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A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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L'orage gronde | Béatrice
MessageSujet : L'orage gronde | Béatrice Ven 17 Avr 2015 - 22:04

I don't wanna go to school

I just wanna
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Elle a dépassé les bornes, se répétait-elle en continu tandis que ses jambes s’articulaient d’elles-mêmes comme si elles répondaient à la volonté mécanique d’une entité différente. Elle a été trop loin et voilà où ça la mène : droit dans les ennuis. Mais en avait-elle réellement quelque chose à faire ?

Hazel le sait, elle n’aurait pas du faire ça. Elle aurait du agir comme elle le faisait depuis bientôt six ans. Garder la tête baissée sur sa carte des étoiles, motus et bouche cousue, ne pas intervenir, ne même pas oser penser interrompre le professeur. Surtout pas pour le défier de la façon dont elle l’avait fait. Mais elle n’avait pas pu s’en empêcher, elle n’avait pas su se retenir.

Tout ça la révoltait trop pour qu’elle accepte de se taire. Ils en parlaient tous, ils ne faisaient que ça, de chuchoter sur son passage, de faire courir les bruits les plus infâmes sur la rumeur – l’histoire vraie – de Crow et Blueberry. Ce qui était terrible dans cette histoire c’est que si tout le monde était persuadé que cette amourette brisée était réelle et que chacun se représentait sans difficulté aucune l’enseignante d’astronomie dans le rôle de l’impitoyable bourreau des cœurs, il n’y avait pas le moindre signe de rébellion couvant ans les rangs des élèves. Non, chacun se contentait de prendre des notes, d’écouter plus ou moins sagement, voire d’être passif. Personne n’agissait. Ah vraiment ? On laissait donc en paix les gens cruels et on plaignait tout bas les victimes ? Ca n’était pas juste, soufflait sa conscience vengeresse, ça n’était pas correct, il fallait faire quelque chose. La vérité, c’était que tout le monde se couchait bêtement de peur devant elle, devant Crow et son aura stupéfiante.

Ca faisait trop longtemps que ça la titillait. Elle qui d’habitude était aussi sage qu’une image en cours d’astronomie, avait brillé par son insolence, plus encore que durant les précédents cours où sa discrétion avait déjà commencé à décroître peu à peu. Il avait suffit d’une remarque, pas même à son encontre mais à celle d’un de ses voisins un peu trop bavards, pour que la brune intervienne d’une voix inhabituellement sûre d’elle et parfaitement audible. « Il a rien fait de mal, ça va ; il parlait juste avec son copain, il a pas brisé le cœur de quelqu’un, non plus. » La réplique avait fait se taire la salle de classe entière dans un de ces silences aussi gênants que très révélateurs du degré de gravité de la situation. La Gryffondor n’en revenait tout simplement pas d’avoir daigné prononcer un truc pareil à voix haute – et intérieurement déjà, Hazel sentait le vent chaud de la colère étouffer sa raison qui pleurait de telles inepties. De quel droit prenait-elle partie, et surtout pour ce genre de réflexions ? Ca va te coûter cher, Hazel. Très cher. Le regard que Crow lui avait accordé, tandis qu’elle songeait à ce qui venait de se passer, lui confirma qu’elle n’était pas sortie de l’auberge.

Le reste du cours se passa dans un calme relatif – pour une fois, les chuchotis étaient présents dans la salle et seule la cloche de fin de cours fit cesser ce brouhaha ambiant. La plupart des élèves pouvait déguerpir pour commenter à loisir l’affront causé par Risenfield … Sauf la concernée, qui avait gagné le droit d’aller attendre son professeur dans le bureau attitré pour une petite discussion. L’américaine s’y rendait, sans grande hâte certes, mais elle n’avait envie pour rien au monde de manquer cet échange. Un sentiment contradictoire, que la jeune fille avait du mal à comprendre. Elle entre, s’assoit et attend. Attend que l’adulte la rejoigne, referme solennellement la porte et débute les hostilités. « Vous vouliez me voir, Madame ? » Le ton est morne et exagérément ampoulé, le regard rongé par la méfiance rendu corrosif. Il n’y a plus rien en Hazel Risenfield qui ne respire pas le désintérêt profond qu’elle a pour cette convocation. Si Béatrice Crow veut jouer de ses pouvoirs de professeur, grand bien lui fasse. Elle a décidé de ne pas baisser les bras et d’aller jusqu’au bout de ce qu’elle s’est promis – quitte à passer un temps considérable en heures de colle.


