Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Délivrance ◮ HazOz Jeu 9 Avr 2015 - 21:20

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Voler a toujours été pour moi mon but, mon objectif. Dans un costume de plumes, dans la chair d'un être du ciel, j'ai l'impression de gouverner le monde d'un battement d'aile. Je suis un aigle royal, infiniment grand, infiniment petit, une poussière, un tout, entre les nuages. Le bleu du firmament et le soleil sont mes maîtres, et je sens le vent qui souffle entre les ramiges de mon corps. Ma tête se tourne vers le bas, sans que j'en éprouve le moindre vertige. Quel être volant aurait peur de tomber, quand le monde est à nous ? Une pensée intervient, du fin fond de mon âme : tu n'es pas un oiseau, tu es un homme. Mais cette idée est si ridicule, alors que je plane, que je la refoule, l'enterre sous d'autres plus pressantes. Le château en bas est un monument de pierre, et je pique soudain vers un volatile, un hibou, que je m'amuse à effrayer. Je pousse un cri perçant, et l'observe de mon regard d'or s'envoler à tire d'ailes. La soudaine excitation de la chasse s'empare de moi, et si je n'ai nullement l'envie de dévorer l'oiseau, je poursuis cependant le rapace, à grands coups d'ailes vigoureux. Je suis un aigle, je suis la force et le roi de ces cieux. Ici est mon territoire, et je fais ce que je désire.

Pas comme quand je n'ai que deux pattes, deux bras, et que je n'ai pas de plumes.

Vivre à jamais comme un aigle, voilà une chose qui serait merveilleuse. Je l'ai déjà eu, auparavant. Voilà mon problème le plus récurrent, quand je prends l'apparence d'un aigle - le mental de l'oiseau, ses sens, ses désirs prennent le pas, au point que j'ai du mal à reprendre forme humaine. J'ai même parfois du mal à en avoir envie. Je secoue la tête, et mon vol s'interrompt, confus, chaotique. L'homme et l'oiseau se battent soudain, à l'intérieur du corps duveteux. Dans une torsion, j'évite un mur, et pénètre dans la volière, où une vole de hiboux s'envolent à mon approche, dans un concert de hululements mécontents. Je me pose au sol, dans des mouvements confus.

Je DOIS me transformer.

Mais une voix, insidieuse, pernicieuse, me demande pourquoi. En tant qu'humain, je n'ai nullement le plaisir d'avoir des ailes. Ce n'est qu'en tant qu'aigle que je suis complet. C'est faux, c'est totalement faux, mais en cet instant, il y a quelque chose d'hypnotique dans cette voix intérieure. Je secoue la tête, encore, et pousse un cri perçant avant que mon regard d'or fondu ne réalise qu'une présence humaine est là. Toute proche. Je bondis en arrière, ridicule - je suis fais pour voler, pas pour bondir au sol ! Tout mon corps rue contre cette idée - marcher, bondir, quelle idée ! Vole ! Utilise tes ailes !

La personne face à moi, je la connais. Mon côté humain ne s'en débat que plus, à l'intérieur, pour reprendre assez de forces. Je tourne ma tête aux plumes blanches étranges autour des yeux, comme avec une marque noire, comme ... des lunettes. Objectivement, cela ne ressemble pas à grand chose, mais c'est la marque de ces lunettes que je porte en étant humain. Alors, j'inspire, secoue encore la tête.

Et je reprend forme humaine.

C'est laborieux, pas exactement douloureux, mais difficile. A genoux, sur le sol de la volière, ma forme humaine se matérialisé, les plumes disparaissent. Ce n'est pas quelque chose de très joli à voir, d'autant plus que mon visage est crispé sous les divers désirs contradictoires qui me consument. J'ai les bras fermés sur mes torse, comme pour me protéger de quelque chose - de moi-même, et de mon envie de devenir totalement un aigle, peut-être. J'inspire, le souffle sifflant, et grimace. Mon corps n'a pas mal, mais quelque chose en moi voudrait crier.

Risenfield.

Ce n'est pas son nom que je voudrais crier, non, mais je viens de réaliser à qui je fais face. Puis, quelque chose me frappe - où suis-je, qui suis-je ? Qu'est-ce que je fais là ? Ma tête est vide, et mon regard ébahi se pose dans les prunelles de la demoiselle. Seul son nom est là, imprimé dans mon esprit - dans mon coeur.

« Hazel Risenfield ... » et c'est un murmure si perdu, si enfantin, couplé à un visage aux traits d'un homme égaré. Je baisse le regard, observe par terre, inspire, tente de me relever. Mais mon corps entier est encore sous le choc, et je manque de tomber. J'ai un vague gémissement animal, et retombe au sol comme un titan heurterait quelque chose. Je sens la panique me gagner - suis-je resté trop longtemps aigle ? Je ne sais plus rien, rien d'autre que le nom de la brune. Je m'accroche à la moindre parcelle de mon être, mais il part en lambeaux.

« Hazel Risenfield ... » je répète, plus pour moi que pour elle. Je suis réel, et elle aussi. Je n'ai pas de plumes - je suis obligé de jeter un coup d'oeil à mes mains, et je reconnais à peine cette peau, ces muscles. Sont-ce les miens ? Oui, je les remue. Mais j'ai le sentiment étrange de ne pas être moi. « Je ne m'appartiens plus », je parviens à murmure, d'un air troublé, et encore une fois, je m'accroche au visage de Hazel Risenfield. Déconcerté, confus. Désemparé. Si je ne suis pas un aigle, qui suis-je, que suis-je ? Mes lunettes sont de travers sur mon nez, et d'un geste réflexe, je les repositionne - mon coeur tonne, sous l'angoisse. De légères bribes me reviennent - ce n'est qu'une question de minutes, mais face à la peur de l'inconnu, je n'ai qu'une envie. Fuir.

A tire d'ailes.



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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Jeu 9 Avr 2015 - 22:44

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Ses mains crispées serraient le long parchemin roulé entre ses doigts fins. Lentement, prudemment, Hazel escaladait les dernières marches qui la menaient à la fin de son périple, la volière de l’école. Seul endroit où on avait en temps normal bien peu de chances de la croiser, il était pourtant un passage obligatoire pour tout élève souhaitant envoyer du courrier … Et c’était précisément ce que la jeune fille cherchait à faire. Alors elle dépassait son appréhension et même si ça signifiait y aller à reculons, elle le faisait. N’était pas Gryffondor qui voulait, et Risenfield avait beau être avoir de nombreux défauts, elle ne perdait pas une miette de son courage et de sa persévérance épuisante.

Pourtant depuis une bonne semaine, l’adolescente avait triste mine. Elle avait abandonné ses pulls colorés et ses sourires éternellement enthousiastes pour des tenues plus discrètes et des regards moins énergiques. Se mettre en retrait lui était nécessaire, surtout depuis sa rupture avec Zahari. Son attitude n’était pas faite pour que les autres s’apitoient sur elle-même et cherchent à l’aider, non, d’ailleurs elle avait refusé qu’on lui tire les vers du nez et s’exhortait à répéter constamment le même discours à chaque fois qu’on lui posait les mêmes questions : « tout va bien, je suis simplement grippée ». Grippée mes fesses, oui.

Et elle avait beau relativiser, se persuader qu’écrire un courrier à Mark la soulagerait un peu de ses pensées moroses. Qu’est-ce qui était plus grave, après tout, que de découvrir que son petit ami était un Mangemort ? De se retrouver dépoilée des trois quarts de ses amis justement à cause de ce même petit-ami, lui répondait alors perfidement sa conscience si raisonnée et si raisonnable. Bon sang ce qu’elle pouvait détester ça, la solitude. Ce n’était pas la sensation terrifiante que lui inspirait le vide quand elle devait voler ou qu’elle affrontait, comme en ce moment, le cadre vertigineux de la volière, mais l’isolement avait des allures effrayantes pour quelqu’un d’aussi solaire et sociable qu’elle.

La discussion des jours précédents avec Balthazar l’avait aidée à y voir plus clair. Sa présence à ses côtés la soulageait, l’apaisait. Aussi étonnant que cela pouvait paraître, elle lui découvrait même des qualités qu’elle n’avait pas soupçonné au premier abord. Même s’il paraissait pour beaucoup être un arrogant crétin ironique au possible, il était aussi capable d’écouter sans juger, d’être là simplement par sa présence, sans vous noyer de conseils ou d’avis personnels. Il était aussi drôle à sa façon et surtout, il n’était pas envahissant sans être indifférent à ses problèmes. Il ne remplaçait pas Jude et Elliott, mais il se dévoilait et c’était peut-être au moins le seul véritable point positif dans cette histoire – elle s’était rapprochée de lui, plus qu’en six ans.

La rouge et or arriva face aux hiboux et s’approcha du premier qu’elle vit pour y accrocher du bout des doigts et avec réticence la missive destinée à Fizz. Après cinq minutes de concentration intense, la sixième année finit par agiter un peu les bras et souffler sur le volatile qui n’avait pas l’air d’avoir envie de bouger : trente secondes plus tard il s’envolait à tire-d’aile en hululant de peur.

