lui une emprise certaine, jonglant tour à tour entre l'étrangle fascination et la fascinante répulsion, résonna soudain, brisant le silence confortable qui était parvenu à s'installer. Sa question malicieuse, qui n'en était définitivement pas une, faisait écho à sa vague impatience déguisée en banale envie d'en finir au plus vite. Que Sherkan annonce sa sentence, et il se chargerait de l'exécuter, puisque c'était le jeu. Le hasard possédait cet absurde pouvoir, celui de permettre à Lichuan de croire qu'il n'était pas maître de ses actes. Comme c'était pratique, surtout en la compagnie d'un être aussi versatile, dont la simple présence suffisait à lui inspirer des sentiments contradictoires. Alors c'est sans broncher qu'il le contempla approcher du lit avec des mouvements inhumainement gracieux —Lichuan ne pouvait pas en détacher ses yeux, comme la proie guette le meilleur moment de fuir tout en sachant qu'il ne reste aucune issue, tout en sachant qu'elle ne fuira pas quoi qu'il advienne.
Parce que le rythme effrénée de la chasse n'était pas seulement entraînant pour une personne en particulier.

Au fil des provocations narquoises de Sherkan, l'attente devenait presque insupportable. Sans même s'en rendre compte, Lichuan était suspendu à ses lèvres. Quel ordre, Sherkan, songea-t-il distraitement, son précieux dé abandonné au sol entre eux, rempart de pacotille, minable défense sur laquelle il ne valait mieux pas se reposer. Quel ordre... Il ne fit pas mine de broncher lorsqu'il le vit se rapprocher dangereusement, sentit son souffle à quelques centimètres de son visage, aperçut la lueur joueuse au fond du regard. L'attente le paralysait. La fascination jouait son rôle. Lichuan se contentait de ne pas détacher son regard de Sherkan, tâche incroyablement aisée, il était forcé de l'avouer. Ses doigts se crispèrent nerveusement sur ses genoux.
Quel ordre...
Quelle chaîne de plus, quelle nœud à nouer, quel fer, quel fardeau supplémentaire, quelle influence à combattre, quel...
Juste, quel ordre, Sherkan ?


« Lichuan, je t'ordonne ... de me donner un ordre. » La surprise figea ses traits en une mimique presque comique. Sherkan a l'air étrangement résigné. Plus que ce magnifique cadeau qu'il lui offrait avec une inconscience ridicule, c'était son regard qui acheva de le convaincre que ce qui était en train de se passer était réel. Presque instinctivement, Lichuan voulut éclater de rire. Quelque chose l'en empêcha. Quelque chose de douloureusement familier, comme une étincelle de lucidité, un bref éclair de compréhension. Le rire s'étouffa de lui-même, cendres encore fumantes, promesse brisée d'un brasier flamboyant. Comme s'il tentait de deviner les pensées sous la carapace, Lichuan le scruta avec une intensité troublante. Les fêlures du miroir étaient toujours là.
Il avait été juste sur le point de deviner leur sens et l'origine de cette fascination, mais il choisit prudemment d'ignorer cet appel à peine perceptible.
Le jeu continuait, après tout.
Peut-être que s'ils continuaient à se noyer dans le déni obstinément, il n'aurait pas de fin.


Peu importe les raisons de Sherkan, finalement. Qu'il s'inquiète ou non n'avait guère d'importance. C'était Lichuan qui menait le jeu, désormais.

« Ne t'en fais pas, souffla Lichuan en le regardant sans le voir. Je sais exactement ce que je vais te demander. » Le simple fait de prononcer ces quelques mots rappela à sa mémoire le sourire franc et sincère de Victory, son amie, l'une des plus précieuses, qui ne devait souhaiter qu'une chose à présent, découvrir l'annonce de sa mort dans le journal du lendemain. Cette perte, alliée à celle de sa chère cousine, l'affectait plus profondément qu'il ne l'aurait cru. Je le mérite, pensa-t-il en se laissant glisser sur le sol à son tour, juste en face de son éternel bourreau. Les pensées se bousculaient dans sa tête, véritable labyrinthe d'émotions et de sensations, chaos et brouillard mêlés qui l'empêchaient de rationaliser ses idées.

Il avait perdu Victory, il ne la retrouverait jamais, il devrait supporter cette lueur de dégoût dans son regard, c'était le prix à payer, la prochaine fois qu'il la verrait —il n'y aura pas de prochaine fois, elle ne le tolérerait pas. Lui non plus. Il ne l'aurait jamais tué, il n'avait jamais aimé tuer, accomplir l'acte fatal ne possédait aucun attrait glorieux, Sherkan lui avait menti, Sherkan lui mentait toujours.
Toujours...

Son dernier garde-fou lui avait tourné le dos. Seul restait une barrière persistante entre lui et sa propre destruction. C'était son devoir de la détruire.

