Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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: I'm a wanderess, I'm a one night stand; don't belong to no city, don't belong to no man - I'm the violence in the pouring rain, I'm a hurricane.

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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Lun 23 Mar 2015 - 18:42

If our love's insanity
why are you my clarity?

Kendra avait travaillé toute la nuit sur cet article, celui qu'elle gardait avec de nombreuses précautions dans le tiroir verrouillé de son bureau. A grand recours de café, Kendra était restée éveillée jusqu'aux premières heures du jour, assez tard pour entendre son réveil sonner. Elle avait filé sous la douche, couru jusqu'au métro et était arrivée à huit heures et une minute à la Gazette du Sorcier, soit deux minutes plus tard que ce dont elle avait l'habitude.

La journée, elle, passe avec une lenteur inhabituelle pour Kendra. Kendra sommeille – si elle prends plus de café, c'est à Sainte Mangouste qu'on la retrouvera, avec plus de café que de sang dans les veines, et ce n'est pas vraiment dans ses plans – et tout le monde s'inquiète : on ne voit pas le mouvement infernal de Kendra, est-ce qu'elle va bien ? Mais le repas de midi passe, Kendra retrouve son énergie, mais toujours les cernes sous les yeux. Comme à son habitude, Kendra suit son emploi du temps, quitte son travail à vingt-heure trente, passe prendre à emporter, file un peu chez sa mère pour prendre de ses nouvelles. (« Oui, maman, la prochaine fois que je viens, c'est avec Joy, promis.  » )

Et finalement, à vingt et une heure trente, Kendra pousse la porte de l'immeuble, récupère le courrier – de la publicité, des factures, le quotidien de sa vie côté moldue en quelque sorte – qu'elle coince entre ses dents le temps de pousser les portes, monter les escaliers quatre à quatre, chercher ses clés au fin fond de son sac.
Lorsqu'elle glisse la clé dans la serrure, elle réalise que la porte est déjà ouverte. Un sourire s'affiche sur son visage. Il n'y a qu'une seule autre personne qui a les clés de son appartement – c'est Joy. Kendra pousse la porte, dépose le courrier et les clés sur la table de l'entrée.

« Bonsoir, t'es là, Joy ? » la bonne humeur s’entend dans sa voix, malgré la fatigue qui menace de tomber sur ses épaules.

Kendra pose son sac, déballe le repas qu'elle a acheté. Puis dépose veste, chapeau, chaussures à leur place respectives – au centimètre près. L'androgyne se sert un verre d'eau dans la cuisine, revient dans la pièce principale sans s'arrêter une minute.

« T'as déjà mangé, mon cœur ? Sinon, j'ai ramené des trucs, comme d'habitude en fait. Ah, je crois qu'il y a encore des restes dans le frigo, je vais regarder. T'as passé une bonne journée, sinon ? T'es là depuis longtemps ? »

A peine arrivée, déjà repartie – Kendra fouille dans le frigo, fait une pile instable des reliefs de nourriture, qu'elle pose sur la table. Elle sort deux assiettes – au cas où, mets la table. Finalement, pose son verre et va rejoindre Joy.
Elle passe ses bras autour de la brune, glisse ses doigts entre les siens, l'embrasse dans le cou. Puis remarque que Joy est en train de lire. Kendra fronce les sourcils, curieuse.

« Tu lis quoi ? » Ses yeux parcourent le papier, elle reconnaît sa propre écriture, ses propres brouillons. Elle s'arrête sur les mots « ex-auror », « Azkaban », et elle comprends, son cœur rate quelques battements puis s'affole. Kendra prends des mains de Joy les feuilles. A cette seconde, Kendra sait qu'elle a merdé. Elle froisse un peu les feuilles entre ses doigts, elle n'ose rien dire pour combler le silence qui s'installe péniblement. Elle déglutit difficilement, observe la brune, retiendrai presque son souffle.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Dim 29 Mar 2015 - 22:01

I know it's me that's supposed to love you

And when I'm home you know I got you
Is there somebody who can watch you?

Joy n'osait pas y croire.
Non. La vérité, c'était qu'elle ne voulait pas y croire.