Voilà qui était fait. Et maintenant ? Sans savoir précisément pourquoi, la brune s’avança, comme guidée par une entité invisible, vers le rebord qui la menait au vide béant de la tour. Ses deux mains se posèrent fébrilement sur la balustrade rocailleuse de la volière. C’était idiot de vouloir jouer à se faire peur comme ça, songea t-elle. Et après tout ? Peut-être qu’avec les leçons de vol, elle avait moins le vertige. Peut-être même que ça ne lui ferait rien, de se pencher un peu, un tout petit petit peu, et … Hazel glapit en voyant une ombre plumeuse et noire lui foncer dessus, son cœur frôlant la crise cardiaque alors qu’elle s’était instinctivement reculée de deux mètres dans un bond de survie. Les yeux écarquillés, elle dévisagea son agresseur volant – un oiseau au regard étincelant, vif, alerte ; inquiet. L’envergure de l’animal était étrangement impressionnante et la paralysait d’ailleurs sur place : si le vide était son ennemi, les volatiles étaient les acolytes de sa plus grande Némésis. Elle se tenait au mur de pierre qui cernait l’intérieur de la volière, ne lâchant pas du regard le prédateur qui s’ignorait face à elle.

L’oiseau avait été à deux doigts de la percuter, mais ce n’était sans doute pas lui qui paraissait le plus menaçant. Il avait l’air de se débattre, s’agitant en tout sens sans parvenir à décoller pour s’éloigner loin, loin d’elle. Hazel le souhaitait pourtant au plus profond d’elle-même, que ce fichu aigle s’enfuie et la laisse en paix – parce qu’à choisir entre la solitude et un sac de plumes, c’était peut-être mieux d’être seule. La prochaine fois, elle prierait Godric de lui envoyer une compagnie humaine, eut-elle le temps de songer sarcastiquement. Pourtant, l’instant d’après, l’oiseau s’immobilisa, attirant la méfiance de la brunette, et ce qui se produisit devant elle la frappa d’une fascination féroce.

L’oiseau était en fait Oswald. Les ailes étaient devenues deux bras masculins, la tête au plumage parsemé de zébrures noires s’était muée en un visage humain aux lunettes sévères, le corps de l’animal avait quitté son ramage pour se couvrir de tissus et reprendre l’imposante allure qu’il avait habituellement.

Il fallut bien une bonne minute de silence pour qu’Hazel se remette du choc. Depuis quand Blueberry était-il animagus ? Et pourquoi est-ce qu’il avait l’air aussi déboussolé, aussi déconnecté ? On aurait dit qu’il n’était pas tout à fait lui-même, coincé entre deux mondes, pas certain d’être totalement revenu sur la terre ferme – et certainement encore perdu quelque part dans les airs. D’ailleurs il était maintenant à genoux, haletant.

Et il l’appelait.

Hazel avait déjà sans se rendre compte fait un pas en avant en le reconnaissant, et la suite logique de son instinct la guida à détruire le peu de distance qu’il restait entre eux pour s’agenouiller aux côtés du professeur. Sans réfléchir, sans hésiter. C’était pour ainsi dire la première fois qu’il se révélait être dans un état inquiétant : d’ailleurs la Gryffondor réalisa avec un temps de retard qu’elle aurait peut-être du directement appeler l’infirmier Taylor plutôt que de poser une petite main timide qui se voulait rassurant sur l’épaule de l’enseignant. « Monsieur ? » demanda t-elle, une pointe d’anxiété dans la voix. « Monsieur vous allez bien ? C’est… C’est moi, c’est Hazel, je suis là ! » Elle se trouvait stupide à dire ça alors que ce n’était pas forcément le point de repère le plus évident à énoncer pour aider quelqu’un dans sa situation. Dans quelle situation était-il, d’ailleurs, au final ? Hagard, déraisonné ? Est-ce qu’il fallait juste lui mettre une gifle, lui donner une potion d’Aiguises-Méninges ou l’allonger et attendre que ça passe ?

Il allait falloir faire à sa manière, suivre son intuition. Une chance qu’Hazel ait des facilités à écouter ses impulsions. Elle observa le trentenaire, remarqua que ses lunettes étaient complètement de travers mais il opéra un rajustement de lui-même – encore un peu et la jeune fille l’aurait fait d’elle-même, une idée qui la troubla mais qu’elle ne chercha pas à analyser. Après tout, ça l’aurait simplement aidé à mieux y voir. Toujours doucement, elle se remit à parler, s’empêchant de trouver à quel point ses propos pouvaient être fumeux et légèrement inutiles. « Monsieur, on est dans la volière. Tout va bien, vous venez juste de vous … transformer en oiseau, enfin vous êtes revenu à vous, en fait. Monsieur Blueberry, tout va bien ? Vous voulez que j’appelle l’infirmier ? » A ce compte-là, Hazel n’était plus sûre que seul son talent de gentillesse suffirait.

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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Jeu 9 Avr 2015 - 23:28

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Agenouillé, cette situation avait des réminiscences violentes avec cette scène éprouvé il y a si longtemps, et pourtant si proche. Sous la pluie, alors que Béatrice et son tatouage hantaient mon esprit. Etrangement, Risenfield et moi avions cela en commun - avoir vu des êtres se pencher vers l'obscurité et nous tourner le dos. Lone n'arriverait jamais à la cheville de Béatrice, elle était encore trop ... Non. Je ne devais pas penser à elle. Mes souvenirs revenaient, petit à petit, à chaque battement de coeur, à chaque respiration. Béatrice. Elle revenait à moi, et je repoussais son souvenir. Un parfum, un contact.

Risenfield venait encore de me sauver de moi-même. Son nom, son odeur, sa chaleur légère de sa main sur mon épaule me firent me tourner vers elle, tout entier. Mon regard brouillé se posa sur elle, éperdu de cette peur de la perdition fatale. Elle me parlait, et je comprenais ; surtout, j'appréciais sa voix. J'aimais la chaleur, l'inquiétude de son ton. « Je sais que vous êtes là. » Vous êtes toujours là. Ce qui aurait été autrefois une pensée acerbe et ironique n'était maintenant qu'une conscience douce de sa présence. Hazel Risenfield avait le don d'être là au bon moment. J'inspirais, cherchais l'air ; peut-être la cherchais-je aussi, elle. Ma main droite, vaguement tremblante, s'était saisie de son bras, sans lui faire mal. Ce contact me fit frissonner - moi aussi j'étais fait de cette chair humaine, et non plus de plumes. C'était une lucidité dure à avaler, mais son regard bleu et angoissé m'ancrait à la réalité.

Je fermais un instant les yeux, pour que la volière cesse de tourner. La volière. Poudlard. Tout revenait. J'étais Oswald Blueberry ; professeur. Divorcé. J'aimais la poésie. J'aimais le quidditch que j'enseignais. J'aimais peu de choses, mais je les aimais avec une passion dévorante. « Non. N'appelez personne. Je ne veux de personne d'autre. Mais ... ne partez pas. » C'était presque une supplication - elle lui rendait ses esprits, sa présence l'aidait comme un fanion dans le vent, un phare dans la tempête. Une inspiration puis deux, et je cessai totalement de trembler. Mon air perdu se dissipait peu à peu, mais une espèce de peur enfantine restait au fond de mon regard, ne voulait pas se dissoudre dans la rassurante existence de Hazel Risenfield. Ma main n'avait pas quitté son bras ; c'était involontaire, mais je ne voulais pas défaire cette espèce de complicité qu'avait créé nos deux êtres si proches. J'en ressentais une vague gêne, mais je repoussais cette émotion stupide. J'étais bien - je voulais rester ainsi pour toujours.

Mais je n'avais pas pour habitude d'écouter mes sentiments - sourd à mes propres émois, je secouais la tête, et souris, d'un air désabusé. « Par Merlin, Miss Risenfield. Je ... Je ne voulais pas vous effrayer ou vous inquiéter. » Nous commencions à prendre de mauvaises habitudes : moi, celle de lui pardonner tout et rien, de m'excuser auprès d'elle pour tout et n'importe quoi ; elle de s'inquiéter à mon sujet et de m'émouvoir au-delà du raisonnable. « Je. J'ai encore un peu la tête qui tourne mais, je » et en voulant me relever, je me rassis avec un calme forcé. Je ne me sentais pas encore capable de tenir debout. Je lui lançais un regard d'excuse, et déglutis avec une grimace. Ma main passa dans mes cheveux en les ébouriffant et je soupirais, fatigué et las, exténué par mon aventure. J'avais failli me perdre moi-même. Pourquoi Risenfield était-elle, à chaque fois, celle qui me sauvait de mon obscurité ?