« Sherkan, commença-t-il d'une voix en effleurant du pouce la pommette délicatement ciselée de son vis-à-vis. » Il reconnaissait le toucher familier, les angles comme polis dans la roche. Il souriait, Lichuan. Fier de sa demande. « La prochaine que j'aurais des ennuis... N'interviens pas. »

L'ordre est clair. Laisse-moi assumer les conséquences de mes actes. L'ordre est cruel, il est destiné à laisser une trace. Mais Lichuan s'en moque ; il se moque de tout depuis qu'il a reçu la lettre. « Tu resteras loin de moi. Tu te contenteras d'observer. » De contempler, de profiter du spectacle. Les mots lui viennent plus facilement maintenant qu'il a énoncé ces tristes faits. C'est une condamnation envers lui-même qu'il proclame, Lichuan. Un rire presque tendre lui échappe finalement. « C'est le jeu. »

Il n'ignore pas ce dont il prive Sherkan : l'immense privilège d'être à l'origine de sa perte, s'il ne se presse pas assez. « Peut-être, articule-t-il en guise de conclusion, que tu devrais te hâter de me détruire, si tu ne veux pas qu'un autre te vole cette chance. » Provocation.
J'espère que tu regrettes profondément de m'avoir laissé le droit de choisir, Sherkan. Vois les dégâts que cause ta marionnette préférée, une fois libérée de ton étreinte empoisonnée.
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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Ven 13 Mar 2015 - 22:18

audiat vocem meam

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L'attente est la pire des tortures - la plus délicieuse des expectatives, le plus doux des supplices. Le regard de Sherkan est un mélange d'émotions subtiles, ses prunelles grises sont pailletés de vert et d'ombre, et seule la lueur angoissée, au fond de ce puits que sont ses yeux, ne démontre à quel point cette situation le met mal à l'aise. Il ne contrôle rien. Se borner à attendre, à ne pas agir, voilà qui n'est pas habituel à l'assassin. Il a toujours été un homme d'action, que cela soit dans la barbarie subtile de ses gestes ou sa langue tranchante aiguisée par son intellect. La patience, bien que présente chez lui, s'embrase en cet instant - éternité d'une ère, où ses pupilles vacillent, posées sur Lichuan. Le temps semble s'étirer en une éternité de crainte. Puis, ses mots percutent l'asiatique. Il les regrette déjà - presque, toujours presque, n'est-ce pas ? Sherkan ne savait si Lichuan comprenait ce geste. Prenait-il cela pour un tour de passe-passe, ou une tentative d'hypnose particulièrement étrange ? Concevait-il ce qu'il lui avait offert - le contrôle, la puissance, l'avantage. Le crocodile avait encore du mal à appréhender son propre acte.
Fou que je suis, fou que tu es.
Déments que nous sommes.

Les émotions effleurent sur les trais de Lichuan, et le crocodile les observe avec circonspection. Au moins cela semble l'avoir détourné de sa mélancolie stupide - stupides émotions, stupides sensations. Stupide sourire disparu, qui revient enfin. Stupide soulagement - chez Lichuan, peut-être. Chez Sherkan, sûrement. Il ne doute pas qu'une foule de possibilités vient de naître dans l'esprit retords de la harpie. Il ne sera pas assez fou pour suivre des règles contraires - pourtant, le jeu a été placé. Les règles sont invisibles, mais ont bel et bien refermé leurs liens sur leurs poignets respectifs. Depuis quand respecte t-il des codes autres que les siens ? Pourtant, là, pour une fois, une simple fois, peut-être pourrait-il faire une exception.
C'est le jeu, n'est-ce pas Lichuan ? Nous devons nous y plier.
Même si on ne se fait pas confiance, nous devons croire en ces règles qui nous régissent.
En quoi d'autre croire, sinon ?

Les yeux d'acier verdoyant suivent le mouvement souple. Lichuan s'abaisse à son niveau - ce rapprochement lui laisse une sensation étrange d'engourdissement. Son prénom. Il retient un frisson avec agacement - ce n'est qu'un mot, qu'un souffle. Rien de plus. Rien. Il reste immobile sous la caresse presque douce, presque tendre, presque abattue. A moins que ce ne soit ses propres échos ?

La prochaine que j'aurais des ennuis... N'interviens pas.
Ebranlement interne. Quelque chose s'affaisse en lui, s'ébranle et s'écroule. Comme des murs qu'on abat, comme une tour qu'on détruit d'un coup de canon. Il ne bouge pas, se force à être immobile, le dos droit. Mais même dans son immobilité, quelque chose a changé - infime différence. Il sait ce que cela signifie. Il ne pourra qu'assister à la suite. Il n'aura aucun droit quant à la vie, à la mort, à la vie de Lichuan. Et cela - cela entraîne une démence irrationnelle. Pour l'être avide de pouvoir qu'il est, se contenter d'examiner était comme une fin en soi. La demande est cruelle, pourtant ... Il accepte. Il cligne doucement des yeux - il accepte, oui, vaincu, à terre. Lichuan le domine de son ordre, et il s'y plie. S'y pliera. Il se le promet.
Dans le fond, peut-être cela l'aidera t-il à se défaire des attaches qui le noue.
Peut-être cela lui permettra de retrouver son inhumanité.
Peut-être que cela le sauvera.

Il est conscient, presque douloureusement, de la présence si proche de Lichuan. Les mots se tordent comme des reptiles fous - tu resteras loin de moi -, ils embrasent tout son être d'une fureur, d'une injustice ridicules, ils enflamment sa conscience, - tu te contenteras d'observer - Lichuan a sorti un as de sa manche, et l'a conquis. Stupide jeu.« C'est le jeu » répète t-il d'une voix basse, rauque, aux accent presque mélodiques - à moins que ce ne soit mélancoliques. Il y a de riches timbres, dans cette voix, qui pourraient tous vouloir dire quelque chose, ou rien. Il secoue la tête, calmement, devant le défi de Lichuan. Il n'a plus la force de sourire - ni celle de grogner, ni celle de croasser des mots durs. Il n'a plus de forces, à dire vrai. Ce jeu l'a vidé ; ce jeu l'a tué. Lichuan l'a tué - peut-être a t-il déjà tué le monstre. « Ce serait tricher, tu ne crois pas ? Si il y a bien une chose que je sais sur toi, c'est que tu n'es pas un truqueur. Tu joues pour gagner, mais tu ne mystifie pas le jeu. » Il parle doucement, cligne des yeux calmement.
Où est passé la haine, Lichuan ?
Où sont passés nos insultes ?
Où, Lichuan, où ?