Elle aurait aimé continuer à vivre plus longtemps dans l'ignorance de ces mots qui défilaient insolemment devant ses yeux, ces phrases monstrueusement neutres ; pire que ça même, journalistiques. Ces phrases porteuses d'un cruel accent de vérité, d'une vérité qui aurait dû être la sienne mais qu'elle ne parvenait pas à superposer à sa réalité, ce quotidien qu'elle avait forgé seule, ou presque— parce qu'il aurait été vain de chercher à se mentir. Sans les bras protecteurs de Basile, l'unique homme de sa vie, pour l'accueillir à sa sortie de prison, sans la présence apaisante de son adorable, innocente petite sœur pour lui rappeler qu'il lui restait quelque chose à protéger, quelque chose qui en valait la peine… Elle serait morte depuis si longtemps.
Sans Kendra pour envoyer valser toutes ses mornes habitudes, sans l'ordinaire pétillement de ses yeux noirs, sans sa silhouette vibrante d'énergie pour réchauffer la sienne…

Sans ses mensonges dilués dans l'encre noire, inscrits d'une main qu'elle imagine facilement passionnée sur le papier blanc, presque lumineux à la lumière du soleil. Sans ses ferventes assurances auxquelles les vilaines cachotteries font perdre tout leur sens, toute leur force. Sans ses belles promesses, ses serments truqués. Ses fausses croyances en un avenir ensembles.
Ensembles.
Le mot résonne comme une insulte, désormais. Même simplement le penser suffit à irriter Joy, à l'écorcher.

Elle croit vaguement entendre le bruit familier d'une porte qu'on claque d'un geste vif dans son dos. Kendra est rentrée. Kendra est rentrée et son sang bouillonne dans ses veines alors qu'elle réalise qu'elle ne possède pas encore l'abnégation nécessaire pour prétendre que rien ne s'est passé, qu'elle n'a pas ouvert le tiroir interdit, lu la lettre empoisonnée. Joy ne veut pas vivre au cœur d'une illusion, peu importe à quel point celle-ci est belle, et… Elle n'en a pas l'envie, tout simplement.
Ne l'aura sans doute jamais.

Elle flotte, Joy. Elle flotte au-dessus du discours routinier de Kendra. Elle flotte au-dessus de ces futiles préoccupations tandis que quelque chose en elle s'écroule lentement, doucement. Elle flotte, immobile, choquée. Elle attend la confrontation avec une patience infinie, parce qu'il est évident qu'elle est incapable de demeurer muette, de se taire face à l’innommable. Joy Jackson-Powell est une combattante— Kendra a toujours eu l'art d'éveiller en elle tous les feux éteints depuis son arrestation.
Celui-là se révèle terriblement destructeur pour elles deux.

Elle perçoit vaguement le mouvement perpétuel derrière elle mais s'obstine à rester bêtement plantée au milieu de la pièce, debout, véritable statue humaine. Jusqu'à l'instant fatidique, jusqu'au moment où elle peut sentir le corps de Kendra contre le sien, les lèvres douces dans son cou, le toucher douloureusement familier et pourtant odieux, elle ne dit rien, ne pense rien. Tout son être est tendu vers la simple idée de ne pas exploser.
Elle enferme ses cris au fond de sa gorge. Contient sa colère au creux de sa poitrine. Mais la frustration ne fait que la doter d'une aura intimidante, dont elle n'est même pas consciente.

« Tu lis quoi ? » Cette question, comment ose-t-elle ?! Alors que Kendra saisit soudain les feuillets d'un geste brusque, Joy l'observe avec une fascination presque malsaine. Elle ressent l'envie étrange de faire du mal à sa petite-amie autant qu'elle lui en a fait par le simple fait de se renseigner sur elle sans lui dire, et la voir se décomposer au fur et à mesure qu'elle réalise suffit à la combler d'une joie mauvaise.
De la joie, pour oublier l'incommensurable tristesse et le désespoir naissant.
Pour éviter de voler en éclats elle aussi.

« Pourquoi ? demande-t-elle dans un souffle en tendant nerveusement les muscles de ses mains pour les empêcher de se trembler, et c'est comme si la question se répercutait dans tout son être, le faisant dangereusement osciller au bord d'un gouffre imaginaire. »
Pourquoi tu m'as menti, Kendra ?
On était pas bien ensembles ?


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Dim 29 Mar 2015 - 22:45

If our love's insanity
why are you my clarity?

Le simple pourquoi de Joy résonne douloureusement. Pourquoi, oui, pourquoi, Kendra ? Kendra serre les feuilles entre ses doigts, les serre si fort qu'elle s'en fait mal aux mains. Les mots écrits sur le papier lui brûleraient presque les mains, l'empoisonnent.

Kendra n'ose pas parler, elle est figée, elle a l'impression que tout est en train de s'effondrer au ralenti, histoire qu'elle en retienne bien les détails. Kendra a l'impression d'assister, comme une spectatrice, à sa propre chute.