« Miss Risenfield, je suis un animagus. » J'eus un petit rire amusé ; c'était inutile de dire ça, mais c'était agréable de mettre des mots sur une situation qui nous avait effrayé tous les deux. « Cela fait quelques temps déjà. Mais à voler, je perds conscience de mon humanité. Ce que vous avez vu ... Etait un instant de faiblesse. » Je répugnais à lui dire ça, à me montrer sous mon mauvais jour. Quel homme aimait montrer ses plus noirs côtés ? Mais, je ne sais pourquoi, je n'avais pas honte de le lui avouer. C'était un sentiment étrange, que je n'avais jamais ressenti. Une plénitude qui ne pouvait durer. Préférant changer de sujet, toujours assis par terre sur la pierre froide, je continuais de sourire et désignais du regard l'endroit autour de nous.

« Puis-je savoir ce que vous faites ici ? » C'était une question innocente, ingénue. Je me doutais qu'elle était là pour envoyer du courrier, et je n'espérais rien de plus que bavarder avec elle, le temps que mon esprit se fixe dans mon corps humain. Il était loin le temps où pour moi, Risenfield n'était qu'une écervelée trop bavarde. J'avais su voir au-delà, apercevoir sa force et sa puissante détermination. Les oiseaux autour de nous s'étaient calmés, et deux hiboux se posèrent près de moi pour me saluer. « C'est plutôt amusant, mais j'ai toujours été apprécié des oiseaux. » Je levais une main et l'un des deux volatiles se posa sur mon poignet ; j'ignorais les serres qui me firent mal, et caressais leurs têtes tour à tour, ébouriffant leurs plumes en écho à mes cheveux décoiffés. Pourquoi ressentais-je le besoin, l'envie de parler à une élève ? Elle n'était pas une Béatrice de consolation, non, surtout pas.

Elle m'était précieuse, autant que ma meilleure amie - mon ancienne meilleure amie. Risenfield était spéciale - comme l'étaient Andy, ou Isaac, ou certains autres. Elle avait su gagner une place de choix dans mon estime. S'en doutait-elle ? Sûrement pas. L'évocation fugace de sa main sur mon épaule me donna un léger frisson. Elle n'avait aucune raison de faire cela, mais elle l'avait fait, m'avait rendu à moi. Cependant, si je ne disais merci, mon regard posé sur elle, doux et admiratif, parlait pour moi. Peut-être un peu trop, même, hélas. « Excusez-moi, je vous retiens peut-être » fis-je d'une voix basse, en songeant à ses amis, à Lone. Et il était plutôt évident, à la mine que je fis, de savoir à quoi je pensais. Hazel méritait mieux que ce petit idiot de pacotille, qui n'était pas si idiot que ça, en fin de compte, mais qui se montrait borné, têtu et gamin. Je soupirais mais ne bougeais pas, tandis que quelques rapaces poussaient des hululements mélodieux. Je souris au hibou grand duc à mon poignet, préférant sa vue à celle d'une Hazel Risenfield ravie de rejoindre son petit ami.



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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Ven 10 Avr 2015 - 22:30

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A une autre époque, en d’autres temps plus éloignés, Hazel aurait pu jurer qu’il se moquait d’elle. Je sais que vous êtes là. Mais les choses étaient différentes maintenant. Oswald Blueberry n’était plus amer, il n’était plus sarcastique, il n’était plus froid. Il était devenu un ami, aussi bizarre qu’on pouvait considérer un enseignant et directeur de maison comme une connaissance en qui la confiance était accordée, en qui la volonté de compter sur l’autre était placée. Et si Hazel estimait l’homme comme tel, la réciproque paraissait, sinon évidente, envisageable et impliquait que s’il avait besoin d’elle, il pouvait être certain qu’elle ne se déroberait pas à l’appel.

Il resserra sa prise sur elle, doucement mais fermement, apeuré comme un enfant tétanisé par l’obscurité à qui on avait à peine osé suggérer d’éteindre la lumière. La rouge et or ne bougea pas d’un cil, immobile, guettant le moindre de ses changements et écoutant chaque mot prononcé avec attention. Ce n’était pas tant du zèle que de la crainte de faire face à une situation inédite ; que faire quand un Animagus se retrouve bloqué entre deux stades et ne reprend pas conscience du monde réel ? « Ok, je reste là. Vous voyez ? Je suis là, je ne m’en vais pas. » s’entendit-elle répondre d’un timbre étonnamment calme et doux. En s’écoutant, elle avait l’impression de parler comme Jane, d’agir comme cette sœur aînée qu’elle admirait tant pour sa patience et sa dextérité. C’était son métier, après tout, que de veiller sur les autres. Se pouvait-il qu’elle déteignait sur elle, à force d’entendre les leçons moralisatrices de sa fraternelle ?

Quant à s'excuser pour la peur et l'inquiétude occasionnée, la jeune fille le rassura d'office avec un petit sourire d'excuse. « Désolée mais euh, c’est un peu raté, vous m’avez fait peur et inquiété. » Pour cacher sa gêne, elle éclata d’un petit rire destiné à se moquer d’elle-même, et chercha instantanément à passer à autre chose. Ca tombait bien, voilà qu’il voulait se faire la malle et pensait déjà jouer les fortes têtes en se relevant comme si de rien n’était. Hazel s’insurgea directement, répliquant par la négative en forçant un peu de sa main à le rasseoir – un effort plus psychologique que physique dans les faits. « Ne bougez surtout pas ! Vous allez tomber dans les pommes, et j’ai pas la carrure pour vous rattraper. » Pas que vous êtes gros, mais plutôt suffisamment grand pour m’aplatir comme un pancake mal cuit. La précision de sa maladresse verbale resta mentale, et elle se rassura en songeant que Blueberry commençait à avoir sérieusement l’habitude de ses gaffes à l’oral.

Le directeur des Serdaigles reprit la parole, ce qui ne manqua pas de le faire rire autant qu’elle. L’annonce venait un peu tardivement par rapport à ce qui venait de se produire. Lui, Animagus ? « Sans blagues ! » souffla t-elle avant de se gifler mentalement la seconde d’après. Néanmoins, à bien y réfléchir, il était logique qu’il cherche à acquérir un tel don. C’était sa passion, une sinon la raison pour laquelle il vivait : voler, vivre dans les airs plutôt que sur la terre ferme. Accomplir jusqu’à un tel degré de dévotion l’aboutissement de ses rêves était au moins respectable et tout à fait admirable. L’adolescente ne put malgré tout pas totalement écarter les dangers d’un tel pouvoir et elle eut presque la sensation de devenir le professeur en le rappelant à l’ordre de la sort. « Franchement, refaites plus jamais ça. C’était super inquiétant, vous auriez pu vous jeter du haut de la volière en pensant que vous étiez encore un aigle ! » Bon, peut-être qu’il y avait un chouia d’exagération. Peut-être aussi Hazel avait été plus secouée qu’il n’y paraissait. Ca, elle ne le dirait pas.

La question qu’il lui posa n’était pas des plus originales et il aurait pu même y répondre de lui-même avec un semblant de réflexion – parce que l’américaine n’était pas de celles qui venaient dans les tours pour admirer la vue. Mais la jeune fille ne le jugea pas, mettant ça sur le compte du choc et de sa transformation mal aboutie. « J’envoyais une let- » Hazel s’interrompit, se braquant et se tendant presque de tous ses membres alors que deux hiboux la frôlèrent pour se poser près d’Oswald. « -tre. Une lettre. Vous … V-vous pouvez les éloigner s’il vous plaît ? J’aime pas trop les oiseaux. » quémanda t-elle du bout des lèvres.

Finalement, après un temps infini, elle réalisa qu’elle n’avait plus rien à faire accroupie à le soutenir d’une main. Il était assis, semblait aller mieux, et elle n’allait de toute façon pas le quitter de sitôt contrairement à ce qu’il pensait. Un rire sans joie parcourut ses lèvres, bref et incohérent. « Vous retenez personne, vu que personne m’attend. » Réponse un peu violente pour une question qui ne l’était pas temps. Hazel n’avait pas voulu être agressive envers le professeur, d’ailleurs ce n’était pas tout à fait de la colère qui émanait de ses propos marmonnés mais plutôt une rancœur étouffée, mal dirigée envers elle-même. Sous l’effet du regard pesant du trentenaire, la brunette se sentit dans l’obligation de s’expliquer sans pour autant vouloir en étaler trop aux yeux de ce qui restait un membre du corps enseignant. « C’est pas vraiment comme si traîner avec Hazel Risenfield était le truc le plus populaire à faire ces temps-ci, c’est tout. » Elle avait encore du mal à reparler à Jude et à Elliott comme si de rien n’était. Après tout, ils s’étaient sérieusement disputés, et même si les peines et les mots malheureux qu faisaient suite à l'affaire Lone avaient été vite oubliés et mis de côté, il y avait tout un tas d’autres élèves avec qui la jeune fille s’entendait bien qui lui semblaient rester distants, méfiants. Comme si elle était toujours une sorte de paria, de traîtresse à sa maison repentie trop tard. « Enfin au moins j’ai mes journées de libres maintenant, n’est-ce pas ! J’peux faire ce que je veux, genre, envoyer du courrier. » Maigre consolation, criaient ses grands yeux bleus trop clairs pour être sincèrement blagueurs.