« Aussi vais-je jouer le jeu. » Te voir vivre est plus amusant que l'idée de te tuer, Lichuan. Tes sourires, tes défis, tes babillements inutiles sont plus divertissants qu'un instant de gloire et de mort. Mais si tu savais ça, tu t'en irais, sans plus regarder en arrière. Tu aurais pu demander n'importe quoi, et tu me dépossèdes de la chance de te vaincre. Alors, je vais jouer le jeu, oui. Voyons où cela nous mènes. Nous avons toujours eu le don de nous entrainer l'un l'autre dans des situations désespérées. « Quel ordre cruel, tout de même. » fait-il, et l'accent dans sa voix est indéterminable - joie, amusement, ironie ? Sincérité, insolence ? Il secoue encore la tête. Le léger parfum de Lichuan s'insinue en lui ; sa présence flagrante est comme un cri. Lichuan n'a jamais été discret - sa nonchalance parfois feinte n'est qu'un décor. Il aime faire savoir quand il est là - Sherkan s'en est souvent amusé, mais en instant, en ces minutes étranges où tout semble avoir cessé de tourner, il ne peut se faire qu'une réflexion.
Même quand je t'ignorais, je te savais là. Même loin de toi, je te connaissais. Tu ne m'enlèveras pas ça, Lichuan. Partout où tu vas, je serais. Le contraire n'est pas exact, mais ... Je voudrais croire en mes anciennes paroles, fantoche de plumes. Nous voilà, après tant de temps, à nous combattre encore. Y aura t-il jamais un vainqueur ? Désirons-nous vraiment gagner ?

« Je m'attendais à ce que tu me demandes autre chose de plus, disons, violent. Ou humiliant. » Pourtant, cet ordre est déjà avilissant - ravir ce contrôle sur lui, Lichuan a fait un superbe geste, un superbe coup. Mais je ne suis pas encore mat, Lichuan. « Toujours surprenant, toujours déconcertant, n'est-ce pas, Aloysius ? » Et le mot est une caresse, un exploit à lui seul. Nul mépris, nulle condescendance - comme si, après toutes ces années, ce prénom, il le lui rendait. Il le laissait s'échapper, pour ne plus avoir aucune emprise. Comme si il pouvait laver tout ce qui l'entâchait - mais l'espoir ne fait pas toujours vivre, Sherkan. Rien ne vous relèvera de votre enfer. Rien. Car si la harpie peut toujours s'envoler, tu es condamnée aux flammes.
Et ne t'attends à rien d'autre que la mort.



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« i was in the wrong time with the wrong person. »
I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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in imo abyssi ◮ LichuKan
MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Mer 25 Mar 2015 - 18:16

when nothing goes right
go left

Quelque chose avait changé : c'était un bouleversement aussi infime que le léger battement d'aile d'une fée discrète, aussi évident qu'un sursaut du monde. Peu importe à quel point Sherkan paraissait détaché, l'air indifférent à cette lutte invisible des pouvoirs, ses traits obstinément figés dans une expression faussement neutre ne suffisaient pas à cacher le fait que Lichuan avait réussi à l'atteindre, quelle que soit la manière. À éveiller en lui la colère absurde d'un enfant que l'on ose priver de son jouet favori. De façon contradictoire, alors que cet acte presque libérateur était motivé par un pessimisme terriblement morbide et illusoire, il n'avait jamais eu autant l'impression de savoir où il allait, et surtout avec qui. C'était une sensation étonnamment agréable, de pouvoir contrôler la moindre de ses avancées, de savoir retenir la main du marionnettiste afin de lui imposer ses propres mouvements, ses désirs et ses souhaits. C'était un sentiment de joie enivrante que lui inspirait l'inattendue résignation de Sherkan à ces règles qu'il n'avait pas dicté, trempé dans l'encre de ses mensonges et mêlé à ses desseins seulement connus de lui-même.

« C'est le jeu, l'entend-il vaguement émettre en guise de pathétique écho, son timbre rauque ornant ces quelques mots d'une dimension savoureuse. » Il regarde comme dans un rêve Sherkan secouer doucement la tête, note avec une avidité malsaine l'absence révélatrice de sourire, la disparition de cette lueur arrogante au fond de son regard habituellement dédaigneux. Vide. Sherkan était vide et Lichuan se sentait renaître, ivre de ce qu'il prenait pour sa plus récente victoire, pire que ça même, son plus éclatant triomphe. C'était le jeu, en effet ; mais, plus qu'un jeu, c'était la preuve évidente qu'il savait se défendre, se soustraire à l'emprise aussi douloureuse que familière. « Ce serait tricher, tu ne crois pas ? enchaîna Sherkan de ce ton lent et calme qui semblait promettre à la fois mille revanches et assurer qu'il se plierait aux règles. Si il y a bien une chose que je sais sur toi, c'est que tu n'es pas un truqueur. Tu joues pour gagner, mais tu ne mystifie pas le jeu. » Un léger sourire éclaira brièvement les traits détendus de Lichuan. « Contrairement à toi, chantonna-t-il presque gaiement en faisant rouler le dé sur le sol entre eux d'une main distraite. »