Pourquoi ? Pourquoi avait-elle eu cette curiosité malsaine d'en savoir plus ? Kendra est un affreux être humain, dévoré par la curiosité – c'est ça qu'elle aimerait dire, comme explication. Qu'elle ne pensait pas tomber amoureuse de Joy. Qu'elle ne voulait pas au début, mais que Joy s'était imposée comme une évidence au fur et à mesure, et que Kendra n'avait pas su résister.

« Parce que, commence-t-elle, la voix étrangement calme, quand j'ai commencé à te fréquenter, je voulais juste... en savoir plus. Mais je pensais pas tomber amoureuse de toi. Je voulais juste savoir la vérité, j'imagine, que c'était juste ça. Je ne pensais pas qu'on en arriverai là.  »

A quoi bon mentir, de toute façon ? Elle avait déjà bien assez menti pour toute une vie, Kendra. Fatiguée de garder les choses pour elle. La vérité est douloureuse à entendre, surtout avec la facilité dont les mots s'échappent de ses lèvres.
Le silence de Joy est oppressant. Kendra préférait même que Joy lui hurle dessus, l'insulte. Elle préférait subir la colère brûlante plutôt que ce silence, ce silence qu'elle déteste tant. Kendra reste debout, face à la brune, les quelques centimètres entre elles ayant l'air d'une distance insurmontable tout en étant si minime que Kendra pourrait sentir le souffle de Joy sans aucun effort.

« Je suis désolée.  » C'est sûrement la dernière chose que sa petite-amie a besoin d'entendre. Qu'elle est désolée. Qu'est-ce que cela change, qu'elle soit désolée, après tout – les brouillons sont là, les recherches sont faites, il est de toute manière trop tard pour faire marche arrière. « J'aurais dû te le dire. Mais je savais pas comment.  »

Comme d'habitude, Kendra avait été incapable de faire un choix. Quand elle avait commencé à aimer Joy, elle aurait dû réaliser qu'elle ne pourrait pas jouer le double jeu longtemps. Il y a des mois qu'elle aurait dû faire un choix entre sa vie professionnelle et sa vie amoureuse.
L'androgyne observe le visage familier. Ses traits durcis à cause d'elle. Et la culpabilité qui s'insinue, sournoise, dans chaque cellule qui compose Kendra, et qui lui rappelle que tout cela est bien de sa faute, que si elles en sont là, c'est à cause d'elle. Elle ne s'autorise pas à se sentir triste plus longtemps – on récolte ce que l'on sème, dis-t-on, et c'était à prévoir.

« Dis quelque chose. C'est presque une supplique. Le silence lui pèse. Tout sauf le silence – semble dire le regard de Kendra. Même si c'est pour me dire que tu me détestes. »

Son regard sombre évite maintenant celui de celle qu'elle aime. Elle ne peut pas supporter plus longtemps ce regard accusateur. Mais elle reste – une espèce de pulsion masochiste, qui la pousse à endurer tout ce qui va suivre, la colère légitime de Joy.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Lun 6 Avr 2015 - 15:40

I know it's me that's supposed to love you

And when I'm home you know I got you
Is there somebody who can watch you?

Les aveux de Kendra résonnent avec un accent de vérité qui achève de les rendre cruels. Parce que la jeune femme ne fait pas l'effort de mentir, non, elle ne daigne même pas lui accorder ce dernier cadeau. C'est dotée d'un calme impressionnant qu'elle s'efforce de lui livrer des explications dont Joy se moque autant qu'elle en a besoin ; parce qu'elle se sent couler. Elle se voit perdre le contrôle. Lentement, doucement. C'est un processus atrocement long, de voir tous ses repères voler en minuscules éclats. De comprendre que Kendra n'a jamais été aussi franche avec elle qu'elle s'était forcée à l'être en sa présence étrangement mais agréablement apaisante, afin de ne pas tout gâcher.
Afin de pouvoir construire quelque chose. Quelque chose de beau, de précieux.
Pourquoi pas même un avenir commun ?