« Vous, euh, vous volez souvent comme ça ? Façon oiseau de proie ? » s’empressa de demander Hazel, qui brûlait d’impatience de détourner le sujet de la conversation par crainte de ne pas contrôler ses paroles. Elle était encore trop à fleur de peau pour pouvoir prendre tout cela avec le recul nécessaire.

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MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Sam 11 Avr 2015 - 0:26

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Cela me faisait presque mal de l'avouer, mais la jeune femme avait quelque chose de rassurant. Elle avait beau être gaffeuse et maladroite, et j'étais certain que si j'étais malade, elle paniquerait, sa présence était apaisante. Parce qu'elle était là, simplement. Ce n'était pas une sécurité que je ressentais, mais quelque chose de plus diffus, d'indécis. Je m'étais habitué à la voir, et la sentir si proche n'avait plus rien de bizarre, pourtant, il y avait toujours ce choc interne, mélodieux, musical, comme un chant d'oiseau. Ou peut-être était-ce encore mon esprit d'aigle qui me jouait des tours ... Je n'avais pas encore retrouvé toute ma tête, après tout, et les sensations du rapace continuaient à se mêler aux miennes. J'eus uniquement l'obligeance de marmonner dans ma barbe quand elle parla de ma faiblesse. « Je ne suis pas si faible » grommelais-je avec un rictus amusé, en imaginant la pauvre demoiselle obligée de m'attraper. Non, impossible - elle n'en aurait physiquement pas la force. « Vous penseriez que je tente de vous tuer, si je m'effondrais sur vous » marmonnais-je, plus ours qu'aigle, en cet instant ; je faisais référence à cette fois-là ; j'en avais encore une peur bleue. C'était à ce moment-là que j'avais compris que j'allais trop loin. C'était une tentative ratée d'humour, et je haussais les épaules, d'un air quelque peu maussade, la prunelle cependant malicieuse. Risenfield réveillait le Oz adolescent, celui qui aimait faire tourner Béatrice en bourrique. Où que j'aille elle me suivait ; à chacune de mes respirations, ses souvenirs volaient ma vie. Je refusais de lui donner plus.

« Mais ce n'est pas arrivé » tentais-je maladroitement de la calmer. Se jeter du haut d'une tour, c'était bien trop romanesque pour moi. Même si je concevais qu'en cas d'extrême confusion, cela aurait pu arriver. Je n'y avais pas songé. Et, peut-être en m'enfonçant encore un peu plus, je répliquais encore : « Et puis, j'aurais sûrement repris forme animale en sautant. » Très rassurant. J'étais vraiment nul socialement parlant. Au moins, les oiseaux semblaient apprécier ma compagnie. Peut-être parce que la reprise de ma forme humaine m'avait rendu plus sensible, mais je sentis la tension soudaine chez la demoiselle. Je haussais un sourcil, puis d'un geste lent je fis s'envoler les rapaces. « Vous n'aimez pas les oiseaux, hm ? » Cela sonnait comme une blague - étais-je une métaphore pour l'oiseau ? Cela découlait-il de sa peur du vol ? J'avais mon regard fixé sur elle, espiègle, les sourcils levés, presque interrogateur.

Son visage se ferma, comme on claque une porte. Pourtant, elle fit l'effort de me répondre, avec une rare animosité, qui me coupa le souffle, non par sa puissance mais parce que je ne m'étais jamais attendu à voir une telle violence chez elle. Je clignais des yeux, tentant de comprendre où elle voulait en venir. Personne ne l'attendait ? Qu'est-ce que cela pouvait vouloir dire ? Ses propos étaient brumeux, et j'essayais d'en extirper quelque chose - elle faisait après tout l'effort de me fournir une explication. Je me devais de comprendre au moins la base. Mon esprit se refusait à assimiler l'idée que Risenfield pouvait ne pas baigner dans un bonheur parfait - toujours souriante, toujours joyeuse, comment aurais-je pu l'imaginer un instant triste ou en colère ? Ses émotions transcendaient tout, moi-même et le monde entier. Sa question sembla si gauche, tentant de ramener un sujet moins personnel, que je pris parti de répondre afin de la sortir de là.

« Je fais cela quand j'ai besoin de me vider la tête. Bizarrement, ne plus être soi aide beaucoup à se détendre et je- » Je m'interrompis ; les connexions s'étaient faites, cela avait pris du temps mais quelque chose était sorti de cette intense cogitation. « Seule comme dans ... Seule ? » Oui, c'était bizarre comme formulation. Mais l'interrogation était sincère. Je clignais stupidement des yeux, l'observant avec ahurissement - seule, comme dans plus avec Lone ? Ou comme dans mes amis ne me parlent plus ? Mon regard se porta vers ses yeux translucides où brillait une émotion que je n'y avais jamais vu. « Que s'est-il passé ? » et, même moi, je réalisais que la question était déplacée, extrêmement mal venue et surtout, maladroite, aussi je tentais de me rattraper. Ma gestuelle était ridicule : j'avais levé les mains devant moi, paumes vers Hazel, comme ces bandits dans les films pour dire qu'ils n'ont aucune arme. « Je veux dire, que ... Vous ne ... Ca n'a pas de ... Je ... » Je déglutis et haussais les épaules - ne me répondez pas, vous n'avez pas à le faire, disait mon regard qui se détourna. Malgré moi, mes pensées effleuraient deux noms que j'aurais voulu oublier. Adélia. Béatrice.

« Vous envoyez souvent des lettres ? » C'était un pitoyable écho de sa question précédente ; la phrase avait été trop rapide, trop confuse, trop précipitée. Je tentais à mon tour de détourner la conversation. Pour elle. Pour son intégrité, son intimité. Je n'aurai jamais dû poser la question.

Parce que la tristesse que je voyais à présent chez elle ... Ce chagrin, cet espèce de désespoir, criblais mon être d'échardes d'une détresse qui n'était pas la mienne. Et pourtant ... Une part sombre de moi se tordait de contentement. Il ne la méritait pas. Comme elle ne méritait pas de souffrir. Ce n'est qu'une enfant, elle apprendra les tourments de l'amour. Comme toi ? La voix pernicieuse était cruelle, me faisait grimacer mentalement. Mais ... J'avais toujours été honnête, et je ne pouvais que m'interroger face à cette joie presque méchante de savoir que Risenfield n'était plus avec Lone. Joie qui s'estompa la seconde d'après, quand mon regard se posa de nouveau sur elle. Comment pouvais-je être heureux, alors qu'elle était affligée ?

« Désolé. » Puis, j'eus un léger rire, un rire qui n'avait rien à faire ici, un rire malhabile, qui était presque idiot. « Je crois qu'en comptant ce pardon, je me suis plus excusé auprès de vous que dans toute ma vie réunie. » C'était absurde, ridicule. Mon rire s'éteignit, comme on souffle une bougie. Ne soyez pas triste. Ou je serai obligé de m'occuper de son cas ... Je me l'étais promis. Si il la blessait ... Qui aurait eu envie de lui faire du mal ? Qui voulait voir cesser ses rires ? Même si parfois ils m'agaçaient ... La fin de ses rires était une horreur, une injustice.
Une apocalypse.



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MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Mer 15 Avr 2015 - 22:46

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Le professeur pouvait bien lui raconter tout ce qui lu plaisait : lui prouver par a + b qu’il était un adulte responsable, fort et maître de lui-même. Lui démontrer qu’il n’aurait jamais eu un comportement suicidaire par manque de lucidité, qu’il aurait de toute manière réussi à éviter le pire. Hazel ne savait que trop bien qu’Oswald Blueberry était farouchement borné et refusait de s’avouer, pire que vaincu, affaibli. Alors elle ne protesta pas, ne lui opposa aucun argument valable. C’était autant peine perdue de vouloir lui faire comprendre qu’il n’y avait aucun mal à flancher de temps à autre, que d’essayer de la convaincre elle de penser à contre-sens.

Ses yeux observèrent dans le vague les ombres qu’ils projetaient sur le sol jonché de paille. Sa crainte des oiseaux ne venait que du simple fait logique qu’elle n’était pas à l’aise dans les cieux, du moins c’est ce qu’elle devinait. Comment, à partir de là, réussir à apprivoiser les créatures qui y vivaient constamment et qui y régnaient en dignes maîtres élémentaires ? La question se soulevait sans qu’Hazel ne puisse concrètement expliquer ce qui la dérangeait chez ces êtres de plumes. Elle qui arrivait pourtant toujours à adoucir la plus féroce des créatures, face à eux, elle n’avait pas encore la solution. Ils étaient pourtant plus doux au toucher qu’une grappe de Véracrasses et auraient moins de risques de la blesser qu’une escouade de Scroutts. « Pas vraiment, enfin … C’est juste que j’ai du mal à les comprendre. » se justifia tant bien que mal la rouge et or en regardant les deux hiboux s’éloigner d’eux à tire-d’aile, non sans soulagement.