Un, j'attise sa haine en le narguant comme un enfant arrogant exhibe sa médaille devant celui qu'on a forcé à rester sur la touche. Deux, je fais l'effort de ne pas tenter le Diable davantage et je tire élégamment ma révérence. Trois, je lui propose avec insolence une nouvelle partie— La piètre réflexion de Sherkan interrompit brusquement son flot de pensées hasardeuses. La voix recèle de messages indéchiffrables, qu'il ne cherche pas à déchiffrer. Lichuan se contenta simplement d'afficher un sourire vaguement amusé en contemplant les six cercles noirs sur le minuscule carré blanc. Sherkan n'avait pas daigné lui laisser le temps de choisir une sixième option. Alors il répliqua sans réfléchir : « Tu prononces ces mots comme si cela ne te coûtait pas de me venir en aide. Te voilà débarrassé d'un pesant fardeau. Tu devrais être ravi. » Le ton où se mêle sérieux et provocation évoque celui de Sherkan, les modulations soigneusement travaillées afin de ne laisser percevoir aucun sentiment précis. Son aîné avait de quoi être fier de son pantin et de ses imitations réussies, bien que la vérité soit moins glorieuse —Lichuan guettait en réalité la moindre faille qui aurait pu lui permettre de se faire une idée sur les véritables ressentis de Sherkan. N'importe quoi. Le moindre indice lui suffirait.
Mais il voulait savoir, Merlin.

Sa victoire ne saurait pas entière sans connaître la stricte vérité derrière sa façade soigneusement entretenue car, s'il possédait la certitude d'être parvenu à toucher Sherkan, il manquerait toujours une pièce au puzzle. Et il n'y a rien de moins glorieux qu'un puzzle inachevé.

« Je m'attendais à ce que tu me demandes autre chose de plus, disons, violent. Ou humiliant. » Lichuan haussa les épaules sans même daigner le regarder. « C'était l'effet escompté, avoua-t-il franchement. Et je ne pense pas avoir échoué. Sans doute, non, bien sûr que tu ne ressortiras pas de cette pièce avec quelques bleus ou même une égratignure que tu pourras exhiber devant Daphné en roulant des mécaniques (L'expression typiquement moldue le fit ricaner méchamment.) mais quelque chose a changé. »
Une trace avait été laissé, pourtant.
Ne la vois-tu pas, Sherkan ?
Elle n'est qu'un pâle reflet des souillures infligées à mon âme par tes soins experts.

Une dernière question franchit avec indolence les lèvres de Sherkan ; s'il ne repéra pas la moindre marque de mépris ou même d'insolence, l'utilisation de son prénom, Aloysius, suffit pour que Lichuan se tende nerveusement. « Ne m'appelle pas comme ça, siffla-t-il en refermant brutalement sa main sur son dé fétiche. » Lui, plus que n'importe qui au monde, n'avait pas le droit. Il n'avait pas le droit de proférer ce nom ainsi, alors qu'il l'avait mené sur des sentiers interdits dont la prévisible issue l'avait dépouillé d'une famille, d'amis chers et précieux, d'une vie convenable. Ce nom, Sherkan avait veillé à le marquer d'une empreinte indélébile. L'entendre dans sa bouche, le voir écrit de sa main, était la pire des insultes. S'il continuait d'inspirer à Lichuan une douce mélancolie, le fait d'entendre son ancien mentor l'appeler de cette manière faisait naître une colère irrésistible au creux de sa poitrine, éveillait des sentiments contradictoires qu'il n'osait pas analyser.
L'instant d'après, il souriait à nouveau, nonchalant comme toujours, aussi indolent qu'un reflet tremblant que les rides d'un étang déforme jusqu'à ce qu'il finisse par ne plus être reconnaissable. La colère était passée.
La haine demeurait toutefois, teintée d'autre chose que leur proximité ne permettait certainement pas d'effacer, non, sûrement pas.

« Tu as perdu le goût de l'imprévisible, Sherkan, ricana-t-il. Il faut bien que quelqu'un te rappelle à quel point il est bon, parfois, de perdre le contrôle. » Encore une fois, ses paroles furent ponctuées par le bruit caractéristique du roulement d'un dé sur le parquet. Libéré de l'emprise ferme de Lichuan, il roula, et roula, et roula...
Pourvu qu'il ne s'arrête jamais.
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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Dim 29 Mar 2015 - 12:21

audiat vocem meam

ira et excandescentia,
sunt sanguine Harpyia



Sherkan retient d'impitoyables frissons - depuis quand se laisse t-il déposséder ainsi ? Il ne montre rien, ne veut rien montrer, mais hélas ils se connaissent peut-être trop bien pour réussir à présent à camoufler quoi que ce soit. La lueur victorieuse qui brille dans le visage si familier, ou l'étincelle dont Aloysius le prive. Ce jeu est peut-être allé trop loin, cette fois, mais comment retenir quelque chose qu'ils sont loin de maîtriser ? Ils ont toujours aimé les risques, quitte à sauter sans filet. Mais Lichuan a des ailes, lui - sa propre chute sera t-elle fatale ? Oui, bien sûr, n'est-ce pas ? Pour lui, il n'y a que la mort. Oh, Lichuan ... Le dé roule entre eux, comme une bête avide de mouvement, comme un fauve qui avalerait l'immobilité de leurs deux êtres. Sherkan le suit d'un regard méprisant - oh, stupide dé, stupide, stupide. Mais la seule chose à blâmer ici n'est guère cet instrument du destin, mais plutôt sa propre idiotie. Sa folie, son inconscience. Mais - mais il y a ce tremblement. Peut-être qu'il s'en amuse, de tout cela. Ou que ce n'est que le sursaut d'agonie d'une âme en peine - non, ce n'est pas ça. Il n'a plus ni âme ni coeur. L'a t-il donc si vite oublié ?