« En savoir plus ? articule-t-elle d'un ton accusateur, les yeux chargés d'éclairs menaçants. En savoir plus, Kendra ? Tu ne pouvais donc pas simplement te contenter de me demander ? Tu n'étais pas obligé d'aller fouiner dans mon passé. Tu n'étais surtout pas obligé de continuer lorsque, et sa voix se brise alors qu'elle réalise ce qu'elle est en train de perdre, lorsque les choses sont devenues sérieuses.
Et pourtant, c'est ce que tu as fait.
»

Il y a au fond de sa poitrine comme une flamme qui brûle, qui la supplie de ne pas les torturer davantage, de sauver ce qu'il leur reste, cette infime étincelle d'amour et de fol espoir qui trouve son reflet au fond des yeux de Kendra. Mais ses gémissements plaintifs tombent dans le gouffre qu'a ouvert dans son esprit les mensonges de sa prétendue compagne. Un vide hurle en elle, réclamant d'être comblé avec des mots meurtriers, des colères monumentales, des confrontations violents. Toute cette rage, ce n'est pas que le fruit des cachotteries de Kendra, non ; cela, Joy le devine confusément. Les murs froids d'Azkaban l'enferment encore, l’oppressent, l'étouffent. Le souffle léger de la métisse s'apparente à l'haleine glacée d'un Détraqueur. C'est leur bonheur qu'elle piétine d'un pied négligent et ses excuses ravivent à ses oreilles les grognements désespérés des autres prisonniers. Joy se prend soudain la tête entre les mains.
Inspire. Tente de se calmer. Échoue lamentablement.
Éclate d'un rire hystérique qui se répercute le long de son corps nerveusement tendu, l'agite de tremblements incontrôlables alors que le dégoût bout au creux de son ventre, amène un goût de bile au bord de ses lèvres ; Kendra sera forcée de l'avouer, c'est un spectacle plus effrayant que tous les pitoyables articles décrivant son passé sanglant qu'elle pourra rédiger sur son compte. À moins que cela ne lui offre l'occasion de parer ses écrits d'une certaine touche authentique.

Enfin, elle parvient à regagner son calme— du moins, c'est plutôt le calme qui la regagne et le regard qu'elle lance à Kendra vaut toutes les réponses du monde.
Elle aurait dû lui dire.
Peu importe la manière. Elle aurait compris.
Maintenant, c'était trop tard.

« Si je parle, tu serais prête à m'écouter sans broncher ? rétorque violemment Joy en l'écartant d'une main douce mais ferme. Tu serais prête à encaisser mes justes reproches ? » Distraitement, elle secoue la tête, ses longs cheveux bruns flottent sur ses épaules. « Cela ne servira à rien. Tu le sais. » Juste à formuler la colère qui la secoue, mais celle-ci se devine déjà à l'éclat tranchant qui aiguise son regard.
Kendra n'est pas idiote.

« Tu n'avais pas le droit, Kendra. Pas le droit de nous faire ça. »
Elle n'était pas idiote, sa petite-amie. Elle qui avait entaché ce nous autrefois enchanteur des couleurs de la trahison.
Elle saurait comprendre que leur histoire risquait de s'achever plus tôt que prévu, et si une telle pensée écorchait vif le cœur de Joy, celle-ci était incapable de trouver une autre alternative à cette découverte.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Ven 10 Avr 2015 - 14:53

If our love's insanity
why are you my clarity?

Les accusations, Kendra les encaisse sans broncher. Elle sait bien que ce n'est pas à elle d'être en colère – tout cela est arrivée à cause d'elle, elle ne peut pas en vouloir à Joy, elle n'a aucune raison de s’enrager. Mais Kendra n'est pas du genre à rendre les armes sans se battre : elle tient trop à Joy, elle aime beaucoup trop Joy pour ne pas tenter le tout pour le tout – elle n'est pas courageuse Kendra, mais elle s'en voudrait trop de n'avoir rien fait, de ne pas avoir retenu celle a qui elle tenait le plus au monde.

« J'aurais pu te demander. J'aurais du. Mais je voulais la vérité Joy – une vérité que tu ne connaît peut-être pas, quelque chose qui t'échappe, j'en sais rien. Tu étais – es – peut-être victime d'une injustice, un complot, je ne sais pas, mais je ne voulais pas te nuire en écrivant cet article, Joy ! Ça n'a jamais été dans l'optique de te faire du mal !»

Kendra serre les poings, Kendra campe ses positions. C'est vrai, elle n'avait jamais prévu de faire du mal à Joy – elle avait mal calculé ce qu'elle pensait contrôler d'une main assurée. Kendra refuse de perdre Joy, se sent prête à supporter beaucoup avec la promesse, peut-être, de ne pas perdre Joy.

Kendra est incapable de bouger lorsque Joy craque, incapable de la regarder alors que ses yeux restent désespérément fixés sur le mur un peu à gauche, tout son semblant de courage s'est envolé. Si tout allait bien, Kendra aurait tenté de calmer Joy avec des mots rassurants, des mots qui seraient vrais, aurait tenté d'être là juste pour lui rappeler qu'elle n'était pas seule, mais tout ne va pas bien alors Kendra attends que la crise passe, serre les dents.