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L'orage gronde | Béatrice
MessageSujet : Re: L'orage gronde | Béatrice Sam 18 Avr 2015 - 15:31

She wanted sleet and ice, howling winds,

thunder to shake the stones
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Des rumeurs, il y en avait toujours eu, il y en aurait toujours ; que ces rumeurs parviennent aux oreilles de Beatrice n'était pas une surprise. Il aurait fallu être sourd et aveugle pour ne pas remarquer qu'on était l'objet des chuchotements passionnés des élèves. Il suffisait qu'elle passe trop près de Caesius, trop loin d'Oswald, et les rumeurs reprenaient de plus belles.
Qu'on parle sur son chemin, Beatrice l'ignorait totalement. On ne pouvait pas empêcher les élèves – et les gens en général – de parler, de fourrer leur nez dans ce qui ne les regardaient pas dans un endroit comme Poudlard.
Mais heureusement, dans son cours, les élèves n'avaient pas l'audace de parler devant son nez, fort heureusement.

Sauf ce jour là.

Peut-être était-ce parce que les éventements avec Oswald pesaient sur ses épaules depuis plusieurs mois, parce qu'elle ne cessait de tourner et retourner les phrases dans sa tête en boucle, mais le moindre chuchotement, la moindre discussion lui faisait l'effet d'un bruit d'ongle crissant sur un tableau noir. Peut-être son irritation était injustifiée, peut-être était-elle trop habituée à des élèves silencieux – parce qu'ils avaient peur d'elle, avait-elle entendu.

« Je vous dérange, peut-être ? avait fait l'enseignante d'un ton tranchant à l'adresse des deux Gryffondors qui bavardaient. Vous voudriez peut-être que je vous envoie voir le professeur McGonagall, que vous lui racontiez aussi ce qui est si intéressant que ça ne pouvait pas attendre la fin de l'heure? »

Beatrice avait fixé de son regard les deux élèves, prête à reprendre le fil du cours maintenant que le silence était revenu. C'était sans compter sur l'intervention d'Hazel – d'habitude si discrète, à la différence de ce que Beatrice entendait de la part des autres enseignants – qui répliqua, avec cette insolence qu'on ne lui connaissait pas. Beatrice avait serré le livre entre ses doigts, serré les dents : la remarque n'était absolument pas anodine, faisant l'effet d'un poids lâché dans son estomac.

La brune était déstabilisée. Elle ne s'y attendait pas. Elle avait rassemblé ses pensées rapidement, pour ne pas perdre la face devant tout les élèves, avait accordé à la rouge et or un de ses regards glacés dont elle avait le secret.

« Puisque vous avez l'air de vouloir discuter, Mademoiselle Risenfiled, vous n'aurez qu'à venir me voir dans mon bureau, après le cour. » Ce qui ressemblait à une invitation était en réalité un ordre – Hazel avait tout intérêt à se montrer dans le bureau de Beatrice.

Trice laissa aux élèves le temps de quitter la salle, à Hazel de se décider si elle allait venir. Elle rassembla ses affaires, inspira profondément, se dirigea d'un pas rapide vers son bureau.
Elle referma la porte derrière elle, Hazel n'attendis pas plus pour lui adresser la parole.

Beatrice posa ses affaires sur le bureau, prenant le temps de s'asseoir face à la jeune fille.Croisa les doigts, analysait Risenfield.