« Contrairement à moi, oui » répète t-il encore, avec un amusement non feint dans la voix, un sourire comme un rictus aux lèvres. Il est de notoriété - entre eux - qu'il n'a jamais avancé découvert. Il n'a que rarement montré son vrai visage ; il n'a jamais, de l'avis de Lichuan, dit la vérité. « Et pourtant, si je te dis que je vais suivre ces règles, tu me crois » continue t-il d'un timbre très doux, caressant, affectueux - il y a une malice affutée, derrière les jolis mots. A moins qu'il ne tente de défier Lichuan, de lui faire dire encore une fois à quel point ses mensonges peuplent leur lien comme des ombres.

Le bruit du roulement de dé l'agace. La soudaine pulsion le prend - attraper le dé et le détruire d'un geste de la main. Réduire en poudre ce souvenir morbide, et tout ce qu'il entraîne avec lui - le jeu, la mort, sa descente aux enfers, leur enchaînement. Il représente tant de choses, mais ce n'est qu'un vulgaire dé. Détruire le jouet d'un enfant n'en fait pas un gamin sage. Lichuan avait raison - peut-être devrait-il abattre l'enfant tant qu'il en avait encore le pouvoir. Tant qu'il en avait encore la possibilité. Tant qu'il en avait encore ...
L'envie.

Mais son visage est un masque - comme toujours, oui, loup d'albâtre aux traits figés. Lichuan sait voir que ce n'est qu'une farce, mais Sherkan refuse de lui montrer quoi que ce soit. Même son regard est vide, d'un néant affreusement silencieux. Rien, rien, voilà ce que j'ai décidé, et je contrôle encore au moins cela. C'est comme s'accrocher à une ancre en train de tomber, au milieu de l'océan. Mais il s'y agrippe de toutes ses dernières forces, avec toute l'autorité dont il dispose sur son propre corps. Il est peut-être temps de reprendre son inhumanité et de ne plus se laisser aller à l'humanité. Lichuan le rend comme ça - difficilement humain, joueur, parieur. Il n'aime pas cela - non, c'est faux, il aime ça, mais il ne voudrait pas aimer. Ce qui est totalement différent. « R-rouler des mécaniques ? » grogne t-il, en cherchant en vain l'origine de cette expression peu commune qu'il ne connaît pas, mais bien entendu, ce n'est pas un compliment, pas dans cette bouche qui déverse tant de fiel. Tu as bien appris tes leçons, Lichuan. Une fois à terre, on vise le coeur, la tête. Lichuan connaissait ses rares fragilités, et en jouait comme de son satané dé. Pourquoi l'avait-il laissé aller si loin, pourquoi l'avait-il laissé voir ses failles, ses fissures ? Non. La bonne question était, pourquoi ne le tuait-il pas, en cet instant ?

« Tu n'as jamais été violent au point de frapper. Tu n'as même jamais tué ceux dont on t'accuse. » Ce pourrait sembler une insulte. Ce n'en est pas une. Mais qu'est-ce, alors ? « Mais t'encenser au point de croire que tes mots ont eu un quelconque effet sur moi, que ce petit jeu a des répercussions ... C'est ... mignon. » Il ne camoufle pas son mépris. Il en a besoin - l'ancre, oui, l'ancre qui l'entraîne toujours plus profond. Pourtant, il le sait là, ce creux, cet écho aux propos de Lichuan. Il a raison, le fou. Sherkan aurait préféré le sang, les bleus, la douleur plus douce d'une chair meurtrie. Ce néant qu'a créé Lichuan vaut tous les coups qu'il aurait pu donner. Il le sait, sûrement - il le sait, et il joue pour deux. Parce qu'il a un passé à venger.


Le prénom est une barrière entre eux. Et voir Lichuan se braquer est une fascination de tous les instants. Son chuintement est une mélodie superbe, qui fait frémir Sherkan. Le crocodile sourit, distant, lointain. Voilà là où est sa place – éloigné de tout cela. Il n’a rien à faire, si proche, à s’en brûler des ailes. Si proche qu’il pourrait le toucher, ce soleil-là, particulier, joueur et malicieux, taquin, brûlant, charmeur, mortel. « La saveur du risque est toujours ancrée en moi. » C'est toi qui l'enflamme à chacun de tes regards. C'est toi qui fait naître cette émotion, en moi. C'est toi - toi, toi, toi. « Il n'y a que lors de nos jeux que je laisse le destin organiser mes plans. » Il stoppe le dé entre ses doigts d'un geste agile, la face cachée par sa paume. Le crocodile frémit, encore, de tout son être, comme un animal sur le point de bondir. Une autre manche, mon petit Aloysius ? « Ce qui te plaît, ce n'est pas de gagner le contrôle. C'est de vaciller - haut, bas, tombera, ne tombera pas. » Sous sa peau, le dé est là, présence de tous les instants, piquante. Il en est cruellement conscient. « Ne finissons pas encore si tôt ce jeu-là. Pair et je ne t'appelle plus jamais Aloysius. Impair et ... » Il révèle le dé - un trois, trois petits points noirs, qui narguent Aloysius. Oui, chanceux que je suis. Il sourit, cruellement, et s'approche soudain, pour n'être qu'à un souffle de Lichuan. « Impair et je t'embrasse. »

Et c'est ce qu'il fait. Un effleurement simple, qui n'a de baiser que le nom. Tout est bon pour le défier, pour l'agacer, pour titiller son arrogance, sa colère. Pour réveiller le monstre. Pour lui faire perdre son calme et son sourire - quel contradiction, lui qui voulait le lui faire retrouver. Dans le fond, peut-être ont-ils physiquement besoin de se chercher, afin de ne pas oublier que l'autre est là. Les lèvres se frôlent, se touchent à peine, et déjà Sherkan n'est plus là - comme si ce baiser n'avait jamais existé. Il tient le dé entre ses doigts, le fait rouler agilement sur ses phalanges, et jette un coup d'oeil amusé au mangemort. « Jamais deux sans trois ; veux-tu continuer et jouer encore, parier gros ? » Il le tente, oui. Parce qu'il n'osera pas dire que cela l'excite que de jouer, que cela l'amuse d'être là, que cela l'agace de perdre, que cela l'émeut d'avoir Lichuan en face de lui. Plutôt mourir que d'avouer, à quiconque ou à lui-même, qu'il aime être là. Simplement - à se battre ou non, à se s'entre-déchirer ou non. Juste là, présent.