Quel est le pire, Kendra, le rire hystérique de Joy qui se grave dans ta mémoire, ou de savoir que c'est toi qui a provoqué tout ça ?

Cela ne servira à rien. Les yeux sombres de Kendra se détachent du mur pour se reposer sur la jeune femme. Non, Kendra s'en rends bien compte, cela ne servira à rien que Joy crache sa colère avec des mots des plus ignobles au visage de Kendra – ça ne recollera pas les morceaux, n'effacera pas ce que Kendra a fait, mais Kendra aurait été prête à l'écouter, elle qui n'est pas capable de garder son attention plus de minutes, elle l'aurait écouté. Kendra aurait voulu encore pouvoir naïvement espérer que cela puisse servir à quelque chose. Elle observe Joy, elle observe Joy et devine aisément le cœur brisé à l'intérieur.

Kendra déteste les cœurs brisés. Déteste être la raison de ce cœur brisé. Mais des ruptures – car elle ne voit que ça comme issue, une rupture, comment Joy pourrai lui pardonner et continuer une relation après ça ? - Kendra en avait vu et vu maintes fois. Elle avait eu le cœur brisé et brisé des cœurs. C'était douloureux, c'était triste, c'était affreux, mais c'est la vie, c'était un passage obligé parfois. Cette pensée fataliste dans laquelle s'enrobe Kendra pour se protéger résonne comme un mantra. C'est la vie.

« Les gens font des choses qu'ils n'ont pas le droit tout le temps, Joy, c'est toujours comme ça. » Kendra a l'impression de ne pas avoir parler depuis des années, sa voix est un peu rauque, éraillée – ou il s'agit juste de l'émotion. « Je regrette. Mais c'est la seule chose que je t'ai caché. Tu n'es pas obligé de me croire, je ne te demande pas de me croire, mais je ne t'ai jamais menti sur tout le reste. Je ne te demande pas non plus de me pardonner même si, Merlin, j'en meurs d'envie. Je réalise que ça en valait pas la peine, Joy. » Kendra s'empresse de dire tout ce qu'elle a sur le cœur, avant qu'elle n'en ai plus le courage. « Ce putain article n'en valait pas la peine. J'avais un choix à faire entre ma carrière et toi, et j'ai fais le mauvais choix en n'en choisissant aucun. » Elle fixe les feuilles dans ses mains, qu'elle aimerait faire disparaître, les déchire jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus rien en faire et les laisse tomber. Kendra aimerai brûler les petits restes de papier, et jeter les cendres le plus loin possible, qu'il ne reste aucune trace.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Dim 19 Avr 2015 - 13:32

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Quelque chose se brise.
Avec force et détermination, Joy toise le suspect ; c'est son boulot, elle le connaît par cœur. Elle sait de quelle manière figer son visage afin de paraître dure et inflexible, les muscles à forcer, les mots impitoyablement neutres à répéter en une litanie indifférente qui a le don de laisser le suspect désarmé, déstabilisé. Elle en est douloureusement conscience, il n'y a qu'ainsi qu'elle peut résister aux innombrables horreurs de son métier, aux êtres immondes qu'elle se retrouve obligée de côtoyer, à— Quelque chose se brise. Joy secoue distraitement la tête, ses cheveux fouettent son visage. Elle est ailleurs et ici à la fois.

En face d'un suspect. En face de Kendra.
« —Joy ! Ça n'a jamais été dans l'optique de te faire du mal ! » Perturbée, elle ancre son regard au sien avec une fixité troublante. Ses yeux glissent sur les poings serrés, la silhouette nerveusement tendue, les traits du visage contractés en une expression féroce. Les mots se perdent entre elles mais Joy s'en moque tellement, tellement qu'elle ne peut pas s'empêcher de se demander ce qu'elle fait encore là, à quelques mètres d'une présence qui lui arrache un sourire attendri où réside une pointe de folie naissante.

Les émotions sont des oiseaux qu'une main invisible choisit de délivrer aux pires moments et Joy comprend maintenant pourquoi les gens la décrivent parfois comme terriblement lunatique. « Regarde-moi, souffle-t-elle alors qu'elle voit le regard de Kendra naviguer partout dans l'appartement sauf vers elle. REGARDE-MOI, KENDRA, PUTAIN ! » Elle hurle finalement et il y a du désespoir dans sa voix. Avec bien du mal, elle tente de se calmer mais l'appartement résonne de sa respiration sifflante, de sa voix brisée.
Ne m'ignore pas.
Je t'interdis de m'ignorer sinon je ne sais pas ce que je pourrais faire.