« En effet. elle rompit le cours moment de silence. Il est tentant de réagir aux rumeurs – qu'elles soient vraies ou fausses, par ailleurs. Mais vous semblez oublier qu'il s'agit de la vie privée de vos enseignants, et vous n'avez pas à vous en mêler. Ce ne sont pas vos affaires. »


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L'orage gronde | Béatrice
MessageSujet : Re: L'orage gronde | Béatrice Lun 20 Avr 2015 - 14:41

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« Quelles rumeurs ? J’vois pas de quoi vous parlez. J’ai dit ça comme j’aurais pu dire n’importe quel autre truc. C’est pas ma faute si vous vous êtes sentie visée. » Cette volée de réponses avait été renvoyée à la figure de Béatrice plus vite qu’une série d’éclairs s’abattant en plein orage. Trop vive, trop spontanée, trop directe pour que tout cela soit bien honnête et pas mûrement réfléchi. La brunette le savait, elle avait frappé trop fort et trop brusquement. Mais elle n’avait jamais rien contrôlé : ni sa soif de justice afin de réparer l’honneur de ce pauvre Monsieur Blueberry, ni sa rancœur à l’adresse de Miss Crow.

Elle ne l’avait jamais vraiment appréciée, pour des tas de raisons. A ses yeux c’était une femme tyrannique en mal d’affection, qui devait avoir vécu de sacrées humiliations pour aimer à ce point faire régner la terreur durant ses cours. Bon, la Gryffondor avait le chic pour exagérer les choses et grossir le trait : peut-être que l’enseignante d’astronomie aimait tout simplement faire cours dans un calme olympien et qu’elle jouait la carte de la sévérité pour inculquer la discipline à ses élèves. Ou peut-être que c’était juste une veuve noire, une croqueuse d’hommes sans cœur, songea avec un frisson d’épouvante l’américaine. Oh oui, cette femme-là était redoutable.

Et pourtant le brave petit soldat plein de courage Risenfield s’était lancé au front. Armé simplement d’un bout de bois, elle allait affronter le dragon ! Et elle n’allait pas reculer. Les souvenirs d’un Oswald Blueberry triste à en pleurer la motivaient d’autant plus. Elle allait le venger, même s’il ne lui avait strictement rien demandé qui aille dans ce sens. Elle seule savait reconnaître la souffrance d’une défaite quand elle la voyait, et pour le coup, en s’affichant avec Monsieur Abhain, ce bourreau des cœurs qu’était Béatrice en avait trop fait.

Un silence plein de tension avait empli chaque recoin du bureau. Oppressée, poussée à commettre la bourde – ou à faire le premier geste dans ce curieux combat qu’elle seule se plaisait à imaginer -, Hazel reprit, la voix pleine de reproches non-formulés. « Si c’est votre vie privée, elle devrait pas être étalée devant tous les élèves. Au bal de Noël par exemple. » Oui, elle allait en parler. Parce que c’était quand même un comble. Si elle ne voulait pas montrer aux élèves qu’elle était amoureuse d’un autre homme, eh bien qu’elle ne le bécote pas en public ! Contradictoire, mais on ne peut plus logique pour la sixième année. « Et puis après ? Vous allez me coller, peut-être ? Allez-y, de toute façon tout le monde pense comme moi. » Ce n’était absolument pas comme si elle la mettait au défi : c’était un bluff dangereux qui allait lui faire écoper de peut-être bien pire qu’une punition à ce rythme-là. Pourtant Hazel ne décolérait pas, elle s’essaya même à lui jeter un regard d’affrontement – qui ne dura pas bien longtemps. Mais elle assumait, comme toujours, le meilleur comme le pire de ses dires. Tout le monde sait que vous êtes la méchante de l’histoire, ça ne fera qu’approuver ce que j’ai dit tout haut si vous me sanctionnez. Hazel Risenfield, où l’art de se poser en martyre de Poudlard. A en oublier qu’elle s’adressait à un professeur au-delà d’une femme, elle allait finir par perdre à ce jeu-là.