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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Lun 6 Avr 2015 - 14:20

when nothing goes right
go left

Les derniers symptômes de l'ivresse de la victoire achevaient de le quitter doucement alors que Sherkan demeurait obstinément figé dans cette indifférence soigneusement entretenue. Rien ne filtrait à travers le masque de cire. Lichuan doutait que même le plus brûlant des soleils aurait la force de le faire fondre, de dévoiler le véritable visage. La confiance inattendue qu'il daignait accorder à Sherkan était à la hauteur de sa folie, démesurée. Mais c'était le jeu et Lichuan n'imaginait pas une seule seconde qu'on puisse désobéir à ces règles spécialement instaurées pour maintenir son équilibre mental vacillant. L'idée que Sherkan puisse seulement y penser le troubla pendant un bref moment mais il songea que sa réaction était une assurance suffisante. Il n'insista donc pas, et cette étincelle fugitive de doute s'évanouit dans son esprit aussi vite qu'elle était venue.
Sherkan n'oserait pas tricher. Et s'il osait, il se chargerait de lui faire regretter.

Profondément.

Tout en Sherkan était censé lui inspirer la haine le plus féroce et tout en Sherkan y parvenait avec une facilité insolente, songeait-il alors qu'il regardait le glisser sur les lattes du plancher. Pourtant, à cet instant précis, alors qu'ils réussissaient à demeurer étonnamment proches sans s'écharper, du moins physiquement, il ne ressentait qu'un vague sentiment de calme qui, allié à la joie subite, achevait de lui donner envie de faire durer cette courte entrevue. Tant que le sort lui permettait de s'assurer une petite place confortable loin de l'amertume de la défaite, il se sentait douloureusement bien. C'était sans doute la raison pour laquelle, face à l'hésitation de Sherkan, il ne fit que rire. Lui-même ne pouvait guère se vanter d'être un spécialiste en matière de références moldues mais grâce à Vic—
Il valait mieux ne pas y penser, peut-être.

« Tu n'as jamais été violent au point de frapper. Tu n'as même jamais tué ceux dont on t'accuse, énonça soudain Sherkan d'une voix qui n'était ni une moquerie ni une menace, mais quelque chose de plus subtil. Mais t'encenser au point de croire que tes mots ont eu un quelconque effet sur moi, que ce petit jeu a des répercussions ... C'est ... mignon. » Comme pour appuyer ses propos, Lichuan pencha la tête sur le côté, mimant vaguement une moue interrogatrice alors qu'il répliquait d'une voix joueuse : « Est-ce que cela suffit à faire de moi un enfant de chœur ? » Il ne prend même pas (plus) la peine de se vexer. Il réserve cela pour plus tard, quand le rapport de force s'inversera.

Mais déjà, la roue commence à tourner et Lichuan ne cherche pas à le ralentir. Les doigts fins de Sherkan stoppent le dé et le regard de Lichuan s'ancre à l'absurde objet de leur attention avec une fixité troublante. Il n'écoute que distraitement l'homme plus âgé alors que celui-ci poursuit d'une voix qui l'ensorcelle. « On tombera tous un jour, Sherkan. » Si celui-ci a vu juste, terriblement juste, cela n'empêche pas Lichuan de lui rappeler ce fait pourtant évident. Ils tomberont tous un jour.
Sherkan le premier avec un peu de chance.

Il est tristement conscient de ce que pourra révéler la face cachée du dé. Il l'observe, attentif, ne bronche pas lorsqu'il s'approche. Il connaît le chiffre. Impair et je t'embrasse. Mais les lèvres de Sherkan ne font qu'effleurer les siennes, métaphore presque comique de leur relation. Se blesser sans se tuer. Se faire du mal sans s'aimer. Ou bien est-ce l'inverse ? Lichuan oublie alors qu'il peut sentir le souffle de Sherkan sur son visage, le léger frôlement, l'ombre d'un baiser sur ses lèvres. Mais déjà, il est loin. Ne demeure qu'un souvenir, celui d'une présence éphémère. Un sourire éclaire brièvement le visage de Lichuan. « Ce n'était pas un baiser. Tu as triché. Mais je t'aurais mordu, de toute manière. » La dernière phrase a été ajoutée précipitamment, comme pour atténuer la portée de ses paroles. Il ne voudrait pas que Sherkan s'imagine des choses.