En proie au trouble, la Gryffondor avait très vite regretté cet instant où elle avait cédé aux appels du cynisme. Ca ne lui ressemblait pas, mais elle avait tellement eu envie, pendant une fraction de seconde, de lâcher ce qu’elle avait sur le cœur que l’adolescente n’avait pu étouffer très longtemps sa franchise. Se confier était une chose qui lui était complexe, alors le faire face à un enseignant … Cependant déterminée à faire comme si de rien n’était, Hazel vit sa ruse détournée par la réaction inédite et tout à coup déstabilisante d’Oswald. Il s’était mis à bégayer, à marmonner, comme s’il ne croyait pas à ce qu’il entendait là – comme si ça venait de le percuter de plein fouet, plus violemment qu’une ondée en plein mois de juillet. « Hem oui, enfin c’est le sens du mot seule en fait … » confirma la brunette, légèrement perturbée par l’insistance du directeur. Pourquoi semblait-il si halluciné par la nouvelle ? En quoi ça pouvait à ce point le toucher, le concerner qu’elle se retrouve plongée dans une solitude qu’elle avait en partie provoquée ? Hazel aurait pu se poser ces questions et bien plus encore mais elle avait le cerveau trop embrouillé et trop confus pour pouvoir gérer autant de problématiques à la fois. La première urgence était de retenir tout afflux d’émotion trop irrationnel sous le nez de Blueberry – qui n’était pas impartial, et qu’elle n’avait pas à mêler à ses tracas de gamine. Et malgré tout, plus elle y pensait, plus elle sentait la lame du couteau s’enfoncer et s’agiter lentement, viscéralement en elle. Est-ce que c’était si terrible que ça de flancher, mh ? Toi-même tu lui assures que non, mais tu ne te comportes pas beaucoup mieux …

La brunette chassa la voix pernicieuse de son esprit et souffla un bon coup. Allons, qu’est-ce que ça pouvait bien changer au fond ? Elle n’avait pas à lui avouer le pourquoi du comment, seulement à décliner les faits bruts. Faits qui occultèrent la tentative ratée d'esquiver le sujet – elle n'avait pas envie de poursuivre dans des faux-semblants de conversation. « J’ai … Je … C’est débile, je vois même pas pourquoi je vous le cacherais – je suis plus avec Zahari en fait. Vous savez, Lone, à Serpentard. » Le dire lui avait libéré un poids mort dans les poumons, et elle avala une nouvelle goulée d’air, plus encline à spontanément parler, comme elle en avait toujours eu l’habitude. « Certaines personnes m’avaient dit que ça allait arriver et que je faisais le mauvais choix, mais j’ai pas voulu les écouter. J’aurais du, j’imagine. Je n’ai pas assez réfléchi, ça devait bien arriver un jour ! » Un éclat de rire infiniment triste l’agita. En ce moment précis, la jeune femme semblait dépeindre une piètre opinion d’elle-même, mais ce n’était pas tant qu’elle cherchait à être consolée. Jamais cette idée ne lui aurait traversé l’esprit. Non, elle avait simplement besoin d’exorciser les choses en les disant à voix haute. Il se pouvait qu’avec le temps et la persévérance, cette technique fonctionne … un jour. « Vous devez vous en moquer comme de votre première chaussette. Pardon de vous ennuyer avec ça. C’est impoli et … gênant. » C’est ce qu’elle aurait sûrement ressenti si lui s’était mis à lui raconter ses peines de cœur. Pouvait-il seulement en éprouver ? Une amertume lui lacéra la mémoire et le cœur. Evidemment, il n’était pas un monstre de sang-froid et de contrôle. Ses mésaventures avec Béatrice s’étaient ravivées : cette femme avait, comme Zahari, réussi à éteindre en lui une lumière, celle, essentielle, qui donnait l’étincelle de vie dans son regard.

Et il l’avait retrouvée, cette lueur ; cela se vit lorsque la sixième année croisa les iris du trentenaire – pour les fuir quelques secondes plus tard. Hazel ne savait pas comment, elle enviait presque cette facilité qu’il avait eu à se relever après ce qu’il avait subi – Merlin que cela n’avait pas du être aisé, surtout quand on devait subir après coup la présence de celle qui vous avait torturé. Au moins la jeune américaine pouvait-elle maigrement se satisfaire de ne pas avoir à souffrir de ce genre de situations ; même si dans chacun de ses rêves depuis la rupture, la marque des Ténèbres dansait, nébuleuse, planant comme une menace implicite. « Pour une fois c’est moi qui m’excuse. Ca change, c'est peut-être pas plus mal. » coupa t-elle doucement, lentement, un sourire fragile qui se moquait d’elle-même imprimé sur ses lèvres.

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MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Mer 15 Avr 2015 - 23:22

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Du mal à les comprendre ? Je ne pouvais me départir d'une certaine sensation amusée. Je sentais comme la pointe d'une certaine ironie. Hazel Risenfield n'appréciait pas les oiseaux parce qu'elle ne les comprenait pas ? Je me promis dans un coin de tête de la persuader qu'elle était capable d'aimer les oiseaux. Les rapaces étaient des créatures superbes et intelligentes - l'aigle, dont ma maison était ornée, était un être des plus dignes, de par sa mémoire, sa férocité mais aussi sa superbe.

J'étais quelque peu embrouillé dans toutes ces idées. Hazel Risenfield, seule. Je voyais le coup porté, à présent - non pas physiquement, mais visible dans son regard. Quelque chose s'était effacé, et cette part disparue d'elle, c'était comme amputer une personne de sa joie. Ce n'était pas possible - je ne savais pas si je regrettais d'avoir souhaité qu'elle et Lone se séparent. Elle méritait mieux, bien mieux, mais si c'était pour qu'elle soit triste ... pourtant, c'était peut-être mieux ? Mieux, mieux, qu'est-ce qui était bon pour elle ? J'étais incapable de comprendre pourquoi je m'interrogeais ainsi. Je n'étais pas assez bien placé pour décider à sa place, et je n'en aurai pas eu l'insolence. Comme cette fois, dans les couloirs, où j'avais démontré combien l'alcool était mauvais. Je l'avais prévenue - à demi-mots. Elle vidait son sac, comme peuvent le faire les adolescents - avec une franchise étonnante. Il n'était pas question de confiance, mais elle avait besoin de parler, et j'étais là.

Le rire cristallin et infiniment éploré me fit l'effet d'un coup de fouet. Je me relevai sans réellement m'en rendre compte. Debout, je la fixais, sans rien dire - les mots s'entrechoquaient dans ma gorge, entre encouragement, colère, déception, compréhension, maturité. Mes traits étaient tirés en une expression pensive, un peu abasourdie. Je me repris tant bien que mal, puis détournais le visage pour ne plus voir la mine désespérée de la jeune femme. Nous étions en train de fuir le regard de l'autre ; elle, sûrement à cause de sa gêne de m'avoir raconté cela, et moi, moi ...

Son pardon acheva tout. Le regard que je lui décochais, presque violemment, hurlait Ne vous excusez pas, ne me demandez pas pardon pour ce qui n'est pas de votre faute ! mais les mots ne sortaient pas. J'étais désarmé, ma voix refusait de se faire entendre. Et pour faire taire le chagrin chez Hazel Risenfield, je dévorais de deux pas l'espace entre nous, et avec toute la délicatesse que l'on peut avoir, comme pour un objet précieux qu'on aurait peur de briser, je la serrai contre moi. Sa tête arrivait en-dessous de mes épaules, et je pris garde à ne pas la serrer trop fort, mon coeur battant à tout rompre devant ce geste spontanée, irréfléchi que je venais d'avoir. Mais je ne regrettai pas - parce que c'était un mouvement humain, et profondément plein de compassion, de cette compréhension que je n'arrivai pas à exprimer. Une main dans son dos, l'autre derrière son crâne, mes doigts plongés dans ses cheveux ; son parfum fit s'évaser mes narines, qui captèrent ses odeurs si familières. Puis, comme si le courage me revenait, maintenant que nos regards étaient coupés, je murmurai tout bas :

« J'aimais beaucoup ma première chaussette, vous savez ? » puis, démarrant sur cette vanne totalement nulle, comme pour donner une autre couleur, je repris, la voix rauque, le souffle court,
« Je suis ... Désolé pour vous. Lone n'est pas quelqu'un de fréquentable. Mais je ... Je ne voulais pas que vous soyez triste. » Comment aurais-je pu honnêtement : dire je ne voulais pas que cela se finisse ainsi ? « Je ne pense pas que vous soyez seule. Je devine que vos amis, Panabaker, Lynch et Owen, sont ces personnes qui ne vous attendent pas. Néanmoins, un attachement comme le vôtre ne se brise pas à la première querelle. » Mais à la seconde, Oz, et la troisième ? Une amitié de vingt ans pouvait-elle elle aussi être réduite en poudre pour une erreur ? Mais ce n'était pas la même chose. Involontairement, pour me rassurer, je la serrai un peu plus fort, sans prendre garde à mes manches qui remontaient sur mes bras dans cette étreinte innocente. « Ce n'est pas grand chose, mais quoi qu'il se passe, vous pourrez compter sur mon soutien. » Pas de mot d'amitié ou de confiance. Mais un soutien, un appui, ça, je pouvais le lui offrir sans me sentir coupable, hein ?