Il y a une menace implicite dans la façon dans la manière dont elle crispe ses poings, dans la façon dont elle la scrute. Dans tout son être résonne les échos de leçons refoulées, d'une bataille inachevée contre ses propres démons qui prennent aujourd'hui la forme de Kendra et de ses mensonges.

Elle a le cœur brisé, Joy.
Elle se noie dans les dernières paroles de Kendra pour ne pas sombrer. Elle a envie de crier, Non, ce n'était pas censé être comme ça, pas nous, c'était spécial ce qu'on avait, je t'interdis de le nier par tes paroles fatalistes. Elle la laisse parler mais sans l'écouter. La réalité s'estompe derrière ses paupières. Elle se concentre pour ne pas se retrouver ailleurs. Elle a besoin de réfléchir, de— « prendre l'air. » Elle ignore si elle a interrompu Kendra et s'en fiche.

Durement, elle la bouscule et se précipite en direction du petit balcon. Nonchalamment, elle s'adosse à la balustrade et contemple les passants en contrebas. Ils sont si petits. Comme nous tous. Elle ne vérifie pas si Kendra la suit avant de parler d'une voix rauque, proche du rire désespéré :
« Je m'en fous, Kendra. Je me fous de tes regrets, de tes excuses, de tes choix qui n'en sont pas, je m'en fous. Je ne veux rien connaître de mon passé. Je te l'ai dit. C'est derrière moi. La vérité ? Aucune utilité. Ce qui compte, c'est l'avenir. C'est toi. T'étais unique, tu le sais ça ? Tu acceptais. J'aimais ça. Ne pas avoir à répondre à tes questions. Je me disais que tu comprenais plus vite que les autres. Mais t'as préféré fouiner, en pensant que ça avait de l'importance. Sauf que non, tu vois. Je m'en fous. » Le sous-entendu était clair : en essayant de savoir, elle était devenu aussi insignifiante que les silhouettes minuscules qui parcourraient la rue plus bas.

C'est ce qu'elle voudrait croire, Joy, pour ne pas être blessée davantage.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Mar 21 Avr 2015 - 19:58

If our love's insanity
why are you my clarity?

Son regard est ailleurs, quelque part entre ça et là, Kendra ne peux se résoudre à poser ses yeux sombres sur la jeune femme en face d'elle - - « REGARDE-MOI, KENDRA, PUTAIN ! »
Tirée de ses pensées de la pire manière qui soit, Kendra tressaille, Kendra se recroqueville sur elle-même alors que ses yeux obéissent à l'ordre de Joy. Personne n'aime se faire hurler dessus, Kendra n'y fait pas exception. Kendra se tasse, remonte les épaules. Elle qui d'habitude s’étend, elle prends d'un coup le minimum de place, se fait toute petite. Tente de prendre le moins de place, comme l'enfant qui se fait gronder. Elle croise les bras contre elle, pour se protéger.

Kendra aimerai ajouter des millions de choses mais les mots lui manquent, le courage aussi. Tout lui file entre les doigts – elle dit des mots, elle s'explique, se tue à chercher comment retenir Joy, mais celle-ci ne l'écoute pas, ne l'écoute plus.
Kendra ne cherche pas à ce qu'elle l'écoute, elle laisse sa voix s'éteindre quand la brune l'interromps – ses phrases s'effacent en un murmure quasi-inaudibles jusqu'à ce qu'elle se taise finalement.

Joy la bouscule et s'éloigne – deux mondes maintenant totalement séparés qui entrent en contact, l'espace d'une seconde – Kendra essaye de la rattraper, mais sa main se referme uniquement sur le vide, n'effleure même pas le bras de la jeune femme. Kendra laisse mollement retomber sa main le long de son corps, déçue, se sent d'un coup vidée de toute envie.
Elle observe Joy, s'approche et s'appuie contre la porte-vitrée qui donne sur le balcon. Elle n'est pas si loin d'elle, et pourtant, Joy lui semble à des milliers d'année-lumière d'elle. Kendra appuie sa tête contre le cadre de la porte. Le contact frais du métal contre son front remets un peu d'ordre dans le chaos qui s'installe sous sa boite crânienne.