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MessageSujet : Re: L'orage gronde | Béatrice Ven 24 Avr 2015 - 15:50

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Beatrice ferma les yeux. Il fallait qu'elle gardât son calme, au maximum : Hazel était simplement en train de tester ses limites, elle ne devait pas lui donner la satisfaction de craquer – du moins, pas aussi rapidement. Elle s'enfonça dans sa chaise.

« Ne vous faites pas plus idiote que vous ne l'êtes, mademoiselle Risenfield. Vous savez très bien de quoi je parlais – ne faites l'innocente. »

Qu'est-ce qui pouvait bien passer par la tête de l'adolescente ? Bien sûr, ça n'avait jamais été le grand amour entre les deux femmes, mais Beatrice n'avait jamais été injuste envers elle. Peut-être un peu plus sévère, pour avoir le calme, mais rien qui pouvait justifier les attaques si personnelles de la rouge et or.

Trice soupira – l'atmosphère était lourde, oppressante, tendue et pour une fois, ce n'était pas uniquement à cause d'elle comme les élèves pouvaient bien prétendre. L'agacement commençait à monter chez l'enseignante, et la phrase d'Hazel n'aidait pas. Ne réponds pas à sa provocation, ne réponds pas à sa provocation... Elle posa sa main sur la table d'un mouvement brusque, dardant son regard sur la brune.

« De la part de quelqu'un qui a soi-même son lot de petits scandales au bal, je trouve cette remarque particulièrement déplacée. » Lâcha-t-elle d'une voix cinglante. Oh, c'était mesquin, c'était petit de faire référence à la dispute du groupe d'amis d'Hazel, ce n'était pas le comportement d'un professeur de s'abaisser à une telle réaction, face à une élève. Mais Beatrice était lassée. Lassée de ces reproches non-dits.

Elle se leva pour faire les cents pas – bourreau menaçant, ou lionne en cage, cela restait à voir. Beatrice gardait les bras croisés contre elle-même, tentant vaguement de retrouver un semblant de calme. On entendait plus que ses pas dans le bureau, brisant le silence intimidant qui emplissait le moindre espace de la pièce.

« Je me fiche bien de savoir si tout le monde pense comme vous. Vous tirez des conclusions hâtives et portez des jugements sur des choses qui vous ne regardent pas, comme si vous connaissiez absolument tout. Vous pouvez vous faire défenseuse de je-ne-sais-quelle idée, vous liguer contre moi si c'est là ce qui vous chante. Mais vous oubliez que vous êtes une élève, et vous devez un minimum de respect à vos enseignants – même si vous ne les aimez pas, ça n'est pas la question. Beatrice se retourna pour faire face à la Gryffondor, qui la poussait dans ses retranchements. Et si vous avez un reproche, quittez vos sous-entendus, vos accusations déguisées et dites clairement ce que vous avez à dire. »

Trice s'appuya contre le mur, à l'opposée de la jeune fille. Elle la toisa, et baissa les yeux. Hazel semblait déterminée à la prendre pour la méchante. Oswald aussi, maintenant, devait la prendre pour la méchante, la vilaine sorcière des contes de fées, celle qui répandait l'obscurité, la mort, la tristesse. Beatrice aurait pu aisément se glisser dans ce rôle, laisser la colère devenir froide et blessante, devenir ce que tout le monde « attendait » d'elle. Mais non, elle avait encore bien trop d'humanité pour rester aussi cruelle et imperturbable.


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MessageSujet : Re: L'orage gronde | Béatrice Ven 1 Mai 2015 - 16:14

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Ah l'innocence. Une carte à jouer intéressante pour quelqu'un comme Hazel Risenfield, si seulement elle avait un brin manipulatrice. Or, on était à des années lumières de cela. La Gryffondor pouvait être bornée, complètement tête brûlée et pas réfléchie pour un sou, mais jouer les candides pour le sport, ce n'était pas son genre. C'était malgré tout ce qu'elle avait tenté de faire, et l'enseignante d'astornomie avait très vite vu clair dans son jeu de débutante. « Si vous le dites, professeur. » répondit-elle simplement de façon un peu trop directe et détachée pour que cela soit spontané et sincère.