« Jamais deux sans trois ; veux-tu continuer et jouer encore, parier gros ? » Il cligne des yeux, réalise, sourit. « J'ai de la chance, ce soir. Je veux continuer. » La voix n'est qu'un murmure alors qu'il effleure la main de Sherkan, lui vole le dé d'un geste agile. Le défie du regard alors qu'il énonce ses règles : « Pair, tu me révèles un secret. Impair, je te révèle un des miens. » Et il le lance, sans quitter Sherkan des yeux.
Qu'il savoure cette brève assurance.
Elle ne durerait que jusqu'au prochain coup.
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MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Lun 6 Avr 2015 - 14:48

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Ils sont au-delà de la normalité. L'ont-ils jamais frôlé, cette ligne douce et subtile, qui les délimite des autres, de ceux qui n'ont rien à faire dans leur monde à eux ? Cet enfer, pavé de leurs intentions, pas exactement bonnes, souvent mauvaises, tout le temps égoïstes. Ils se connaissent par coeur, savent comment réagit l'autre. Ils n'ont plus de secrets pour l'autre - hormis les ombres, ces recoins si sombres qu'ils n'osent peut-être pas eux-même y faire face. Ces bouts de verre cachés, mortels, sur lesquels tomber peut tuer, aussi sûrement qu'un coup de poignard, ou une vérité trop rapidement avouée. Sherkan veut se donner l'illusion qu'il contrôle encore un peu Lichuan. Il joue, il s'amuse - l'indifférence de l'autre a quelque chose de vexant, mais c'est aussi une chose qu'il a apprise. Ne plus se contrarier, ne plus montrer ses humeurs. Chose impossible avec l'asiatique, qui le rend si pathétiquement humain. Lui rend des émotions dont il ne voulait pas ; cadeau empoisonné. « Reste à savoir qui chutera en entraînant qui. » Il y a quelque chose de prophétique dans ces propos pourtant prononcés d'un ton doux, presque amoureusement. La mort n'est pas égoïste ni avare ; elle acceptera deux âmes au lieu d'une. Sherkan ne tombera pas seul - c'est une fierté qu'il a, l'idée d'entraîner autrui avec lui. L'abysse n'est pas pour lui ; il est aux autres. Il leur appartient, lui n'en est qu'une espèce de gardien, bourreau, fauve carnassier. Il ne veut même pas songer à sa mort, qui cliquète près de lui comme les sabots d'un cheval. Il la repoussera, de toutes ses maigres forces. Il n'a pas honte de se cacher - il n'aurait honte de rien, si cela pouvait le sauver. Pitoyablement mortel, pathétiquement accroché à sa vie.

Le jeu franchit des frontières, fait s'éteindre des limites, pour mieux les dépasser. Le baiser n'a duré qu'une fraction de seconde, n'en était même pas un. L'air bravache de Sherkan répond au sourire et aux propos de Lichuan. Une petite victoire, au goût si particulier, vaguement sucré, ou peut-être salé, de ses lèvres. Presque effrontément, il passe sa langue sur ses lèvres, comme pour savourer ce non-baiser. Comme si il profitait de ne pas avoir été mordu. Ou comme si il attendait ça, peut-être. L'air de dire : Tu veux me mordre ? Tu veux me punir de ma tricherie ? Vas-y mord moi, dévore-moi. Je n'attends que ça. Il se fait le diable, il se fait démon, l'air tentateur, le visage crispé en une extase du jeu, comme ces joueurs de poker. Il penche la tête en arrière, impérieux, royal. Il n'a plus peur. Il ne craint rien - le destin, de son côté ou non, n'a rien à faire d'eux, de toute façon. Qu'a t-il à perdre, qu'il n'a pas déjà perdu, ou qu'il ne perdra pas ?

« J'ai de la chance, ce soir. Je veux continuer. » De la chance ? Sherkan ne veut pas connaître pourquoi il pense avoir de la chance. Le baiser n'était pas une aubaine, sûrement pas, aux yeux de l'asiatique. Peut-être cherche t-il à jouer les effrontés. Le crocodile se concentre sur la suite - il veut continuer. Un pas en avant. Loin du vide, loin de l'abîme. « Pair, tu me révèles un secret. Impair, je te révèle un des miens. » Une demande d'enfant, qui fait cependant frissonner l'adulte qu'est Sherkan. Un secret.

Lequel veux-tu, Lichuan ? Aucun ne te plaira.

Leurs regards s'affrontent, puis Sherkan réalise que le dé ne roule plus. Attiré par l'occasion, il baisse ses prunelles. Le quatre le nargue, au son d'un tambour - non, c'est son coeur, qui cogne dans sa poitrine. Il a envie de se lever, mauvais joueur, de refuser. Mais une espèce de folie furieuse s'empare de lui. Son sourire, très doux, n'annonce rien de bon. Très bien, il a réclamé un secret, il l'aura. Lichuan sait pourtant que la vérité est douloureuse. C'est une petite vengeance, idiote, qui n'apportera rien de bon. Mais Sherkan déteste perdre - c'est dans son sang, comme la mortalité qui y est charriée. Il aime tout contrôler. Et il est curieux de savoir ce que ce secret-là fera sur l'asiatique.

« Quel coup de chance, te voilà gagnant. » L'ironie suinte de ses mots, comme un venin paralysant. Tout dans son attitude démontre que la suite ne plaira pas à Lichuan. Pourtant, son visage est élégant, enchanteur, harmonieux. Une beauté intemporelle, affreuse, horrible. Comme ses mots, qui sont simplement une suite de syllabes, et qui sont une honnêteté jouissive de par sa simplicité. Comme la sobriété d'une mort douce et rapide. C'est une mise à mort - si Lichuan pense avoir gagné, il se trompe. Il est à terre, et Sherkan y met le coup final. « Un secret, hm. Lequel choisir ? » fait-il, lentement, prenant son temps. Mais cela ne marche pas. Lichuan n'est pas comme les autres. C'est pour cela qu'il ne triche pas.

C'est pour cela qu'il va jouer le jeu.
C'est pour ça qu'il veut le tuer.
D'un coup, d'un seul.
D'un secret.