« Qu'est-ce que t'attends de moi exactement? Kendra hésite au début, puis sa voix se fait un peu plus forte, plus affirmée. Tu veux pas de mes excuses. Tu dis que tu t'en fous. Tu veux que je fasse quoi, Joy, vraiment ? Dis moi ce que tu attends que je fasse, clairement ! Est-ce que tu attends que je tente de réparer les choses ? Est-ce que t'attends que je te retienne ? Que je parte, que je laisse tomber ? Je sais plus moi, je peux pas deviner pour toi. Tu dis que tu t'en fous, et pourtant, tu es encore là... »

Kendra relève la tête, s'éloigne à nouveau et cligne les paupières pour faire disparaître les larmes qui lui brûlent les yeux. Elle passe ses mains dans ses cheveux et sur son visage, finit par tourner le dos à Joy et se laisser tomber sur la chaise. Tapote ses doigts contre la table, cherche à exprimer ses pensées.

« Si c'est pour qu'on s'engueule éternellement, c'est pas la peine qu'on continue. Qu'on continue cette discussion. Qu'on continue.... Un silence. Kendra reprends. Je cherche pas à nier que j'ai merdé. Je le sais. Je sais que j'ai plus ta confiance. Kendra plante son regard sur la brune – elle doit bien savoir ce qu'elle va dire. Est-ce que ça servirai de continuer, nous deux? »

Tout sauf ça. Kendra préférait que les mangemorts se pointent à sa porte, voir la fin du monde, n'importe quoi plutôt que d'imaginer un instant une vie sans Joy. Mais elle préfère subir tout ça plutôt que de la voir souffrir par sa faute. Kendra aimerait supplier.

Dis-moi qu'on pourrait continuer. Dis moi que je n'ai pas tout gâché. Dis moi que je ne t'ai pas perdue.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Mar 5 Mai 2015 - 13:44

I know it's me that's supposed to love you

And when I'm home you know I got you
Is there somebody who can watch you?

À cet instant précis, alors que les larmes menacent de submerger ses yeux et que les émotions l'emportent sur la raison, le balcon ressemble davantage à une cellule qu'à un espace ouvert. Joy avait silencieusement espéré qu'une bouffée d'air frais lui permettrait d'entrevoir une solution à travers le brouillard qui empoisonnait son esprit et, de manière surprenante, elle avait eu raison. Elle ignorait simplement si elle en aurait la force, si elle aurait le courage et la volonté de tout recommencer à zéro, de pardonner. Elle ne voulait pas perdre Kendra, ne voulait pas détruire ce qu'elles étaient parvenu à construire. Ne voulait pas sacrifier ces progrès-là sur l'autel de la déception. Ils étaient trop précieux. Joy inspira profondément. Sa décision était prise. Elle allait—

Ses yeux heurtèrent le dos obstinément tourné de Kendra et quelque chose enflamma sa poitrine. Quelque chose qui possédait les attraits de la colère mais n'en avait pas la férocité. Quelque chose qui lui donnait envie de saisir le poignet de la jeune femme et de l'embrasser avec résolution mais qui ne suffisait pas à satisfaire son besoin de recul. Quelque chose d'amer. De la résignation. Elle ferma les yeux. Pendant une seconde fugitive, une éternité, elle n'entend plus que le pianotement impatient des doigts de Kendra sur la table, n'est plus consciente que de l'écho de ses mots dans son esprit. Qu'est-ce que t'attends de moi exactement ? Des excuses, peut-être ? Mais elle en avait déjà eu et si elle avait été prête à les accepter moins d'une minute auparavant, elle réalisa soudain qu'elle ne s'en sentait plus capable désormais. Alors elle demeura silencieuse jusqu'à ce que Kendra reprenne la parole et que ses mots la plongent dans un abîme d'incompréhension.

Si c'est pour qu'on s'engueule éternellement, c'est pas la peine qu'on continue. Qu'on continue cette discussion. Qu'on continue... Un instant, Joy se surprend à avoir peur, peur d'entendre la suite. Mais, déjà, Kendra enchaîne : Je cherche pas à nier que j'ai merdé. Je le sais. Je sais que j'ai plus ta confiance. Son regard s'ancre dans le sien et ses mains se mettent à trembler. Est-ce que ça servirai de continuer, nous deux ? Sans même le réaliser, un rire nerveux lui échapper. De tous les scénarios possibles et inimaginables, elle n'aurait jamais pensé que Kendra puisse être celle qui propose... Qui propose cela. Et pourtant, voilà où elles en sont. Au bord du vide, au bord de la rupture.
Il suffirait d'un pas—
Que Joy franchit sans réfléchir.