Assise dans le fauteuil face à la trentenaire, Hazel n'arrivait pas à rester complètement sereine dans sa colère rentrée. Etre passive-agressive avait du bon mais plus le temps passait, moins la rouge et or parvenait à maîtriser son énervement, et les paroles moralisatrices de Crow n'arrangeaient rien à la tension croissante qui emplissait le bureau. Il y eut même une pique, pas des moindres, le genre de coup semblable à une lancée plantée dans le dos. Et face à une telle attaque, Hazel aurait poussé un cri mémorable, mais là, l'adolescente était trop offusquée et interdite pour se mettre à rugir. Ses joues se nuancèrent d'un délicat carmin et elle fronça les sourcils tandis que sa raison se noyait lentement dans le verre d'eau où Béatrice l'avait poussée. « Je – je suis pas enseignante moi ! Ca n’a rien à voir ! Et il n’y avait aucun autre garçon amoureux de moi, j’ai pas … j’ai … » Parler de Zahari Lone et de toute l'incidence que cela avait eu sur son cercle d'amis aussi fermé qu'intime l'avait touchée ; Béatrice pouvait se féliciter de ne pas avoir manqué sa cible, qu'elle avait atteint en plein cœur. Toute la contenance qu'elle avait jusque là réussi à accumuler venait de fondre comme neige au soleil et elle fut réduite à un silence gênant qu'elle coupa d'un ton abrupt. « Ca ne vous regarde pas. » Béatrice Crow 1, Hazel Risenfield 0. Fin du premier acte.

Et puis voilà qu'elle lui dégainait le laïus de l'honnêteté, de la franchise. C'était à vomir, pensa Hazel avec une férocité inconnue. Elle l'énervait au plus haut point, à jouer les femmes victimes de mensonges et de racontars qu'elle avait pourtant bien cherché et qu'elle avait fourni par son attitude irrespectueuse. Comment Miss Crow pouvait lui parler de respect alors qu'elle n'en avait pas eu la moindre once envers son premier prétendant ? Risenfield savait pertinemment qu'elle n'aurait rien du dire, que c'était le signal pour se taire, ravaler le fiel qu'elle voulait cracher et préserver tout le monde de bien fâcheuses conclusions. Mais être lâche et courber l'échine, elle n'en était clairement pas capable. « Vous avez été odieuse avec Monsieur Blueberry. Il méritait pas ça ! » Première attaque, premier crochet maladroit mais volontaire. « C’est dégu- je veux dire ça se fait pas ! Vous avez pensé un peu à lui, juste deux minutes ? Et puis soi-disant, si c’est que des rumeurs, alors allez le voir et dites-lui, parce qu’il est complètement démoralisé et ça c’est sûr et certain que c’est votre faute ! Je brille peut-être pas en astronomie mais je suis pas une dinde, personne n’est dupe et surtout pas moi. » Son monologue fut aussi décousu et vif que Hazel l'avait voulu parfaitement clair et convaincant. Décidément, entre la théorie et les faits, il y avait un monde que la jeune sixième année avait à explorer.

Le silence entre les deux femmes était devenu si épais qu'il aurait pu former une brume palpable, une barrière autour d'elles. Hazel le rompit, à bout de nerfs. « J’ai rien d’autre à vous reprocher, Madame. »


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MessageSujet : Re: L'orage gronde | Béatrice Lun 18 Mai 2015 - 2:21

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Beatrice tournait en rond, tournait en rond autour d'Hazel Risenfield comme un fauve. Comme une panthère observant les faits et gestes de sa proie, s'approchant furtivement, comme prenant un plaisir sadique à retarder le moment où elle achèverai l'attente en lui assenant le coup fatal. Mais Beatrice n'était pas le bourreau, ou du moins n'était pas seulement cela – elle serrait les poings, laissant dans ses paumes les traces de ses ongles, et analysait les paroles de la rouge et or. Ces attaques étaient maladroites, naïves, mais elles venaient du cœur, Tris le sentait. Les mots s'enchaînaient, un peu hésitant, tapaient juste, mais il y avait une certaine passion, on sentait que l'adolescente se battait pour une cause qu'elle pensait juste – et il y avait là quelque chose d'honorable, au fond, de touchant presque. Beatrice aurait pu le reconnaître, si ce n'avait pas été dirigé contre elle.