« Lone ne mérite ni votre tristesse ni vos larmes, ni votre temps. » Je n'étais pas dur - c'était la réalité, à mes yeux. Le serpentard ne méritait nullement que Risenfield se mette à l'écart ainsi, et souffre à ce point. « Vous vous souvenez, quand vous m'avez dit que vous étiez assez grande pour faire vos propres choix ? » Je m'en souvenais comme si c'était hier, malgré les brumes de l'alcool. Un sourire apparut sur mes lèvres. « Parfois, les choix que l'on fait seul nous font souffrir. Mais cela nous fait grandir également. Bientôt, vous serez légalement adulte. Profitez donc encore un peu de votre adolescence. Les jeunes sont souvent avides de vieillir. Mais, Miss Risenfield, promettez-moi juste une chose : effacez la tristesse de votre regard, et continuez à rire. » Merlin que c'était niais ! Je me décollais enfin de Risenfield, soudainement gêné, les joues rosies.

J'avais fait tout cela très spontanément, mais à présent, j'avais l'impression d'avoir formé des gestes qu'il ne fallait pas. D'un air quelque peu bougon et mal à l'aise, j'enfonçais mes mains dans mes poches, sans réaliser que le tatouage sur mon avant-bras était visible, dénudé par ma manche remontée. J'avais détourné le regard, pensif, mon esprit tournant sur les mots et la situation qui se tramaient là sous mon nez.

« La prochaine fois que je me transforme en aigle, j'éviterai de vous approcher » fis-je avec malice, un léger sourire aux lèvres. Je ne savais pas trop quoi dire d'autre, contrit, confus. Je me sentais mal placé pour avoir ce genre de paroles avec Risenfield, mais je me sentais également hypocrite de garder mes mots pour moi. Je mordillais ma lèvre, refusant de la regarder. Qu'au moins je ne vois pas sa mine abasourdie ou choquée - après tout, Oswald Bluberry venait de lui faire un câlin ...



   

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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Mar 21 Avr 2015 - 0:05

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Hazel n’était pas persuadée d’avoir réellement compris ce que le regard d’Oswald Blueberry laissait à penser. Pas plus qu’elle ne saisit pourquoi tout à coup il se redressa, la fixa sans relâche avec une intensité à la faire frémir et fondit sur elle pour la prendre dans ses bras, sans rien dire.

Son cœur se suspendit dans sa cage thoracique, elle oublia pendant une seconde de respirer, et finalement l’air s’engouffra e elle comme une bourrasque dévastatrice. Plongée au cœur d’une obscurité inconnue, Hazel se sentit tout à coup piégée – non, protégée – par une forteresse qu’elle découvrait timidement. Les bras s’étaient refermés sur elle fermement mais doucement, la maintenant dans un îlot de sérénité au cœur de la tempête. Impossible de dire si cette étreinte l’apaisait ou provoquait plus de bouleversements en elle qu’autre chose, ses pensées avaient implosé. Tout le reste fut occulté : les arcs noirs d’encre de la tête de mort, les mots durs qu’elle s’entendait encore dire à Jude, les larmes d’Elliot, le sourire encourageant de Balthazar. Il n’y avait plus rien, et il était tout à coup devenu bien plus simple de vivre.

Cette plénitude ne dura pas. La gêne, le malaise et surtout une profonde incompréhension avaient fendillé son esprit et s’étaient installés. Son cœur tambourinait plus fort que jamais et surtout, surtout, elle n’osait pas bouger d’un cil. Et elle n’en avait aussi pas tout à fait envie – isolée du reste du monde qu’elle était en cet instant étrange.

Ce fut en lui parlant de chaussette – un sujet on ne peut plus ridicule et hors sujet – que le directeur des aiglons balaya le trouble qui était né entre eux. Il ne l’avait pourtant pas libérée et la jeune fille avait même fini par s’habituer plus docilement que prévu, comme si cette marque de soutien, cet appel à la combativité lui était secourable et nécessaire. Et là encore, loin de ses attentes, l’intérêt qu’il pouvait placer en elle – sur sa situation, sa vie, ses états d’âme – la touchait. De sa part, c’était un honneur bizarre auquel elle n’aurait jamais pensé pouvoir prétendre, une formalité solennelle, gauche et sincère à la fois.

Et elle n’avait du à aucun moment prononcé les noms de ses amis du Genius Crew pour qu’il sache pertinemment que c’étaient eux qu’elle avait plongés dans la tourmente, eux qui lui manquaient, eux qu’elle regrettait plus que tout d’avoir perdu et trompé. Elle s’en voulait et il le lut en elle avec la simplicité déroutante d’un sorcier analysant l’avenir nébuleux dans les tréfonds d’une tasse de thé. Il avait raison ; il en faudrait bien plus que ça pour les briser définitivement. Cette dispute en était bel et bien une, à ne pas négliger, mais elle les souderait définitivement. Elle ne les éloignerait pas, elle ne leur ferait plus aucun mal. Ils devaient se reprendre, elle ne devait plus avoir peur qu’ils la fuient. Ils étaient unis comme les doigts de la main. A cette simple pensée, un sourire orna ses lèvres en même temps qu’elle réalisa qu’elle avait fini par poser sa tête et par se rasséréner pour de bon. « C’est gentil. » murmura bêtement l’adolescente. Elle n’était jamais tout à fait seule, et le savoir, c’était un soulagement indicible.

Elle ne pleurerait pas non, c’était une certitude. Hazel avait assez pleuré pour plusieurs années, elle avait eu ses moments de faiblesse et celui-ci ne faisait pas partie de ceux qui annonçaient une tempête encore plus nuageuse. C’était une embellie, une trouée lumineuse dans un ciel autrefois obscur qui tendait à s’éclaircir. Inconsciemment, elle le sentait. Rien ne pourrait être pire après ça. Ses yeux à demi-clos dérivèrent vers le seul espace clair qu’elle distingua – une zone de chair marquée ; un instant, elle se rappela du tatouage et frissonna, mais ce n’était pas ça. C’était une forme plus fine, plus aérienne. L’aile d’un oiseau au plumage flamboyant.

Ce qu’il acheva de dire avant qu’il ne l’abandonne aussi brusquement qu’il l’avait réconfortée la surprit, décrocha son attention du symbole entraperçu sur son bras et elle écarquilla les yeux, franchement épatée – et peinant à sortir du drôle de rêve éveillé qu’elle venait de faire. « Vous vous souvenez de ça ? » La Gryffondor esquissa un sourire à mi-chemin entre l’amusement et l’attendrissement, presque contente de savoir que finalement toutes ses paroles n’étaient pas complètement tombées dans l’oubli. Il se pouvait même qu’il en retienne bien plus que d’autres et que ce qu’elle croyait. Et puisqu’il tenait à toujours la voir sourire … Cette demande là aussi était curieuse, mais la rouge et or n’avait pas le cœur à la refuser. « D’accord. Je le promets. »

A la manière d’un écho intangible, la sixième année sentit la soudaine tension qui agitait le professeur. A son tour elle répondit par un rire, plus fluide, moins douloureux, secouant la tête de droite à gauche comme une enfant, sa longue chevelure s’agitant frénétiquement. « Dites pas de bêtises, vous êtes pas vraiment un oiseau. Vous me faites pas peur. J’étais juste surprise ! » On ne parlera pas du légendaire courage propre aux disciples de Godric qui s’était instantanément évaporé quand Hazel avait vu cet oiseau de proie terrifiant lui atterrir sous le nez. Non, non, vraiment, pas la peine d’insister sur ce détail !

A court de munitions pour désarmer le trentenaire de son silence brut, la jeune fille finit par à nouveau se lancer, non sans percevoir une inquiétude illégitime et nouvelle poindre en elle alors qu’elle ouvrait la bouche. « Vous, euh. Vous vous êtes fait tatouer aussi ? » D’un tout petit mouvement de menton, elle désigna le phénix – qu’elle pouvait maintenant parfaitement suivre du regard, redessinant d’ailleurs avec une certaine once de fascination les contours stylisés. « Enfin je voulais pas regarder mais y a votre manche qui s’est remontée du coup je l’ai vu et puis c’est ... Assez raccord au thème. » Une blague, voilà tout ce qu’elle savait faire pour détendre l’atmosphère. Une blague pas franchement tordante pour un sujet peut-être un peu trop intime, en fin de compte. « Il y a une raison particulière ? Si c’est pas indiscret. » Au point où elle en était, elle n’était plus à ça près question maladresses.