« Tu as raison. Je parle trop. Je— » Je ne suis pas comme ça d'habitude. Les gestes avant les mots. Mais je me suis toujours senti libre de m'exprimer avec toi. « Cela ne servirait à rien. » Elle demeure un instant figée, comme frappée par sa propre déclaration, avant de se mettre en mouvement comme un robot et de pénétrer à l'intérieur de l'appartement. Elle ne quitte pas Kendra des yeux. « Je suis désolée que ça se finisse comme ça, prit-elle la peine d'articuler avant de se diriger d'un pas chancelant vers la porte. » C'était donc aussi simple que ça ? songea-t-elle nerveusement en refoulant un sanglot. Ses doigts échouèrent sur le porte-clé offert par Kendra qui gisait au fond de sa poche. Soudain, elle se retourna et, sans attendre, se dirigea vers son ex-petite-amie qu'elle saisit par les épaules avant de l'embrasser avec force et détermination. C'est la dernière fois, pensa-t-elle. La dernière fois qu'elle s'autorisait à croire qu'un simple baiser pouvait tout arranger, pouvait lui insuffler la sensation que tout irait bien puisqu'elles étaient ensembles. Après ça, elle serait toute seule. Célibataire, et ce mot dans sa tête fut aussitôt associé à : naufragée.

Essuyant distraitement une larme rebelle qui coulait sur sa joue, elle se détourna vivement et quitta l’appartement, définitivement cette fois. Elle avait un drôle de goût sur les lèvres.
Un drôle de poids sur le cœur.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé) Mar 5 Mai 2015 - 23:00

If our love's insanity
why are you my clarity?

Voilà, pense Kendra, tout se brise, se fissure, vole en éclats. C'était à prévoir.

Kendra reste spectatrice impassible, comme si ce n'est pas sa relation qui prenait fin, que ce n'est pas elle qui est en train de rompre, ou de se faire quitter, elle ne sait pas trop la différence, en fait. Tout va très vite et très lentement en même temps. Pause. « Cela ne servirait à rien. » Joy est figée, Kendra retient sa respiration. Lecture. Joy entre, Kendra la suit des yeux, elle se relève de sa chaise.

« Je suis désolée que ça se finisse comme ça . » dit Joy, qui dépasse Kendra en allant vers la porte. Elle est désolée aussi, Kendra, les mots sortent de sa bouche en un murmure à peine audible « Moi aussi. »
Elle veut la retenir – elle veut la laisser partir. Kendra veut qu'elle reste. Kendra ne veut pas qu'elle reste. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Incapable de choisir ce qu'elle veut, Kendra reste les yeux fixés sur le dos de son ex-petite-amie. Elle ne se rends pas encore compte des conséquences – que ce soir, c'est célibataire qu'elle va se coucher, que c'est célibataire qu'elle va se lever demain matin, et que c'est dans un appartement vide qu'elle allait revenir le soir, et les jours à venir. Du vide que Joy allait laisser après. Non, Kendra ne réalise pas encore, Joy et encore là dans la pièce.

Puis Joy l'attrape par les épaules, l'embrasse – dans un mouvement presque de réflexe, Kendra pose sa main dans la nuque de la brune, emmêle une dernière fois ses doigts dans les cheveux de Joy, respire son odeur qu'elle connaît par coeur. Elle s'y accroche à ce baiser, ce baiser qui ressemble à un au revoir déchirant, qui arrache un peu du cœur de Kendra. Elle essaye de voler un peu de Joy, un souvenir, un dernier baiser, quelque chose à quoi s’accrocher comme une bouée de sauvetage. Profite de cette dernière étreinte, de ce dernier instant où Joy était sienne et que Kendra était sienne aussi.

« Je suis désolée. » s'échappe de ses lèvres. « Je t'aime » Kendra a envie de dire, mais ce n'est pas le moment, ce n'est plus le moment.

Puis Joy part, aussi soudainement qu'elle s'était rapprochée, une dernière collision qui les laissent faire leur route et ramasser les morceaux.

Un claquement de porte – le silence. Voilà ce qu'il lui reste. Le silence et le calme après la tempête, qui laisse Kendra désemparée. Elle entends les battements de son corps, amplifié par le silence.

D'un geste rageur, l'androgyne pousse par terre la vaisselle qui restait sur la table.

Le bruit de la vaisselle qui se casse n'a aucun effet – cela n'arrange pas les choses, cela ne la calme pas plus que ça. Kendra inspire, ramasse les débris avant qu'elle ne se blesse bêtement. Elle inspire à nouveau, remets en marche son mouvement d'enfer - elle ne serait pas Kendra si elle s'arrêtait pour pleurer, pour se morfondre.


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Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)
MessageSujet : Re: Perdues cette nuit. } Joy. (terminé)

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