Mais surtout, quelque chose lui échappait. Il lui manquait un motif, une raison pour Hazel de monter sur le front et attaquer l'enseignante avec ses maigres moyens. Les deux femmes ne s'étaient jamais aimés – et Beatrice n'avait jamais prétendu être là pour se faire aimer d'Hazel. Mais au point que celle-ci déclenchât une véritable vendetta envers elle ? Non, il manquait des morceaux à ce puzzle pour que Beatrice comprenne. Il y avait quelque chose de plus que ça – à quel moment cette histoire avait-elle impliqué Hazel ? Quelles actions avaient bien pu atteindre Hazel au point qu'elle lançât une offensive ? Quelque chose manquait, mais Beatrice n'arrivait pas à poser le doigt dessus.

L'ancienne verte et argent reprit sa place, face à Hazel, appuyée contre son bureau. Accusée face à l'accusatrice. Beatrice posa ses mains sur le bureau, un léger pli entre ses deux sourcils.

« Est-ce M.Blueberry qui vous envoie défendre son nom ? J'en doute, ce n'est pas son genre. Elle imaginait très mal Oswald envoyer une élève pour l'accuser – Trice le connaissait trop bien, il ne ferait jamais ça. Non, c'est donc que l'idée viens de vous, et de vous seule. Je dois admettre, vous avez du cran, Mademoiselle Risenfield.. Mais pour quelle raison vous sentez vous à ce point impliquée ? Elle haussa un sourcil. Cette histoire vous tient à cœur, bien plus qu'une simple histoire entre deux professeurs qui alimente les ragots des élèves. Comme s'il s'agissait d'une offense personnelle. Je suis curieuse, Mademoiselle Risenfield.  »

La curiosité était bien là, légère étincelle dans le regard de la brune, suffisante pour l'empêcher de trop s'emporter – l'empêcher de s'attarder sur les phrases d'Hazel qui tapait trop près de la vérité, sans que celle-ci ne le sache vraiment. « Il est complètement démoralisé et ça c’est sûr et certain que c’est votre faute ! » Beatrice en aurait presque souri – Hazel était si proche de la vérité, tout en étant on ne peut plus éloignée. Ou peut-être était-ce simplement Beatrice qui voyait du sens là où il n'y en avait pas.

Trice tourna le dos à la Gryffondor, faisant son chemin jusqu'à la porte. Elle posa sa main sur la poignée, avant de se retourner vers l'étudiante. La libération semblait proche pour Hazel – la panthère décidant de laisser fuir sa proie , était-ce une victoire pour l'une ou pour l'autre, ou un échec pour les deux ? - pourtant, Beatrice semblait bien décidée à ne pas lui accorder tout de suite. Gardant une sorte de contrôle sur la situation, ou simplement le prétendre.

« Si vous n'avez rien d'autre à ajouter, alors la discussion est close. Je pourrais vous ajouter des heures de colle mais – la jeune femme marqua une pause – ni vous, ni moi, n'avons envie de passer plus de temps en présence l'une de l'autre. Je ne vous collerai pas. Elle reprit, avant qu'Hazel n'ait le temps de se réjouir. En revanche, j'enlève 25 points à Gryffondor pour votre comportement. J'en enlèverai quinze autres à chaque insolence de votre part. Et vous me ferez un devoir supplémentaire pour dans deux semaines, sur Vénus et Saturne. Minimum deux rouleaux de parchemin. Est-ce bien clair? »