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MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Mar 21 Avr 2015 - 19:47

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Si j'avais regretté, une infime seconde, mon geste spontanée et quelque peu stupide, la voir rasséréné me fit prendre conscience que c'était sûrement le geste le plus simple du monde. Un geste de réconfort le plus primal, le plus bestial. Un contact d'humain à humain, qui n'avait rien de sensuel ou de forcé, de brutal ou de méchant. C'était le contact simple, rassurant, d'un être à un autre être. Un effleurement de l'âme, qui m'avait touché plus qu'il n'aurait du.

Son étonnement à l'idée que je me souvienne de ses paroles me fit rire. Oui, c'était surprenant, mais j'avais gardé en mémoire plus de ses discours qu'elle ne l'aurait cru possible. Elle avait une façon de penser bien à elle, et la côtoyer en cours comme en cours spéciaux m'avait donné à réfléchir sur ce qu'elle disait, même si parfois c'était aussi niais ou bête que pourraient l'être les discours de Lynch. Et sa promesse me fit chaud au coeur. C'est à ce moment là, où son serment ne me hérissa pas, que je pris conscience de tout. Normalement, je n'aurai pas apprécié une telle promesse - je n'aimais d'ailleurs pas les actions de ce genre. Combien de fois m'avait-on trahi alors que je donnais ma confiance ? Mais quelque chose me chuchotait que ce n'était pas pareil, pour une fois.

« Juste surprise, d'accord, bien sûr » déclarais-je, avec indulgence. J'allais faire semblant de croire cela, et d'oublier totalement sa mimique paniquée en voyant les hiboux s'approcher de nous. Rapaces qui, d'ailleurs, en cet instant, nous observaient avec un calme olympien. Quelques hululements traînaient sous la voûte de pierre, mais rien de bien méchant. « Je ne vous fais donc plus peur en tant qu'humain ? » glissais-je tout bas, avec humour, un coup d'oeil appuyé et malicieux. Avec Lawrence, nous jouiions les terreurs, et les élèves avaient tendance à nous craindre. Néanmoins, depuis quelques temps, hormis ces mois sans Béatrice, j'avais été d'humeur plus clémente, bien que toujours juste et implacable. L'idée cependant de ne plus effrayer une élève comme Risenfield me rendait songeur.

Sa question me laissa surpris, la bouche ouverte, puis je suivis son mouvement et sursautai. L'oiseau de feu était là, sous mes yeux. Je me sentis bafouiller et je mordillais ma lèvre avant de soupirer. « C'est indiscret, oui, mais vous êtes ainsi faite, et j'ai envie d'être honnête avec vous. » Je remontais plus loin encore ma manche et dévoilais le tatouage à nos deux regards. Je souris en voyant l'encre flamboyante, et le symbole qui était gravé dans ma chair. Sur mon bras, il semblait symbole de puissance, rapace de feu au bec acéré. « Ce tatouage est non seulement un symbole de mon don avec les oiseaux mais aussi avec un certain Ordre du même nom. » Avec douceur, je posais mes prunelles sombres sur Hazel. J'eus un petit sourire. Jamais je ne l'aurai cru mangemorte, ou farfouillant avec eux. Béatrice non plus. Je chassais cette pensée. « Cela reste entre nous, je vous fais confiance. Je les ai rejoins il y a peu, quelques mois tout au plus. Je voulais défendre le monde magique et moldu envers les Mangemorts. Leurs actes cruels se doivent d'être réprimés. Pardon » me récriais-je, en essayant de ne pas m'emporter. Je haussais les épaules.

« L'idée de se battre pour une justice est fortement ancrée en moi, et malgré moi je suis passionné en en parlant. Mais je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise avec mes positions politiques. » Comme pour mettre fin à cette parenthèse douteuse, je baissais ma manche et fis disparaître le phénix. Mais je le savais là, et mes doigts caressèrent le tissu avec tendresse. Je songeais à Charlie, notamment, mais aux autres membres aussi. « Se battre pour ses idéaux, quels qu'ils soient, est un objectif qui me semble pur, Miss Risenfield. » Je n'avais rien à rajouter là-dessus. Pourtant, en quelques minutes, il s'était passé beaucoup de choses, et j'avais encore du mal à faire le point. Mes souvenirs m'étaient quasiment tous revenus, mais j'étais troublé au plus haut point. Sûrement mes sens de rapace, tentais-je de me rassurer.


   

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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Ven 1 Mai 2015 - 15:46

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Hazel lui fut amplement reconnaissante de ne pas insister sur l’état de surprise et de panique risible dans lequel son arrivée l’avait plongée. Elle n’aimait jamais être moquée pour sa faiblesse ou son sentimentalisme, même par Jude. Aussi fondamentalement gentil et adorable pouvait-elle considérer son Serpentard de meilleur ami, la rouge et or détestait quand il s’amusait à lui rappeler à quel point parfois elle agissait comme une vraie fille. Ca ne sonnait jamais correctement dans sa bouche, c’était comme une critique ou un reproche un peu bizarre quand on l’adressait à … une jeune fille, en fait. L’empathie et la sensibilité n’étaient pas des critères que Hazel tenait à mettre en avant chez elle, de peur qu’on la considère simplement comme une chochotte. A côté de ça, le courage, la force, l’énergie, ça c’était quelque chose de valorisant et d’honorable !

Sa question la prit de court, et elle arqua un sourcil. Si Oswald Blueberry lui avait fait peur un jour ? Son inconscient lui murmurait quelque chose qui ressemblait trop à une approbation – les souvenirs d’apparence lointaine des nombreuses fois où la sixième année était revenue de cours de vol énervée et fatiguée en étaient une certaine forme de preuve. Elle n’avait jamais réellement craint l’enseignant, mais plutôt la matière. « … Non, non. » finit-elle par répondre doucement mais avec latence. Oh comme elle s’en voulait d’avoir mis autant de temps à répondre ! Oh comme elle se haïssait de rougir et de baisser le menton en repensant à cette petite seconde de silence incertain ! Le petit rire malicieux qui agita le professeur lui fit réaliser que cette interrogation n’était qu’un simple trait d’humour et la demoiselle se maudit de ne pas avoir saisi la plaisanterie. C’était stupide, il allait maintenant être persuadé qu’il avait vraiment eu à une époque l’aura intimidante d’un tyran – quelque chose qui était tellement, tellement différent de la véritable personnalité que Blueberry inspirait de fait à la Gryffondor. A force de le côtoyer, elle avait compris. On ne pouvait pas forcément définir uniquement par la première impression. C’était trop simpliste, trop manichéen, trop enfantin.

Son indiscrétion aussi, l’était. Mais il était peine perdue de vouloir effacer du caractère d’Hazel Risenfield sa curiosité qui n’avait jamais un fond vicieux. La contemplation de ce phénix lui apparaissait comme magnétique, inévitable – elle était proprement admirative devant l’exécution de ce dessin indélébile. Et elle n’avait pas fini de l’être. « Vraiment ? » La brune n’en revenait pas. Bien sûr il était quasiment logique qu’après avoir vu et entendu de nombreuses démonstrations de l’esprit chevaleresque d’Oswald, celui-ci se rallie à un engagement pareil. La démarche n’était ni absurde, ni étrange. Il était comme fait pour devenir ce défenseur qu’il prônait être, ce combattant qui ne craignait pas même sa mort tant qu’il pouvait protéger ce à quoi il tenait.

Cette pensée la bouleversa presque autant qu’elle lui fit réaliser à quel point les gens dans sa vie étaient capables de prendre des directions radicalement opposées et fondamentales. Zahari avait choisi de laisser ses ténèbres l’emporter, l’option la plus répugnante à ses yeux ; Oswald Blueberry, lui, s’avançait un peu plus vers la lumière, ce qui relevait autant du don de soi que de la folie pure. « Vous … Je sais pas quoi dire, c’est super noble et courageux de votre part et – je crois que le monde en général a besoin de gens comme vous. » Sa voix se noua dans la boule d’émotion qui s’était logée au creux de sa gorge. Elle n’avait absolument pas envie de pleurer, elle s’était retenue jusque là, et si personne d’autre qu’elle ne pouvait comprendre ce qui la choquait tant dans cette annonce formelle, un observateur extérieur aurait pu croire que c’était simplement la confiance qu’avait placée le directeur en elle pour lui avouer un tel parti pris.