« J'ai une fille. Elle s'appelle Prudence. Elle a onze ans, déjà. Le temps passe vite. » C'est fidèle. C'est exact. Rien ne ment plus chez lui. Il lève enfin les yeux, perdu qu'il était sur la face du dé. Il observe Lichuan - y aura t-il de la jalousie, de la haine, de l'indifférence ? Si il se fiche de cette information, peut-être l'a t-il plus perdu qu'il ne le croyait. Mais rien n'est jamais perdu. Rien - surtout pas eux deux. Ils ne sont pas perdus, ils se perdent l'un l'autre, la nuance est là, comme du gris sur une nuance de gris. Lichuan l'a cherché, Lichuan l'a voulu.

Lichuan l'a.

« Encore une partie ? » Il est insolent jusque dans sa façon de se tenir, bravache. Il n'est plus adulte, mais adolescent. Il lève le menton, défiant l'asiatique de continuer sur cette voie. Mais il sait que la mise à mort a fait saigner. Le goût métallique dans sa bouche le contracte tout entier. Tu es à moi, Lichuan. Je sais comment te blesser. Je connais la moindre de tes failles. Tu ne m'échapperas pas. Comme il paraît loin, ce moment dans le bar, où ils auraient pu se tuer. Où Lichuan n'avait pas encore retrouvé cette liberté dont il se targuait tant. Quelle ironie - c'était ce moment où il était le plus loin de lui qu'il l'était le moins. Il lui échappe. Il aura beau serrer les poings, tout faire pour, il s'enfuira. Mais il reste à lui. Il est son pantin brisé. Il est dans sa chair, son esprit. Alors Sherkan sourit, comme un requin, comme Thaddeus, malgré lui, dans un réflexe imitateur. Il dévoile ses dents. Comme pour dire - tu ne m'effraies pas, je me fiche de ce que tu pense.

Si il savait, doux Jésus, si il savait ...



_________________


« i was in the wrong time with the wrong person. »
I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
(c) Myuu.BANG!

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: Science has not yet taught us if madness is or is not the sublimity of the intelligence.

ϟ ÂGE : 32
ϟ FONCTION : Ancien élève de Serpentard, ancien Langue-de-Plomb, Mangemort en fuite
ϟ AVATAR : Godfrey Gao
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ϟ LIENS : From childhood's hour I have not been. As others were, I have not seen. As others saw, I could not awaken. My heart to joy at the same tone. And all I loved, I loved alone.

in imo abyssi ◮ LichuKan
MessageSujet : Re: in imo abyssi ◮ LichuKan Mer 15 Avr 2015 - 16:00

when nothing goes right
go left

« J'ai une fille. Elle s'appelle Prudence. Elle a onze ans, déjà. Le temps passe vite. »

Le temps passait même si vite que Lichuan s'étonnait de pouvoir encore se rappeler. Il aurait aimé oublier, enterré les souvenirs dans un terreau infertile. Chassé la présence obsédante de Sherkan loin de son esprit. Onze ans. Par un simple chiffre, un détail ridiculement insignifiant, le français avait effacé l'excitation du jeu, feint d'accepter la défaite pour mieux s'approprier la victoire juste sous son nez. Échec et mat, comme semblait clamer son regard, fier et arrogant.
Comment en étaient-ils arrivés là, déjà ?

Ils étaient en train de jouer.
Ils étaient en train de jouer et le jeu avait visiblement dépassé toutes ses attentes, pire que ça même, toutes ses espérances.

Lichuan avait la douloureuse impression qu'une main griffue avait creusé un trou dans sa poitrine, broyé toutes les émotions confuses qu'il aurait pu ressentir à cette annonce et jeté ces dernières aux pieds de son ancien mentor d'un geste triomphant. Il se sentait vide, désincarné. Onze ans. Le calcul était odieusement aisé à résoudre. Il y a presque onze maintenant, Sherkan se tenait derrière lui comme pour le rassurer alors qu'il semait son premier cadavre, Sherkan lui murmurait à l'oreille qu'ils seraient ensembles pour toujours, qu'il l'aimait... Sherkan qui avait trouvé le moyen de l'arracher à sa famille et à ses amis pour mieux le contrôler, Sherkan qui s'était servi de lui et qui aurait été prêt à continuer encore longtemps si seulement il n'avait pas réalisé ses mensonges.
Sherkan qui l'avait façonné avant de le détruire.
Qui l'avait trompé et avait eu même l'audace d'avoir un enfant.

Prudence. Le nom inspira à Lichuan une violente colère.
Mais pas aussi monumentale et irrationnelle que celle qu'il ressentait envers Sherkan. C'était comme s'il plongeait au cœur de cet abîme de trahison une seconde fois. La sensation aurait pu être identique si le travail de marionnettiste de l'homme plus âgé ne l'avait pas conduit à expérimenter les pires folies.

C'était pourquoi il fallait mille fois plus craindre ses réactions à présent.

« Encore une partie ? »
Une question et il explosa.
« Va te faire foutre, connard. »

Sa main rechercha instinctivement sa baguette et Sherkan pouvait sans doute s'estimer chanceux que celle-ci repose loin de sa portée. D'un bond, il se leva, saisit son précieux dé et jeta un regard de dédain suprême au Tigre encore assis sur le sol. « Tu ferais mieux de protéger ta gamine, Rougemont. Les temps sont compliqués. Les enfants sont si vulnérables. » La menace était spontanée ; Lichuan réfléchirait plus tard s'il comptait la mettre en oeuvre. Il n'était pas un tueur d'enfants mais il ne s'agissait pas non plus de n'importe quel enfant.
Il s'agissait de la fille de Sherkan.
Conçue alors qu'il pensait encore l'aimer.
Je te déteste, Sherkan Rougemont, pire que ça même, je te hais.
Et tous les moyens sont bons pour te faire tomber.
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in imo abyssi ◮ LichuKan
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