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MessageSujet : Re: L'orage gronde | Béatrice Ven 29 Mai 2015 - 0:19

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S’il l’envoyait le défendre ? Elle, Hazel Risenfield ? L’élève la plus têtue mais aussi la plus malhabile avec les mots ? La Gryffondor la moins réfléchie de son année, la jeune fille la plus spontanée et la moins posée qui puisse exister entre les quatre murs de ce château ? Si Oswald Blueberry avait effectué un tel choix d’avocate pour sauver son honneur, il aurait été en plein état d’ébriété ou alors décidé à ce que la manœuvre échoue. Non, la rouge et or s’était déplacée ici de son propre fait, elle avait parlé en son nom unique, sans presque jamais évoquer l’enseignant. Elle portait seule le fardeau de son emportement.

Et maintenant qu’elle l’avait fait, maintenant que son sac était vide, Hazel se sentit parfaitement solitaire dans son petit mouvement de rébellion. Elle avait tout fait sans même savoir si Oswald Blueberry avait réellement besoin d’être protégé dans ses intérêts par une gamine de son acabit. Béatrice avait presque raison de le mentionner : ce n’était absolument pas sa façon d’être. Une sueur froide l’envahit : et si Crow décidait d’utiliser ce moment très gênant contre elle pour enfoncer un peu plus Blueberry ? Non, non elle ne ferait pas ça. De là à ne pas la cuisiner sur le pourquoi du comment cette jeune élève pouvait être aussi solidaire vis-à-vis d’un professeur …

La question lui coupa littéralement le sifflet. Aucune réponse, pas un mot ne sortit de sa bouche. La brune eut l’impression de ressembler à un poisson qui, bouche béatement ouverte, la tête hors de l’eau, tentait vainement de respirer l’air extérieur. Bête et insensé. « Je, je trouve ça … C’est … C’est pare que ça me fait de la peine pour lui, c’est tout. » Piètre excuse, mauvais arguments. Peu importait. Il valait mieux dire quelque chose plutôt que babiller comme un nouveau-né.

Et de toute manière elle n’avait pas à savoir ce qui la motivait. Elle-même n’avait pas la réponse à cette interrogation. Cette enseignante était, de surcroît, suffisamment au fait de bien assez choses sur elle pour avoir besoin des détails. C’était une véritable sorcière, et pas du genre tendre ; plutôt comme celles des contes de fées – à faire des bouillons d’yeux d’enfants par exemple. Quand on savait qu’Isaac Delpech jurait que c’était une bonne personne en qui on pouvait faire confiance, Hazel avait du mal à suivre parfois son doux Serdaigle de camarade – c’était certainement la faute à sa trop grande bonté naturelle envers les autres.

La punition tomba comme un couperet prévisible mais que la rouge et or avait réussi à occulter de son esprit. Comme si s’opposer à une enseignante ne portait pas son lot de conséquences … L’absence d’heures supplémentaires avec Rusard la soulagea – elle haïssait récurer les aquariums des Véracrasses – en revanche la suite lui fit perdre toute envie de sautiller sur place. « Quoi ? Mais. » A ce rythme, la jeune fille aurait préféré être collée plutôt que de voir des points s’échapper du sablier de sa Maison … Les préfets allaient la tuer sur place et tout le monde allait encore râler dans la salle commune. Et comme si ça n’était pas suffisant … Elle écopait d’un devoir supplémentaire on ne peut plus barbant sur les planètes. Rien qui n’allait arranger sa moyenne en astronomie – loin de plafonner avec les étoiles, elles frôlaient davantage la croûte terrestre. « … Pff. Oui, très clair, m’dame. » Se levant de sa chaise avec le même dynamisme qu’un jeune limaçon, la Gryffondor empoigna son sac et tourna les talons pour quitter le bureau d’un pas traînant, une moue renfrognée plaquée sur le visage tandis qu’elle refermait la porte du bureau de Miss Crow avec bruit derrière elle.

Ce n’était pas fini. Clairement, ça ne faisait même que commencer.

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