Maintenant qu’elle savait, elle devait se taire. Chose complexe pour elle mais nécessaire. En tant que future adulte, elle devinait que tout ça pouvait être risqué, pour lui, pour elle, pour un tas d’autres personnes. Les gens de la SEPPOM, ceux du Ministère, toute cette foule d’individus supposer assurer leur sécurité, ils étaient pourtant trop corruptibles pour qu’on puisse vraiment s’appuyer sur eux et les croire entièrement, avait un jour dit Jane à sa petite sœur. Tu dois comprendre, Nutsie, que le monde que tu vas rejoindre n’est pas aussi guilleret que toi. Dévoiler l’identité d’un partisan, même de la paix, pouvait coûter cher. Elle en avait pris conscience avec son ex-petit ami et le seul qu’elle avait eu jusqu’ici. Et encore maintenant, la jeune américaine l’éprouvait avec l’ex-Serdaigle.

Les menaces de Zahari étaient encore présentes, logées dans un tiroir verrouillée à double tour de son esprit. Elle n’en aurait jamais parlé à personne pour la simple et bonne raison que c’était la vie de sa famille qui était en jeu, et qu’elle n’avait aucune chance de pouvoir lutter à armes égales contre un Mangemort. Dans ce cas-ci les choses étaient pourtant complètement inversées : son silence était le gage d’un lien nouveau entre eux. A moins qu’il ne soit tout simplement renforcé, que cette étincelle ait été là depuis le début, à attendre que quelque chose la fasse s’intensifier.

Hazel finit par réagir en voyant le professeur de vol se tempérer alors que la jeune fille n’avait rien entendu de discours plus juste que celui-ci depuis trop longtemps. « Non, il faut pas. C’est super important ; ça nous concerne tous. » Moi encore plus, faillit-elle dire. « Et puis ça me touche que vous me le disiez. C’est ... J’en attendais pas moins de vous. » Hazel ne sut pas précisément pourquoi elle avait dit cela mais elle n’avait pas retenu son impulsivité de parler à sa place. Elle ne savait dire si elle regrettait cette curieuse ambiguïté, en tout cas elle voulait s’empresser de l’éloigner au plus vite d’eux et de faire en sorte que la situation ne devienne pas encore plus bizarre.

Elle repoussa un peu de paille du bout du pied avant qu’enfin une embellie vint lui traverser l’esprit. « Vous êtes en train de devenir un vrai chevalier mine de rien ; vous avez même la monture, il vous faut juste une princesse à sauver maintenant ! » Plaisanterie infiniment maladroite – la brunette croisa les doigts pour que cela ne ravive pas le douloureux sujet de Béatrice Crow.

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Délivrance ◮ HazOz
MessageSujet : Re: Délivrance ◮ HazOz Ven 1 Mai 2015 - 16:52

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L'interminable seconde qui suivit ma phrase malicieuse manqua de me faire éclater de rire. Alors comme ça, j'avais pu l'effrayer ? Certes, je pouvais ne pas paraître très affable au premier regard, mais je n'avais jamais espéré ni souhaité terroriser mes élèves. Néanmoins, mon autorité faisait office de loi, dans les couloirs comme dans mes cours. Je ne pris pas ce laps de temps comme une insulte, et je préférais en rire. Nous n'en étions plus là. Aussi, je souris à la réponse de la jeune femme. Elle avait ce côté maladroit qui me rappelait un petit oisillon. Elle était encore jeune, si jeune ... C'est pour des êtres comme elle que je désirais protéger le monde. Pour que jamais elle n'ait à affronter des horreurs qui peuplaient l'univers. Je refusais que des gens aussi doux et innocents qu'elle ne soient blessés. Cette simple idée me hérissait. Il était de mon devoir de professeur et d'aîné de jouer les gardiens. C'était ce que signifiait mon petit laïus et mon tatouage - une marque creusée dans ma peau, dans ma chair, dans mon coeur.

Peut-être avais-je été idiot de révéler cette part de moi-même à Risenfield. Mais je ne le voyais pas ainsi. J'avais fini par avoir une certaine confiance en elle - plus grande encore que ce que je voulais bien réaliser. Je n'avais pas peur de dévoiler cette petite partie de mon être. Ses paroles me firent sourire d'un air bienveillant. Elle avait l'air très émue par mes propos. « Le monde a besoin de gens bien. De gens capables de se battre pour le défendre. Quant à savoir si j'en fais partie, qui sait ? » J'avais un sourire fragile aux lèvres. Je la fixais encore quelques secondes puis détournais mes yeux du chamboulement de son être, qui faisait écho au mien, vacillement délicat. J'avais une assurance telle en ce petit bout de femme que je ne songeais pas une seule fois à ce qu'elle puisse me trahir. Si elle était bavarde et irréfléchie, je ne pensais pas qu'elle irait crier cela sur tous les toits. C'était une espèce de foi sincère et naïve, presque enfantine. Un abandon de moi. De l'aigre à la lionne. Elle n'avait peut-être que dix-sept ans, mais j'avais la certitude que je pouvais compter sur elle. Je n'avais aucune idée des pensées qui tourbillonnaient sous cette masse de cheveux bruns. J'en étais encore à songer à Lone et aux problèmes qu'il faisait naître autour de lui.

Je haussais un sourcil et tournais à demi mon visage vers Hazel Risenfield, surpris. Elle n'en attendait pas moins de moi ? Cette phrase, étrange, me fit du bien. Comme si j'avais fait ce qu'elle avait espéré, comme si j'avais rempli une petite case, en faisant mon devoir. C'était difficilement explicable, mais c'était une émotion chaude et douce. J'aurais voulu me rouler autour de ce noyau de bonheur pur. « Merci » bredouillais-je, incertain. Je ne savais comment réagir, mais j'étais heureux. Le lien tissé entre nous se révélait plus solide que jamais. Je ne voyais plus en elle l'idiote incapable de se taire, cette tornade d'émotions. C'était plus que ça - nous avions percé nos défenses, nos carapaces mutuelles. J'aurai menti en disant que nous n'étions qu'un professeur et une élève. C'était devenu une espèce d'amitié, mais il n'y avait pas de nom sur cette connexion. Je n'avais jamais eu besoin d'étiquettes sur les choses. Ce qu'il y avait entre nous était fondamentalement sincère, et c'était ce qui m'était précieux. Pas de mensonges. Ce n'était peut-être pas juste, mais Hazel Risenfield m'était chère. D'une autre façon que Béatrice. Elle n'était pas là pour combler son vide. Elle avait sa propre existence dans mon esprit - sa propre trace, son entité avait ses propres émotions. Mais, d'un certain côté, j'étais juste heureux d'avoir une relation aussi inestimable avec quelqu'un comme elle.

« Une ... princesse ? » répétais-je, pour m'assurer que j'avais compris. J'éclatais de rire, mais je ne pouvais empêcher une soudaine fierté de percer de tout mon être. Un chevalier. Qu'elle me voit ainsi me donnait la marque d'un veilleur tout-puissant. Je me sentais puissant, gardien d'un monde qui n'était pas le mien. Je fis mine de chercher, mais quand mon esprit songea à la première femme qui me fit penser à une princesse, je repoussais l'idée ridicule. « Il faut croire qu'un chevalier tel que moi est du genre solitaire. Comme Lucky Luke. Ou Lancelot. » Penser à Risenfield comme une princesse, n'importe quoi. Pourtant, par bien des côtés, elle ressemblait aux princesses des contes de fée. Physiquement, elle n'était pas désagréable à regarder, et son caractère était parfois très proche de ces demoiselles en détresse. Pourtant, elle était une lionne - non pas une princesse, mais une reine, par bien des aspects. Quelles pensées ridicules, me morigénais-je, en riant à moitié. Il y avait pourtant une vérité étrange qui battait dans ces idées vaporeuses. Il vous faut juste une princesse à sauver maintenant. J'avais pourtant l'impression qu'une certaine princesse m'avait sauvé, moi.

« Si vous avez le moindre problème, appelez votre chevalier servant, milady » fis-je d'un air princier, avant de rire. Je me repris enfin, me redressais totalement, m'étirais et inspirais. Il était temps de couper court à ce moment des plus étranges. Comme on crève une bulle, je fis disparaître petit à petit mon sourire amusé. « Je vais vous laisser vaquer à vos occupations. Bonne journée, Miss Risenfield. » puis, alors que j'avançais vers la sortie, apparemment décidé à disparaître, je me tournais à demi vers elle, nonchalamment. « La prochaine fois, je tenterai de ne pas vous ... surprendre. » Il y aurait une prochaine fois ? Et je passais l'arche et la porte sans plus rien ajouter. C'était une taquinerie, mais aussi une façon bien maladroite de finir la conversation. Tous les mots qu'elle avait prononcé s'étaient gravés en moi, et je me sentais toujours autant confus. Quelque chose tremblait en moi. Je souris, seul dans le couloir, puis après une dernière respiration intense, je m'éloignais en direction du terrain de quidditch. Et, si quelqu'un avait tendu l'oreille, peut-être aurait-il entendu un léger sifflement musical. Léger, très léger. Comme le battement d'un coeur. Ou une émotion délicate, ancrée du plus profond de ses racines.


   

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